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26 septembre 2012

Plancy l’Abbaye à l’heure catholique 3/4

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Ah que coucou !

 

Avant d’aborder les festivités données à l’église de ce petit village aubois, à la limite de la Marne, je laisse la parole à Hubert Richard qui nous narre l’histoire de cette église dans son ouvrage (déjà cité ce samedi) qui s’appelle Fort comme Plancy entouré de Roseaux, publié en 2004 (et que je vous conseille d’acheter si l’histoire de Plancy vous intéresse).

 

« Ouvrir la porte d’une église, c’est ouvrir un livre de mémoire. Y sont enchâssés les souvenirs des évènements de la vie et des actes de foi de générations de chrétiens qui se sont succédés dans la paroisse au cours des siècles. Feuilletons ensemble le livre plancéen.

 

Comme toutes les églises, celle de Plancy a la forme d’une croix latine orientée vers l’est. Elle est relativement vaste. Sa longueur sous voûte est de 31 mètres, sa largeur sanctuaire de 6,40 m, le chœur et les chapelles latérales font 19,5 m, la nef 11,9 m. Il y a deux hauteurs de voûtes, 5,2 m et 4,8 m.

 

Les matériaux employés à sa construction sont la pierre dure de Sézanne pour les fondations et soubassements et la craie du pays pour le reste. La nef, modifiée ultérieurement, et une partie du transept, datent du XIIè siècle. Le reste est du XVIè ou plus récent. L’abside voûtée en ogive est XVIè siècle également. Le pignon occidental est percé d’une fenêtre du XIIIè siècle. L’ensemble a été beaucoup remanié, la tour et le clocher s’étant effondrés le 6 juillet 1694. La construction actuelle ne fut vraiment rétablie qu’en 1737 (date gravée dans la craie à la base du clocher côté extérieur nord).

 

A l’intérieur, on remarque un seul pilier (chapelle latérale sud) dont le chapiteau représente un homme renversé sur le dos, tenant une hache à la main et ayant les deux jambes coupées (symbole de la force vaincue). Un rat s’enfuit à la vue d’une chouette.

 

Le chœur récemment réaménagé possède un certain cachet. En toile de fond, l’ancien maître-autel en bois avec la Cène sculptée dans son socle, apporte une note de douceur. Devant, le nouvel autel en pierre se marie très bien dans l’ensemble. A sa gauche se trouve l’ambon de lecture et son médaillon portant le nom du sculpteur de l’autel, François Haussaire, à sa droite, l’ambon d’animation et son médaillon portant les armes de Monseigneur Colson, curé doyen de Plancy au début du XXè siècle, prélat de sa Sainteté.

 

Les fenêtres de l’abside possédaient autrefois de magnifiques vitraux des XVIè et XVIIè siècles. Ils ont été détruits lors du bombardement de Plancy le 13 juin 1940. De ces vitraux ne subsistent que les trois petites ogives de la fenêtre centrale, tout en haut, derrière le maître-autel. Ce qui restait après ce bombardement dévastateur a été récupéré par les Beaux-Arts et entreposé dans des caisses depuis cette date. Il était prévu, après restauration, de les remettre en place. Tous les autres vitraux, qu’ils soient dans le chœur ou à la chapelle de la sainte Vierge, n’ont pas 50 ans.

 

Trois grands tableaux ornent l’église : dans le transept, sur la gauche, une descente de croix, dans le collatéral sud, un saint Sébastien du peintre E. Gautier et près des fonds baptismaux, une décollation de saint Julien.

 

Parmi le statuaire, à souligner deux œuvres de pierre situées de chaque côté du chœur, une vierge à l’enfant et une sainte Anne éducatrice, toutes deux assez jolies, deux statues de saint Victor de Plancy, l’une dans le chœur, l’autre (du XVIIè siècle) contre un pilier de la nef. La statue d’un évêque, non datée, dans une niche de l’ancien autel saint-Nicolas, ne manque pas d’intérêt. La statue centrale qui surplombe l’autel de la sainte Vierge a été dite miraculeuse car, en se détachant à l’improviste et en blessant ceux qui voulaient la mettre à terre, elle a arrêté les exactions des sectaires du village lors de la Révolution en 1793. C’est également au pied de cette statue que le Père Louis Brisson, fondateur des Oblats et Oblates de Saint François de Sales, dit avoir reçu l’appel à la vocation sacerdotale.

 

A la place de l’autel Saint-Nicolas se trouve la châsse contenant les ossements de saint-Victor, évangélisateur e la région au VIIè siècle.

 

La sacristie ne fut construite qu’en 1865. Le clocher forme une pyramide octogonale haute de 35 mètres. Il contient quatre cloches prénommées Aline, Hélène, Léonie et Chichette. Cette dernière, la plus petite, s’est trouvée pendant fort longtemps hors du clocher sous un petit auvent. Elle doit son nom à l’esprit critique des Plancéens qui, lors de son baptême, avaient jugé sa marraine trop « chiche » en dragées.

 

L’église de Plancy a d’abord été placée sous le vocable de saint Julien l’Hospitalier (patron des aubergistes), mais lorsque que les paroissiens eurent connaissance de la vie de ce saint (il fut parricide), ils le récusèrent. Ils prirent comme nouveau patron saint Julien de Brioude. Le second protecteur de la paroisse est saint Sébastien.

 

Noms des différents Curés de Plancy trouvés dans les archives :

 

1647 : Henri Masson – 1670 : Laurent Durnel – 1671 : Jean Moret (pour Plancy) et Claude Mallier (pour l’Abbaye) – 1684 : Louis Brosset – 1686 : Jean-Baptiste Godot – 1691 : Antoine Rivet – 1705 : Jean-Baptiste Holass – 1712 : Pierre François Sorel – 1728 : Chanoine Guillernat – Révolution & Empire : Houzelot – 1817 : Blin – 1850 : Blampignon – 1870 : Jacquinot – 1908 : Prélat de sa Sainteté Colson & Giraut – 1922 : Chanoine Eugène COUSU – 1952 : Chanoine Paul Reitzer – 1980 : Roger Valentin – 1995 : Michel Gatouillat – 2003 : Philippe Dudon

 

Malheureusement, à cause des spectacles à l’intérieur de l’église, je n’ai pu prendre autant de photo que j’aurais voulue, par contre, voici quelques photo que j’ai prises de la maquette de l’église offerte pendant l’office religieux :

 

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ainsi qu’un des vitraux :

 

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Les festivités dans l’église étaient des chants dont voici un court extrait interprété par le compositeur lui-même, accompagné de son fils aux claviers et de quelques plancéens dont le diacre.

 

 

Ils n’ont pas été les seuls mais ne pouvant pas passer toute l’après-midi dans l’église, Sab s’est rendue ensuite à la maison du Révérend Père Louis Brisson pour continuer vers la Salle Polyvalente où les plancéens avaient mis en scène la vie du Révérend Père Louis Brisson accompagné d’un spectacle de danse (que je n’ai pu regarder : les spectateurs débordaient sur la cour… J’avais tenté d’entrer mais sans réel succès…

 

Dans le dernier billet de cette série nous aborderons un peu l’histoire de cette commune. Billet que je posterai pendant le week-end pour vous reposer un peu ;). Jusque là nous aborderons d’autres sujets, qui sont plus scientifiques ;).

 

Bisous,

@+

Sab

 

28 juin 2013

Ah que coucou!

 

Suite au déménagement, toutes les photo de cette journée du 23 septembre 2012 sont disponibles dans l'album photo Béatification du Révérend père Louis Brisson (pour y accéder directement, cliquez ici)

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19 mai 2013

Spam : Canadian Pharmacy – Attention MAFIA !

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Ah que coucou !

 

Comme de nombreuses personnes je suis parfois enquiquinée par les spams provenant de cette arnaque en ligne qu’est la pseudo compagnie canadienne de pharmacie en ligne… Mais, comme nous l’indique l’adresse IP de son site, elle vient, en réalité, de Suisse :

 

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Toutefois il s’agit d’une société Lettonne comme nous l’indique son immatriculation commerciale :

 

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Comme vous vous en apercevez, l’honnêteté des dirigeants porte déjà à caution… un produit prétendu être originaire du Canada, qui transite par la Suisse alors qu’il s’agit d’une vente émanant de Lettonie… euhh ! je ne sais pas pour vous, mais moi, j’appelle ça des tentatives d’arnaques telles qu’elles sont élaborées par la Mafia (rien que ça !). Et oui, si vous commandez chez eux, vous aurez quelques soucis en cas de problèmes pour déposer plaintes ;)… et pour aussi les retrouver car je doute fort que cette Linda Krumina ne soit autre chose qu’un prête-nom (si elle existe réellement), pensant naïvement, peut-être, pouvoir ajouter du beurre dans ses épinards en acceptant de prêter son nom pour encaisser l’argent envoyé par d’autres naïfs qui ne se doutent pas qu’ils financent en réalité la Mafia ;)…

 

Maintenant comment se fait-il que nos boites puissent être envahies par tous leurs courriels (j’ai lu que certains se plaignaient de recevoir des courriels d’eux plus de 50 fois dans la même journée alors qu’ils filtrent leurs mèls). Déjà, il faut savoir comment cela est possible…

 

Une des raisons principales est que la personne soit allée sur un site de cul… mais certaines victimes annoncent que cela n’en est rien…

Oui… difficilement croyable, penseriez-vous… or c’est facilement vrai ;)… en affichant certains sites (qui n’ont rien à voir avec les sites porno) et les bandeaux publicitaires étant trop souvent « détournés », même ceux qui sont sur un site que nous avons l’habitude de visiter, il se peut qu’apparaissent une pub qui dépose une cochonnerie dans les fichiers temporaires internet de votre PC… c’est pour cela qu’il est fortement conseillé de nettoyer ses caches et ses cookies internet régulièrement… cela évite déjà bien des désagréments… En faisant ce nettoyage assez souvent, vous supprimez déjà de nombreux spams !

 

Ensuite certains prétendent qu’ils continuent à en recevoir malgré qu’ils aient mis « viagra » dans les filtres…

Gérer les filtres en déclinant ce mot dans toutes les possibilités possibles est tout à fait inutile, car malgré que vous le lisiez sur le courriel il n’apparait pas lors du filtrage car il ne se trouve pas dans le courriel mais dans une page, sur un site extérieur au courriel reçu… oui, dans le courriel il n’y a souvent qu’un lien ouvrant cette page (qui en profite pour vous ajouter une petite cochonnerie afin de vous reconnaître) quand il ne s’agit pas tout bonnement d’une page dissimulée dans vos fichiers temporaires internet qui apparait à chaque fois qu’il y a un rafraichissement de la page ou autre...

 

Afin de ne plus recevoir ce style de courriel, j’ai lu que certains conseillent de changer d’adresse courriel ;) !! mdrrrrrr !!! Vous aurez beau changer et changer à nouveau, au bout de quelques jours, vous vous retrouverez toujours avec les mêmes soucis !

Certains conseillent de bloquer les adresses d’expédition ;) mdrrrr !! bon, j’explique pourquoi c’est absurde :

cela fait depuis un mois environ que je relève les adresses d’expédition de Canadian Pharmacy… Bon, moi, en un mois, j’en ai reçu que 6 courriels ;) – ben oui, moi, mon premier réflexe est d’éviter d’en recevoir ;)… alors je n’en reçois jamais beaucoup…

Et ces 6 courriels mènent à 6 sites différents (pour éviter qu’on ne bloque à partir de nos PC/réseaux l’accès à leur site commercial :http://rbdoctor.com/ en utilisant nos pare-feu) que voici :

 

http://aspwedo.org/bb.html

http://www.drugstorefitnesstablets.ru/

http://labelperucorporation.com/bb.html

http://panagiotopoulosglass.gr/bb.html

http://www.newwelnessherbal.com/

http://jsjmcomputers.co.uk/bb.html

 

Quand on recherche qui se cache derrière ces pseudo sites, on constate d’abord que le premier se trouve dans le pays Equateur, le second est russe, le troisième est péruvien, le quatrième est grec, le cinquième est – oups je ne sais plus ;) – et le dernier de la liste est britannique… quant à la raison sociale des sociétés prétendues propriétaires des dit-liens, bizarrement il s’agit des compagnies nationales des télécommunications du pays ;)… ohhhh !! qu’est-ce qu’ils sont honnêtes ;) !!!

 

Equateur, Russie, Pérou, Grèce, Royaume-Uni… pour un serveur en Suisse et une société immatriculée en Lettonie ;)… ils ont de la ressource… et une réelle volonté de se dissimuler et de détourner toutes les sécurités mises sur les PC ! d’ailleurs ses pseudo-sites sont fermés systématiquement le lendemain, en majorité (ben oui, quoi, ils veulent éviter de se faire prendre ;) Mettez-vous à leur place ;) mdrrr !)…

 

Alors, comment faire pour se débarrasser d’eux ?

 

Déjà ayez la main mise sur votre pare-feu ! interdisez-lui de laisser votre PC et votre navigateur aller sur des sites où vous ne voulez pas aller et de se connecter à des serveurs que vous ne connaissez pas ! (évidemment, si vous n’avez plus la main mise sur votre pare-feu parce que votre navigateur internet vous en empêche, vous ne pourrez jamais faire cesser cet état de chose).

Ensuite, nettoyez régulièrement votre navigateur, comme votre PC. Un bon entretien hebdomadaire de votre PC garde la vitesse d’exécution des taches différentes, évite à votre PC d’avoir des virus et autres cochonneries qui se dissimulent parmi les fichiers temporaires. Et supprimez au minimum quotidiennement caches et cookies de votre navigateur !

 

En suivant ces recommandations simples, vous supprimez déjà de très nombreux spams ! et en signalant vos spams à SignalSpam (dont je vous ai déjà parlé dans un billet consacré à la lutte contre les spams, pour accéder au billet et au lien vers le site, cliquez ici) ou à Phishing-Initiative (quand il s’agit de tentatives de phishing, pour accéder au site, cliquez ici), les réceptions de spams et de courriels émanant des arnaqueurs comme la pseudo Canadian Pharmacy, diminuent progressivement et tendent même à disparaître… alors ? que faut-il que vous fassiez pour vous débarrasser des indésirables ;) ?

 

Bonne chasse !

 

Bisous,

@+

Sab – sur laquelle il ne faut plus compter pour vous faire connaître leurs nouveaux liens, parce que, moi, j’ai maintenant bloqué leur site commercial à partir de mon pare-feu ;) ! alors je ne recevrai plus jamais de spam venant de cette société ;p !! Généralement je le fais à partir du premier envoi… mais là je voulais récolter quelques informations pour vous les communiquer avant de le faire ;), c’est pour ça que j’en ai eu autant !!

24 mai 2013

Nicolas Gogol : Le Nez

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Ah que coucou !

 

Pour ceux qui l’ont reçu, il y a quelques années, de Johannes, il s’agit là d’une autre traduction, qui, je trouve, se rapproche plus de la version originale… oui, tout le monde sait qu’il est difficile de faire une traduction exacte car nos cultures, même si les souches entre la culture francophone et russophone ont certains points communs, sont différentes, d’où la difficulté de faire ressentir les mêmes émotions à un lecteur ayant des origines géographiques différentes… Bon, nous n’allons pas nous étendre plus longuement sur ces difficultés de traduction rencontrées par tous ceux qui doivent traduire une idée qui n’est pas forcément les leurs, dans une autre langue pour nous concentrer sur l’œuvre…

 

Oui. Donc aujourd’hui je vous propose la nouvelle suivante, écrite par ce grand écrivain russe qu’était Nicolas Gogol :

 

Le Nez

accessible au téléchargement/lecture en cliquant ici

Format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par Adobe)

Langue : Français

 

Quelle étrange aventure que vit cet assesseur de collège Kovaliov ! Oui, ce malheureux fonctionnaire a perdu cet orifice qui se trouve au milieu de notre visage : son nez ! A la place de celui-ci ? Rien, c’est tout lisse, comme si le nez n’avait jamais existé et n’avait jamais été placé là !!! Evidemment, Kovaliov part à sa recherche et le rencontre à l’église dans l’uniforme d’un conseiller d’Etat !! Parce qu’il refuse de regagner sa place, Kovaliov décide de porter plainte… quelques temps plus tard, le nez est retrouvé… mais ce nez fugueur refuse de rester à sa place, et bientôt, tous les habitants de la ville apprennent que le nez se trouve là, puis ici, mais jamais sur la figure de Kovaliov !! Ce qui, il faut l’avouer, gêne beaucoup Kovaliov qui avait prévu de se présenter au poste de gouverneur… et de se marier avec la fille d’un officier supérieur…

 

Kovaliov parviendra-t-il à faire entendre raison à son nez afin qu’il daigne regagner sa place et y rester ? C’est ce que vous apprendrez en lisant cette nouvelle !

 

En attendant nous ne pouvons que faire la même constatation que fait Nicolas Gogol au sujet de cette histoire : « […] le plus étrange de tout, le plus incompréhensible, est que des auteurs puissent choisir de tels sujets. Je le confesse, c’est parfaitement inconcevable, c’est vraiment… Non et non, cela dépasse mon entendement ! » ;) mdrrr !!

Si vous voulez avoir l’explication : lisez cette œuvre jusqu’au bout !

 

Bonne lecture !

 

Bisous,

@+

Sab

30 janvier 2013

Consommation : les crèmes anti-âge

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Ah que coucou !

 

Avec l’âge notre peau perd de sa souplesse et les publicistes nous vantent les bienfaits de telle crème, de telle vitamine pour permettre à notre peau de récupérer toute sa jeunesse. C’est ainsi que nous apprenons que la coenzyme Q10 (que nous retrouvons notamment dans la viande et dans le poisson) peut lutter contre le vieillissement quand nous l’étalons sur la peau ;) mdrrrr !! alors que cette enzyme Q10 est, paraît-il, bonne en cas d’hyper-tension, de migraines et elle se prend uniquement par voie orale…

 

Il suffit d’aller dans un rayon cosmétique quelconque pour s’apercevoir que de nombreuses crèmes inondent le marché… et, en tant que consommateurs, nous ne savons laquelle choisir… même si, nous, nous savons qu’une bonne crème est une crème hydratante qui protège notre peau contre les intempéries ;)…

 

Oui, toutes ces crèmes anti-âge, antirides, antivieillissement, ne sont, en réalité, que des attrape-nigauds ! désolée, mais c’est la stricte vérité, qui ne font de miracles que dans notre façon de voir, de nous regarder le matin dans notre glace après application, et dans l’augmentation exponentielle du chiffre d’affaire des industries chimiques, ayant un secteur cosmétique et fabricant les dites crèmes…

 

Pour plus de renseignements, non pas sur chacune des marques, chacune des crèmes (ce qui serait un travail titanesque tellement elles sont nombreuses), je vous conseille plus de lire l’article suivant, paru sur le site du CNRS, où la responsable de la recherche Chloé Feral et son équipe ATIP-Avenir « Homéostasie et tumorigenèse épidermiques » concluent leur recherche par le constat suivant :

 

« CD98hc apparaît nécessaire au renouvellement rapide et efficace de l’épiderme. La baisse de son expression, constatée in vivo chez la souris âgée, confirme son rôle dans le maintien des tissus, le cycle du follicule pileux et la cicatrisation, perturbés avec l’âge » affirme Chloé Féral. « Le statut du transporteur CD98hc in vivo pourrait être un indicateur de la capacité de la peau à se régénérer », conclut la chercheuse.

 

pour accéder à l’article dont le titre est Le contrôleur du vieillissement de la peau, cliquez ici.

 

Bisous,

@+

Sab

22 décembre 2012

Guy de Maupassant : L’Epave

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Ah que coucou !

 

Oui, je sais. Cette nuit, contrairement à certains, Sab a fait un bon gros dodo hors de bruits de la ville et a oublié de vous poster ce billet… Mais vaut mieux tard que jamais, n’est-ce pas ;) ?

