04 juin 2013

George SAND : La Mare au Diable (2/2)

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Ah que coucou !

 

Après avoir vu le livre en tant que chef-d’œuvre de la littérature francophone (pour accéder au billet et au livre numérique: George SAND : La Mare au Diable (1/2), cliquez ici), nous allons voir, maintenant, ce livre en tant que témoin privilégié d’une époque révolue, celle qui narre la vie dans nos campagnes françaises telle qu’elle se passait dans ce 19e siècle… Pour cela, concentrons-nous sur les appendices que George Sand a ajoutés à sa fiction La Mare au Diable, qui concerne un événement très important dans la vie de nos ancêtres : le mariage (rappelons ici que le concubinage, même s’il était vécu par certains, n’était pas toléré chez les « honnêtes » gens).

 

De nos jours, les cérémonies du mariage, sont souvent organisées par des entreprises soi-disant spécialistes qui assurent à leurs clients, les futurs mariés, tranquillité et organisation parfaite de cette journée qui est censée rester gravée dans leurs souvenirs toute leur vie… n’entrons pas là, dans ce qui reste dans les souvenirs en même temps que celui d’une note salée ;)… car, si pour certains ce jour s’est déroulé sans aucune anicroche ou catastrophe plus ou moins « importante », cette journée ressemble encore à un véritable cauchemar pour certains malchanceux qui se sont fait malheureusement arnaquer par une de ces soi-disant société d’organisation des mariages qui profitent que nombreux sont ceux qui refusent que cette journée mémorable ressemble à celle des autres… et qui, pour ça, vont oublier certaines lois comme celle qui régit le mariage, les organisateurs, par exemple, qui organisent un mariage de A à Z dans un pays où le divorce est interdit par la loi, préviennent-ils leurs clients qu’en cas de coup dur, ils auront des nombreuses difficultés pour pouvoir divorcer en plus de celles, ordinaires ? Ces mêmes organismes préviennent-ils, par exemple, que le mariage ne sera reconnu sur le sol français qu’après l’avoir fait « homologuer » sur le sol national ?? C’est pour cela qu’il faut mieux passer sur ces catastrophes ajoutées à un tel beau jour…

Quant à moi, je conseillerais plus à tous ceux qui veulent un mariage hors-norme, d’adopter les us et coutumes de nos ancêtres, car, comme vous allez le lire, elles sortent de l’ordinaire, tout en protégeant les droits de chacun des époux…

 

Comme vous le constatez à la lecture de cet appendice, le mariage campagnard se déroule sur plusieurs jours : le premier, l’époux tente d’enlever l’épouse et l’on assiste à une joute chantante pour présenter, à la fin, les cadeaux de mariage (les livrées), ensuite vient la noce avec la cérémonie, et pour terminer, un genre de carnaval (le chou) et pièce champêtre rappelant les devoirs des époux l’un envers l’autre. George Sand nous signale que cette mode nous vient sûrement du moyen âge et peut-être même d’avant, du temps où nous étions des païens…

 

Je ne vais pas vous répéter ici comment ces journées se passent, il faut mieux que vous les lisiez de la plume même de George Sand qui utilise les personnages fictifs de la Mare au Diable, pour illustrer ces scènes campagnardes. Par contre j’avoue que les participants devaient bien s’amuser et non s’ennuyer en entendant une sono dont le volume est réglée au maximum et qui empêchent d’entendre ce que racontent les voisins de table, tout en ne pouvant pas profiter de la fête car impossible de faire autre chose que de rester scotché à sa chaise, en buvant plus que de raison parce qu’on s’y ennuie affreusement ;) : impossible de discuter car trop de bruit, impossible de danser par manque de place, impossible de sortir par politesse, tout en souriant et en criant qu’on s’amuse bien encore par politesse… une chance qu’une minorité des mariages et des fêtes n’est pas encore atteinte par cette frénésie de boucan, sinon, c’est des coups à ne plus sortir pour aller s’amuser !

 

Bisous,

@+

Sab

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15 mai 2013

Europe médiévale : Les femmes et l’amour courtois

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Ah que coucou !

 

Comme nous le savons tous, les mœurs du Moyen-Age n’étaient pas aussi strictes que nous l’enseignent nos manuels d’histoire, il suffit pour cela de regarder certains détails de la Tapisserie de Bayeux (pour accéder à toute la tapisserie détaillée, cliquez ici). C’est pour cela que nous allons donc aujourd’hui étudier rapidement le rôle des femmes dans cette société, prétendue strictement masculine ;) mais dans laquelle les femmes avaient plus de droit que dans cette France phallocrate de Napoléon 1er qui a laissé de nombreuses traces dans notre législation régissant la France aujourd’hui (même si la loi interdisant aux femmes de porter des pantalons a été effacée il y a quelques mois). Pour se faire, je vais d’abord vous recopier ci-dessous un passage d’un ouvrage issu des mes cours de littérature médiévale… ce passage est écrit par Henri Mitterrand, Docteur-ès-lettres, qui a fourni un assez bon résumé issu surtout des écrits de cette époque médiévale :

 

La société médiévale est une société masculine : la femme, minorisée, considérée avec méfiance par l’Eglise qui ne laisse jamais oublier que c’est par la faute d’Eve que le Paradis a été perdu, utilisée comme une monnaie d’échange quand elle a le douteux privilège d’être riche et noble, comme un instrument de travail quand elle appartient aux tiers ordre des laboratoires, semble à priori n’y jouer qu’un rôle secondaire. En fait, la figure de la femme est très largement présente, sinon dans la réalité du Moyen-Age, du moins dans sa littérature, où elle est fantasmée sous deux registres différents.

 

D’une part, elle peut être la femme noble, dotée de toutes les qualités, devant laquelle le chevalier s’abîme en adoration, comme il le fait à partir du 13e siècle devant la Vierge Marie sans établir de distinction entre les deux ; c’est la « domma » des troubadours, dont le moindre désir a force de loi, et qui fait régner son arbitraire sur sa cour soumise. Elle peut être aussi la femme « fatale » au sens étymologique du terme (fata = fée), celle qui épuise et conduit l’homme à la mort par ses exigences (en particulier sexuelles) impossible à satisfaire ; elle ne mérite pas alors le respect, même si elle suscite une fascination ambiguë.

 

A la dame honorée s’opposent la « pastoure » qu’un chevalier viole sans lui demander son avis puisqu’elle n’est qu’une « vilaine » ou la femme des fabliaux, toujours en quête d’un stratagème pour mieux tromper son mari. La femme, ou plutôt l’image qu’on s’en fait, est redoutable ; en relation avec les forces incontrôlables de la nature, elle peut donner la richesse et le bonheur, comme Mélusine, mais elle est toujours un peu fée, un peu magicienne, et, nettement plus tard, un peu sorcière, comme Morgane.

 

Oui, une chance que quelques mœurs ont évolué et changé en bien, quoique… quand on sait ce qu’il se passe dans certaines banlieues et dans certaines fêtes, on pourrait se demander si cette évolution s’est réellement exécutée chez tout le monde...

 

Maintenant nous allons aborder ce qu’on appelle l’amour courtois ou le fin’ amor… pour être certaine de ne rien oublier, je recopie ci-dessous ce qui ce trouve dans le même ouvrage élaboré par Henri Mitterrand.

 

Le concept de « fin’ amor » a trouvé parfaitement à s’exprimer dans les différentes forme romanesques médiévales. Mais il est avant tout issu d’une poésie lyrique, et plus précisément de celle des troubadours de langue d’oc. Certaines formes de poésie « populaire », plus anciennes, n’en ont pas moins continué longtemps leur carrière, au besoin en s’adaptant aux thèmes nouveaux, tout comme les « trouvères » du domaine d’oïl s’inspiraient de leurs confrères pour acclimater au nord de la Loire la « courtoisie ». Le drame de cette forme d’expression, quoiqu’il ne soit sans doute pas ressenti comme tel par ceux qui la pratiquent, est son formalisme, qui fait disparaître le sentiment personnel et le vécu pathétique sous la virtuosité des différents types de poèmes.

 

Paradoxalement, les genres traditionnellement éloignés du motif amoureux (comme les « tensons » occitanes ou les « débats » de langue d’oïl) laissent une part plus considérable à l’originalité d’un auteur, cependant que certains poètes commencent à s’interroger sur leur propre pratique de l’écriture, et à la mettre en scène en même temps que leur personne. Mais la « courtoisie », comme son nom l’indique, est une poésie de cour, ce qui a deux effets : d’abord la création du personnage hybride qu’est le « Prince-Poète », qui abandonne un rôle passif de mécène pour produire lui-même de la poésie, et est évidemment bien placé, du fait de sa classe sociale, pour transcrire avec raffinement les sentiments et les états d’âme du milieu artificiel que devient le 14e siècle et surtout le 15e, la « cour » fidèle au modèle chevaleresque. Ensuite, au moment où l’artifice que nous venons de mentionner commence à être éprouvé douloureusement par ceux qui font la poésie, l’apparition d’un ton nouveau, emprunt de mélancolie ou de désabusement, qui prend acte de la faillite d’un idéal et essaye de lui substituer un autre, mieux adapté à la réalité de l’époque.

 

Pour illustrer ceci je vous mets maintenant un passage des Chansons de toile, traduit dans le français d’aujourd’hui par M. Zinck, Collections Essais, 1978.

 

Belle Yolande, dans une chambre tranquille

déplie des étoffes sur ses genoux.

Elle coud un fil d’or, l’autre de soie.

Sa mauvaise mère lui fait des reproches.

Je vous en fais reproche, belle Yolande.

 

Belle Yolande, je vous fais des reproches :

vous êtes ma fille, je dois le faire.

- Ma mère, à quel sujet ?

- Je vais vous le dire, par ma foi.

Je vous en fais reproche, belle Yolande.

 

- Mère, que me reprochez-vous ?

Est-ce de coudre ou de couper,

ou de filer, ou de broder,

ou est-ce de trop dormir ?

- Je vous en fais reproche, belle Yolande.

 

Ni de coudre ni de couper,

ni de filer, ni de broder,

ni de trop dormir ;

mais vous parlez trop au chevalier.

Je vous en fais reproche, belle Yolande.

 

Vous parlez trop au comte Mahi,

cela déplaît à votre mari.

Il en est très chagriné, je vous l’affirme.

Ne le faites plus, je vous en prie.

- Je vous en faire reproche, belle Yolande.

 

- Si mon mari l’avait juré,

lui et toute sa parenté,

même si cela lui déplaît,

je ne renoncerai pas à l’aimer.

Fais à ton gré, belle Yolande.

Auteur :

inconnu

 

Forme la plus ancienne de « fin’ amor »,

appartenant au domaine du Nord

 

Bisous,

@+

Sab

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28 avril 2013

Jacques Mortane : Leur dernier vol

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Ah que coucou !

 

Alors qu’Antoine de Saint-Exupéry nous décrit dans son livre : Pilote de guerre, le quotidien des pilotes de chasse pendant la seconde guerre mondiale (pour accéder au billet et au livre, cliquez ici), Jacques Mortane (1883 – 1939), nous décrit celui des pilotes durant la première guerre mondiale… plus spécialement, la dernière fois où ces valeureux pilotes ont tenu le manche à balai, dans son ouvrage :

 

Leur dernier vol

(accessible au téléchargement/lecture en cliquant ici)

format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par son concepteur : Adobe)

Langue : français

 

grâce auquel nous apprenons certains faits historiques, ignorés de nos livres d’histoire… oui, car qui parle, par exemple, de ces pilotes volontaires américains qui se sont engagés dans l’armée française dès l’ouverture des hostilités ? Où se trouvent leurs faits héroïques de leur propre escadrille dans notre armée que l’on nommait : l’Escadrille La Fayette ?

 

Mais Jacques Mortane ne nous rappelle pas seulement quelques faits mais nous montrent qu’avec son collaborateur et ami, ils ont mené quelques enquêtes afin de découvrir, par exemple, ce qu’advinrent de nos pilotes, tombés sur le sol ennemi… tout comme il nous rapporte certains propos, émanant de nos AS concernant le comportement à adopter en temps de guerre, face aux ennemis comme par exemple, celui-ci :

 

« Vous me demandez de vous rapporter quelques bocheries. Hélas ! je n’ai rien pris. Pensez-vous que je verrais avec plaisir vos mains mignonnes jouer avec des trophées encore sanglants ? Non, je n’aime pas détrousser les cadavres. Dans l’ardeur de la lutte, on fonce baïonnette basse, mais ensuite, aller voler un mort ! Fouiller cette masse informe dont les plaies coulent ! Envoyer un casque quand on a écrasé la tête ! Je n’en suis pas capable. Nous sommes des soldats, chères petites, non des pillards et je n’admets aucune excuse au larcin. Après la lutte, nous ne dansons pas près des dépouilles ennemies. Nous posons nos fusils et nous regardons froidement l’ouvrage. Si vous voyez dans quelque maison des objets ainsi volés, pensez bien à votre chagrin si, un jour, dans une chambre allemande, vous pouviez reconnaître la veste sanglante et trouée de votre frère. »

Extrait d’un courrier de l’adjudant Baron

MORT POUR LA FRANCE

à ses jeunes sœurs.

 

Oui. Ce n’est pas parce qu’il y a une guerre qu’il faut que l’on se comporte tels des rapaces, n’ayant aucun respect pour la vie et les biens d’autrui… qu’ils soient amis ou ennemis…

 

Cet ouvrage nous rappelle aussi que dans le passé la Légion d’honneur avait une valeur, il nous rappelle que seuls ceux ayant défendu la France, étaient les seuls à la recevoir… alors que maintenant, presque tout le monde peut l’avoir du moment que vous avez suffisamment d’argent pour la payer.

Même si cette récompense était souvent la dernière reçue par nos héros – elle avait la réputation d’être généralement donnée quand l’heure de la mort avait sonné, ce qui, un jour, fit dire en remerciement à un de nos héros moribond qui la reçut quelques temps avant de mourir : « Merci pour l’ordre de transport ! ».

 

Grâce à ce livre, nous nous transportons au cœur même de ces batailles aériennes, récit tiré des différents rapports émanant soit du vainqueur (quand il se trouve dans le rang ennemi et que le héros est tombé dans leur lignes, ex : Paul Bousquet qui tomba, avec son équipage, au-dessus de Cappel, près de Saint-Avold, abattu par le lieutenant von Lichtenberg le 6 septembre 1915), soit des compagnons et témoins comme par exemple cette bataille du 29 mai 1918, sur le front de Château-Thierry, menée par l’escadrille La Fayette :

 

Le 29 mai 1918, par un temps froid et sombre, l’ennemi avait réussi une attaque surprise à l’ouest de Reims, sur le front de Château-Thierry, et semble vouloir la pousser dans la direction de Paris. L’offensive était si inattendue que quelques escadrilles françaises seulement se trouvaient là. Vite, la 98e escadrille américaine fut envoyé à l’aide pour organiser la défense. Ovington et ses camarades partirent. A quatre reprises au cours du même vol, Ovington livra des combats acharnés. Puis sa mitrailleuse s’enraya. Il atterrit dans un champ, répara et retourna se battre. Quand il revint à l’aérodrome, à midi 45, d’autres patrouilles étaient prêtes à partir. Il se rejoignit à elle comme volontaires. Le capitaine Cauboue, qui commandait la première, lui confia le commandement de la seconde, comprenant deux avions français. La mission consistait à aller attaquer les drachens allemands derrière les lignes.