 

Si aujourd’hui je vous proposais à lire une petite nouvelle écrite par notre ami Maupassant narrant l’histoire d’une fin que l’on pense être prochaine ? Oui, aujourd’hui je vous offre un moment de lecture pour ce week-end qui nous fait patienter jusqu’à Noël (où les enfants auront droit à une nouvelle aventure de Babeth qui rencontre le Père Noël) :

 

L’Epave

accessible au téléchargement/lecture en cliquant ici

format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par adobe.com)

Langue : français

 

Cette nouvelle narre l’étrange aventure de la visite d’une épave accessible à marée basse… et rappelle au lecteur que les marées, elles montent et peuvent emprisonner le touriste tête en l’air qui n’aura pas fait attention aux heures de marée…

Oui, la narrateur se retrouve bloquer sur l’épave encerclée par l’Océan qui a repris sa place, tout ça parce qu’il s’est laissé distraire par ce groupe de touristes anglais qui souhaitait visiter la dite épave… Mais si cette épave a été pendant quelques heures leur prison pour attendre leur mort, elle a été aussi leur seule et unique planche de salut en cette nuit de la Saint Sylvestre.

 

Mais ne vous inquiétez pas ! ils ont survécu à cette nuit fatidique… et si vous souhaitez savoir comment, n’hésitez pas à lire cette nouvelle aventure !

 

Bisous et bon week-end !

@+

Sab

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22 novembre 2012

Le vieux français…

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Chrétien de Troyes,

extrait du Chevalier à la Charrette.

 

 

Ah que coucou !

 

Maintenant sans mentir, qui a compris ces quelques vers écrits par celui que nous considérons comme étant le romancier le plus célèbre du moyen-âge : Chrétien de Troyes, protégé de Marie de Champagne, l’une des filles d’Aliénor d’Aquitaine ? Allons, allons ! qui réussit à les décrypter ?? ;) ou alors préférez-vous attendre la traduction ? ;) D’accord, je vais être sympa et vous le rendre plus compréhensible en recopiant la traduction du texte faite aux Editions M. Roques ;)

 

Et lui qui veut bien qu’elle ait le peigne,

le lui donne, et en retire les cheveux,

si doucement qu’il n’en rompt aucun.

Jamais yeux humain n’en verront

honorer à ce point aucune chose,

car il commence à les adorer,

et les touche bien cent mille fois,

et les porte à ses yeux, à sa bouche,

à son front, et à son visage ;

il n’est aucune joie qu’il ne manifeste ;

il en est très heureux, il en est très riche ;

en son sein, près de son cœur, il les range

entre sa chemise et sa chair.

Il ne prendrait pas en échange un char

rempli d’émeraudes et d’escarboucles ;

il ne croyait pas que le chancre

ou quelque autre mal pût le prendre :

il dédaigne la dimargareton

et la pleuriche et la thériaque,

et même saint Martin et saint Jacques :

car il a tant confiance en ces cheveux

qu’il n’a pas besoin de leur aide ;

mais de quel prix étaient les cheveux ?

On me tiendra pour un menteur et un

fou, si je dit la vérité :

si la foire du Lendi battait son plein,

et si les marchandises y abondaient,

le chevalier ne voudrait pas les posséder

toutes, c’est la vérité,

et ne pas avoir trouvé les cheveux.

Et, si vous me demandez la vérité à ce sujet,

de l’or cent mille fois affiné,

et refondu autant de fois,

aurait paru plus obscur que ne l’est la nuit

par rapport au plus beau jour d’été

qu’il y ait eu cette année,

pour celui qui aurait vu l’or et les cheveux

en les mettant côte à côte.

 

Ce petit extrait est plus compréhensible maintenant, n’est-ce pas, même s’il reste quelques inconnues comme la foire du Lendi (qui était une importante foire médiévale qui se tenait dans la plaine St Denis, près de Paris et où l’Université s’approvisionnait en parchemins) et ce dimargareton (qui était une sorte de drogue ou un mélange de remèdes merveilleux). Mais bon voici un petit résumé de ce qui s’est passé avant…

 

Lancelot – oui il s’agit de ce célèbre héros – avant qu’il ne soit fait Chevalier, se lance à la poursuite de la Reine enlevée par Méléagant de Gorre. Pour la retrouver il monte dans la charrette de l’infamie et y découvre un peigne où se trouvent des cheveux couleur d’or qui sont les cheveux de la reine Guenièvre ;)… pour la suite, vous connaissez l’histoire ;).

 

Maintenant vous vous demandez sans doute pourquoi j’ai choisi cet extrait pour illustrer l’ancien français…

 

Premièrement parce que Chrétien de Troyes est l’écrivain médiéval que nous connaissons tous plus ou moins, même si nous ne possédons pas de renseignements très importants le concernant… oui, mis à part le fait qu’il écrivait et fréquentait la cour d’Aquitaine, nous ignorons presque tout de lui…

Secondement parce que ce texte rengorge énormément de mots et d’expression usités dans ce Moyen-Age. Ce qui va nous aider à réviser notre français enfoui profondément dans nos gênes…

 

Maintenant, à l’aide de cet extrait, que remarquons-nous concernant la langue de nos ancêtres ?

D’abord qu’un Français d’aujourd’hui se retrouvant au temps des preux chevaliers, ne parviendrait pas à comprendre la moindre conversation basique, la moindre petite question simple, à moins d’avoir de bonne notion linguistique et de connaître l’histoire de notre merveilleuse langue.

 

Pour nous aider, certains linguistes, spécialisés dans notre langue, ont édité des dictionnaires de vieux français. Dictionnaires, qui, s’ils regroupent bien les quelques mots de vocabulaire ancien, n’abordent, hélas, pas l’historique de notre langue, ce qui permettrait, par exemple, de comprendre mieux tous les actes qui sont arrivés jusqu’à nous… en tant que généalogiste amateur, je m’aperçois que mes petites connaissances linguistiques me permettent de comprendre le principal des actes mais rarement les détails (car en plus du vocabulaire, la difficulté réside aussi dans la graphie).

 

Personnellement je trouve qu’il est important que chaque francophone connaisse la façon de s’exprimer des Anciens, non seulement les spécialistes, non seulement les linguistes amateurs, non seulement les généalogistes, mais toute la population. Car toutes ces façons de s’exprimer sont non seulement NOTRE mémoire collective, mais aussi NOTRE identité propre aux francophones, car, même s’il est possible d’apprendre notre langue, d’approfondir nos connaissances en culture générale, il est impossible de ressentir notre passé francophone sans avoir un minimum de notions du passif de notre langue : le français. Il ne faut pas oublier que :

 

c’est le français d’hier,

qui a fait le français d’aujourd’hui,

qui créera le français de demain.

 

Donc si nous voulons que le français ait un avenir, il faut lui donner aussi ses armes d’hier…

 

Bisous,

@+

Sab

19 novembre 2012

Jean Anouilh (1910 – 1987): Le Voyageur sans bagage & le Bal des Voleurs

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Ah que coucou !

 

Oui, comme chez de nombreuses autres personnes, il existe dans ma bibliothèque des livres que je ne peux vous mettre gratuitement à disposition en ligne car ils ne sont pas encore tombés dans le domaine public, malgré la mort de leur auteur. Autant protéger les droits d’auteur d’une personne qui vit, je le conçois pleinement (toute peine mérite salaire), mais que les œuvres ne tombent pas systématiquement dans le domaine public dès leur décès, j’avoue avoir un problème avec ça…

Bon, quoi qu’il en soit, et ceci même si je trouve cette partie de la loi stupide, je ne peux malheureusement pas vous proposer gratuitement et en e-book ce dernier livre dont la numérisation et la dernière mise en page s’est faite tout à l’heure. Livre, qui comme vous l’indique la couverture ci-dessus, regroupent deux pièces de théâtre écrites par Jean Anouilh et qui s’intitulent :

 

Le Voyageur sans bagage

Le Bal des Voleurs

 

dont vous pouvez acheter un exemplaire papier en cliquant ici (direction : le site d’amazon.fr)

 

Dans la première des pièces, le Voyageur sans bagage, Jean Anouilh aborde un sujet que nous nous rappelons avoir étudié dans nos cours d’histoire. Il aborde ce sentiment de refus du décès d’un être cher dans cette boucherie qu’était la première guerre mondiale. Il aborde un passage de la vie de certaines familles qui refusaient d’accepter que leur enfant, leur frère, leur mari, leur neveu ait pu disparaître de la surface de la terre et qui s’accrochait à vouloir le reconnaître parmi certains amnésiques…

Gaston, le personnage principal de cette pièce, est un de ces amnésiques que plus de 400 familles reconnaissent comme étant leur cher disparu… Après 18 ans passé dans un asile, alors que l’état de sa mémoire ne s’est pas amélioré, son nouveau médecin décide de le confronter à certaines familles qui le réclament pour booster sa mémoire et, à l’aide d’enquête, il choisit cinq familles dont l’histoire parait le plus correspondre…

Mais peut-on rendre une famille à un amnésique qui ne se souvient strictement de rien ? qui ne se souvient même pas qui sont ses amis, comment il vivait ? Peut-on donner un passé à un amnésique ? L’amnésique est-il obligé d’assumer un passé qu’il ne veut pas ?

Voici les questions sur lesquelles Jean Anouilh nous invitent à réfléchir dans cette première pièce de théâtre…

 

Quant à cette seconde pièce qu’est le Bal des Voleurs, elle nous permet de rire un peu sur ces riches Anglais qui sont en villégiature à Vichy et dont Lady Hurf, pour passer le temps parce qu’elle s’ennuie beaucoup dans cette ville où il ne se passe rien et se débarrasser d’un coureur de dot et de son père, va s’amuser à reconnaître en 1 escroc un duc qu’elle aurait rencontré quelques années plus tôt à Biarritz…

Evidemment Lord Edgard ne l’entend pas de cette oreille et tente de prouver cette imposture à lady Hurf qui lui ordonne sans cesse de se taire… Mais cette chère et vieille Lady anglaise, va-t-elle pouvoir garder le contrôle sur les évènements qui vont surgir ? Cela ne risque-t-il pas de déraper à cause de ses nièces, richissimes héritières, en âge de se marier qui risquent de tomber sous le charme des 2 complices de ce duc de Mariflore Y Grandes qui les fait passer pour ses 2 fils ? Vous le saurez après avoir lu cette dernière pièce…

 

Bonne lecture !

 

Bisous,

@+

Sab

7 octobre 2012

Invasions barbares : les Francs / die Franken

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Ah que coucou !

 

Qui va oser avouer qu’il ne connait pas Clovis et l’histoire du Vase de Soissons ? Personne car j’espère que nous connaissons tous cette petite histoire-là !

 

Comme vous vous en doutez, aujourd’hui nous allons aborder la partie de l’histoire de France la plus importante, celle qui a donné son nom à notre patrie, celle qui a donné ses lois, celle qui a donné sa langue :

 

l’Invasion de l’Empire Romain

par les Francs.

 

Mais avant d’aborder leur venue et leur prise de pouvoir, regardons un peu qui ils étaient/sont…

 

J’en ignore la raison et trouve cela fort incompréhensible, mais il y a peu de choses les concernant sur la toile et en français… Etrangement bizarre cette chose-là comme si nous, Français, avions honte de notre passé… mais bon, il est vrai que les germanophobes ne peuvent apprécier qu’on leur rappelle sans cesse que leurs ancêtres étaient germaniques ! ;) mdrrr !! En effet, les Francs sont d’abord une tribu germanique que nous retrouvons actuellement en Bavière du Nord dans les régions suivantes :

 

1. Unterfranken

2. Oberfranken

3. Mittelfranken

 

comme vous pouvez le voir sur la carte de la Bavière ci-dessous :

 

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Mais d’où viennent-ils ? Pour cela regardons ensemble dans l’encyclopédie en 10 volumes de Larousse :

 

Francs, Franques, en latin Franci

Peuple germanique, originaire peut-être des pays de la Baltique, et qui donna son nom à la Gaule romaine après l’avoir conquise au Ve-VIe siècle.

 

Les Francs apparaissent à l’époque de Gallien, qui les rejette sur la rive droite du Rhin (vers 254). Il s’agit d’une ligue militaire nouvellement formée avec les débris de peuples plus anciens : Chamaves, Bructères, Ansivariens, Hattuaires, Tubantes, Tenctères, Usipètes, Chattes. On y distingue bientôt deux ensembles de tribus : Les Francs Saliens, établis sur l’IJsel ; les Francs Ripuaires, installés sur la rive droite du Rhin entre l’IJsel et la Lahn. Pillards intrépides, selon les sources romaines, ces Barbares lancent par deux fois (258 et 276) une expédition dévastatrice à travers la Gaule ; leur passage est jalonné par les « trésors » enfouis par les populations romaines. Dès l’empereur Postumus (258-268), ils fournissent individuellement des auxiliaires à l’armée romaine ; au IVe siècle, certains parviendront au commandement suprême (Arbogast, Bonitus, Silvanus). Après une campagne de l’empereur Maximien (288), un roi franc, Gennobaud, reconnaît la suzeraineté romaine et fournit des soldats et des colons. C’est le début d’une alliance qui s’étend progressivement aux différents peuples francs : battus par les Romains, ils acceptent de garder, en qualité de « fédérés », un secteur de frontière en avant du limes. Mais, à mesure que l’armé romaine s’affaiblit, leur liberté grandit. A la recherche de terres plus riches, ils s’infiltrent à l’intérieur de l’Empire : les Saliens, installés par Constance Chlore (293-305) dans l’« île des Bataves » (entre le Lek et le Waal), voient leur établissement en Toxandrie (Campine) reconnu par Julien (358). Le Ripuaire, refoulés par le même césar, sont chargés de défendre la rive droite du Rhin entre la Ruhr et le Main.

 

Au moment des grandes invasions (début du Ve siècle), les ambitions des fédérés francs semblent se limiter aux régions voisines du Rhin, et elles sont longtemps déçues. Les Ripuaires, repoussés par Aetius, doivent attendre sa mort (454) pour s’installer dans la vallée de la Moselle. Le chef salien Clodion, premier Mérovingien historique, occupe la « IIe Belgique » (Escaut supérieur) après 440 et y fonde le royaume de Cambrai. Le Mérovingien Childéric 1er († vers 481), roi des Saliens de Tournai, est encore fédéré et subordonné au général romain Egidius, qui occupe le cœur du Bassin parisien. Mais l’Empire disparaît en Occident en 476, et Clovis 1er, fils et successeur de Childéric, et qui règne de 481 à 511, bat et fait mettre à mort Syagrius, fils et successeur d’Egidius (486), accédant ainsi à l’indépendance totale. Au cours de son règne, le roi de Tournai unifie sous sa domination le peuple franc et conquiert la Gaule du Nord.

 

A la fin de son règne, voici à quoi ressemblait notre pays :

 

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Comme vous le voyez, il y a encore beaucoup à conquérir avant que nos frontières ne deviennent celles que nous connaissons aujourd’hui ;)... cela s’est fait au fil du temps (mais là est une autre histoire). Revenons à nos ancêtres et regardons un peu ce que pensaient d’eux nos autres ancêtres : les Gallo-Romains ! Pour cela, consultons l’Histoire des Civilisations élaborée par Eliane Lopez :

 

Les Romains nommaient « Barbares » tous les peuples qui ne faisaient pas partie de leur empire et ne vivaient pas suivant leur mode de civilisation.

 

Ce terme s’appliqua en particulier aux populations de l’Europe du Nord et de l’Est installées au-delà du limes, qui matérialisait les frontières de l’empire et donnait aux Romains l’impression d’être protégés, voire invincibles dans leur intégralité territoriale. Des provinces frontalières, sortes de « régions tampons » confiées à des colons, anciens mercenaires étrangers, en échange de leur loyalisme, accentuaient encore cette impression de sécurité. En effet, jusqu’au IIIe siècle, l’empire fut à l’abri des invasions.

 

Mais, qui étaient les Barbares ?

A l’exception des Huns, d’origine asiatique, tous étaient des Germains, donc des peuples celtes. Ils différaient des Romains par leur aspect physique, la rudesse de leurs mœurs, leur langue, leur religion et leur organisation.

Source :

Histoire des Civilisations

Chapitre 8

 

Maintenant que nous connaissons un peu mieux l’Histoire de nos ancêtres les Francs, regardons un peu comment ils vivaient… pour cela nous tournons quelques pages et lisons dans la partie consacrée à la Société germanique :

 

La famille en était le fondement, et le père, le maître absolu. Pour les décisions importantes, les chefs de famille et les hommes libres, armés, se réunissaient et ils élisaient un chef commun, sorte de roi temporaire.

 

Chez les Francs, l’élu était hissé sur un bouclier élevé au niveau des épaules. C’était le signe de sa puissance. Même à demi sédentarisés, les Germains vivaient de la chasse et de l’élevage des chevaux, joints à quelques cultures. La terre appartenait à la communauté qui la redistribuait chaque année entre les familles. On peut voir dans ce système l’origine de la commune rurale russe, le « mir », supprimée lors de la révolution bolchévique de 1917. Mais de là vient aussi la décision de nombreuses familles de partir ailleurs, à l’Ouest, pour acquérir en propre des terres plus vastes que la hutte familiale et son lopin de terre attenant.

 

Les Germains étaient surtout d’excellents artisans du bois et des métaux. Leurs forgerons, tout comme leurs orfèvres qui fabriquaient des bijoux cloisonnés, étaient réputés.

 

Leur supériorité militaire s’appuyait d’ailleurs sur leurs armes efficaces. Ils utilisaient toujours l’arc, mais y avaient ajouté :

- l’épée à double tranchant, plus longue que le glaive romain ;

- la framée, longue pique de bois terminée par des ailerons de fer précédant la pointe, elle aussi métallique ;

- la francisque, hache double au manche court, qui se projetait avec force sur l’ennemi.

 

Ils assuraient leur protection grâce à un bouclier rond cerclé de fer dont l’ombo ou umbo formait la pièce centrale, en relief. Un casque conique et une tunique de cuir, recouverte d’écailles métalliques, permettaient aux plus fortunés de se protéger la tête et le corps.

 

Les différents dialectes celtes qu’ils parlaient ne s’écrivaient pas. Les seules traces écrites connues sont les « runes », inscriptions sacrées et mystérieuses gravées sur des pierres et retrouvée en Scandinavie surtout, et en Allemagne. Ces dialectes celtes sont à l’origine des langues anglaise, allemande et néerlandaise.

Source :

Histoire des Civilisations

Chapitre 8

 

Evidemment nos ancêtres les Francs avaient aussi leurs croyances propres et comme presque tous les peuples qui étaient sur terre à cette époque, ils étaient polythéistes :

 

Comme beaucoup d’autres peuples, les Germains, admiratifs ou craintifs devant les mystères de la nature, les avaient identifiés à des divinités.

 

La tradition étant orale, nous ne possédons des renseignements sur leurs croyances que grâce à des ouvrages d’épopées, de sagas légendaires rédigées au XIIe et XIIIe siècles. Ce sont, écrite en vieil allemand, l’épopée des Nibelungen, nains descendants de Nibelung et dont Siegfried avaient pris le trésor, et en islandais, les Eddas, textes mythologiques.

 

D’une cosmogonie compliquée, opposant des mondes différents, seraient nés les premières êtres géants, à la fois divins et humains, puis la Terre, enfin le couple humain originel fabriqué à partir d’arbres, le frêne pour l’homme et l’orme pour la femme.

 

Les Germains, dont faisaient partie du VIIIe au XIe siècle les Vikings, conquérants maritimes, pensaient que douze dieux principaux présidaient aux destinées du monde, avec parmi eux :

- Odin ou Wotan, soleil créateur, dieu suprême et victorieux grâce à sa magie ; son emblème était un navire ;

- Frigga, son épouse, déesse de la fécondité ;

- Thor ou Donar, le dieu du tonnerre, dont l’emblème était un marteau ;

- Feyr, dieu de la fertilité et de la végétation ;

- Balder, dieu de la lumière et de la beauté.

Les elfes étaient des génies au rôle secondaire.

 

Des sacrifices d’animaux et d’êtres humains leur étaient offerts. Ces dieux, aussi belliqueux que les hommes, résidaient dans une sorte de paradis, le Wahlalla, où les walkyries, vierges guerrières, accueillaient aussi les guerriers courageux tués au combat. L’enfer était destiné aux faibles. Le frêne, à la fois arbre de vie et de connaissance, s’étendait sur tout l’univers. Dans ses racines se trouvait le dieu de la Mort, et à son sommet, tissant les trames des vies humaines, régnaient les Trois Destinées ou Norns, représentant le passé, le présent et l’avenir.

 

Le monde, détruit par le mal et la haine, devait finir dans les flammes. Il renaîtrait pourtant, un jour, sous l’aspect de riches prairies et de mers paisibles où les dieux mêlés aux hommes devraient revivre dans un bonheur éternel et total.

 

Les Germains invoquaient leurs dieux au cours de fête pendant lesquelles ils s’enivraient d’hydromel, ou miel fermenté.

 

Leur principal souci était de connaître leur avenir, que des « sorcières » lisaient dans le galop des chevaux ou dans les entrailles frissonnantes de victimes humaines.

Source :

Histoire des Civilisations

Chapitre 8

 

Mais à nous, les Français, quand on nous prononce le mot « Francs », la première chose à laquelle nous pensons n’est pas au peuple Francs, n’est pas à la religion des Francs, ce n’est pas trop à leurs invasions… Non, la première image qui nous vient à l’esprit est celle de Clovis et de l’épisode du vase de Soissons qui montre que « la force brutale reste essentiel » pour l’élection d’un roi et le respect au serment de fidélité… alors qu’il serait plus logique que nous retenions :

 

Sous Clovis, le peuple salien glisse vers le sud, occupant les territoires qui constituent aujourd’hui la haute Normandie, la Picardie, la Champagne ; les compagnons de Clovis sont dotés de domaines en Brie ou en Beauce.

Source :

LAROUSSE,

Encyclopédie en 10 volumes

 

Suite à cette invasion,

 

[…] les compagnons de Clovis sont dotés de domaines en Brie ou en Beauce. Les uns et les autres se fondent rapidement dans la population gallo-romaine, beaucoup plus nombreuse, qui adopte leur nom ; ils ne laisseront que leur nom, attaché à une propriété et qui passera ensuite à un village.

 

Les Ripuaires, restés en contact avec la Germanie barbare et sans cesse renforcés par elle, colonisent, aux VIe et VIIe siècle, la rive gauche du Rhin jusqu’à l’actuelle frontière des langues latines et germaniques, et en particulier ils occupent l’actuelle Flandre, restée déserte après le départ des Saliens. Ce n’est qu’au VIIIe siècle qu’ils adoptent la civilisation de l’Occident chrétien. Le nom des Francs Ripuaires va rester à la Franconie, mais celui des Francs Saliens est passé, après le triomphe de Clovis, à l’ensemble de la Gaule.

Source :

LAROUSSE,

Encyclopédie en 10 volumes

 

Voici un petit oubli réparé dans le monde de la toile francophone ;)

 

Bisous,

@+

Sab qui ne s’est jamais moqué de l’énorme bêtise des germanophobes ;) mdrrrrrrr !!!

 

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19 septembre 2012

Incas : Histoire d’un empire, 3ième partie

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Ah que coucou !

 

Comme promis hier (pour accéder au billet présentant la famille royale et la noblesse, cliquez ici), voici le second volet de la population de l’empire des Incas consacré aux paysans, mais comme je risquerais de faire quelques erreurs parce que je maîtrise mal cette société, je préfère recopier ci-dessous ce que nous enseigne Jean-Christian Spahni dans son ouvrage Les Indiens de la Cordillère des Andes, chapitre deuxième.

 

 

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La Paysannerie et le Travail des Champs

 

La civilisation inca repose essentiellement sur l’agriculture et la grosse masse du peuple est formée de paysans. La puissance de l’Inca est basée sur le travail en commun et l’union des populations, bien que l’empire soit une mosaïque de tribus très différentes les unes des autres.

Les paysans vivent en petites communautés auxquelles on a donné le nom quichua d’ayllu.

Une famille composant un ayllu ont un ancêtre, les markayoc, et se disent de même sang. Celui-ci peut être un animal, une plante, un rocher de forme étrange, une grotte, un lac, le sommet d’une montagne.

Tous les mariages se font à l’intérieur de l’ayllu, d’où le caractère de lignage de ce dernier auquel, par surcroit, la possession d’un territoire, la marca, confère un haut degré de cohésion.

La marca est divisée en topus, qui sont autant de parcelles appartenant aux chefs de familles, les purej. Les dimensions de chacune d’elles dépendent du genre de culture, de l’irrigation et du nombre des membres qui composent les familles. Nous savons qu’un tiers des terres revient aux paysans, alors que les deux autres sont répartis entre l’Inca et le clergé.

Chaque ayllu est indépendant et obéit à un système d’organisation à la tête duquel se trouvent les chefs de famille.

La terre se transmet par héritage ou par redistribution périodique selon les besoins de chaque groupe familial. Les membres d’un ayllu qui, pour une raison ou pour une autre, sont obligés de s’absenter – par exemple les soldats contraints d’aller à la guerre – ne perdent pas leurs droits. Leurs terres sont cultivées par les autres membres de la collectivité.

Il y a des terrains qui appartiennent à tout le monde et qui servent principalement de pâturages.

La communauté dispose encore de terres en friche qui sont distribuées aux nouvelles familles. Ainsi, personne ne souffre ni de faim ni de chômage.

 

 

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Terrains de cultures en terrasses artificiellement irriguées

CHILI

 

Chaque communauté se suffit à elle-même et n’échange que très peu de choses avec les collectivités voisines. Elle est divisée en deux parties : celle d’en haut ou Hanansaya, et celle d’en bas ou Hurinsaya, entre lesquelles s’établit une compétition qui, souvent, engendre des rivalités sérieuses.

Aucun peuple de la planète n’a su, comme les Incas, exploiter le sol et cela au mépris d’une terre des plus ingrates par sa configuration et sa nature. On peut même dire de ces derniers qu’ils sont les plus grands agriculteurs du monde.

Ce résultat a été obtenu par une division dans le travail, qui tint compte de l’âge et du sexe de chaque individu mis à contribution.

Jusqu’à l’âge de neuf ans, le petit Inca est libre de faire ce qu’il veut. Tout au plus lui demande-t-on d’aider son père ou sa mère dans les besognes domestiques. De neuf à douze ans, le garçon est envoyé dans les champs afin de surveiller les plantations de maïs et d’éloigner les oiseaux qui s’attaquent aux épis. La fillette doit récolter les plantes utilisées pour teindre les étoffes. De douze à vingt ans, le jeune Indien mène les lamas au pâturage et commence à apprendre un métier manuel. Quant à la fille, elle s’initie aux différentes formes de l’artisanat ainsi qu’à la fabrication de la chicha de maïs, véritable boisson nationale utilisée au cours des fêtes. De vingt à cinquante ans, les Indiens adultes doivent se marier. Vers la soixantaine, ils ont droit au plus grand respect et on vient les consulter pour tout ce qui a trait au développement de la communauté. La femme vieillissante est souvent chargée de l’éducation des enfants, du filage et du tissage.

Les mariages sont réglementés dans une certaine mesure par l’Inca en personne et les gouverneurs de province.

Chaque année, les inspecteurs se rendent dans les villages et prient les adultes célibataires des deux sexes de s’aligner, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre, encourageant chacun d’eux à choisir un partenaire. Les familles sont consultées mais le clergé n’intervient pas dans cette affaire.

Le célibat est presque impossible chez les hommes car l’empire a besoin de monde. On le tolère pour les femmes ; ces dernières ne sont d’ailleurs pas malheureuses car elles reçoivent la part des terres qui leur revient.

La polygamie n’existe qu’à l’échelon le plus élevé de la société. La première épouse est la seule légitime ; les autres ne sont que des concubines. Un homme qui a perdu son épouse légitime peut se remarier mais jamais avec l’une de ses concubines.

Il y a plusieurs façons d’acquérir ces dernières, soit par héritage – un homme reçoit toutes les concubines de son père – soit à la suite d’une guerre, étant donné que les femmes des tribus soumises par les Incas et choisies principalement parmi les membres de l’aristocratie, sont distribuées entre l’empereur, les représentants de la famille royale et ceux de la noblesse.

La femme enceinte suit un régime sévère qui s’étend aussi à son mari.

L’accouchement se fait de la manière la plus naturelle qui soit, sans douleur, l’Indienne se mettant en position accroupie, aidée ou non de quelques voisines.

Le cordon ombilical est conservé comme talisman. Le bébé, lavé et emmailloté, est placé dans une sorte de berceau en bois, à quatre pieds, portable.

A l’âge de trois ou quatre ans, le jeune Indien est l’objet d’une fête appelée le rutuchicuy au cours de laquelle on lui coupe les cheveux pour la première fois de son existence.

A la puberté, le garçon revêt un pantalon et une veste. Puis il reçoit son nom qui est celui d’un ancêtre auquel on ajoute encore le nom d’une plante ou d’un animal. La fillette, au moment de la première menstruation, doit jeûner trois jours. On la lave et elle porte des vêtements de femme. Son oncle lui choisit le nom qu’elle portera toute sa vie.

La garde-robe de l’Inca se compose d’un pantalon de laine de lama, d’une chemise sans manche, l’unco, et d’un caleçon ou chache-sexe, le huara. Il chausse des ojotas en cuir et porte une petite bourse, en laine, la chuspa, dans laquelle il conserve de menus objets et des feuilles de coca.

La femme s’enveloppe dans une étoffe retenue à la ceinture et une cape, la lijlia, où elle pique une grosse épingle décorée, en argent ou en cuivre, le tupu.

Le mariage à l’essai, le servinacuy, vient à l’encontre de la thèse qui prétend que les unions obligatoires et décidée par les gouverneurs de province. Ceux-ci se bornent en réalité à rendre officielle une cérémonie d’ordre public.

Les Incas savent multiplier à l’infini la surface des champs de cultures en employant la méthode des terrasses sur les flancs escarpés de la Cordillère des Andes et qui s’avancent parfois jusqu’au bord de l’abîme. Ce procédé ingénieux, hérité des civilisations antérieures, permet en outre de lutter contre l’érosion du sol, qui est très forte en montagne, et d’utiliser l’eau sans perdre la moindre goutte.

L’irrigation est à la base de cette agriculture réalisée dans des conditions exceptionnelles.

Les Incas construisent des acequias qui s’étendent sur des centaines de kilomètres, ainsi que des aqueducs qui traversent les vallées les plus profondes. L’un d’eux, aménagé sous le règne de l’empereur Virachocha, mesure trois mètres de large et deux cents kilomètres de long. Des tunnels ont été creusés dans la montagne, des rivières endiguées, corrigées et détournées. Enfin, l’eau est emmagasinée dans d’énormes réservoirs à partir desquels se fait la distribution grâce à un système d’écluses.

Notre admiration est d’autant plus grande que ces travaux gigantesques sont réalisés sans l’emploi d’outils ni de machines et qu’ils n’ont été possibles que grâce à la collaboration de milliers de volontaires.

Les paysans incas savent cultiver une multitude de végétaux : des céréales, des légumes, des fruits, procédant par sélection, parmi lesquels on compte des centaines d’espèces de pommes de terre. Le maïs est à la base de leur alimentation mais, sur les hauteurs de la cordillère, il est remplacé par la quinua.

 

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Maison à Cupo (CHILI)

 

Pour tracer les sillons ils emploient une charrue qui se rapproche de la houe, la taclia, qui est encore en usage de nos jours chez les habitants de la montagne. Ils font venir le guano du littoral à dos d’homme ou de lama, en empruntant les routes admirables qu’ils ont construites.

Près de Cuzco se trouvent des plantations de maïs que l’on consacre au Soleil. Sa culture est assurée par des membres de la famille royale auxquels, très souvent, s’associe l’Inca qui n’hésite donc pas à se salir les mains. C’est également au souverain que revient le soin de tracer à la charrue les premiers sillons toutes les fois qu’un champ de cultures est réservé à des fins religieuses.

 

Texte et image :

Jean-Christian Spahni

 

La prochaine fois nous aborderons la justice et les lois au pays des Incas…

 

Bisous,

@+

Sab

18 septembre 2012

Incas : Histoire d’un empire, 2ième partie

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Ah que coucou !

 

Après avoir vu la naissance de l’empire ainsi que quelques uns des empereurs incas (pour accéder au billet concerné, cliquez ici), nous allons continuer avec la population... mais comme je risque de faire quelques erreurs, je préfère recopier ci-dessous ce que nous enseigne Jean-Christian Spahni dans son ouvrage Les Indiens de la Cordillère des Andes, chapitre deuxième, en commençant d’abord par la famille royale et la noblesse pour terminer demain par les paysans.

 

 

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La famille royale et la noblesse

L’empereur inca se fait appeler fils du Soleil et, pour cela, le peuple lui voue un respect sans limite qui n’a pas son pareil dans toute l’histoire du Pérou précolombien.

Un faste extraordinaire accompagne non seulement les faits et gestes du souverain, mais aussi tous les évènements qui se passent à la cour.

Le monarque siège sur un trône en or, protégé d’un rideau percé de trous qui lui permet de voir ce qui ce passe autour de lui mais sans être aperçu du monde.

A son côté se trouve son épouse légitime qui est l’une de ses sœurs, ce mariage étant destiné à conserver la pureté du sang. Ce qui n’empêche pas l’Inca d’être également entouré de ses concubines dont le nombre se serait parfois élevé à sept cents.

En plus de ses femmes, l’empereur a encore autour de lui les membres de la famille royale et les représentants de la noblesse qui occupent une place en rapport avec leur situation dans la hiérarchie sociale du royaume. On trouve aussi une multitude de fonctionnaires : fils et petits-fils des officiers, jardiniers, architectes, gardiens des greniers royaux, bergers, pourvoyeurs de sel, cuisiniers, domestiques et porteurs.

On n’ose pas regarder l’Inca en face ; en s’adressant à lui, on doit avoir les yeux baissés, les pieds nus et porter un fardeau sur le dos en signe de soumission et de vénération.

Le monarque mange dans de la vaisselle en or et en argent. Ses femmes étalent devant lui une natte sur laquelle elles disposent les différents plats qui constituent le menu quotidien. L’Inca fait son choix et les femmes lui tendent alors les mets qui ont retenu son attention. S’il fait une tache sur ses vêtements, il se retire aussitôt pour se changer.

Tout ce que l’Inca a touché est immédiatement tabou. Même les os de la volaille qu’il a rongés sont gardés, puis brûlés par les gens de sa suite.

Le souverain porte des vêtements en laine de vigogne – qui est plus fine que celle de lama – une tresse de plusieurs couleurs qui fait le tour de la tête, le llauto, et une frange en laine sur le front, ornée de petits tubes en or. Deux énormes disques en or pendent à ses oreilles et il tient dans l’une de ses mains une hallebarde miniature également en or. Il est accompagné d’un lama blanc, revêtu d’un manteau pourpre et décoré d’objets de parure en métal précieux, qui est le symbole de la royauté.

L’empereur se déplace en grande pompe sur une litière, portée par des nobles, ayant à son côté son épouse légitime. La litière est faite de bois précieux, décorée d’or et d’argent et pourvue de rideaux à trous. La garde du corps du souverain comprend au moins cinq mille hommes armés de frondes. Le cortège est précédé de soldats qui nettoient le chemin au moyen de petits balais. Parfois, la cohorte s’arrête pour permettre aux porteurs de souffler et à l’Inca d’admire le paysage.

Lorsque l’empereur vieillit, on le cache à la vue du peuple afin d’éviter des troubles relatifs à la succession. On affecte le plus grand optimiste, même en cas de maladie grave. Sa mort est tenue secrète jusqu’à ce que soit désigné l’héritier du trône.

L’Inca défunt devient un dieu. Ne va-t-il pas rejoindre son père, le Soleil ?

A sa mort, on étrangle celles de ses femmes qu’il aimait le plus ainsi que des volontaires que l’on a préalablement enivrés avec de la chicha de maïs. Le cadavre de l’empereur est embaumé et séché au soleil. Puis on le pare de vêtement somptueux. La momie est conservée dans le palais où le souverain a vécu. On en prend soin et on lui donne fréquemment (et symboliquement) à boire et à manger. Son âme pourra ainsi atteindre la up-marca ou cité des disparus. A l’occasion de chaque fête, la momie est placée à côté des statues des dieux et de celles des autres empereurs.

A la mort de Huayna Capac, la dynastie compte onze empereurs, chacun d’eux étant l’ancêtre d’un lignage ou panaka. C’est aux membres de ce dernier que revient la tâche de s’occuper de la momie du souverain correspondant.

Immédiatement au-dessous de l’Inca, dieu vivant et sommet de la hiérarchie sociale, se situent deux autorités supérieures : le Tribunal des Douze, qui juge les affaires civiles d’importance, et le Conseil du Cuzco, dit aussi Conseil des Quatre dont les représentants ainsi que ceux du Tribunal sont de sang royal et exercent des fonctions à la fois politiques et judiciaires.

Aux membres de la famille royale appartiennent du reste tous les postes clés du royaume et c’est parmi eux qu’on désigne les gouverneurs de province (tukrikuk), le grand prêtre du Soleil (Huillca-Humo) et une sorte de vice-roi appelé apo.

Pour sa part, la noblesse inca comprend les chefs des communautés, les curacas, et ceux des pays conquis qui ont manifesté leur fidélité et leur attachement à l’empereur, les hauts-fonctionnaires et les Incas privilégiés. Ils vivent des tributs payés par les villages et les provinces.

Les jeunes nobles sont mis dans un collège du Cuzco qui est dirigé par des savants, les amautas, et entretenu par l’Etat. Les amautas sont de sang royal. L’enseignement dure quatre ans au cours desquels les élèves apprennent le quichua, la théologie et l’histoire. A la fin de l’école, les jeunes nobles sont encore soumis à une série d’épreuves physiques où ils témoignent de leur endurance et de leur force. Puis, en présence de l’Inca lui-même, on leur perce le lobe des oreilles et ils portent alors deux disques en or, mais de dimensions plus modestes que ceux de l’empereur ; d’où le nom d’orejones que leur ont donné les Espagnols.

 

Bisous,

@+

Sab

7 mai 2013

Pierre Corneille : Poésies diverses et biographie

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Ah que coucou !

 

Dans l’avenir vous aurez de nombreuses pièces écrites par Corneille (non pas toutes parce que je ne les ai pas à disposition mais de nombreuses). Donc vous trouvez sous ma signature sa biographie élaborée par Fontenelle tiré de l’ouvrage dont vous voyez ci-dessus l’image de la page de garde…

 

Toutefois, en attendant toutes ces pièces de théâtre, je vous propose l’ouvrage suivant :

 

Poésies diverses

accessible à la lecture/téléchargement en cliquant ici

format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par son concepteur : Adobe)

langue : français

 

regroupant les poèmes suivants : Défense des fables dans la poésie ; Au roi, sur sa conquête de la Franche-Comté ; Au roi, sur Cinna, Pompée, Horace, Sertorius, Œdipe, Rodogune ; Remerciement adressé par Corneille au Cardinal Mazarin ; Plainte de la France à Rome, Elégie composée à l’occasion de l’insulte faite par la garde du Pape, en 1662, au duc de Créqui, ambassadeur de France à Rome ; Du jour de l’éternité des angoisses de cette vie ; Sur un indiscret ; Vers adressés à M. Pelisson ; Sonnet à Monseigneur le cardinal de Richelieu ; Epitaphe de Didon, imitée du distique d’Ausone ; Sonnet à monseigneur de Guise ; Vers sur le cardinal de Richelieu ; La Poésie à la Peinture, en faveur de l’Académie des peintres illustres ; Remerciement au Roi ; Au Roi, sur son retour de Flandre, en 1667 ; Stances adressées à la du Parc ; Excuse à Ariste ; Rondeau ; Sur la mort de Louis XIII, sonnet ; Epitaphe sur la damoiselle Elisabeth Ranquet, femme de M. du Chevreul, écuyer, seigneur d’Estunville ; Vers présenté à monseigneur le procureur général Fouquet, surintendant des finances.

 

Ils ne sont pas seulement des poèmes géniaux, mais aussi un témoignage vivant d’une époque… oui, ces quelques poèmes peuvent grandement aider tout historien à comprendre le caractère de tous ces grands personnages qui ont dirigé notre beau pays du vivant de Corneille…

 

Je laisse maintenant la parole à Fontenelle pour vous expliquer qui était cet illustre auteur Pierre Corneille. Quant à moi je vous dis :

 

Bisous,

@+

Sab – qui espère que centerblog ne va pas bloquer toute la biographie à cause de sa longueur ;)…

 

 

Vie de P. Corneille par Fontenelle

 



 

Pierre Corneille naquit à Rouen, en 1606, de Pierre Corneille, maître des eaux et forêts en la vicomté de Rouen, et de Marthe Lepesant. Il fit ses études aux jésuites de Rouen, et il en a toujours conservé une extrême reconnaissance pour toute la Société.