Il fallait voler presque au ras-du-sol pour distinguer l’objectif à travers les nuages qui donnaient l’impression de courir sur la terre tant ils étaient bas. Dans ces ténèbres, soudain l’appareil d’Ovington, suivi de très près par celui du sergent L. Hoor, heurta celui-ci ; les ailes des deux Spad se tordirent sous le choc et ce fut la double chute parmi les troupes allemandes dans la région de Lagery, au nord de Château-Thierry.

Lorsque les troupes françaises et américaines, dans une admirable contre-attaque, eurent repoussé les ennemis, on se porta aussitôt vers l’endroit de la tragédie : ni les tombes des deux braves, ni les restes de leurs avions ne furent retrouvés.

 

Comme vous le constatez, ce livre est aussi riche en information sur le plan historique, mais aussi tactique militaire et vante ce patriotisme que nous avons-nous, Français d’aujourd’hui, oubliés dans le fond de notre mémoire, à tel point que la majorité de nous avons élu comme Président de la République, un homme (raciste – germanophobe par simple jalousie et bêtise -, homophobe et phallocrate malgré qu’il tente de faire croire le contraire !) qui ne respecte ni notre patrie, ni notre pays, ni notre culture, ni les Français !et qui a osé se donner la Légion d’Honneur !!! cet Usurpateur !!!!

 

Bonne lecture !

 

Bisous,

@+

Sab

03 mars 2013

Voltaire et l’Histoire

 Voltaire

 

Ah que coucou !

 

Je sais qu’actuellement sur mon blog c’est un peu… bordélique ; prononçons ce mot, car il est VRAI ! et j’en suis parfaitement consciente ! Toutefois dans ce « bordel », pour ma défense, il y a un ordre… que certains peut-être ne voit pas mais qui existe toutefois ! Mais vous ne pouvez toutefois pas vous en apercevoir à moins de suivre scrupuleusement les sujets. Par exemple là : vous avez le choix entre l’Histoire, la Littérature, la Philosophie… Je suis totalement consciente que certains sont « perdus », etc. Je dois avouer, en plus, qu’ici a été abordé l’Histoire d’un point de vue historique et non philosophique… oui, nous savons tous, que l’Histoire du monde vue par un philosophe diffère du monde vu par un Historien pur et dur ! Quand nous étudions l’Histoire, une des choses qu’on nous conseille est de lire ce que Voltaire en pensait… c’est pour cela que nous constatons que de nombreuses personnes ont « commentés » ce que Voltaire a étudié…

 

Personnellement, j’en ai marre des versions commentées ! Et celle de Voltaire est, d’après mon jugement, la plus commentée après la Bible ! Malgré que Voltaire ait dit… vous allez l’apprendre tout de suite…

 

Oui, laissons à Voltaire ses mots, sa syntaxe pour nous expliquer les raisons de son ras-le-bol commenté par lui-même ! Ces mots, qui ont été plusieurs fois commentés par différentes personnes qui ont fini par nous corrompre, nous tromper sur les propres motivations de Voltaire, je vous les propose aujourd’hui. Ceux sont ses mots que notre ami Voltaire a écrit en 1795 pour expliquer à ces contemporains la façon dont il considérait le besoin de connaître l’Histoire…

 

Peut-être arrivera-t-il bientôt dans la manière d’écrire l’histoire ce qui est arrivé dans la physique. Les nouvelles découvertes ont fait proscrire les anciens systèmes. On voudra connaître le genre humain dans ce détail intéressant qui fait aujourd’hui la base de la philosophie naturelle.

 

On commence à respecter très peu l’aventure de Curtius, qui referma un gouffre en se précipitant au fond lui et son cheval. On se moque des boucliers descendus du ciel, et de tous les beaux talismans dont les dieux faisaient présent si libéralement aux hommes, et des vestales qui mettaient un vaisseau à flot avec leur ceinture, et de toute cette foule de sottises célèbres dont les anciens historiens regorgent. On n’est guère plus content que, dans son histoire ancienne, M. Rollin nous parle sérieusement du roi Nabis, qui faisait embrasser sa femme par ceux qui lui apportaient de l’argent, et qui mettait ceux qui lui en refusaient dans les bras d’une belle poupée toute semblable à la reine, et armée de pointes de fer sous son corps de jupe. On rit quand on voit tant d’auteurs répéter, les uns après les autres, que le fameux Othon, archevêque de Mayence, fut assiégé et mangé par une armée de rats, en 698 ; que les pluies de sang inondèrent la Gascogne en 1017 ; que deux armées de serpents se battirent près de Tournai en 1059. Les prodiges, les prédictions, les épreuves par le feu, etc., sont à présent dans le même rang que les contes d’Hérodote.

 

Je veux parler ici de l’histoire moderne, dans laquelle on ne trouve ni poupées qui embrassent les courtisans, ni évêques mangés par les rats.

 

On a grand soin de dire quel jour s’est donnée une bataille, et on a raison. On imprime les traités, on décrit la pompe d’un couronnement, la cérémonie de la réception d’une barrette, et même l’entrée d’un ambassadeur dans laquelle on n’oublie ni son suisse ni ses laquais. Il est bon qu’il y ait des archives de tout, afin qu’on puisse les consulter dans le besoin ; et je regarde à présent tous les gros livres comme des dictionnaires. Mais, après avoir lu trois ou quatre mille descriptions de batailles, et la teneur de quelques centaines de traités, j’ai trouvé que je n’étais guère plus instruit au fond. Je n’apprenais là que des événements. Je ne connais pas plus les Français et les Sarrasins par la bataille de Charles Martel, que je ne connais les Tartares et les Turcs par la victoire que Tamerlan remporta sur Bajazet. J’avoue que quand j’ai lu les mémoires du cardinal de Reitz et de Mme de Motteville, je sais ce que la reine-mère a dit mot pour mot à M. de Jersai ; j’apprends comme le coadjuteur a contribué aux barricades ; je peux me faire un précis des longs discours qu’il tenait à Mme de Bouillon : c’est beaucoup pour ma curiosité ; c’est pour mon instruction très peu de chose. Il y a des livres qui m’apprennent les anecdotes vraies ou fausses d’une cour. Quiconque a vu les cours, ou a eu envie de les voir, est aussi avide de ces illustres bagatelles qu’une femme de province aime à savoir les nouvelles de sa petite ville : c’est au fond la même chose et le même mérite. On s’entretenait sous Henri IV des anecdotes de Charles IX. On parlait encore de M. le duc de Bellegarde dans les premières années de Louis XIV. Toutes ces petites miniatures se conservent une génération ou deux, et périssent ensuite pour jamais.