Il se mit d’abord au barreau, sans goût et sans succès, mais une petite occasion fit éclater en lui un génie tout différent, et ce fut l’amour qui la fit naître. Un jeune homme de ses amis, amoureux d’une demoiselle de la même ville, le mena chez elle : le nouveau venu se rendit plus agréable que l’introducteur. Le plaisir de cette aventure excita dans M. Corneille un talent qu’il ne connaissait pas ; et sur ce léger sujet il fit la comédie de Mélite, qui parut en 1625. On y découvrit un caractère original ; on conçut que la comédie allait se perfectionner et, sur la confiance qu’on eut du nouvel auteur qui paraissait, il se forma une nouvelle troupe de comédiens.

Je ne doute pas que ceci ne surprenne la plupart des gens qui trouvent les six ou sept premières pièces de M. Corneille si indignes de lui qu’ils les voudraient retrancher de son recueil et les faire oublier à jamais. Il est certain que ces pièces ne sont pas belles ; mais, outre qu’elles servent à l’histoire du théâtre, elles servent beaucoup aussi à la gloire de M. Corneille.

Il y a une grande différence entre la beauté de l’ouvrage et le mérite de l’auteur. Tel ouvrage qui est fort médiocre n’a pu partir que d’un génie sublime ; et tel autre ouvrage qui est assez beau a pu partir d’un génie assez médiocre. Chaque siècle a un certain degré de lumières qui lui est propre. Les esprits médiocres demeurent au-dessous de ce degré ; les bons esprits y atteignent ; les excellents le passent, si on le peut passer. Un homme né avec des talents est naturellement porté par son siècle au point de perfection où ce siècle est arrivé : l’éducation qu’il a reçue, les exemples qu’il a devant les yeux, tout le conduit jusque-là. Mais, s’il va plus loin, il n’a plus rien d’étranger qui le soutienne ; il ne s’appuie que sur ses propres forces, il devient supérieur aux secours dont il s’est servi. Ainsi deux auteurs, dont l’un surpasse extrêmement l’autre par la beauté de ses ouvrages, sont néanmoins égaux en mérite s’ils se sont également élevés chacun au-dessus de son siècle. Il est vrai que l’un a été bien plus haut que l’autre ; mais ce n’est pas qu’il ait eu plus de force, c’est seulement qu’il a pris son vol d’un lieu plus élevé. Par la même raison, de deux auteurs dont les ouvrages sont d’une égale beauté, l’un peut être un homme fort médiocre, et l’autre un génie sublime.

Pour juger de la beauté d’un ouvrage, il suffit donc de le considérer en lui-même ; mais, pour juger du mérite de l’auteur, il faut le comparer à son siècle. Les premières pièces de M. Corneille, comme nous avons déjà dit, ne sont pas belles ; mais tout autre qu’un génie extraordinaire ne les eût pas faites. Mélite est divine, si vous la lisez après les pièces de Hardy, qui l’ont immédiatement précédée. Le théâtre y est, sans comparaison, mieux entendu, le dialogue mieux tourné, les mouvements mieux conduits, les scènes plus agréables ; surtout, et c’est ce que Hardy n’avait jamais attrapé, il y règne un air assez noble, et la conversation des honnêtes gens n’y est pas mal représentée. Jusque-là on n’avait guère connu que le comique le plus bas ou un tragique assez plat ; on fut étonné d’entendre une nouvelle langue.

Le jugement que l’on porta de Mélite fut que cette pièce était trop simple et avait trop peu d’évènements. M. Corneille, piqué de cette critique, fit Clitandre, et y sema les incidents et les aventures avec une très vicieuse profusion, plus pour censurer le goût du public que pour s’y accommoder. Il paraît qu’après cela il lui fit permis de revenir à son naturel. La Galerie du Palais, la Veuve, la Suivante, la Place-Royale sont plus raisonnables.

Nous voici dans le temps où le théâtre devint florissant par la faveur du cardinal Richelieu. Les princes et les ministres n’ont qu’à commander qu’il se forme des poètes, des peintres, tout ce qu’ils voudront, et il s’en forme. Il y a une infinité de génies de différentes espèces qui n’attendent, pour se déclarer, que leurs ordres, ou plutôt leurs grâces. La nature est toujours prête à servir leurs goûts.

On recommença alors à étudier le théâtre des anciens et à soupçonner qu’il pouvait y avoir des règles. Celle des vingt-quatre heures fut une des premières dont on s’avisa ; mais on n’en faisait pas encore trop grand cas. Témoin la manière dont M. Corneille lui-même en parle dans la préface de Clitandre, imprimée en 1632. « Que, si j’ai renfermé cette pièce dans la règle d’un jour, ce n’est pas que je me repente de n’y avoir point mis Mélite, ou que je me sois résolu à m’y attacher dorénavant. Aujourd’hui, quelques-uns adorent cette règle, beaucoup la méprisent ; pour moi, j’ai voulu seulement montrer que, si je m’en éloigne, ce n’est pas faute de la connaître. »

Ne nous imaginons pas que le vrai soit victorieux dès qu’il se montre ; ili l’est à la fin, mais il lui faut du temps pour soumettre les esprits. Les règles du poème dramatique, inconnues d’abord ou méprisées, quelques temps après combattues, ensuite reçues à demi, et sous des conditions, demeurent enfin maîtresses du théâtre. Mais l’époque de l’établissement de leur empire n’est proprement qu’au temps de Cinna.

Une des plus grandes obligations que l’ont ait à M. Corneille est d’avoir purifié le théâtre. Il fut d’abord entraîné par l’usage établi, mais il y résista aussitôt après ; et depuis Clitandre, sa seconde pièce, on ne trouve plus rien de licencieux dans ses ouvrages.

M. Corneille, après avoir fait un essai de ses forces dans ses six premières pièces, où il s’éleva déjà au-dessus de son siècle, prit tout à coup l’essor dans Médée, et monta jusqu’au tragique ; mais il ne laissa pas de faire voir ce qu’il pouvait par lui-même.

Ensuite il retomba dans la comédie, et, si j’ose dire ce que j’en pense, la chute fut grande. L’Illusion comique, dont je parle ici, est une pièce irrégulière et bizarre, et qui, par ses agréments, n’excuse point sa bizarrerie et son irrégularité. Il y domine un personnage de Capitan, qui abat d’un souffle le grand Sophi de Perse et le grand Mogol, et qui, une fois en sa vie, avait empêché le soleil de se lever à son heure prescrite, parce qu’on ne trouvait point l’aurore, qui était couchée avec ce merveilleux brave. Ces caractères ont été autrefois fort à la mode ; mais qui représentaient-ils ? A qui en voulait-on ? Est-ce qu’il faut outrer nos folies jusqu’à ce point-là pour les rendre plaisantes ? En vérité, ce serait nous faire trop d’honneur.

Après l’Illusion comique, M. Corneille se releva plus grand et plus fort que jamais, et fit le Cid. Jamais pièce de théâtre n’eut un si grand succès. Je me souviens d’avoir vu en ma vie un homme de guerre et un mathématicien qui, de toutes les comédies du monde, ne connaissaient que le Cid. L’horrible barbarie où ils vivaient n’avait pu empêcher le nom du Cid d’aller jusqu’à eux. M. Corneille avait dans son cabinet cette pièce traduite en toutes les langues de l’Europe, hors l’esclavonne et la turque. Elle était en allemand, en anglais, en flamand, et, par une exactitude flamande, on l’avait rendue vers pour vers. Elle était en italien, et, ce qui est plus étonnant, en espagnol. Les Espagnols avaient bien voulu copier eux-mêmes une pièce dont l’original leur appartenait. M. Pellisson, dans son Histoire de l’Académie, dit qu’en plusieurs provinces de France il était passé en proverbe de dire : « Cela est beau comme le Cid ». Si ce proverbe a péri, il faut s’en prendre aux auteurs, qui ne le goûtaient pas, et à la cour, où c’eût été très mal parler que de s’en servir sous le ministère du cardinal de Richelieu.

Ce grand homme avait la plus vaste ambition qui ait jamais été. La gloire de gouverner la France presque absolument, d’abaisser la redoutable maison d’Autriche, de remuer toute l’Europe à son gré, ne lui suffisait point : il y voulait joindre encore celle de faire des comédies. Quand le Cid parut, il en fut aussi alarmé que s’il avait vu les Espagnols devant Paris. Il souleva les auteurs contre cet ouvrage, ce qui ne dut pas être fort difficile, et il se mit à leur tête. M. de Scudéri publia ses Observations sur le Cid, adressées à l’Académie française, qu’il en faisait juge, et que le cardinal, son fondateur, sollicitait puissamment contre la pièce accusée. Mais, afin que l’Académie pût juger, ses statuts voulaient que l’autre partie, c’est-à-dire M. Corneille, y consentît. On tira donc de lui une espèce de consentement, qu’il ne donna qu’à la crainte de déplaire au cardinal, et qu’il donna pourtant avec assez de fierté. Le moyen de ne pas ménager un pareil ministre, et qui était son bienfaiteur ! car il récompensait, comme ministre, ce même mérite dont il était jaloux comme poète, et il semble que cette grande âme ne pouvait pas avoir des faiblesses qu’elle ne réparât en même temps par quelque chose de noble.

L’Académie française donna se Sentiments sur le Cid, et cet ouvrage fut digne de la grande réputation de cette compagnie naissante. Elle sut conserver tous les égards qu’elle devait et à la passion du cardinal et à l’estime prodigieuse que le public avait conçue du Cid : elle satisfit le cardinal en reprenant exactement tous les défauts de cette pièce, et le public, en les reprenant avec modération, et même souvent avec des louanges.

Quand M. Corneille eut une fois, pour ainsi dire, atteint jusqu’au Cid, il s’éleva encore dans les Horaces ; enfin il n’y a rien.

Ces pièces-là étaient d’une espèce inconnue, et l’on vit un nouveau théâtre. Alors M. Corneille, par l’étude d’Aristote et d’Horace, par son expérience, par ses réflexions, et plus encore par son génie, trouva les véritables règles du poème dramatique, et découvrit les sources du beau, qu’il a depuis ouvertes à tout le monde dans les Discours qui sont à la tête de ses comédies. De là vient qu’il est regardé comme le père du théâtre français. Il lui a donné le premier une forme raisonnable ; il l’a porté à son plus haut point de perfection, et a laissé son secret à qui s’en pourra servir.

Avant que l’on jouât Polyeucte, M. Corneille le lut à l’hôtel de Rambouillet, souverain tribunal des affaires d’esprit en ce temps-là. La pièce y fut applaudie autant que le demandaient la bienséance et la grande réputation que l’auteur avait déjà. Mais, quelques jours après, M. Voiture vint trouver M. Corneille, et prit des tours fort délicats pour lui dire que Polyeucte n’avait pas réussi comme il pensait ; que surtout le christianisme avait extrêmement déplu. M. Corneille, alarmé, voulut retirer la pièce d’entre les mains des comédiens qui l’apprenaient : mais enfin il la leur laissa sur la parole d’un d’entre eux, qui n’y jouait point parce qu’il était trop mauvais acteur. Etait-ce donc à ce comédien à juger mieux que tout l’hôtel de Rambouillet ?

Pompée suivit Polyeucte. Ensuite vint le Menteur, pièce comique et presque entièrement prise de l’espagnol, selon la coutume de ce temps-là.

Quoique le Menteur soit très agréable, et qu’on l’applaudisse encore aujourd’hui sur le théâtre, j’avoue que la comédie n’était point encore arrivée à sa perfection. Ce qui dominait dans les pièces, c’était l’intrigue et les incidents, erreurs de nom, déguisements, lettres interceptées, aventures nocturnes ; et c’est pourquoi on prenait presque tous les sujets chez les Espagnols, qui triomphent sur ces matières. Ces pièces ne laissaient pas d’être fort plaisantes et pleines d’esprit. Témoin le Menteur, dont nous parlons, Don Bertrand de Cigaral, le Geôlier de soi-même. Mais enfin la plus grande beauté de la comédie était inconnue : on ne songeait point aux mœurs et aux caractères ; on allait chercher bien loin le ridicule dans des événements imaginés avec beaucoup de peine, et on ne s’avisait point de l’aller prendre dans le cœur humain, où est sa principale habitation. Molière est le premier qui l’ait été chercher là, et celui qui l’a le mieux mis en œuvre : homme inimitable, et à qui la comédie doit autant que la tragédie à M. Corneille.

Comme le Menteur eut beaucoup de succès, M. Corneille lui donna une Suite, mais qui ne réussit guère. Il en découvre lui-même la raison dans les examens qu’il a faits de ses pièces. Là il s’établit juge de ses propres ouvrages et en parle avec un noble désintéressement, dont il tire en même temps le double fruit, et de prévenir l’envie sur le mal qu’elle en pourrait dire, et de se rendre lui-même croyable sur le bien qu’il en dit.

A la Suite du Menteur succéda Rodogune. Il a écrit quelque part que, pour trouver la plus belle de ses pièces, il fallait choisir entre Rodogune et Cinna : et ceux à qui il en a parlé ont démêlé sans beaucoup de peine qu’il était pour Rodogune. Il ne m’appartient nullement de prononcer sur cela ; mais peut-être préférait-il Rodogune, parce qu’elle lui avait extrêmement coûté. Il fut plus d’un an à disposer le sujet. Peut-être voulait-il, en mettant son affection de ce côté-là, balancer celle du public, qui paraît être de l’autre. Pour moi, si j’ose le dire, je ne mettrais point le différent entre Rodogune et Cinna : il me paraît aisé de choisir entre elles ; et je connais quelque pièce de M. Corneille que je ferais passer encore avant la plus belle des deux.

On apprendra dans les examens de M. Corneille, mieux que l’on ne ferait ici, l’histoire de Théodore, d’Héraclius, de Don Sanche d’Aragon, d’Andromède, de Nicomède et de Pertharite. On y verra pourquoi Théodore et Don Sanche réussirent fort peu, et pourquoi Pertharite tomba absolument. On ne put souffrir, dans Théodore, la seule idée du péril de la prostitution ; et, si le public était devenu si délicat, à qui M. Corneille devait-il s’en prendre qu’à lui-même ? Avant lui, le viol réussissait dans les pièces de Hardy. Il manqua à Don Sanche un suffrage illustre, qui lui fit manquer tous ceux de la cour : exemple assez commun de la soumission des Français à de certaines autorités. Enfin, un mari qui veut racheter sa femme en cédant un royaume fut encore, sans comparaison, plus insupportable dans Pertharite que la prostitution ne l’avait été dans Théodore. Le bon mari n’osa se montrer au public que deux fois. Cette chute du grand Corneille peut être mise parmi les exemples les plus remarquables des vicissitudes du monde, et Bélisaire demandant l’aumône n’est pas plus étonnant.

Il se dégoûta du théâtre, et déclara qu’il y renonçait, dans une petite préface assez chagrine qu’il mit au-devant de Pertharite. Il dit pour raison qu’il commence à vieillir ; et cette raison n’est que trop bonne, surtout quand il s’agit de poésie et des autres talents de l’imagination. L’espèce d’esprit qui dépend de l’imagination, et c’est ce qu’on appelle communément esprit dans le monde, ressemble à la beauté, et ne subsiste qu’avec la jeunesse. Il est vrai que la vieillesse vient plus tard pour l’esprit, mais elle vient. Les plus dangereuses qualités qu’elle lui apporte sont la sécheresse et la dureté ; et il y a des esprits qui en sont naturellement plus susceptibles que d’autres, et qui donnent plus de prise aux ravages du temps : ce sont ceux qui avaient de la noblesse, de la grandeur, quelque chose de fier et d’austère. Cette sorte de caractère contracte aisément par les années je ne sais quoi de sec et de dur.

C’est à peu près ce qui arriva à M. Corneille. Il ne perdit pas, en vieillissant, l’inimitable noblesse de son génie, mais il s’y mêla quelquefois un peu de dureté. Il avait poussé les grands sentiments aussi loin que la nature pouvait souffrir qu’ils allassent ; il commença de temps en temps à les pousser un peu plus loin. Ainsi, dans Pertharite, une reine consent à un tyran qu’elle déteste, pourvu qu’il égorge un fils unique qu’elle a, et que, par cette action, il se rende aussi odieux qu’elle souhaite qu’il le soit. Il est aisé de voir que ce sentiment, au lieu d’être noble, n’est que dur ; et il ne faut pas trouver mauvais que le public ne l’ait pas goûté.

Après Pertharite, M. Corneille, rebuté du théâtre, entreprit la traduction en vers de l’Imitation de Jésus-Christ. Il y fut porté par des pères jésuites de ses amis, par des sentiments de piété qu’il eut toute sa vie, et peut-être aussi par l’activité de son génie, qui ne pouvait demeurer oisif. Cet ouvrage eut un succès prodigieux, et le dédommagea en toute manière d’avoir quitté le théâtre. Cependant, si j’ose en parler avec une liberté que je ne devrais peut-être pas me permettre, je ne trouve point dans la traduction de M. Corneille le plus grand charme de l’Imitation de Jésus-Christ, je veux dire sa simplicité et sa naïveté. Elle se perd dans la pompe des vers, qui était naturelle à M. Corneille ; et je crois même qu’absolument la forme des vers lui est contraire. Ce livre, le plus beau qui soit parti de la main d’un homme, puisque l’Evangile n’en vient pas, n’irait pas droit au cœur comme il fait, et ne s’en saisirait pas avec tant de force, s’il n’avait un air naturel et tendre, à quoi la négligence même du style aide beaucoup.

Il se passa six ans pendant lesquels il ne parut de M. Corneille que l’Imitation en vers. Mais enfin, sollicité par M. Fouquet, qui négocia en surintendant des finances, et peut-être encore plus poussé par son penchant naturel, il se rengagea au théâtre. M. le surintendant, pour lui faciliter ce retour et lui ôter toutes les excuses que lui aurait pu fournir la difficulté de trouver des sujets, lui en proposa trois. Celui qu’il prit fut Œdipe : M. Corneille, son frère, prit Camma, qui était le second. Je ne sais quel fut le troisième.

La réconciliation de M. Corneille et du théâtre fut heureuse : Œdipe réussit fort bien.

La Toison d’or fut faite ensuite, à l’occasion du mariage du roi ; et c’est la plus belle pièce à machines que nous ayons. Les machines, qui sont ordinairement étrangères à la pièce deviennent, par l’art du poète, nécessaires à celle-là ; et surtout le prologue doit servir de modèle aux prologues à la moderne, qui sont faits pour exposer, non pas le sujet de la pièce, mais l’occasion pour laquelle elle a été faite.

Ensuite parurent Sertorius et Sophonisbe. Dans la première de ces deux pièces, la grandeur romaine éclate avec toute sa pompe ; et l’idée qu’on pourrait former de la conversation de deux grands hommes qui ont de grands intérêts à démêler est encore surpassée par la scène de Pompée et de Sertorius. Il semble que M. Corneille ait eu des mémoires particuliers sur les Romains. Sophonisbe avait déjà été traitée par Mairet avec beaucoup de succès, et M. Corneille avoue qu’il se trouvait bien hardi d’oser le traiter de nouveau. Si Mairet avait joui de cet aveu, il en aurait été fort glorieux, même étant vaincu.

Il faut croire qu’Agésilas est de M. Corneille, puisque son nom y est, et qu’il y a une scène d’Agésilas et de Lysander qui ne pourrait pas facilement être d’un autre.

Après Agésilas vint Othon, ouvrage où Tacite est mis en œuvre par le grand Corneille, et où se sont unis deux génies si sublimes. M. Corneille y a peint la corruption de la cour des empereurs du même pinceau dont il avait peint les vertus de la république.

En ce temps-là, des pièces d’un caractère fort différent des siennes parurent avec éclat sur le théâtre. Elles étaient pleines de tendresse et de sentiments aimables. Si elles n’allaient pas jusqu’aux beautés sublimes, elles étaient bien éloignées de tomber dans des défauts choquants. Une élévation qui n’était pas du premier degré, beaucoup d’amour, un style très agréable et d’une élégance qui ne se démentait point, une infinité de traits vifs et naturels, un jeune auteur : voilà ce qu’il fallait aux femmes, dont le jugement a tant d’autorité au Théâtre-Français. Aussi furent-elles charmées ; et Corneille ne fut plus chez elles que le vieux Corneille. J’en excepte quelques femmes qui valaient des hommes.

Le goût du siècle se tourna donc entièrement du côté d’un genre de tendresse moins noble, et dont le modèle se retrouvait plus aisément dans la plupart des cœurs. Mais M. Corneille dédaigna fièrement d’avoir de la complaisance pour ce nouveau goût. Peut-être croira-t-on que son âge ne lui permettait pas d’en avoir. Ce soupçon serait très légitime si l’on ne voyait ce qu’il a fait dans la Psyché de Molière, où, étant à l’ombre du nom d’autrui, il s’est abandonné à un excès de tendresse dont il n’aurait pas voulu déshonorer son nom.

Il ne pouvait mieux braver son siècle qu’en lui donnant Attila, digne roi des Huns. Il règne dans cette pièce une férocité noble que lui seul pouvait attraper. La scène où Attila délibère s’il se doit allier à l’Empire, qui tombe, ou à la France qui s’élève, est une des plus belles choses qu’il ait faites.

Bérénice fut un duel dont tout le monde sait l’histoire. Une princesse, fort touchées des choses d’esprit, et qui eût pu les mettre à la mode dans un pays barbare, eut besoin de beaucoup d’adresse pour faire trouver les deux combattants sur le champ de bataille sans qu’ils sussent où on les menait. Mais à qui demeura la victoire ? Au plus jeune.

Il ne reste plus que Pulchérie et Suréna, tous deux sans comparaison meilleurs que Bérénice, tous deux dignes de la vieillesse d’un grand homme. Le caractère de Pulchérie est de ceux que lui seul pouvait faire ; et il s’est dépeint lui-même avec bien de la force dans Martian, qui est un vieillard amoureux. Le cinquième acte de cette pièce est tout à fait beau.

On voit dans Suréna une belle peinture d’un homme que son trop de mérite et de trop grands services rendent criminel auprès de son maître ; et ce fut par ce dernier effort que M. Corneille termina sa carrière.

La suite de ses pièces représente ce qui doit naturellement arriver à un grand homme qui pousse le travail jusqu’à la fin de sa vie. Ses commencements sont faibles et imparfaits, mais déjà dignes d’admiration par rapport à son siècle. Ensuite il va aussi haut que son art peut atteindre. A la fin il s’affaiblit, s’éteint peu à peu, et il n’est plus semblable à lui-même que par intervalles.

Après Suréna, qui fut joué en 1675, M. Corneille renonça tout de bon au théâtre, et ne pensa plus qu’à mourir chrétiennement. Il ne fut pas même en état d’y penser beaucoup la dernière année de sa vie.

Je n’ai pas cru devoir interrompre la suite de ses grands ouvrages pour parler de quelques autres beaucoup moins considérables, qu’il a donnés de temps en temps. Il a fait, étant jeune, quelques petites pièces de galanterie, qui sont répandues dans des recueils. On a encore de lui quelques petites pièces de cent ou de deux cents vers au roi, soit pour le féliciter de ses victoires, soit pour lui demander des grâces, soit pour le remercier de celles qu’il en avait reçues. Il a traduit deux ouvrages latins du père de La Rue, tous d’eux d’assez longue haleine, et plusieurs petites pièces de M. de Santeuil. Il estimait extrêmement ces deux poètes. Lui-même faisait fort bien des vers latin, et il en fit sur la campagne de Flandre, en 1667, qui parurent si beaux que, non seulement plusieurs personnes les mirent en français, mais que les meilleurs poètes latins en prirent l’idée et les mirent encore en latin.

Il avait traduit sa première scène de Pompée en vers du style Sénèque le Tragique, pour lequel il n’avait pas d’aversion, non plus que pour Lucain. Il fallait aussi qu’il n’en eût pas pour Stace, fort inférieur à Lucain, puisqu’il en a traduit en vers et publié les deux premiers livres de la Thébaïde. Ils ont échappé à toutes les recherches qu’on a faites depuis un temps pour en retrouver quelque exemplaire.

M. Corneille était assez grand et assez plein ; l’air fort simple et fort commun ; toujours négligé et peu curieux de son extérieur. Il avait le visage assez agréable, un grand nez, la bouche belle, les yeux pleins de feu, la physionomie vive, des traits fort marqués et propres à être transmis à la postérité dans une médaille ou dans un buste. Sa prononciation n’était pas tout à fait nette ; il lisait ses vers avec force, mais sans grâce.

Il savait les belles-lettres, l’histoire, la politique ; mais il les prenait principalement du côté qu’elles ont rapport au théâtre. Il n’avait, pour toutes les autres connaissances, ni loisir, ni curiosité, ni beaucoup d’estime. Il parlait peu, même sur la matière qu’il entendait si parfaitement. Il n’ornait pas ce qu’il disait ; et, pour trouver le grand Corneille, il le fallait lire.

Il était mélancolique. Il lui fallait des sujets plus solides pour espérer et pour se réjouir que pour se chagriner ou pour craindre. Il avait l’humeur brusque, et quelquefois rude en apparence ; au fond il était très aisé à vivre, bon père, bon mari, bon parent, tendre et plein d’amitié. Son tempérament le portait assez à l’amour, mais jamais au libertinage, et rarement aux grands attachements. Il avait l’âme fière et indépendante ; nulle souplesse, nul manège : ce qui la rendu très propre à peindre la vertu romaine, et très peu propre à faire sa fortune. Il n’aimait point la cour ; il y apportait un visage presque inconnu, un grand nom qui ne s’attirait que des louanges, et un mérite qui n’était point le mérite de ce pays-là.

Rien n’était égal à son incapacité pour les affaires que son aversion : les plus légères lui causaient de l’effroi et de la terreur. Quoique son talent lui eût beaucoup rapporté, il n’en était guère plus riche. Ce n’est pas qu’il eût été fâché de l’être ; mais il eût fallu le devenir par une habileté qu’il n’avait pas, et par des soins qu’il ne pouvait prendre.

Il ne s’était point trop endurci aux louanges, à force d’en recevoir ; mais, s’il était sensible à la gloire, il était fort éloigné de la vanité : quelquefois il se confiait trop peu à son rare mérite, et croyait trop facilement qu’il pût avoir des rivaux.

A beaucoup de probité naturelle il a joint, dans tous les temps de sa vie, beaucoup de religion et plus de piété que le commerce du monde n’en permet ordinairement. Il a eu souvent besoin d’être rassuré par des casuistes sur ses pièces de théâtre, et ils lui ont toujours fait grâce en faveur de la pureté qu’il avait établie sur la scène, des nobles sentiments qui règnent dans ses ouvrages, et de la vertu qu’il a mise jusque dans l’amour.

5 août 2012

Légendes indiennes de la Cordillère - 6

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Ah que coucou !

 

Voici la dernière légende de Goupil dans la Cordillère des Andes. Nous avons vu hier, dans la dernière aventure narrée par Jean-Christian Spahni (pour y accéder, cliquez ici), que Goupil, cette fois-ci, s’était sorti de son aventure et nous avons appris aussi que Goupil, non content d’avoir tous les défauts déjà narrés dans toutes les autres légendes, le voilà affublés des qualificatifs de traitre, violent, et d’assassin. Voyons aujourd’hui quelle autre image renard véhicule…

 

Une pauvre famille de la cordillère des Andes avait une fille unique, âgée de dix-huit ans. Celle-ci passait son temps à garder les moutons de ses parents. Elle avait toujours fait preuve d’un zèle exemplaire mais, depuis quelques semaines, elle ressentait un étrange malaise et conduisait ses bêtes sans le moindre plaisir.

Chaque matin, avant de partir, sa mère lui remettait de la laine que l’enfant devait filer au cours de la journée. La jeune fille se mettait au travail puis, bientôt, prise de dégoût, abandonnait son ouvrage, s’étendait sur l’herbe et commençait à dormir. De retour à la maison, elle se faisait sérieusement gronder par sa mère.

- Je n’y comprends rien ! Jamais tu ne t’es conduite de la sorte ! Que se passe-t-il ? Essaie donc de travailler un peu. Tu sais que nous sommes pauvres et que la vente de la laine m’est d’un grand secours !

La jeune fille promettait de faire de son mieux mais, rapidement, cédait au sommeil.

Un après-midi, elle fut réveillée brusquement. Quelqu’un s’approchait d’elle. C’était un magnifique garçon qui la salua poliment.

- Qui es-tu, demanda-t-elle surprise.

- Je suis un ami, répondit le jeune homme.

- D’où viens-tu ?

- De la cordillère des Andes !

Il s’assit à côté d’elle et la conversation se poursuivit sur un ton de franche camaraderie comme s’ils se connaissaient depuis toujours.

- Et ma laine, s’écria la jeune fille en se rappelant la besogne qui l’attendait.

- Ne te fais aucun souci, lui conseilla le garçon. Je vais t’envoyer de l’aide.

- De l’aide ?

- Oui, tu verras.

Un petit mouton s’approcha des jeunes gens.

- Donne-moi ta laine, déclara l’animal. Je la filerai volontiers.

- Toi petit mouton ?

- Oui, moi, répondit l’animal calmement.

La jeune fille ne pouvait en croire ses yeux car, en effet, le mouton se mit à filer la laine avec une rapidité déconcertante. Le soir, elle reçut les félicitations de sa mère.

- Enfin je te retrouve mon enfant chérie ! Merci ! Et quel beau travail ! Je te félicite !

La jeune fille se garda bien d’expliquer à sa mère ce qui s’était passé. Et, pendant des semaines, elle eut la visite de son merveilleux compagnon alors que le petit mouton filait la laine avec un plaisir véritable.

- Je voudrais t’épouser, lui déclara un jour le jeune homme en la serrant très fort contre sa poitrine. Es-tu d’accord ?

- Oh, oui, car je t’aime follement !

- Alors, partons ! Ne perdons pas une minute de plus !

- Et mes parents ?

- Nous les aviserons à temps, sois sans crainte !

La jeune fille n’osa pas répliquer. Son amour était le plus fort. Mais quel ne fut pas son étonnement de se voir soudain en présence d’un immense condor. Son ami avait retrouvé sa véritable personnalité.

- Monte sur mon dos, ordonna-t-il, car nous devons être chez moi avant la nuit !

Et avec sa précieuse charge, blottie peureusement entre ses ailes, il prit son vol et se dirigea vers la cordillère. Il s’arrêta à l’entrée d’une grotte, creusée au milieu d’une falaise.

- Nous voici à la maison !

La jeune fille éprouvait une certaine tristesse en pensant à sa mère qui l’attendait. Mais, en même temps, elle se sentait pleine d’orgueil d’avoir été choisie par le condor pour être son épouse.

Des jours, des semaines passèrent. La bergère avait perdu la notion du temps. Après les joies de la vie conjugale, elle commençait à s’ennuyer sérieusement car il ne lui était pas possible de sortir de la caverne. Ce qui lui coûtait le plus, c’était cette nourriture monotone, à base de viande plus ou moins fraiche, que son illustre mari lui rapportait tous les soirs. Elle aurait volontiers mangé des fruits et des légumes, mais le condor ne voulait pas en entendre parler.

D’autres semaines passèrent. Son ennui augmentait. « Et ma mère, que sera-t-elle devenue ? » se demandait-elle souvent.

Un matin qu’elle se penchait hors de la grotte, elle aperçut au bas de la falaise un renard qui venait boire à la rivière. Elle se mit alors à gesticuler et à crier jusqu’à ce que l’animal lève enfin la tête.

- Que fais-tu dans cette caverne ?

- Je te raconterai tout. Mais avant, va chez mes parents et dis-leur de venir me chercher, supplia-t-elle.

- Oui, mais comment me croiront-ils ? Tu sais qu’on ne m’aime pas beaucoup dans la région !

La jeune fille eut une idée lumineuse.

- Tiens, rapporte-leur ce mouchoir !

Elle se pencha et laissa tomber un petit morceau d’étoffe qu’elle tenait dans son corsage.

- Et dépêche-toi, recommanda-t-elle encore.

Le renard courut jusqu’à la ferme de ses parents. Il fut très mal reçu par les chiens qui gardaient l’entrée de la demeure. Le père en entendant les aboiements furieux de ses bêtes, sortit.

- Renard, que fais-tu devant ma porte ? Va-t-en, sinon mes chiens vont te dévorer !

- Non de grâce, je viens de la part de ta fille qui est prisonnière là-bas, dans une grotte. Tenez, voici un mouchoir qu’elle m’a jeté !

La mère reconnut sans peine l’objet que tendait le renard.

- Ne perdons pas une minute, décida le père.

Il pria quelques voisins de l’accompagner et la caravane remonta la vallée, précédée du renard qui ouvrait la marche.

Ils eurent beaucoup de peine à atteindre la caverne et ne réussirent que lorsque le père se laissa glisser le long d’une corde depuis le plateau qui s’étendait au-dessus de l’abri.

On imagine la joie de la mère à revoir son enfant saine et sauve.

- Il serait préférable que ta fille s’abstienne de sortir pendant quelques jours, conseilla le médico du village, car le condor va chercher à se venger. Nous le connaissons bien, cet animal-là !

L’homme ne se trompait guère et, le soir même, l’oiseau se mit à décrire de grands cercles au-dessus du hameau en criant d’une voie désespérée :

- Rendez-moi mon épouse, rendez-moi mon épouse !

Mais personne ne lui répondit et il disparut dans la nuit.

Le lendemain, en se levant, la jeune fille vit que ses jambes étaient en partie couvertes de plumes. Elle n’osa en parler à ses parents qui étaient encore tout au bonheur de l’avoir retrouvée. Il n’empêche que la mère fut frappée par la pâleur de sa fille et par son manque d’appétit.

Un jour plus tard, les plumes recouvraient les deux jambes et la fillette maigrissait à vue d’œil.

- Mange, mais mange donc, ordonnait en vain sa mère !

Le troisième jour, ce furent les bras, le quatrième la poitrine et le dos, le cinquième le cou et le visage sur lesquels poussaient ces plumes de plus en plus nombreuses.

Se sentant d’une faiblesse extrême, la jeune fille garda le lit, n’ayant plus la force de se mouvoir.

A l’aube du sixième jour, en ouvrant la porte de sa chambre, les parents, affolés, trouvèrent le cadavre de leur enfant, entièrement recouvert de plumes blanches.

Et, dans le ciel, au-dessus de la maison, un condor décrivait d’immenses cercles, en pleurant la mort de sa femme bien-aimée et en criant :

- Rendez-moi mon épouse, rendez-moi mon épouse !

 

Source :

Les Indiens de la Cordillère des Andes

Chapitre cinquième, « Légendes indiennes de la cordillère »

Jean-Christian Spahni

 

 

Tiens, Goupil qui semblerait avoir rejoint le « bon » camp ? et semblant n’être qu’un personnage de second plan ??? ou est-ce simplement parce que maintenant les Indiens dissimulent plus les méfaits de Renard ? Voyons cette affaire-là ensemble !

 

A la première lecture nous voyons quoi ? Une belle histoire d’amour suivie de la révélation concernant la véritable identité de Condor (cet oiseau sacré), le mariage, l’usure de l’amour à cause du temps, le renard qui rend service à l’épouse et va chercher de l’aide, les hommes qui viennent libérer l’épouse, la transformation de l’épouse en condor puis sa mort et la grande tristesse de Condor. Résumer ainsi, nous pouvons penser que Renard s’est racheté une conduite et qu’on peut lui demander de l’aide en toute confiance… mais est-ce réellement la signification de cette légende ? Regardons d’un peu plus près l’entrée de Renard dans la légende, ses actes…

 

Il arrive dans la vie du couple au moment où celui-ci s’essouffle… au moment où l’épouse, éloignée des siens, a le mal du pays et pense souvent à ceux qu’elle a laissé… La légende indique qu’elle n’a pas renseigné Renard sur son état (quand Renard lui pose la question, elle répond qu’elle le lui racontera plus tard). Renard est donc parti chez les parents de celle-ci, sans aucune information sur le comment du pourquoi leur fille chérie s’est retrouvée dans cette caverne. Pourtant Renard leur transmet le message comme quoi il faut aller libérer leur fille (comme si elle était captive du Condor, son mari qui l’adore et qu’elle aime aussi vu qu’elle se transforme en condor peu à peu à la fin)…

 

Dans cette dernière légende retraçant les aventures de Goupil, nous avons l’image d’un renard qui se mêle des affaires des autres et qui, par son manque d’information, peut amener des désastres pour ceux dont il a choisi de s’occuper (la mort de l’épouse à la fin). Bon, d’accord, nous pourrions dire que cette fois-ci Renard peut être considéré comme étant innocent dans le malheur qui frappe cette pauvre famille (les parents et l’époux), car elle illustre plus la dangerosité de se mêler de la vie d’un couple plus que de montrer le caractère de Goupil, cet animal qui est conscient que la population ne l’aime pas… bref, il semblerait que dans cette légende, renard soit montré comme « gaffeur » car s’il avait dit « chercher votre fille » plutôt que « votre fille est prisonnière », les parents n’auraient pas tenté de cacher leur fille au Condor en pensant la protéger, et celui-ci aurait pu ainsi la sauver d’une mort certaine. Rappelez-vous, à partir du moment où la jeune fille arrive dans la caverne elle ne s’alimente plus avec des légumes et des fruits (comme elle le faisait chez ses parents) mais exclusivement de viande que le condor lui rapporte (qui est l’image d’une épouse si amoureuse qu’elle a besoin de son époux pour vivre et si elle se retrouve séparer de lui, elle meurt).

 

Bref, cette légende montre qu’il faut se méfier des propos de Renard et de ses bonnes intentions, car, même s’ils semblent révéler la vérité, les informations transmises par renard peuvent être erronées car renard ne se renseigne pas suffisamment et se trompe quand il s’agit d’interpréter des faits… elle montre aussi que les indiens, malgré la tentative de changer de renard, estiment toujours qu’il n’est qu’un parfait idiot…

 

Ah ! Maître Goupil ! décidemment tu ne t’es pas amélioré pendant la traversée ;)… tu es toujours bien tel que nous, sur le vieux continent, te connaissons ;)…

 

Bisous,

@+

Sab

 

Pour info : il reste encore une légende indienne (non de Goupil) à vous faire connaître avant que vous ne puissiez dire que vous connaissez toutes les légendes de cette culture qui se trouvent dans ma bibliothèque…

7 juin 2012

Christophe : Le sapeur Camember

 

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Ah que coucou !

 

Oui, oui, oui, oui. Je n’ai oublié qu’il fallait que je continue à mettre en ligne les aventures du Sapeur Camember, pas de panique ;) ! Voici une de ses nouvelles aventures tirées de la première partie « Camember est présenté aux lecteurs » qui s’appelle :

 

Camember à la recherche d’une position sociale

 

Bisous,

@+

Sab

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Son éducation terminée, et étant donné son goût pour l’ornithologie, on lui trouva un métier peu absorbant et qui éveille en lui de poétiques rêverie.

 

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Malheureusement, ayant, à l’instar du regretté Pan, découvert les propriété musicales des roseaux juxtaposés, il néglige complètement l’ornithologie pour la musique et laisse les palmipèdes, confiés à ces soins, contracter de funestes habitudes d’indépendance

 

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Ce qui n’est pas du goût de M. Camember père, lequel est régulièrement obligé de rembourser le prix des oisons égarés par le Mozart franc-comtois.

 

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Aussi M. Camember père prend-il la résolution virile d’arracher son fils à ses tendances contemplatives en le mettant en apprentissage chez le père Christophe (fait le neuf avec du vieux).

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8 août 2012

Affaire Dominici : Réalité & Fiction

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Ah que coucou !

 

N’aurais-je pas oublié de poster quelque chose ce matin ? Je crois que oui quand je regarde l’écran de mon PC…

 

L’Affaire Dominici a défrayé la chronique à partir de 1952.