 

On néglige cependant pour elles des connaissances d’une utilité plus sensible et plus durable. Je voudrais apprendre quelles étaient les forces d’un pays avant une guerre, et si cette guerre les a augmentées ou diminuées. L’Espagne a-t-elle été plus riche avant la conquête du nouveau monde qu’aujourd’hui ? De combien était-elle plus peuplée du temps de Charles-Quint que sous Philippe IV ? Pourquoi Amsterdam contenait-elle à peine vingt mille âmes il y a deux cents ans ? Pourquoi a-t-elle aujourd’hui deux cent quarante mille habitants ? Et comment le sait-on positivement ? De combien l’Angleterre est-elle plus peuplée qu’elle ne l’était sous Henri VIII ? Serait-il vrai, ce qu’on dit dans les Lettres Persanes, que les hommes manquent à la terre, et qu’elle est dépeuplée en comparaison de ce qu’elle était il y a deux mille ans ? Rome, il est vrai, avait alors plus de citoyens qu’aujourd’hui. J’avoue qu’Alexandrie et Carthage étaient de grandes villes ; mais Paris, Londres, Constantinople, le grand Caire, Amsterdam, Hambourg, n’existaient pas. Il y avait trois cents nations dans les Gaules ; mais ces trois cents nations ne valaient pas la nôtre ni en nombre d’hommes ni en industrie. L’Allemagne était une forêt : elle est couverte de cent villes opulentes. Il semble que l’esprit critique, lassé de ne persécuter que des particuliers, ait pris pour objet l’univers. On crie toujours que ce monde dégénère ; et on veut encore qu’il se dépeuple. Quoi donc ! nous faudra-t-il regretter les temps où il n’y avait pas de grand chemin de Bordeaux à Orléans, et où Paris étaient une petite ville dans laquelle on s’égorgeait ? On a beau dire, l’Europe a plus d’hommes qu’alors et les hommes valent mieux. On pourra savoir dans quelques années combien l’Europe est en effet peuplée ; car, dans presque toutes les grandes villes, on rend public le nombre des naissances au bout de l’année, et sur la règle exacte et sûre que vient de donner un Hollandais aussi habile qu’infatigable, on sait le nombre des habitants par celui des naissances. Voilà déjà un des objets de la curiosité de quiconque veut lire l’histoire en citoyen et en philosophe. Il sera bien loin de s’en tenir à cette connaissance ; il recherchera quel a été le vice radical et la vertu dominante d’une nation ; pourquoi elle a été puissante ou faible sur la mer ; comment et jusqu’à quel point elle s’est enrichie depuis un siècle ; les registres des exportations peuvent l’apprendre. Il voudra savoir comment les arts, les manufactures se sont établies ; il suivra leur passage et leur retour d’un pays dans un autre. Les changements dans les mœurs et dans les lois seront enfin son grand objet. On saurait ainsi l’histoire des hommes, au lieu de savoir une faible partie de l’histoire des rois et des cours.

 

En vain je lis les annales de France : nos historiens se taisent tous sur ces détails. Aucun n’a eu pour devise : Homo sum, humani nil a me alienum puto. Il faudrait donc, me semble, incorporer avec art ces connaissances utiles dans le tissu des événements. Je crois que c’est la seule manière d’écrire l’histoire moderne en vrai politique et en vrai philosophe. Traiter l’histoire ancienne, c’est compiler, me semble, quelques vérités avec mille mensonges. Cette histoire n’est peut-être utile que de la même manière dont l’est la fable : par de grands événements qui font le sujet perpétuel de nos tableaux, de nos poèmes, de nos conversations, et dont on tire des traits de morale. Il faut savoir les exploits d’Alexandre, comme on sait les travaux d’Hercule. Enfin cette histoire ancienne me paraît, à l’égard de la moderne, ce que sont les vieilles médailles en comparaison des monnaies courantes ; les premières restent dans les cabinets ; les secondes circulent dans l’univers pour le commerce des hommes.

 

Mais, pour entreprendre un tel ouvrage, il faut des hommes qui connaissent autre chose que les livres. Il faut qu’ils soient encouragés par le gouvernement, autant au moins pour ce qu’ils feront, que le furent les Boileau, les Racine, les Valincour, pour ce qu’ils ne firent point ; et qu’on ne dise pas d’eux ce que disait de ces messieurs un commis du trésor royal, homme d’esprit : « Nous n’avons vu encore d’eux que leurs signatures. »

 

Bisous,

@+

Sab

 

PS : Pas de nouveau billet avant la nuit de lundi à mardi…

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02 mars 2013

Voltaire et l’Histoire : Ses remarques…

 Voltaire

 

Ah que coucou !

 

Comme je vous l’ai dit déjà dans mon billet précédent, j’ai numérisé hier les « Œuvres historiques » qui me semblent être complètes écrites par l’ami Voltaire (et sur lequel nous allons revenir plusieurs fois). Parmi toutes ces pages se trouve le passage suivant concernant certaines de ses remarques sur un sujet qui nous est cher : l’Histoire ! Mais je laisse ici la parole à Voltaire qui, mieux que quiconque, peut s’expliquer :

 

Remarques sur l’Histoire

 

Ne cessera-t-on jamais de nous tromper sur l’avenir, le présent, et le passé ? Il faut que l’homme soit bien né pour l’erreur, puisque dans ce siècle éclairé on prend tant de plaisir à nous débiter les fables d’Hérodote, et des fables encore qu’Hérodote n’aurait jamais osé conter même à des Grecs.

Que gagne-t-on à nous redire que Ménès était petit-fils de Noé ? Et par quel excès d’injustice peut-on se moquer des généalogies de Moréri, quand on en fabrique des pareilles ? Certes Noé envoya sa famille voyager loin : son petit-fils Ménès en Egypte, son autre petit-fils à la Chine, je ne sais quel autre petit-fils en Suède, et un cadet en Espagne. Les voyages alors formaient les jeunes gens bien mieux qu’aujourd’hui : il a fallu chez nos nations modernes des dix ou douze siècles pour s’instruire un peu de la géométrie ; mais ces voyageurs dont on parle étaient à peine arrivés dans des pays incultes, qu’on y prédisait les éclipses. On ne peut douter au moins que l’histoire authentique de la Chine ne rapporte des éclipses calculées il y a environ quatre mille ans. Confucius en cite trente-six, dont les missionnaires mathématiciens ont vérifié trente-deux. Mais ces faits n’embarrassent point ceux qui ont fait Noé grand-père de Fo-hi ; car rien ne les embarrasse.

D’autres adorateurs de l’antiquité nous font regarder les Egyptiens comme le peuple le plus sage de la terre, parce que, dit-on, les prêtres avaient chez eux beaucoup d’autorité ; et il se trouve que ces prêtres si sages, ces législateurs d’un peuple sage, adoraient des singes, des chats, et des oignons. On a beau se récrier sur la beauté des anciens ouvrages égyptiens, ceux qui nous sont restés sont des masses informes ; la plus belle statue de l’ancienne Egypte n’approche pas de celle du plus médiocre de nos ouvriers. Il a fallu que les Grecs enseignassent aux Egyptiens la sculpture ; il n’y a jamais eu en Egypte aucun bon ouvrage que de la main des Grecs. Quelle prodigieuse connaissance, nous dit-on, les Egyptiens avaient de l’astronomie ! Les quatre côtés d’une grande pyramide sont exposés aux quatre régions du monde ; ne voilà-t-il pas un grand effort d’astronomie ? Ces Egyptiens étaient-ils autant de Cassini, de Halley, de Képler, de Ticho-Brahé ? Ces bonnes gens racontaient froidement à l’Hérodote que le soleil en onze mille ans s’était couché deux fois où il se lève : c’était là leur astronomie.