 

Rappel des faits :

 

Une famille anglaise composée de :

 

. Jack Drummond (père), chimiste de profession

. Ann Drummond (mère)

. Elisabeth Drummond (fillette de 10 ans)

 

sont en vacances en France. Après un petit détour par la Champagne ils arrivent sur le lieu de leur vacance dans le 04 à Villefranche-sur-Mer. Lors d’une sortie ils font du camping sauvage sur la RN96, à 165 m de la ferme « Grand’ terre », à Lurs, une petite commune entre Digne et Villefranche. Pendant la nuit, les membres de la famille Domici, propriétaires de la ferme sis sur Grand’ terre, entendent des coups de feu et au petit matin les cadavres des 3 anglais sont découverts. L’affaire est confiée à la 9ième brigade mobile de Marseille (SRPJ), au commissaire Edmond Sébeille, qui, après plusieurs mois d’enquête, après avoir écouté de nombreux témoins, après avoir suivi de nombreuses pistes, découvre que le seul assassin possible pour ces 3 crimes est le patriarche de la famille Dominici : Gaston Dominici.

 

De ce fait divers qui a défrayé toutes les chroniques des journaux français et anglais, a été adapté 2 films dont le rôle de Gaston Dominici est joué par Jean Gabin (sortie du film en 1973) et l’autre, sorti en 2003, nous montre un Michel Serrault jouant ce rôle de l’assassin avec maestria.

De cette fiction « commandée » par les avocats de la défense de Gaston Dominici, l’assassin présumé y est montré comme une victime de sa propre famille, de ses voisins, de la police, qui accepte son état de « victime » pour éviter à son fils Gustave de se faire « guillotiner »… pourtant, quand nous reprenons tous les faits un à un, nous comprenons parfaitement que ce vieil homme était bien le coupable (pour accéder à toute l’affaire du point de vue de la police, cliquez ici).

 

Cette différence entre l’enquête et la narration filmée nous prouve, grâce au jeu de Jean Gabin et de Michel Serrault, qu’il est facile de manipuler l’opinion avec des images quand l’opinion n’a accès qu’à un seul son de cloche car, au son des 2 cloches, j’avoue que les évènements semblent tout à fait différents… enfin, c’est une affaire classée et Gaston Dominici a profité d’une libération anticipée signée par Charles de Gaulle. Toutefois il est bon de se souvenir de toute l’affaire car, même si les films sont excellents, il ne faut pas oublier de rendre justice à ces 3 victimes, assassinées dans leur sommeil.

 

Bisous,

@+

Sab

4 août 2012

Légendes indiennes de la Cordillère - 5

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Ah que coucou !

 

Nous allons terminer l’explication de toutes les légendes concernant Maître Goupil au pays des Incas avant de continuer sur l’art de l’écriture égyptienne (qui arrivera quand je me mettrai devant mon scanner ;))…

 

Voyons donc si Maître Goupil est parvenu à se racheter une bonne conduite…

 

Dans une vallée de la cordillère vivait un homme très travailleur et courageux, appelé Juan. Il possédait de nombreux champs de cultures et des animaux domestiques parmi lesquels deux bœufs magnifiques qui lui étaient d’un grand secours et qu’il aimait bien.

Un jour qu’il peinait plus fort que d’habitude, il reçut la visite d’un tigre immense et redoutable.

- Comment va la besogne, mon brave, demanda le fauve d’une voix menaçante ?

- Très bien, merci, répondit le paysan en essayant de garder son calme. Il est vrai que le travail ne manque pas car l’époque des récoltes approche.

- Ecoute-moi. Je suis fatigué de manger des moutons et des chèvres à longueur d’année. L’un de tes bœufs me ferait plaisir, d’autant plus que j’aurais de quoi me rassasier pendant plusieurs jours. Donne-le moi sinon je me verrai obligé de te dévorer.

- Monsieur le tigre, répondit Juan, c’est avec joie que je vous offrirais l’un de mes bœufs. Mais attendez donc un peu car, en ce moment, j’en ai besoin pour mes travaux. Pourquoi ne reviendrez-vous pas un peu plus tard ?

Le tigre réfléchit puis répondit :

- J’accepte le marché que tu me proposes. Je saurai attendre. Mais ne t’avise pas de me tromper car tu sais ce qui t’arriverait. Je repasserai dans deux ou trois semaines.

- Très bien, monsieur le tigre. Je vous suis reconnaissant de votre compréhension et j’exécuterai vos ordres.

Le tigre s’éloigna puis revint en courant, et élevant la voix, déclara encore :

- Et surtout n’oublie pas ! Dans deux ou trois semaines je serai là ! Gare à toi si tu n’obéis pas !

L’homme travailleur ressentait une profonde tristesse. Il se creusait en vain la tête pour savoir comment il s’en sortirait lorsqu’il serait privé de ses bêtes. Que faire pour échapper au tigre ?

Il sursauta. Quelqu’un l’appelait du haut de la falaise.

- Monsieur Juan, monsieur Juan !

Juan leva la tête et aperçut un homme qui se tenait au bord du précipice et qui lui faisait des signes.

« Il s’agit sans doute d’un habitant de l’autre vallée ! » pensa-t-il.

- Voisin, venez, je vous en prie. J’ai absolument besoin de vous parler !

L’homme descendit la pente en courant.

- Comme vous êtes pâle, mon ami ! Que vous arrive-t-il ? Un malheur frapperait-il votre famille ?

- C’est le tigre, répondit Juan. Il vient de me rendre visite et a menacé de me tuer si je ne lui donnais pas l’un de mes bœufs. Or, que ferais-je sans ces bêtes qui me sont indispensables ?

- Ce n’est pas possible, déclara le voisin. Nous devons l’empêcher de s’emparer de vos animaux. Mais comment ?

- Oui, comment ?

Le voisin réfléchit et, tout à coup, un sourire apparut sur ses lèvres.

- J’ai trouvé. Ecoutez-moi bien, monsieur Juan. Lorsque le tigre reviendra, je serai au bord de la falaise, le fusil sur l’épaule. Ayez confiance, et nous gagnerons la partie.

- Excellente idée, s’écria l’homme travailleur ! le tigre arrivera certainement en fin de matinée et je tâcherai de la distraire jusqu’à ce que je vous aperçoive. Après…

- Exactement. C’est le plan à suivre. Mais n’oubliez pas que je dois manger, moi aussi. Etant donné que je sauve la vie de vos bœufs, je vous serais gré de m’offrir un ou deux de vos moutons, ce qui me permettra de préparer un bon repas. Evidemment je m’en voudrais d’insister…

- Comment donc, voisin, bien au contraire ! Vous me rendez un fichu service. Vous pouvez compter sur moi !

- Merci, monsieur Juan. A bientôt ! Et pensez à moi !

- Soyez sans crainte, voisin, j’y penserai ! Je vous réserverai deux de mes moutons les plus gras !

Trois semaines passèrent. L’homme travailleur ne demeura pas inactif. Et le jour fatal arriva. Il était juste midi quand le tigre apparut sur le chemin. Il avait une faim terrible et manifesta le désir de se mettre aussitôt à table.

- Encore un petit moment de patience, cria Juan. J’ai besoin de mes bœufs pour terminer ma besogne.

- Faites vite, car mon appétit me rend malade !

L’homme travailleur ne quittait pas la falaise des yeux dans l’espoir d’y découvrir son voisin.

Personne ! Les minutes s’écoulaient, angoissantes. Il faisait une chaleur torride. Le tigre, qui craignait le soleil, s’était réfugié sous un arbre.

- Ce que j’ai faim, ce que j’ai faim, ne cessait-il de murmurer. Dépêchez-vous donc, paysan !

Juan eut de la peine à étouffer un cri de triomphe. Son voisin se tenait au sommet de la falaise, armé d’un long fusil.

- Monsieur Juan, appela ce dernier ?

- Que voulez-vous, répondit l’homme travailleur.

- Avez-vous vu le tigre ? On m’a dit qu’il rôdait dans ces parages.

- Ne le dîtes pas que je suis ici, cria le tigre qui avait peur du chasseur.

- Non, je ne l’ai pas vu, assura l’homme travailleur.

- Qu’y a-t-il sous cet arbre ? Je distingue de curieuses taches jaunâtres !

- Dîtes-lui que ce sont des pommes de terre, déclara le tigre en s’adressant à Juan.

- Ce sont des pommes de terre, répliqua le paysan.

Et, joignant le geste à la parole, il pria le fauve d’entre dans un sac.

Le tigre ne se fit pas prier car il avait hâte d’échapper au chasseur. Mais Juan ne lui donna pas le temps de se réjouir et le tua d’un grand coup de pioche.

Le voisin qui n’avait rien perdu de la scène, rejoignit l’homme travailleur !

- Monsieur Juan, je vous félicite. Vous n’avez pas perdu votre sang-froid. Vous êtes un homme admirable !

- Non, en réalité, je n’ai rien fait. C’est vous qui êtes venu juste à temps pour me sauver du danger qui me menaçait.

Tout en prononçant ces mots, le paysan se rendit compte que son voisin n’était rien d’autre qu’un renard qui s’était déguisé en homme. Il n’eut alors aucune envie de sacrifier deux de ses plus beaux moutons pour cet animal dont on disait tant de mal dans la contrée et qui, à plus d’une reprise, avait décimé son troupeau. Ayant soin de cacher son trouble, il continua :

- Voisin, les deux moutons que je vous ai promis sont à votre disposition. Venez les chercher en fin d’après-midi car j’ai perdu beaucoup de temps avec le tigre et je tiens à terminer ma besogne avant la nuit.

Le renard, quoique mourant de faim, mais désireux de conserver l’anonymat, dit :

- Entendu, je viendrai un peu plus tard.

Il retourna dans son terrier et se présenta à l’heure du crépuscule. Juan se tenait devant la porte de son logis. A côté de lui se trouvait un grand sac.

- Voisin, voici vos deux moutons. Ils sont à vous mais prenez garde car ce sont des bêtes féroces et d’une force peu commune.

- Ah ! merci, merci de tout cœur, monsieur Juan.

Le renard, qui n’en croyait pas ses yeux, ouvrit le sac pour s’assurer que le paysan ne l’avait pas trompé. Deux énormes chiens se jetèrent sur lui et se mirent à le dévorer.

Ainsi se termine l’histoire de l’homme travailleur, du tigre et du renard déguisé en voisin.

 

Cette légende nous montre déjà que les Espagnols étaient bien installés dans la Cordillère des Andes pour qu’un Amérindien ait adopté un prénom hispanique en abandonnant les prénoms usuels. De plus, les animaux connus des amérindiens prennent le nom de ceux que les Espagnols connaissent (ici le tigre qui remplace le puma ou le jaguar des légendes anciennes). C’est pour cela que j’ai l’impression aussi que cette légende a été adapté à la situation à partir d’une autre, plus ancienne, qui nous expliquerait cette image du tigre… était-ce un si grand ennemi du peuple inca qu’ils ont fini par vaincre grâce à une alliance avec une de leurs tribus ennemies ? ou un des ennemis des espagnols qui voulait sa part de gâteau de ce nouveau continent ? j’ignore si nous pourrions le savoir un jour : il faudrait retrouver la légende initiale…

Quoi qu’il en soit, dans cette légende, l’allié se trouve être les Conquistadors avec leurs fusils et encore une fois, elle révèle que les Conquistadors ont tenté d’abuser les indiens et que ceux-ci, intelligents, s’en sont aperçu et ont agi de telle façon que renard n’a pas eu sa récompense ;)… A quoi cela peut-il être relié dans l’histoire de la conquête de l’Amérique du Sud ? peut-être la période du soulèvement des indiens suite aux massacres perpétués par les conquérants… et ce paysan travailleur pourrait être le fils de Huyana Capac : Manco qui a dirigé ce soulèvement, mais qui pour finir, fut moins chanceux et ce fut Goupil qui fut le vainqueur… cette légende vient peut-être de cette période.

 

Une dernière pour aujourd’hui et nous n’aurons pas encore terminé les légendes indiennes consacrées à Goupil… il en restera encore une que nous verrons demain, sinon centerblog va sévir et couper L

 

Deux Argentins qui se consacraient à la vente du bétail cherchaient un employé car ils étaient surchargés de travail.

Ils rencontrèrent un jeune renard qui chômait et l’engagèrent. Mais l’animal avait un appétit insatiable et coûtait cher à ses employeurs. Ceux-ci décidèrent de se débarrasser de leur collaborateur.

Un soir qu’ils campaient en pleine cordillère, ils l’envoyèrent chercher du bois sec pour le foyer.

- Tu trouveras tout ce que tu veux sur la lune, lui dirent-ils. Un de nos amis vit là-bas et te recevra le mieux du monde.

Le renard, qui n’avait pas encore beaucoup d’expérience, se mit en marche mais il n’arriva pas à atteindre la lune et revint bredouille au campement où les deux Argentins dormaient déjà. Il dut se coucher sans avoir mangé.

Le lendemain soir, la même scène se répéta et le renard s’aventura plus loin que la veille. Mais il regagna la tente désespéré, n’ayant pas pu mettre les pattes sur la surface de la lune. En rentrant, il croisa un lion. Le fauve venait de passer devant le campement des deux Argentins au moment où ces derniers étaient en train de préparer un succulent repas et riaient de la naïveté du renard.

Le lion répéta mot pour mot ce qu’il avait entendu et le renardeau décida de prendre sa revanche. Il se déguisa en lion et s’approcha du campement en rugissant. Les deux Argentins, pris de panique, abandonnèrent au fauve la nourriture qu’ils avaient disposée dans leurs plats, préférant rester l’estomac vide plutôt que de perdre la vie.

Puis le renard disparut, ôta son déguisement et revint vers ses employeurs en disant qu’il avait aperçu les lumières d’un village où l’on trouverait certainement de quoi se ravitailler.

Les deux Argentins n’étaient pas très d’accord car ils ne se sentaient pas la force de continuer leur chemin. Mais le renard, ne faisant mine de rien, leur dit :

- Vous avez attendu deux jours sans manger. Pourquoi ne patientez-vous pas encore un peu ?

Ils arrivèrent au hameau, entrèrent dans une auberge et commandèrent un véritable banquet.

Les deux Argentins, qui avaient bu davantage que de coutume, se mirent à parler abondamment et à railler leur collaborateur qui courait par monts et par vaux en quête de la lune alors que ses patrons mangeaient tranquillement sous leur tente.

A son tour, le renard se moqua des commerçants qui s’étaient laissés prendre au piège et qui ne l’avaient pas reconnu. Puis, aidé des chiens du village, il se jeta sur les deux hommes qui furent rapidement massacrés. Les animaux se partagèrent ensuite l’argent et le bétail des infortunés voyageurs.

 

Là, il n’y a pas à dire, c’est dit clairement que les Conquistadors (dont les indiens se sont aperçus qu’ils n’étaient en réalité que des mercenaires à la solde des plus riches) se vengent violemment quand ils s’aperçoivent qu’on se moque d’eux. Les nouveaux arrivés Conquistadors (ce renard qui manque d’expérience) se sont donc aperçus (grâce à la délation du lion qui représentent les interprètes-espions car le lion leur a répété mot pour mot ce que les commerçants avaient dit) que les Amérindiens se moquaient d’eux… ah ! Bon !... c’était fatal. Cela devait arriver un jour… et se sont vengés en massacrant les plus puissants de la population. Bon, il faudrait un peu plus de connaissances historiques sur cette période pour pouvoir relier cette légende à un fait précis. Et encore, les Espagnols ont-ils retranscrit ce fait dans leurs annales ? ou ont-ils préféré la passer sous silence ? car il s’agit là, quand-même, d’un crime qui pourrait être qualifié de lèse-majesté (renard, aidé par les chiens, a massacré ses employeurs, après les avoir dupés et volés). Mais je pense qu’il s’agit là encore de la période tout de suite après laquelle les Indiens s’étaient révoltés contre les Espagnols (renard est sorti vainqueur)…

 

Demain nous aborderons la dernière aventure de Goupil dans le pays de l’Inca, traduite et retranscrite par Jean-Christian Spahni dans son ouvrage Les Indiens dans la Cordillère des Andes.

 

Bisous,

@+

Sab

19 juillet 2012

Egypte : L’Art de l’écriture (3 : Apprendre à lire)

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1828 – Tableau peint par G. Angelelli

Dans le cadre d’une expédition franco-toscane,

J.F. Champollion (au centre couché/assis)

visite l’Egypte et la Nubie avec son ami

Ippolito Rossellini (au centre et debout)

 

Ah que coucou !

 

Comme vous le savez, suite au décryptage réussi de la Pierre de Rosette, J.-F. Champollion a été encouragé par l’Empereur Napoléon Bonaparte à faire publier son Dictionnaire égyptien… mais la naissance fut dure et laborieuse, d’ailleurs je laisse ici un des 2 éditeurs nous narrer cette aventure, quand-même fabuleuse (oui, Sab a décidé de se reposer un peu aujourd’hui, mdrrr !) :

 

On lit dans le titre du présent ouvrage qu’il est publié d’après les manuscrits autographes, ou de la main de l’auteur. Le premier devoir de l’éditeur est, sans nul doute, de mettre cette assertion en toute évidence.

Champollion le jeune avait travaillé de longue main à la rédaction d’un Dictionnaire égyptien en écriture hiéroglyphique. Avant même l’année 1822, qui est celle de sa mémorable découverte du système phonétique égyptien, et habitué dès ses plus précoces études à en ordonner les résultats qui lui semblaient avoir quelque valeur, il avait relevé sur des cartes isolées, bientôt après recopiées en tableaux méthodiques, d’abord tous les signes hiéroglyphiques qui lui étaient connus par le grand nombre de dessins, empreintes, gravures ou monuments originaux qu’il lui avait été possible de consulter, et ensuite tous ceux de ces signes dont le sens lui paraissait s’être révélé, absolu ou relatif, dans ses incessantes recherches. De ces volumineux extraits je ne citerai ici qu’un registre in-4°, entièrement de sa main, et qu’il intitula : Premier essai d’un Dictionnaire des hiéroglyphes égyptiens, J.F.C. 1818, 1819, et qu’il arma de cette épigraphe : Davus sum, non Oedipus. Les signes réunis dans ce premier essai sont presque tous tirés de l’inscription de Rosette, dont les groupes sont rapprochés d’autres inscriptions monumentales, dans lesquelles se lit le même signe ou le même groupe. Ce travail résultait d’une comparaison presque matérielle des trois textes de l’inscription de Rosette, éclairée quelquefois par les préceptes consignés dans le livre d’Horapollon : parfois, depuis, ses motifs d’interprétations elle-même ne le soit pas.

Les certitudes commencèrent pour lui, comme pour la science elle-même, dès qu’il eu heureusement découvert et mis dans une éternelle évidence la constitution intime du système graphique égyptien ; discerné et caractérisé ses trois classes de signes, figuratifs, symboliques, phonétiques, et démontré leur emploi simultané, mais constant en des proportions inégales, mais déterminées, dans les monuments des temps les plus anciens comme dans les plus modernes : notions fondamentales, véritable clé de tous ces mystères de l’antique Egypte, confirmées aujourd’hui pour les inscriptions tirées récemment de la sépulture des plus anciens pharaons qui viennent d’être exhumés des plus secrets réduits des pyramides de Memphis, comme elles le sont par les documents qui nous restent du culte d’Isis en haute Egypte au VIe siècle de l’ère chrétienne. De tels exemples de la durée pendant plusieurs milliers d’années d’une nation puissante, persévérant ainsi dans les règles sociales qu’elle s’était données, ne se rencontreront que dans les annales des peuples de la primitive civilisation : y avait-il donc en ce temps plus de place pour chaque homme sur la terre ?

Guidé par ses propres découvertes, Champollion le jeune put dès lors entreprendre sur les données certaines la rédaction définitive du Dictionnaire égyptien, et il recueillit toutes ses notes, tous ses extraits, sur des feuilles isolées, mais uniformes, de grandeur petit in-folio, dont la page oblongue est divisée en plusieurs colonnes ; au-dessus d’elles, et comme tête de page, un espace régulièrement réservé. Chaque feuille est affectée à un signe, et contient, 1° sa figure en style pur, en style linéaire, et sa réduction hiératique ; 2° sa dénomination ; 3° sa qualification graphique (signe symbolique, ou figuratif ou phonétique) ; 4° le sens ou la valeur qui lui est propre ; 5° enfin, des exemples où ce signe est employé avec cette valeur.

Le même travail sur des cartes avait précédé la transcription sur les feuilles in-folio ; il en résultat un double manuscrit autographe, et la facilité de procéder à diverses classifications temporaires des signes.

Le Dictionnaire en feuilles était déjà fort étendu avant le départ de l’auteur pour l’Egypte, et ce fut alors que M. Rosellini en fit une copie, avec l’agrément de mon frère.