Il en coûtait, répète M. Rollin, cinquante mille écus pour ouvrir et fermer les écluses du lac Moeris. M. Rollin est cher en écluses, et se mécompte en arithmétique. Il n’y a point d’écluse qui ne doive s’ouvrir et se fermer pour un écu, à moins qu’elle ne soit très mal faite. Il en coûtait, dit-il, cinquante talents pour ouvrir et fermer ces écluses. Il faut savoir qu’on évalua le talent, du temps de Colbert, à trois mille livres de France. Rollin ne songe pas que depuis ce temps la valeur numéraire de nos espèces est augmentée presque du double, et qu’ainsi la peine d’ouvrir les écluses du lac Moeris aurait dû coûter, selon lui, environ trois cent mille francs, ce qui est à peu près deux cent quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix sept livres plus qu’il ne faut. Tous les calculs de ses treize tomes se ressentent de cette inattention. Il répète encore après Hérodote qu’on entretenait d’ordinaire en Egypte, c’est-à-dire dans un pays beaucoup moins grand que la France, quatre cent mille soldats ; qu’on donnait à chacun cinq livres de pain par jour, et deux livres de viande. C’est donc huit cent mille livres de viande par jour pour les seuls soldats, dans un pays où l’on n’en mangeait presque point. D’ailleurs à qui appartenaient ces quatre cent mille soldats, quand l’Egypte était divisée en plusieurs petites principautés ? On ajoute que chaque soldat avait six arpents francs de contributions ; voilà donc deux millions quatre cent mille arpents qui ne paient rien à l’Etat. C’est cependant ce petit Etat qui entretenait plus de soldat que n’en a aujourd’hui le Grand-Seigneur, maître de l’Egypte et deux fois plus de pays que l’Egypte n’en contient. Louis XIV a eu quatre cent mille hommes sous les armes pendant quelques années ; mais c’était un effort, et cet effort a ruiné la France.

Si on voulait faire usage de sa raison au lieu de sa mémoire, et examiner plus que transcrire, on ne multiplierait pas à l’infini les livres et les erreurs ; il faudrait n’écrire que des choses neuves et vraies. Ce qui manque d’ordinaire à ceux qui compilent l’histoire, c’est l’esprit philosophique : la plupart, au lieu de discuter des faits avec des hommes, font des contes à des enfants. Faut-il qu’au siècle où nous vivons on imprime encore le conte des oreilles de Smerdis, et de Darius, qui fut déclaré roi par son cheval, lequel hennit le premier, et de sanacharib, ou Sennakérib, ou Sennacabon, dont l’armée fut détruite miraculeusement par des rats ! Quand on veut répéter ces contes, il faut du moins les donner pour ce qu’ils sont.

Est-il permis à un homme de bon sens, né dans le 18e siècle, de nous parler sérieusement des oracles de Delphes ? tantôt de nous répéter que cet oracle devina que Crésus faisait cuire une tortue et du mouton dans une tourtière ; tantôt de nous dire que des batailles furent gagnées suivant la prédiction d’Apollon, et d’en donner pour raison le pouvoir du diable ? M. Rollin, dans sa compilation de l’histoire ancienne, prend le parti des oracles contre MM. Van Dale, Fontenelle, et Basnage. « Pour M. Fontenelle, dit-il, il ne faut regarder que comme un ouvrage de jeunesse son livre contre les oracles, tiré de Van Dale. » J’ai bien peur que cet arrêt de la vieillesse de Rollin contre la jeunesse de Fontenelle ne soit cassé au tribunal de la raison ; les rhéteurs n’y gagnent guère leurs causes contre les philosophes. Il n’y a qu’à voir ce que dit Rollin dans son dixième tome, où il veut parler de physique : il prétend qu’Archimède, voulant faire voir à son bon ami le roi de Syracuse la puissance des mécaniques, fit mettre à terre une galère, la fit charger doublement, et la remit doucement à flot en remuant un doigt, sans sortir de dessus sa chaise. On sent bien que c’est là le rhéteur qui parle : s’il avait été un peu philosophe, il aurait vu l’absurdité de ce qu’il avance.

Il me semble que si l’on voulait mettre à profit le temps présent, on ne passerait point sa vie à s’infatuer des fables anciennes. Je conseillerais à un jeune homme d’avoir une légère teinture de ces temps reculés ; mais je voudrais qu’on commençât une étude sérieuse de l’histoire au temps où elle devient véritablement intéressante pour nous : il me semble que c’est vers la fin du 15e siècle. L’imprimerie, qu’on inventa en ce temps-là, commence à la rendre moins incertaine. L’Europe change de face ; les Turcs, qui s’y répandent, chassent les belles-lettres de Constantinople ; elles fleurissent en Italie ; elles s’établissent en France ; elles vont polir l’Angleterre, l’Allemagne, et le septentrion. Une nouvelle religion sépare la moitié de l’Europe de l’obédience du pape. Un nouveau système de politique s’établit. On fait, avec le secours de la boussole, le tour de l’Afrique ; et on commerce avec la Chine plus aisément que de Paris à Madrid. L’Amérique est découverte ; on subjugue un nouveau monde, et le nôtre est presque tout changé ; l’Europe chrétienne devient une espèce de république immense, où la balance du pouvoir est établie mieux qu’elle ne le fut en Grèce. Une correspondance perpétuelle en lie toutes les parties, malgré les guerres, que l’ambition des rois suscite, et même malgré les guerres de religion, encore plus destructives. Les arts, qui font la gloire des Etats, sont portés à un point que la Grèce et Rome ne connurent jamais. Voilà l’histoire qu’il faut que tout le monde sache. C’est là qu’on ne trouve ni prédictions chimériques, ni oracles menteurs, ni faux miracles, ni fables insensées : tout y est vrai, aux petits détails près, dont il n’y a que les petits esprits qui se soucient beaucoup. Tout nous regarde, tout est fait pour nous. L’argent sur lequel nous prenons nos repas, nos meubles, nos besoins, nos plaisirs nouveaux, tout nous fait souvenir chaque jour que l’Amérique et les Grandes-Indes, et par conséquent toutes les parties du monde entier, sont réunies depuis environ deux siècles et demi par l’industrie de nos pères. Nous ne pouvons faire un pas qui ne nous avertisse du changement qui s’est opéré depuis dans le monde. Ici ce sont cent villes qui obéissaient au pape, et qui sont devenues libres. Là on a fixé pour un temps les privilèges de toute l’Allemagne. Ici se forme la plus belle des républiques dans un terrain que la mer menace chaque jour d’engloutir. L’Angleterre a réuni la vraie liberté avec la royauté ; la Suède l’imite, et le Danemark n’imite point la Suède. Que je voyage en Allemagne, en France, en Espagne, partout je trouve les traces de cette longue querelle qui a subsisté entre les maisons d’Autriche et de Bourbon, unies par tant de traités, qui ont tous produit des guerres funestes. Il n’y a point de particulier en Europe sur la fortune duquel tous ces changements n’aient influé. Il sied bien, après cela, de s’occuper de Salmanasar et de Mardokempad, et de chercher les anecdotes du Persan Cayamarrat et de Sabaco Métophis ! Un homme mûr, qui a des affaires sérieuses, ne répète point les contes de sa nourrice.

 

Oui… vous avez certainement remarqué… voici ce que j’adore chez Voltaire : IL REFLECHIT et NE TIENT PAS POUR ACQUIS CE QUE D’AUTRES ONT EMIS COMME HYPOTHESE ! C’est ce qui lui a valut de nombreux déboires en son temps… pourtant… à lui aussi, on peut répondre qu’il a oublié certains détails dans son exposé… comme celui de l’existence des archives médiévales ;)… Mais là n’est pas la raison pour laquelle j’ai choisi ce passage.

 

Lisez bien ce que dit Voltaire ! Cela ne vous rappelle-t-il rien ? ;) Allez, je vous laisse chercher où se trouve la similitude entre les propos de Voltaire et l’actualité de ces derniers jours, dernières semaines… et vous vous apercevrez que déjà, à l’époque de Voltaire, il fallait mettre en garde les gens pour les mêmes risques d’erreurs actuels !!!

 

Bisous,

@+

Sab

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06 février 2013

Richard III : Découverte de son cadavre

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Ah que coucou !

 

L’agence Reuters, relayée par les journaux du monde entier, annonce la nouvelle suivante : le cadavre de Richard III, que l’on pensait être disparu, a été retrouvé à Leicester (pour accéder à l’article, cliquez ici). Cette découverte met fin à plus de 500 ans de mystère.

 

Pourtant, en ce qui me concerne, dans cette nouvelle il y a un gros « hic ! »…

 

Je m’explique.

 

Ayant eu à faire à des généalogistes professionnels lors d’un héritage, je doute maintenant de leurs capacités professionnelles et quand je lis : « L’ADN du squelette retrouvé sous un parking de Leicester, ville du centre de l’Angleterre, est identique à celui de Michael Ibsen, un fabricant de meubles d’origine canadienne installé à Londres et qui, selon des généalogistes, descend en ligne directe de la sœur de Richard III, Anne d’York, belle-sœur de Charles le Téméraire », je crains fort que l’ADN retrouvé ne soit pas celui de Richard III, surtout quand nous savons que l’ADN se détériore au fils des siècles et que seul l’ADN mitochondrial (les mitochondries sont transmises uniquement par la mère) pourrait être utilisé pour reconnaitre celui de Richard III, mais quant à celui de Michael Ibsen, il faut que celui-ci soit le descendant de la fille, de la fille, de la fille etc. d’Anne d’York… or, mes recherches généalogiques m’indiquent qu’il est parfaitement impossible d’en avoir l’assurance totale, car l’identité des mères, dans certaines paroisses, ne sont nullement indiquée sur les actes de naissance, à moins que des historiens aient tenu à jour évènement après évènement, la généalogie de tous les descendants de la mère de Richard III (de Cécile Neville quoi) ! En tout cas, j’émets des doutes concernant à cette affirmation de généalogistes, surtout quand leur identité nous est passée sous silence !!

Oui, pour moi, affirmer qu’une personne décédée il y a plus de 500 ans est telle personne sur l’unique fois de son ADN mitochondriale est une affirmation absurde. C’est comme si on m’affirmait que je suis la seule personne existante au monde qui ait mon ADN mitochondriale ! Ma mère, ma tante, ma sœur, mes cousines, mes frères et tous les descendants de Marie Maieur (qui est l’ancêtre la plus ancienne que j’ai trouvée dans les branches maternelles de mes ancêtres du côté maternel) risqueraient de ne pas apprécier et je les comprendrais parfaitement ;) mdrrrrr ! alors ne faisons pas dire à l’ADN ce qu’il ne dit pas…

 

Pour palier à cet argument, Richard Buckley, le chef de l’équipe archéologique de l’université de Leicester a conclut par : « le squelette exhumé à Grey Friars en septembre 2012 était bel et bien celui de Richard III, dernier roi de la Maison des Plantagenêts » après avoir fait une présentation détaillée de la vie, des blessures et des caractéristiques physiques de Richard III.

Seconde affirmation où il faut y mettre des bémols ! En effet, ceux qui connaissent l’art médiéval, savent parfaitement que les personnages peints ne correspondaient pas forcément à la réalité mais correspondaient à l’image que voulait avoir le client (celui qui payent)… alors, quand je lis que les caractéristiques physiques du squelette correspondent à ceux de Richard III, permettez les doutes ! On nous parle des blessures ? Là aussi laissons les doutes car certaines descriptions des blessures nous sont fournies par :

 

Shakespeare

 

dans sa célèbre pièce : Richard III, un siècle plus tard !!! et tout le monde sait que, si certes Shakespeare était un merveilleux écrivain, il n’était pas un historien et croire que les faits historiques dans la pièce de théâtre Richard III sont respectés, c’est croire que Roméo et Juliette ont existé ;) ! Laissons la littérature là où elle est et ne donnons pas le titre d’historien à William Shakespeare qui n’a jamais concouru pour ce titre de toute sa vie durant !

 

Par contre, ce que nous pouvons affirmer de ce squelette :

 

1. il est décédé il y a 500 ans

2. il était un homme

3. il était guerrier

4. il est mort sur le champ de bataille

5. il a été enterré sans aucune cérémonie (aucune pierre tombale ne fut retrouvée ne serait-ce qu’à proximité du corps, mentionnant son identité)

6. sa mère est une femme de la famille à la mère de Michael Ibsen

 

Affirmer autre chose est une source d’erreur !

 

Bisous,

@+

Sab

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21 décembre 2012

Rome : des carottes aident à trouver le port…

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« Vue aérienne d’Ostie et la position de son bassin portuaire antique colmaté (au 1er plan). Vers la gauche du cliché, le Tibre coule en bordure du Palais impérial. En rouge les sites de carottage. »

Source : C.N.R.S.

 

 

Ah que coucou !

 

Pendant de nombreux siècles personne ne savait où se trouvait le port antique de Rome garantissant aux Romains un approvisionnement en blé et en sel. Il y a quelque temps un carottage effectué dans la partie nord-ouest d’Ostie a permis d’en retrouver la trace (pour accéder à l’article, cliquez ici).

 

Certes cette découverte est importante du point de vue historique, pourtant (oui, comme d’habitude il y a un « pourtant » ;)) ce n’est pas cette découverte que je vais applaudir ;). Dans cette aventure j’estime qu’il y a quelque chose encore plus important que cette localisation qui met fin à un mystère historique âgé de plusieurs siècles. Savez-vous ce que c’est ? ;)

 

Moi je reste baba face au fait qu’ils savaient où prélever les carottes !!

(je sais, ce n'est pas comme ça qu'on dit mais j'adore trop le "prélever les carottes" ;) mdrr!)

 

Oui. Pour moi cela reste un mystère (façon de parler bien entendu ;)) qu’on puisse chercher au bon endroit. Car, en lisant l’article, nous constatons que ce carottage-là n’a pas été simple à trouver, à concrétiser et à faire.

 

Un carottage pour connaître l’histoire, c’est bien beau. Mais encore faut-il savoir aussi interpréter ce que l’on découvre dans ces monceaux de sol car il faut le faire de reconnaître un port dans une « strate médiane, riche en sédiments argilo-limoneux de couleur grise » ! Félicitations ! Sab reste sans voix (pas de panique m'man, suis pas aphone, tu auras le bonheur d'entendre le son de ma voix tout à l'heure!)

 

Bisous,

@+

Sab

 

PS: j'en profite pour signaler que pendant ce week-end et ce pont de Noël, vos neurones auront l'occasion de se reposer, car il n'y aura pas de billets toutes les 24 heures... et ensuite nous reprendrons ça doucement jusqu'au Nouvel An, surtout pour nous remettre des bulles du plus célèbre des vins et du meilleur (c'est normal, c'est celui de ma région natale :p!).

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26 octobre 2012

Les Francs à Frankfurt-am-Main (Francfort-sur-le-Main)

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Ah que coucou !

 

Quand nous cherchons les traces des Francs, nous ne les découvrons pas seulement en France, pas seulement en Bavière, comme nous l’avons vu dans le billet : Invasions barbares : les Francs / die Franken (pour y accéder, cliquez ici), mais aussi dans d’autres parties de l’ancien empire romain… Par exemple, prenez la ville allemande de Frankfurt/Main, Frankfurt signifiant en français : le Fort des Francs. Quelles traces y ont laissés les Francs ?

 

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Partons à la découverte de cette importante métropole financière allemande !