Le manuscrit en feuilles et le manuscrit sur cartes furent emportés en Egypte. Pendant le voyage, l’auteur s’en occupa fréquemment, durant les longues heures passées sur le Nil ; la collection des cartes fut mise au niveau de la collection en feuilles qui s’était sensiblement accrue ; les amis de mon frère l’aidèrent avec empressement ; les cartes écrites de la main de MM Salvador Chérubini et Lenormant font encore partie du manuscrit original.

Après le retour d’Egypte, le Dictionnaire ne fut pas abandonné un seul jour ; les additions de nouveaux signes ou de nouveaux exemples, les corrections ou les développements des anciens, s’y succédaient fréquemment, à l’avantage évident des nouvelles études égyptiennes. M. le baron Silvestre de Sacy, qui les a si utilement, si efficacement protégées par sa prompte et bien manifeste adhésion dès leur origine, consacra une journée entière chez l’auteur à l’examen du manuscrit de son Dictionnaire ; l’approbation, l’admiration, il faut le dire, de l’illustre orientaliste ne fut point équivoque.

Au mois de mars 1832, mon frère nous avait quittés.

Bientôt après je reconnus que, par l’effet des funestes conseils des plus funestes passions, la moitié des feuilles et la moitié des cartes du Dictionnaire avaient été enlevées. Contre toute attente, trois cent-vingt-neuf feuilles et un très grand nombre de cartes furent recouvrées en 1840, et cette restitution m’autorise à penser que je possède à peu près entières ces deux rédactions autographes du Dictionnaire.

Le manuscrit in-folio est composé de sept cent soixante-douze feuilles, toutes de la main de mon frère, lettre et dessins ; rarement elles sont écrites au verso. Les cartes sont en plus grand nombre, chaque feuille portant plusieurs exemples, et chaque carte n’en reproduisant ordinairement qu’un seul.

La corrélation de ces deux copies ne saurait être plus intime ; les caractères de l’originalité se montent montrent autant dans l’une que dans l’autre. Plusieurs remarques nous le démontrent : 1° une lacune d’un mot copte ou autre, laissée dans la feuille, a été remplie sur la carte correspondante ; 2° pour quelques articles, on trouve plus de développements dans les cartes que dans les feuilles ; parfois aussi ils sont abrégés dans les cartes ; 3° les citations de quelques monuments originaux ne sont pas semblables, parce que le monument a changé de place ; l’indication donnée par la carte est la plus exacte, parce qu’elle est la plus récente.

Cet état réel des deux manuscrits imposait à l’éditeur l’obligation de classer dans le même ordre et les feuilles et les cartes, et d’adopter pour chaque article du Dictionnaire la rédaction qui résultait des deux manuscrits ainsi rapprochés et combinés : cette obligation a été fidèlement remplie.

Toutefois, renfermé dans les limites tracées par l’étendue même de ces deux manuscrits, le Dictionnaire égyptien aurait laissé beaucoup à désirer, même à ne le considérer que dans sa propre origine, dans sa qualité d’ouvrage posthume, et dans ses rapports avec tous les autres ouvrages du même auteur.

Il doit être entendu, en effet, que l’éditeur donne au public le Dictionnaire égyptien composé par Champollion le jeune, et qu’il ne peut produire sous ce titre qu’un recueil de signes et de groupes hiéroglyphiques égyptiens dont l’interprétation subsiste écrite tout entière de la main de l’hiérogrammate français : tels sont tous les signes et groupes publiés d’après les deux manuscrits sur les cartes et sur les feuilles.

Mais la réunion des tous ces signes ou groupes composerait-elle réellement le Dictionnaire égyptien de Champollion le jeune, et le volume qui le contiendrait renfermerait-il tous les signes dont l’interprétation subsiste de la main de l’auteur ? Certainement non ; et l’éditeur avait encore, dans ce but, un autre devoir à remplir.

Il n’a pas pu oublier que la Grammaire égyptienne abonde en citations de textes hiéroglyphiques, traduits en copte et en français, et que ces citations contiennent un très grand nombre de signes ou de groupes traduits, qui ne se trouvent point dans les deux manuscrits du Dictionnaire proprement dit : l’éditeur a donc dû considérer ces signes et groupes comme autant d’articles originaux, authentiques, appartenant de droit au Dictionnaire, et il dû aussi les y insérer, leur interprétation étant, en effet, écrite de la main de l’auteur.

J’ai donc procédé à l’anatomie de la Grammaire imprimée : dans tous les exemples, j’ai séparé un à un, par une ligne verticale, tous les signes ou groupes hiéroglyphiques, les laissant attachés interlinéairement à leur traduction copte et à leur traduction française ; j’ai écrit sur chaque fragment le chiffre de la page où il existait ; découpés un à un, tous ces fragments ont été collés sur autant de cartes, et classés dans le même ordre que les feuilles et les cartes manuscrites : je me suis fait ainsi un véritable Dictionnaire de la Grammaire égyptienne ; il est composé de plusieurs milliers d’articles.

Du rapprochement mutuel de ce troisième Dictionnaire avec les deux premiers, il est sorti deux avantages d’une grande importance pour le sujet actuel : le premier, c’estla nomenclature des signes et groupes employés dans la Grammaire imprimé, et qui ne se trouvaient point dans les deux nomenclatures manuscrites : celles-ci en ont reçu un supplément égal au moins à leur contenu.

Le second avantage n’a pas été d’une moindre utilité pour la science : quelques articles anciens des dictionnaires manuscrits ont été rectifiés par l’interprétation qui leur est attribuée par la Grammaire imprimée, et qui résulte des derniers travaux de l’auteur. Enfin, ce ne sera pas sans quelque profit, même pour le Dictionnaire imprimé, que ce rapprochement aura fait reconnaître que l’interprétation donnée depuis quelques années à un grand nombre de signes ou de groupes, est aujourd’hui revêtue d’une double sanction par celle qui lui imprime la rédaction plus récente de la Grammaire égyptienne, où ces mêmes groupes sont employés avec la même valeur littérale ; et, à cet effet, le chiffre de la page de la Grammaire a été ajouté à l’ancien manuscrit.

Le Dictionnaire égyptien qui est publié contient donc tous les signes ou groupes dont l’interprétation subsiste écrite tout entière de la main de son auteur : et il ne contient que cela, l’éditeur ne s’étant jamais écarté de la loi qu’il a dû religieusement et toujours s’imposer, de n’imprimer sous le nom de son frère, sous l’autorité si légitime, si puissante de ce nom dans la science, que les textes, les mots, les signes tracés indubitablement de sa main créatrice et féconde, qui en dévoila l’expression. Et cette déclaration servira aussi à cette autre fin, d’avertir que si quelques signes ou quelques groupes hiéroglyphiques égyptiens ne se trouvent point dans le Dictionnaire imprimé, c’est parce que leur explication ne subsiste pas dans les manuscrits de Champollion le jeune : l’honneur de composer un supplément digne de foi, et digne en tout du modèle laissé par le maître, est réservé à ses plus heureux, à ses plus doctes disciples.

Après la réunion de tous les matériaux du Dictionnaire égyptien, l’éditeur n’était pas encore délivré de toute pénible préoccupation : de graves questions, des doutes imposants, restaient à résoudre, et il y en a déjà une foule de renfermés dans la seule perquisition du meilleur mode de classification à adopter pour les matériaux d’un livre jusqu’ici sans modèle, qu’il faut bien nommer Dictionnaire pour s’entendre, mais que la définition reçue de ce mot ne peut nullement servir ni à décrire, ni à qualifier.

L’auteur du Dictionnaire hiéroglyphique n’avait pas échappé à ces doutes, ni omis de considérer la question sous quelques-unes de ses faces essentielles. Il est vrai qu’il la traita dans un temps où ses recherches ne l’avaient pas encore mis en possession de tous les éléments fondamentaux du système graphique égyptien ; mais la sûreté de ses données, mêmes à cette époque de ses études, et la perspicacité habituelle de ses aperçus, ne lui avaient point fait faute en cette occasion : nous devons le laisser lui-même entretenir nos lecteurs de cet important sujet.

Le huitième chapitre du Mémoire sur l’écriture hiératique, lu à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, dans le mois d’aout 1821, a pour sujet la classification générale des signes de cette écriture. L’auteur s’y propose de « rechercher le mode qui fut suivi par les Egyptiens dans la classification régulière de cette foule de signes en grande partie arbitraires. La formation d’un tableau général de ces signes, ajoute-t-il, était indispensable pour l’étude et la connaissance d’un système d’écriture que les principaux membres de la première caste de l’Etat ne pouvaient se permettre d’ignorer.

« Aucun document fourni par les écrivains de l’antiquité ne saurait nous conduire à la solution de ce problème ; mais le raisonnement seul et des considérations tirées de la nature de ces mêmes signes, nous permettent, toutefois, d’arriver sur ce point à un conclusion satisfaisante. »

Champollion le jeune examine ensuite, mais sommairement, quels peuvent être les rapports matériels de l’écriture hiératique égyptienne avec l’écriture actuelle des Chinois ; mais bientôt il abandonne toute conjecture à former sur des analogies qui ne sont qu’apparentes, et qui lui semblent moins probables à mesure qu’il pénètre plus intimement dans les éléments du système hiératique égyptien.

Considérant ensuite que dans ce même système « le nombre des traits dont se compose chacun des caractères qui sont encore figuratifs n’étant point fixe, et aucune dérivation ou composition systématique ne pouvant être aperçue dans le tracé des signes arbitraires, une classification régulière de ces mêmes signes, fondée sur l’analogie des formes, est pour cela même impossible à établir, » il continue ainsi : « A quel moyen recoururent donc les anciens Egyptiens pour former le tableau général des signes hiératiques ? Nous ne connaissons qu’un procédé qui nous semble le seul possible à employer pour composer ce tableau, et qui consistait à ranger tout simplement les caractères hiératiques dans un ordre absolument semblable à celui des caractères hiéroglyphiques.

« En effet, l’écriture hiératique n’étant qu’une tachygraphie de l’hiéroglyphique, les signes de la première ne devaient être classés que dans l’ordre régulier déjà adopté pour les signes de la seconde, desquels ils tenaient la place : l’analogie le voulait ainsi.

« Les hiéroglyphes purs (considérés isolément) offrant l’image fidèle d’être vivants et de produits de l’art humain, portaient dans leurs formes mêmes les éléments d’une classification méthodique et, pour ainsi dire, naturelle.

« L’ensemble de ces signes était propre, en effet, à se prêter soit aux grandes divisions établies par la nature elle-même entre les êtres vivants, soit à celles qui peuvent être adoptées pour les objets physiques inanimés, distribués en classes que déterminait l’importance que chacun d’eux acquérait de l’avancement de la civilisation et de l’état de l’organisation sociale.

« D’après ce mode de classification, on devait réunir dans des cadres particuliers tous les signes de l’écriture hiéroglyphique reproduisant soit l’image de l’homme et de et de diverses parties du corps humain, soit les images des animaux, quadrupèdes, oiseaux, reptiles, poissons et insectes ; ou bien les formes des plantes, celles des corps célestes, etc., et ce premier recueil devenait ainsi une classification, pour ainsi dire, matérielle des signes hiéroglyphiques, et une véritable encyclopédie égyptienne figurée par ordre de matières.

« Aucun auteur grec ou latin ne nous indique, il est vrai, de l’existence de pareils tableaux des signes hiéroglyphiques, mais elle résulte comme un fait de la nature même de cette écriture figurative : il semble de toute évidence que ces tableaux devenaient indispensables lorsqu’on voulait enseigner aux Egyptiens d’un certain rang la marche, l’ensemble et les détails de la méthode hiéroglyphique. Disons même qu’on pourrait considérer comme une trace sensible de l’antique usage de ces tableaux élémentaires, le système même d’après lequel sont conçus la plupart des vocabulaires coptes ou égyptiens du moyen âge, qui sont parvenus jusqu’à nous, et sur lesquels il n’est pas sans quelque intérêt de s’arrêter un instant » […]

Source :

Dictionnaire égyptien

par J-F Champollion le Jeune

 

Préface de l’éditeur

Publié à Paris en 1841

chez Firmin Didot Frères, Libraires-Editeurs

 

Comme quoi, c’est bien beau d’avoir des bonnes idées, mais encore faut-il aussi étudier le comment les mettre en œuvre ;)…

 

Dans le prochain volet, nous essaierons de savoir si nous aussi, nous pouvons apprendre à lire les hiéroglyphes ;) mdrrrrr !!! comme il y en a qui y parviennent, ça ne doit donc pas être trop compliqué ;)…

 

Bisous,

@+

Sab

7 juillet 2012

Oph B-11 ou « Formation d’une naine brune »

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Ah que coucou !

 

« Naine brune » c’est quoi ça encore ?

Il s’agit simplement d’une classe intermédiaire entre une planète et une étoile, difficilement détectable car elles n’émettent pas suffisamment de lumière.

 

Pourtant une équipe internationale installée sur le plateau de Bure (dans les Hautes-Alpes en France), aidée par l’interféromètre de l’IRAM, a été le témoin de la formation d’une naine (pour accéder à l’article, cliquez ici pour accéder à l’article en français, cliquez pour accéder à l’article en anglais payant). Elle se situe dans le nuage Rho Ophiuchi, à environ 450 année-lumière de notre petite planète.

 

Cette découverte importante nous permet de mieux comprendre notre univers et réforme quelques théories sur la naissance de notre propre planète… et oui, il y a certains détails qui devient maintenant nécessaire de « réformer » pour continuer toujours à être au top ;)…

 

Bisous,

@+

Sab

9 juin 2012

Christophe : Le Sapeur Camember

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Ah que coucou !

 

Voici une autre petite histoire de notre héros Camember qui fait suite. Elle a pour titre :

 

Camember dévoyé

 

Bisous,

@+

Sab

 

010B

Ecœuré, M. Camember père renonce à faire quelque chose de son fils, qui, abandonné à lui-même, donna libre carrière à son esprit inventif…

 

010C

… Au grand désespoir du marchand de marrons du coin de la mairie, qui ne comprend rien aux phénomènes extraordinaires dont son établissement est le théâtre

6 juin 2012

Jeunesse Illustrée : Test (à vous de choisir)

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Ah que coucou !

 

Là, j’ai besoin d’un coup de main. J’aimerais savoir quelle est la meilleure présentation pour numériser ce journal pour enfant du début du XXe siècle. A votre avis, faut-il privilégier le format original, c’est-à-dire à scanner les pages une à une et en les regroupant en minimisant les effets du temps sur le papier (= supprimer le trop de jaune des pages) afin que cela donne ceci, par exemple :

 

 

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Ou bien c’est autre solution beaucoup moins rapide qui consiste à restaurer au maximum chaque image et, afin que les textes soient bien tous lisibles, réécrire tout, tout en respectant la mise en page initiale, ce qui donnerait pour le premier feuillet des Jeunesses Illustrées datée du 8 septembre 1912 ceci (évidemment, il faut imaginer que le texte soit sur 3 colonnes et sur page format A3) :

 

2012-06-06A

Jean Chemin est obsédé par les écriteaux qu’il a vus accrochés aux maisons modernes : Electricité. – Salle de bains. – Téléphone. – Nettoyage par le vide. Il résolut d’introduire ces différents spécimens de confort dans…

 

2012-06-06B

… sa maison de la forêt de Sénard, située au bout de l’allée des Chasseurs, 5e châtaignier à droite. Ancien mécanicien, Jean Chemin eut vite fait d’établir une prise de courant sur le plus prochain fil électrique et d’installer l’éclairage moderne.

 

2012-06-06C

Tout près de là, derrière la maison d’un garde-chasse, Jean a bouché, au moyen d’un tampon, un tuyau de gouttière placé au-dessus d’un tonneau. Quand il veut

prendre un bain…

 

2012-06-06D

… il se déshabilla et s’introduit dans le tonneau toujours à moitié rempli d’eau. Et lorsque le moment de la douche est arrivé, il tire sur le tampon

 

2012-06-06E

L’eau de la gouttière lui tombe en cascade sur l’échine. Jean Chemin n’a plus qu’à se rhabiller et à regagner tout ragaillardi le chemin de son home.

 

2012-06-06F

Quand sur la route un passant généreux lui donne une pièce blanche, vite il court à son domicile…

 

2012-06-06G

… et téléphone (l’appareil téléphonique se compose d’une simple sonnette) à son ami Jules Guenille, qui habite à 100 mètre de là un chêne séculaire.

 

2012-06-06H

La sonnette tinte trois coups. « - Je sais ce que c’est », dit Guenille il dégringole de son arbre et gagne la route.

 

2012-06-06I

… où il arrive juste à temps pour recevoir la pièce blanche du généreux promeneur. Il faut s’entr’aider dans la vie.

 

2012-06-06J

La belle saison est arrivée. Jean songe à nettoyer son intérieur. Il s’est confectionné un appareil de nettoyage par le vide avec une vieille seringue à cheveux à laquelle il a adapté un entonnoir.

 

2012-06-06K

Il n’a plus qu’à faire fonctionner la seringue qui, en faisant le vide, pompe la poussière et les microbe de l’appartement de Jean Chemin.

 

2012-06-06L

Et voilà pourquoi Jean a toujours la figure souriante. Cette existence heureuse lui est procurée par l’agréable et pratique confort dont il a su s’entourer.

 

Alors à votre avis, quel style de numérisation faut-il mieux adopter ?

 

Bon, évidemment, je présenterai sur mon blog cet illustré page par page pour que vous puissiez tous en profiter en adoptant la seconde solution (sauf si vous préférez la première présentation), sans le format A3 et sans les colonnes ;)…

 

Bisous,

@+

Sab

7 juin 2012

Christophe : Le Sapeur Camember

Ah que coucou !

 

Et parce que vous êtes sages, voici la suivante dont le titre est :

 

Camember ballote

 

Bisous,

@+

Sab

 

 

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Malheureusement Ephraïm, devant ses formes et ses tranchets, pense aux échos du bois du Mortare et méprise ses devoirs professionnels, ce qui amène parfois des explications vives.

 

 

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Sorti de chez le père Christophe pour entrer chez le père Bibelot, Ephraïm persiste dans sa manière d’agir qui consiste à ne rien faire. Il est curieux à ce propos de remarquer comment les mêmes causes sont suivies d’effets analogues.

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6 juin 2012

Christophe : Le Sapeur Camember

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Pour commencer voici l’introduction

 

Bisous,

@+

Sab

 

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Histoire naturelle, véridique et compilatoire d’un sapeur qui portait la hache et le tablier à la fin du Second Empire. – Si l’auteur a choisi cette époque, ce n’est pas qu’il y ait été poussé par des considérations politiques ; c’est simplement afin d’avoir l’occasion et le prétexte d’orner l’occiput de son héros d’un de ces triomphants bonnets à poil, dernier écho de ceux qui furent les panaches blancs de la Grande Armée. – On admirera combien il a fallu de génie à l’auteur pour faire du neuf avec du vieux. – On y verra également comme quoi ce n’est pas sans avoir passé beaucoup de temps à l’ombre que le héros de ce remarquable ouvrage parvint à épouser mam’selle Victoire, ce soleil resplendissant de toutes les vertus domestiques.

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26 avril 2012

Dino Buzzati : Le K

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Ah que coucou !

 

Aujourd’hui je vous propose un recueil de nouvelles du très célèbre écrivain italien : Dino Buzzati, mais comme je ne peux légalement le mettre en ligne, je vous en mettrai un passage au-dessous de ma signature…

 

Ce recueil regroupe les nouvelles suivantes :

 

ü Le K (nouvelle qui a donné son titre au dit recueil)

ü La Création

ü La leçon de 1980

ü Général inconnu

ü Le Défunt par erreur

ü L’Humilité

ü Et si ?