 

Frankfurt/Main (ou Francfort sur le Main) – pour accéder au site web de la ville en allemand (langues disponibles : Anglais, Espagnol, Italien), cliquez ici - est une des villes les plus importantes de l’Etat fédéral allemand : Hessen (ou Hesse en français), vous pouvez la situer sur la carte de l’Allemagne ci-dessous, Frankfurt/Main étant entourée en rouge :

 

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D’une superficie de 248,3 km², cette mégapole européenne, regroupe une population de 700.259 habitants dont un quart est étrangère (24,3%). La densité étant de 2.772 hbts/km², les habitants vivent souvent dans des immeubles. Ville très moderne desservie par un des plus importants aéroports au monde, siège de l’économie allemande, elle possède une des instances capitalistes la plus importante : la Bourse. Ville touristique, elle propose aux visiteurs un voyage dans le temps et ceci, sans quitter Stadtmitte (centre-ville) ou le visiteur peut observer différents bâtiments d’époque différente. Pour les amoureux de la nature, il est possible de se promener dans de nombreux parcs, forêts, ou alors vous pouvez visiter le Palmengarten (Jardin Botanique)…

 

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Mais bon, ce qui nous intéresse aujourd’hui est la présence de nos ancêtres francs qui ont donné leur nom à cette ville en association avec la rivière qui la traverse : le Main, sur lequel je vous invite à naviguer pour y découvrir de magnifiques paysages…

 

Les premières traces humaines découvertes à ce jour datent d’il y a environ 200.000 ans et nous viennent des hommes du Neandertal. Nous allons sauter quelques siècles pour arriver à l’occupation romaine…

 

Au nord du Main se trouvaient les Limes, c’est sur cette frontière romaine au bord du Main qu’on décida d’ériger un bastion militaire vers 70 après notre ère, qui devint plusieurs années après une agglomération romaine où se trouvait tout le confort romain (bains, villa, entreprises), à ce sujet, vous pouvez en observer certains vestiges dans le jardin de la cathédrale.

 

Au milieu de 3e siècle après JC l’Empire romain est dans l’obligation d’abandonner aux Germains les terres se situant à l’est du Rhin. C’est dans les années 500 que les Francs supplantèrent les Alamans (tribu germanique qui sont les ancêtres de nos Alsaciens, par exemple). Ces Francs arrivèrent du Nord de la France. Ils prirent ce poste pour asseoir leur puissance militaire et conquérir d’autres territoires. Ce lieu fut nommer Franconofurd (Furt der Franken en allemand ce qui donne en français : le Fort des Francs). Les Francs y édifièrent un royaume pour contrôler le Main.

 

A partir de 855 c’est à Frankfurt/Main que fut votée l’identité des prochains rois francs, vote institué par Lothaire II. Entre 855 et 1792, ont été élus 36 rois, dont 10 ont accédé au titre d’Empereur…

 

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Bisous,

@+

Sab

 

PS : surtout ne vous moquez pas trop fort des germanophobes ;) ! sinon ils risqueraient de disparaître et de ne plus nous faire rire… Dans quelle tristesse le monde vivrait sans leur énorme stupidité affichée ;) !!!

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25 octobre 2012

Incas : Histoire d’un empire, 5ième partie

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Tiauanaco (Bolivie).

Le linteau de la Porte du Soleil

Photographie prise par J-C Spahni

 

Ah que coucou !

 

Voici le dernier volet que nous consacrons aujourd’hui à l’empire inca, qui, je le souhaite, vous a donné envie d’en connaître encore plus sur cette superbe civilisation précolombienne, hélas disparue avec la Conquête des Amériques par les Conquistadors et autres puissances européennes voulant une part de ce nouveau continent… quoi que ;)…

 

Après avoir étudié les légendes de la Cordillère des Andes (accessibles à partir de la rubrique « Mythes & Légendes », pour accéder à cette rubrique, cliquez ici),

 

après avoir vu :

 

1. La Naissance et la Mort de l’empire inca (pour accéder au billet, cliquez ici)

2. La famille royale et la noblesse (pour accéder au billet, cliquez ici)

3. La paysannerie et le travail des champs (pour accéder au billet, cliquez ici)

4. La justice (pour accéder au billet, cliquez ici)

 

nous allons nous intéresser à l’organisation de l’Empire… Comme je suis loin d’être une spécialiste concernant cette civilisation, je laisse la parole à Jean-Christian Spahni où il explique ce qui suit dans son ouvrage Les Indiens de la Cordillère des Andes* que je vous conseille de lire pour, non seulement mieux connaître cette ancienne civilisation mais aussi pour apprendre ce que sont devenus leurs descendants et les problèmes qu’ils rencontrent de nos jours pour survivre… ce livre est, par exemple, en vente sur le site d’amazon.fr (pour acheter les exemplaires encore disponibles, cliquez ici – ehh oui, Sab ne va pas recopier tout le livre ;)…).

 

L’organisation de l’Empire

 

Le royaume inca est divisé en quatre régions correspondant plus ou moins aux quatre points cardinaux : c’est le Tawsantinsuyu ou empire des Quatre sillons, qui comprend un certain nombre de provinces. L’Antisuyu désigne l’orient, le Contisuyu le couchant, le Chinchasuyu le nord et le Collasuyu le sud. Le suyu est réparti en huamanis, qui sont les territoires occupés par les différentes tribus annexées, chacun d’eux ayant sa propre capitale. Il existe une division régionale en sayas qui comprennent plusieurs syllus.

A la tête de la province se trouve un gouverneur de sang royal désigné par l’Inca ou par le Conseil du Cuzco. Cet important personnage, connu sous le nom de Tucy Ricuy, est aussi un inspecteur et un contrôleur des fonctionnaires subalternes dont il reçoit régulièrement les rapports. Il a le pouvoir d’infliger des châtiments et de renvoyer des collaborateurs incompétents mais avec le consentement du souverain. Ce gouverneur voyage en litière, précédé de coureurs, accompagné de secrétaire et de soldats.

La population de chaque province est divisée selon le système décimal en groupes de dix, cent, mille, dix mille familles, chacun d’eux étant dirigé par un fonctionnaire dont les devoirs sont d’autant plus étendus que le nombre des familles est plus élevé. Celui-ci doit maintenir la discipline entre les membres de la communauté, envoyer à la fin de chaque mois au gouverneur de province une statistique de la population, s’assurer que les citoyens ne manquent de rien, surveiller le travail qui s’accomplit au sein de la communauté et prendre encore garde à ce que la terre soit équitablement répartie entre les familles d’un même village. Il est donc à la fois un inspecteur, un chef et un juge. Ce fonctionnaire n’est pas de sang royal mais il fait partie de la noblesse se plaçant ainsi, dans l’échelle sociale, entre la famille de l’Inca et le peuple.

Sitôt la guerre terminée, et après que les vainqueurs aient célébré avec éclat la victoire, l’empereur envoie des fonctionnaires chargés de recenser les hommes et les richesses du pays occupé, de délimiter les terres qui vont appartenir à l’Etat et celles qui seront consacrées au clergé. L’inventaire de ces dernières est dressé par les quipucamayoc qui utilisent un objet devenu désormais célèbre, le quipu.

Celui-ci se compose d’une corde principale à laquelle sont attachées un certains nombre de cordes secondaires portant des nœuds plus ou moins volumineux et à des hauteurs différentes. Au moyen de ces nœuds dont la grosseur et la situation sur la corde ont une signification bien définie, les Incas expriment une multitude d’idées, le nom de la province en question, le genre de tribut à payer, le type de population vivant en ce lieu fraîchement conquis et le nombre des membres de la communauté. Il semble avoir existé également des quipus narratifs et d’autres employés comme calendrier. Dans tous les cas, il s’agit d’un procédé mnémotechnique très ingénieux mais dont le message est gardé dans le plus grand secret par les quipucamayoc.

Les biens appartenant à l’Inca sont innombrables. Au souverain reviennent les mines d’or, d’argent et les plantations de coca. La chasse lui est strictement réservée et il organise fréquemment de véritables battues au guanaco et au venado. Il possède la majorité des troupeaux de lamas et d’alpacas.

Le monarque a l’habitude de distribuer une partie des terrains de cultures qu’il possède aux membres de la famille royale et à ceux de la noblesse. Ces terres sont ensuite héréditaires.

Les cultures de l’Inca et du clergé sont soignées par des paysans qui doivent être mariés, les hatun-runa, et les récoltes sont acheminées vers le Cuzco ou mise en réserve dans des sortes de silos appelés collca ou pirhua. Ces dernières sont utilisées en cas de disette et pour nourrir l’armée.

La laine de lama, d’alpaca et de vigogne est filée et tissée par les paysans, et sert à la confection d’étoffes dont on fait grand emploi, surtout au moment des sacrifices.

Parmi les animaux domestiques figurent le cobaye (cuye ou jaca), le canard (pato) et le chien (ailjo). La viande de lama séchée constitue le charki très apprécié des indigènes.

Les paysans doivent également cultiver la terre des orphelins, des veuves et des infirmes, ainsi que celles des membres de la collectivité qui ont dû s’absenter pour une raison ou pour une autre. Toutes ces corvées s’appellent le mita.

Les villages ont encore l’obligation de fournir des serviteurs à l’Inca, d’entretenir un certain nombre de jeunes filles, choisies parmi les plus saines et les plus belles, les aclias, qui sont placées dans des sortes de couvents dirigés par les mamacunas, où elles apprennent à filer et à tisser des étoffes destinées au monarque. A la puberté, elles sont réparties en trois groupes : les unes deviennent des concubines de l’empereur ou des membres de la noblesse, les autres remplacent les mamacunas vieillissantes, les troisièmes sont consacrées au Soleil et sacrifiées à l’occasion de certaines cérémonies. Ce sont elles que l’on désigne généralement sous le nom de vierges du Soleil mais que l’on devrait plutôt appeler femmes choisies.

Le paysan, le berger et le soldat, qui sont au service direct de l’Etat, reçoivent leur nourriture des greniers royaux ainsi que les vêtements dont ils ont besoin, et cela suivant une loi très rigoureuse qui s’est maintenue d’ailleurs jusqu’à nos jours au sein de la plupart des communautés : à savoir que l’individu bénéficiaire de ses voisins doit pourvoir aux nécessités de ces derniers.

Les artisans tels que les céramistes, les tisserands et les orfèvres qui travaillent pour la cour, sont exempts de toute corvée, nourris et vêtus au frais de l’Etat.

Il existe aussi une foule de domestiques de l’empereur, les yanaconas. Si ceux-ci se conduisent bien, on leur confie des postes plus importants. L’Inca peut d’ailleurs anoblir des paysans de mérite qui deviennent les parvenus de l’empire.

Les communautés indigènes ne souffrent pas trop des revendications de l’Inca, car ces dernières correspondent toujours aux droits reconnus par la tradition aux chefs et aux idoles de la région. Ainsi que le faisait justement remarquer Alfred Métraux dans son remarquable ouvrage sur les Incas, c’est donc moins la collectivité soumise qui s’adapte à de nouvelles conditions que la dynastie Inca qui s’identifie à l’ordre ancien. On juge alors de l’excellence du système. Du reste, il y a des compensations car les conquérants incas prennent aussi possession de terres en friche qu’ils mettent ensuite à profit et qui sont distribues en trois parties, selon le système habituel : une tranche pour l’Etat, une autre pour le clergé et la troisième pour les paysans.

En vertu de cette organisation, et malgré les tributs important à payer, les communautés se suffisent amplement à elles-mêmes et produisent un surplus grâce auquel les membres de la noblesse et les fonctionnaires vivent largement. Ce surplus permet aussi la réalisation de grands travaux : construction de temples et de forteresses, de routes et de ponts, de canaux d’irrigation, de tambos. Il permet encore la conduite d’une guerre de conquête dont nous savons qu’elle a fait de l’empire inca l’un des plus vastes de l’Amérique précolombienne.

A noter que chaque classe de cette hiérarchie sociale est reliée à celle qui lui est supérieure ou inférieure, mais que les fonctionnaires d’un même grade n’ont presque pas de contact entre eux.

Il n’empêche que toutes les couches de la société se trouvent représentées et que les populations des provinces soumises conservent une certaine liberté puisque l’Inca ne s’attaque jamais à leur religion, ni à leurs coutumes et pas davantage à leurs traditions les plus sacrées, leur demandant seulement de payer leurs tributs et de respecter le Soleil dont lui, l’empereur, est le fils incontesté.

L’esclavage est inconnu chez les Incas mais l’empereur impose une série de corvées et de services personnels ainsi que le système de prestation de services, encore en vigueur de nos jours.

 

Bisous,

@+

Sab

 

* : Ouvrage écrit par Jean-Christian Spahni regroupant 64 planches hors texte en héliogravure, 8 planches hors texte en couleurs et 23 cartes et croquis. Photo prises et croquis exécutés par :

 

Jean-Christian Sphani

 

Dans cet ouvrage, découpé en 9 parties, sont abordés les points suivants :

 

1. Les origines de l’empire des Incas

2. L’Empire des Incas

3. La Conquête espagnole et ses conséquences

4. Les Indiens à l’époque actuelle

5. Légendes indiennes de la Cordillère

6. Les grands pèlerinages

7. Les Artisans de la forêt Amazonienne

8. Les Grands problèmes de l’Amérique du Sud

9. L’Intégration des Indien de la Cordillère

 

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Récipient anthropomorphe en terre cuite

Photographié par J-C Spahni

13 octobre 2012

Que devient la France après la mort de Clovis I ?

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Ah que coucou !

 

Clovis, qui fut le premier roi franc de cette France balbutiante (enfin je veux dire par là le premier roi franc que nos livres d’histoire reconnaissent), n’étant pas éternel, à sa mort, le royaume fut divisé entre ses fils comme cela était usuel dans le droit salien. Et nous arrivons ici, encore une fois, à une partie de notre histoire où il est difficile de trouver des informations sur la toile alors qu’il s’agit là quand-même, des débuts des Mérovingiens !

 

Comme les encyclopédies qui sont à la maison sont peu parlantes à ce sujet, nous allons utiliser un vieux livre datant d’il y a 2 siècles ;) pour connaître cette partie de l’histoire de France.

 

Malheureusement les auteurs de cet ouvrage (M. Drioux et M. Leroy) restent assez succincts sur cette période et préfèrent les cartes aux écrits… pour nous expliquer cette époque nous pouvons lire ce qui suit :

 

511. 1er partage. Les états de Clovis furent, après sa mort, divisés par ses fils en quatre royaumes désignés sous les noms de leurs capitales, et avec des délimitations arbitraires :

 

- METZ, Thierry 1er, puis Théodebert 1er, Téodebalde

- ORLEANS, Clodomir

- PARIS, Childebert 1er

- SOISSONS, Clotaire 1er

 

C’est chouette de savoir enfin qui étaient les fils de Clovis 1er ;) n’est-ce pas ? Evidemment, cela n’empêche pas ces rois de vouloir agrandir leur territoire alors nous commençons à voir la France du sud arrivée dans ce Royaume des Francs partagés en 4, comme vous pouvez le voir sur la carte suivante :

 

Apres-Clovis_1

Cette géographie de la France durera jusqu’en 558, quand Clotaire 1er réunit tous ces Etats après la mort des autres princes…

 

Mais après la mort de Clotaire 1er, revoici qu’à cause des lois saliennes, la France se trouve à nouveau divisée entre ses fils : Caribert, Gontran, Sigebert 1er, Chilpéric 1er… Mais là est un autre épisode de l’histoire de France ;)…

 

Bisous,

@+

Sab

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