ü A Monsieur le Directeur

ü L’Arme secrète

ü Un amour trouble

ü Pauvre petit garçon

ü Le casse-pieds

ü Le compte

ü Week-end

ü Le secret de l’écrivain

ü Petite histoire du soir

ü Chasseurs de vieux

ü L’œuf

ü Dix-huitième trou

ü Le veston ensorcelé

ü Le chien vide

ü Douce nuit

ü L’Ascenseur

ü Les Dépassements

ü Ubiquité

ü Le Vent

ü Teddy Boys

ü Le Petit ballon

ü Suicide au parc

ü La chute du saint

ü Esclave

ü La Tour Eiffel

ü Jeune fille qui tombe… tombe

ü Le Magicien

ü La Boite de conserves

ü L’Autel

ü Les bosses dans le jardin

ü Petit Circé

ü L’épuisement

ü Quiz aux travaux forcés

ü Iago

ü Progressions

ü Les deux chauffeurs

ü Voyage aux Enfers du siècle

 

Vu le nombre de nouvelles, il est un peu difficile d’expliquer ce qu’est ce Recueil qui est pourtant un véritable délice à lire car très bien traduit par Jacqueline Remillet. Dino Buzzati a une façon bien personnelle pour surprendre le lecteur, en lâchant des indices ici et là mais… comment expliquer ça mieux qu’en lisant ses œuvres ? Là, j’avoue, le vocabulaire me manque pour traduire exactement ma pensée ;) – oui, ça arrive ;) mdrrrr ! Quoi qu’il en soit, sachez que Dino Buzzati nous transporte ici au cœur même de son histoire et nous tient en haleine jusqu’à la fin. Et on peut essayer de tricher en lisant les dernières pages, on se retrouve avec l’envie de la reprendre du début, même quand on connait déjà la chute ;) (comment je le sais ? J’ai essayé pour mes fiches de lecture qu’on nous faisait faire en cours de français ;)…)

 

Bisous,

@+

Sab

 

 

 

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Le Pauvre Petit Garçon

 

Comme d’habitude, Mme Klara emmena son petit garçon, cinq ans, au jardin public, au bord du fleuve. Il était environ trois heures. La saison était ni belle ni mauvaise, le soleil jouait à cache-cache et le vent soufflait de temps à autre, porté par le fleuve.

 

On ne pouvait pas dire non plus de cet enfant qu’il était beau, au contraire, il était plutôt pitoyable même, maigrichon, souffreteux, blafard, presque vert, au point que ses camarades de jeu, pour se moquer de lui, l’appelaient Laitue. Mais d’habitude les enfants au teint pâle ont en compensation d’immenses yeux noirs qui illuminent leur visage exsangue et lui donnent une expression pathétique. Ce n’était pas le cas de Dolfi ; il avait de petits yeux inisignifiants qui vous regardaient sans aucune personnalité.

 

Ce jour-là, le bambin surnommé Laitue avait un fusil tout neuf qui tirait même de petites cartouches, inoffensives bien sûr, mais c’était quand-même un fusil ! Il ne se mit pas à jouer avec les autres enfants car d’ordinaire ils le tracassaient, alors il préférait rester tout seul dans son coin, même sans jouer. Parce que les animaux qui ignorent la souffrance de la solitude sont capables de s’amuser tout seuls, mais l’homme au contraire n’y arrive pas et s’il tente de le faire, bien vite une angoisse encore plus forte s’empare de lui.

 

Pourtant quand les autres gamins passaient devant lui, Dolfi épaulait son fusil et faisait semblant de tirer, mais sans animosité, c’était plutôt une invitation, comme s’il avait voulu leur dire : « Tiens, tu vois, moi aussi aujourd’hui j’ai un fusil. Pourquoi est-ce que vous ne me demandez pas de jouer avec vous ? »

 

Les autres enfants éparpillés dans l’allée remarquèrent bien le nouveau fusil de Dolfi. C’était un jouet de quatre sous mais il était flambant neuf et puis il était différent des leurs et cela suffisait pour susciter leur curiosité et leur envie. L’un d’eux dit :

« He ! vous autres ! vous avez vu Laitue, le fusil qu’il a aujourd’hui ? »

Un autre dit :

« La Laitue a apporté son fusil seulement pour nous le faire voir et nous faire bisquer mais il ne jouera pas avec nous. D’ailleurs il ne sait même pas jouer tout seul. La Laitue est un cochon. Et puis son fusil, c’est de la camelote !

- Il ne joue pas parce qu’il a peur de nous », dit un troisième.

Et celui qui avait parlé avant :

« Peut-être, mais n’empêche que c’est un dégoûtant ! »

 

Mme Klara était assise sur un banc, occupée à tricoter, et le soleil la nimbait d’un halo. Son petit garçon était assis, bêtement désœuvré, à côté d’elle, il n’osait pas se risquer dans l’allée avec son fusil et il le manipulait avec maladresse. Il était environ trois heures et dans les arbres de nombreux oiseaux, inconnus faisaient un tapage invraisemblable, signe peut-être que le crépuscule approchait.

« Allons Dolfi, va jouer, l’encourageait Mme Klara sans lever les yeux de son travail.

- Jouer avec qui ?

- Mais avec les autres petits garçons, voyons ! vous êtes tous amis, non ?

- Non, on n’est pas amis, disait Dolfi. Quand je vais jouer ils se moquent de moi.

- Tu dis cela parce qu’ils t’appellent Laitue ?

- Je ne veux pas qu’ils m’appellent Laitue !

- Pourtant moi je trouve que c’est un joli nom. A ta place, je ne me fâcherais pas pour si peu. » Mais lui, obstiné :

« Je veux pas qu’on m’appelle Laitue ! »

 

Les autres enfants jouaient habituellement à la guerre et ce jour-là aussi. Dolfi avait tenté une fois de se joindre à eux, mais aussitôt ils l’avaient appelé Laitue et s’étaient mis à rire. Ils étaient presque tous blonds, lui au contraire était brun, avec une petite mèche qui lui retombait sur le front en virgule. Les autres avaient de bonnes grosses jambes, lui au contraire avait de vraies flûtes maigres et grêles. Les autres couraient et sautaient comme des lapins, lui, avec sa meilleure volonté, ne réussissait pas à les suivre. Ils avaient des fusils, des sabres, des frondes, des arcs, des sarbacanes, des casques. Le fils de l’ingénieur Weiss avait même une cuirasse brillante comme celle des hussards. Les autres, qui avaient pourtant le même âge que lui, connaissaient une quantité de gros mots très énergiques et il n’osait pas les répéter. Ils étaient forts et lui si faible.

 

Mais cette fois lui aussi était venu avec un fusil.

 

C’est alors qu’après avoir tenu conciliabule les autres garçons s’approchèrent :

« Tu as un très beau fusil, dit Max, le fils de l’ingénieur Weiss. Fais voir. »

Dolfi sans le lâcher laissa l’autre l’examiner.

« Pas mal », reconnut Max avec l’autorité d’un expert.

 

Il portait à la bandoulière une carabine à air comprimé qui coûtait au moins vingt fois plus que le fusil. Dolfi en fut très flatté.

« Avec ce fusil, toi aussi tu peux faire la guerre, dit Walter en baissant les paupières avec condescendance.

- Mais oui, avec ce fusil, tu peux être capitaine », dit un troisième.

 

Et Dolfi les regardait émerveillé. Ils ne l’avaient pas encore appelé Laitue. Il commença à s’enhardir.

 

Alors ils lui expliquèrent comment ils allaient faire la guerre ce jour-là. Il y avait l’armée du général Max qui occupait la montagne et il y avait l’armée du général Walter qui tenterait de forcer le passage. Les montagnes étaient en réalité deux talus herbeux recouverts de buissons ; et le passage était constitué par une petite allée en pente. Dolfi fut affecté à l’armée de Walter avec le grade de capitaine. Et puis les deux formations se séparèrent, chacune allant préparer en secret ses propres plans de bataille.

 

Pour la première fois, Dolfi se vit prendre au sérieux par les autres garçons. Walter lui confia une mission de grande responsabilité : il commanderait l’avant-garde. Ils lui donnèrent comme escorte deux bambins à l’air sournois armés de fronde et ils l’expédièrent en tête de l’armée, avec l’ordre de sonder le passage. Walter et les autres lui souriaient avec gentillesse. D’une façon presque excessive.

 

Alors Dolfi se dirigea vers la petite allée qui descendait en pente rapide. Des deux côtés, les rives herbeuses avec leurs buissons. Il était clair que les ennemis, commandés par Max, avaient dû tendre une embuscade en se cachant derrière les arbres. Mais on n’apercevait rien de suspect.

 

« Hé ! capitaine Dolfi, pars immédiatement à l’attaque, les autres n’ont sûrement pas encore eu le temps d’arriver, ordonna Walter sur un ton confidentiel. Aussitôt que tu es arrivé en bas, nous accourons et nous y soutenons leur assaut. Mais toi, cours, cours le plus vite que tu peux, on ne sait jamais… »

 

Dolfi se retourna pour le regarder. Il remarqua que tant Walter que ses autres compagnons d’armes avaient un étrange sourire. Il eut un instant d’hésitation.

« Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il.

- Allons, capitaine, à l’attaque ! » intima le général.

 

Au même moment, de l’autre côté du fleuve invisible, passa une fanfare militaire. Les palpitations émouvantes de la trompette pénétrèrent comme un flot de vie dans le cœur de Dolfi qui serra fièrement son ridicule petit fusil et se sentit appelé par la gloire.

 

« A l’attaque, les enfants ! » cria-t-il, comme il n’aurait jamais eu le courage de le faire dans des conditions normales.

 

Et il se jeta en courant dans la petite allée en pente.

 

Au même moment un éclat de rire sauvage éclata derrière lui. Mais il n’eut pas le temps de se retourner. Il était déjà lancé et d’un seul coup il sentit son pied retenu. A dix centimètre du sol, ils avaient tendu une ficelle.

 

Il s’étala de tout son long par terre, se cognant douloureusement le nez. Le fusil lui échappa des mains. Un tumulte de cris et de coups se mêla aux échos ardents de la fanfare. Il essaya de se relever mais les ennemis débouchèrent des buissons et le bombardèrent de terrifiantes balles d’argile pétrie avec de l’eau. Un de ces projectiles le frappa en plein sur l’oreille le faisant trébucher de nouveau. Alors ils sautèrent tous sur lui et le piétinèrent. Même Walter, son général, même ses compagnons d’armes !

« Tiens ! attrape, capitaine Laitue. »

 

Enfin il sentit que les autres s’enfuyaient, le son héroïque de la fanfare s’estompait au-delà du fleuve. Secoué par des sanglots désespérés ils chercha tout autour de lui son fusil. Il le ramassa. Ce n’était plus qu’un tronçon de métal tordu. Quelqu’un avait fait sauter le canon, il ne pouvait plus servir à rien.

 

 

 

Avec cette douloureuse relique à la main, saignant du nez, les genoux couronnés, couvert de terre de la tête aux pieds, il alla retrouver sa maman dans l’allée.

 

« Mon Dieu ! Dolfi, qu’est-ce que tu as fait ? »

 

Elle ne lui demandait pas ce que les autres lui avaient fait mais ce qu’il avait fait, lui. Instinctif dépit de la brave ménagère qui voit un vêtement complètement perdu. Mais il y avait aussi l’humiliation de la mère : quel pauvre homme deviendrait ce malheureux bambin ? Quelle misérable destinée l’attendait ? Pourquoi n’avait-elle pas mis au monde, elle aussi, un de ces garçons blonds et robustes qui couraient dans le jardin ? Pourquoi Dolfi restait-il si rachitique ? Pourquoi était-il toujours si pâle ? Pourquoi était-il si peu sympathique aux autres ? Pourquoi n’avait-il pas de sang dans les veines et se laissait-il toujours mener par les autres et conduire par le bout du nez ? Elle essaya d’imaginer son fils dans quinze, vingt ans. Elle aurait aimé se le représenter en uniforme, à la tête d’un escadron de cavalerie, ou donnant le bras à une superbe jeune fille, ou patron d’une belle boutique, ou officier de marine. Mais elle n’y arrivait pas. Elle le voyait toujours assis un porte-plume à la main, avec de grandes feuilles de papier devant lui, penché sur le banc de l’école, penché sur la table de la maison, penché sur le bureau d’une étude poussiéreuse. Un bureaucrate, un petit homme terne. Il serait toujours un pauvre diable, vaincu par la vie.

 

« Oh ! le pauvre petit ! » s’apitoya une jeune femme élégante qui parlait avec Mme Klara.

 

Et secouant la tête, elle caressa le visage défait de Dolfi.

 

Le garçon leva les yeux, reconnaissant, il essaya de sourire, et une sorte de lumière éclaira un bref instant son visage pâle. Il y avait toute l’amère solitude d’une créature fragile, innocente, humiliée, sans défense ; le désir désespéré d’un peu de consolation ; un sentiment pur, douloureux et très beau qu’il était impossible de définir. Pendant un instant – et ce fut la dernière fois – il fut un petit garçon doux, tendre et malheureux, qui ne comprenait pas et demandait au monde environnant un peu de bonté.

 

Mais ce ne fut qu’un instant.

 

« Allons, Dolfi, viens te changer ! » fit la mère en colère, et elle le traîna énergiquement à la maison.

 

Alors le bambin se remit à sangloter à cœur fendre, son visage devint subitement laid, un rictus dur lui plissa la bouche.

 

« Oh ! ces enfants ! quelles histoires ils font pour un rien ! s’exclama l’autre dame agacée en les quittant. Allons, au-revoir, madame Hitler ! »

 

21 janvier 2012

Tableau périodique des éléments

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Ah que coucou!

 

Il n'y a pas de secret, pour le savoir, il faut l'apprendre par coeur. Mais si vous rencontrez un problème pour le retenir ou pour l'apprendre voici une petite chanson composée et interprétée par Tom Lehrer, professeur à Harvard ;) qui pourra vous aider (certes en anglais mdrrr) :

 

 

Bisous,

@+

Sab

5 avril 2012

Brüder Grimm: Brüderchen und Schwesterchen

Ah que coucou!

 

Voici le 7e conte des Frères Grimm que vous connaissez déjà tous, car il s'agit de la version allemande de Petit frère et Petite soeur.

 

Bisous,

@+

Sab

1-033

 

Brüderchen und Schwesterchen

 

Brüderchen nahm sein Schwesterchen an der Hand und sprach: „Seit die Mutter tot ist, haben wir keine gute Stunde mehr; die Stiefmutter schlägt uns alle Tage, und wenn wir zu ihr kommen, stößt sie uns mit den Füssen fort. Die harten Brotkrusten, die übrigbleiben, sind unsere Speise, und dem Hündlein unter dem Tisch geht’s besser, dem wirft sie doch manchmal einen guten Bissen zu. Dass Gott erbarm, wenn das unsere Mutter wüsste! Komm, wir wollen miteinander in die weite Welt gehen“. Sie gingen den ganzen Tag über Wiesen, Felder und Steine, und wenn es regnete, sprach das Schwesterchen: „Gott und unsere Herzen, die weine zusammen!“ Abends kamen sie in einen großen Wald und waren so müde von Jammer, Hunger und dem langen Weg, dass sie sich in einen hohlen Baum setzten und einschliefen.

Am andern Morgen, als sie aufwachten, stand die Sonne schon hoch am Himmel und schien heiß in den Baum hinein. Da sprach das Brüderchen: „Schwesterchen, mich dürstet, wenn ich ein Brünnlein wüsste, ich ging und tränk einmal; ich mein, ich hört eins rauschen“. Brüderschein stand auf, nahm Schwesterchen an der Hand, und sie wollen das Brünnlein suchen. Die böse Stiefmutter aber war eine Hexe und hatte wohl gesehen, wie die beiden Kinder fortgegangen waren, war ihnen nachgeschlichen, heimlich, wie die Hexen schleichen, und hatte alle Brunnen im Walde verwünscht. Als sie nun ein Brünnlein fanden, das so glitzerig über die Steine sprang, wollte das Brüderchen daraus trinken: aber das Schwesterchen hörte, wie es im Rauschen sprach: „Wer aus mir trinkt, wird ein Tiger, wer aus mir trinkt, wird ein Tiger“. – Da rief das Schwesterchen: „Ich bitte dich, Brüderchen, trink nicht, sonst wirst du ein wildes Tier und zerreißest mich“. Das Brüderchen trank nicht, ob es gleich so großen Durst hatte, und sprach: „Ich will warten bis zur nächsten Quelle“. Als sie zum zweiten Brünnlein kamen, hörte das Schwesterchen, wie auch dieses sprach: „Wer aus mir trinkt, wird ein Wolf, wer aus mir trinkt, wird ein Wolf“. Da rief das Schwesterchen: „Brüderchen, ich bitte dich, trink nicht, sonst wirst du ein Wolf und fressest mich“. – Das Brüderchen trank nicht und sprach: „Ich will warten, bis wir zur nächsten Quelle kommen, aber dann muss ich trinken, du magst sagen, was du willst, mein Durst ist gar zu groß“. Und als sie zum dritten Brünnlein kamen, hörte das Schwesterlein, wie es im Rauschen sprach: „Wer aus mir trinkt, wird ein Reh, wer aus mir trinkt, wird ein Reh“. – Das Schwesterchen sprach: „Ach, Brüderchen, ich bitte dich, trink nicht, sonst wirst du ein Reh und läufst mir fort“. Aber das Brüderchen hatte sich gleich beim Brünnlein niedergekniet, hinab gebeugt und von dem Wasser getrunken, und wie die ersten Tropfen auf seine Lippen gekommen waren, lag es da als ein Rehkälbchen.

Nun weinte das Schwesterchen über das arme verwünschte Brüderchen, und das Rehlein weinte auch und saß so traurig neben ihm. Da sprach das Mädchen endlich: „Sei still, liebes Rehchen, ich will dich ha nimmermehr verlassen“. Dann band es sein goldenes Strumpfband ab und tat es dem Rehchen um den Hals und rupfte Binsen und flocht ein weiches Seil daraus. Daran band es das Tierchen und führte es weiter, und ging immer tiefer in den Wald hinein. Und als sie lange, lange gegangen waren, kamen sie endlich an ein kleines Haus, und das Mädchen schaute hinein, und weil es leer war, dachte es: „Hier können wir bleiben und wohnen“. Da suchte es dem Rehchen Laub und Moos zu einem weichen Lager, und jeden Morgen ging es aus und sammelte sich Wurzeln, Beeren und Nüsse, und für das Rechen brachte es zartes Gras mit, das fraß es ihm aus der Hand, war vergnügt und spielte vor ihm herum. Abends, wenn Schwesterchen müde war und sein Gebet gesagt hatte, legte es seinen Kopf auf den Rücken des Rehkälbchens, das war sein Kissen, darauf es sanft einschlief. Und hätte das Brüderchen nur sein menschliche Gestalt gehabt, es wäre ein herrliches Leben gewesen.

Das dauerte eine Zeitlang, dass sie so allein in der Wildnis waren. Es trug sich aber zu, dass der König des Landes eine große Jagd in dem Wald hielt. Da schallte das Hörnerblasen, Hundegebell und das lustige Geschrei der Jäger durch die Bäume, und das Rehlein hörte es und wäre gar zu gerne dabei gewesen. „Ach“, sprach es zum Schwesterlein, „lass mich hinaus in die Jagd, ich kann’s nicht länger mehr aushalten“, und bat so lange, bis es einwilligte. „Aber“, sprach es zu ihm, „komm mir ja abends wieder, vor den wilden Jägern schließ ich mein Türlein nicht auf“. Nun sprang das Rehchen hinaus, und war ihm so wohl und war so lustig in freier Luft. Der König und seine Jäger sahen das schöne Tier und setzten ihm nach, aber sie konnten es nicht einholen, und wenn sie meinten, sie hätten es gewiss, da sprang es über das Gebüsch weg und war verschwunden. Als es dunkel ward, lief es zu dem Häuschen, klopfte und sprach: „Mein Schwesterlein, lass mich herein“. Da ward ihm die Tür aufgetan, es sprang hinein und ruhete sich die ganze Nacht auf seinem weichen Lagen aus. Am andern Morgen ging die Jagd von neuem an, und als das Rehlein wieder das Hifthorn hörte und das ho, ho! der Jäger, da hatte es keine Ruhe und sprach: „Schwesterchen, mach mir auf, ich muss hinaus“. Das Schwesterchen öffnete ihm die Türe und sprach: „Aber zu Abend musst du wieder da sein und dein Sprüchlein sagen“. Als der König und seine Jäger das Rehlein mit dem goldenen Halsband wieder sahen, jagten sie ihm alle nach, aber es war ihnen zu schnell und behend. Das währte den ganzen Tag, endlich aber hatten es die Jäger abends umzingelt, und einer verwundete es ein wenig am Fuß, so dass es hinken musste und langsam fortlief. Da schlich ihm ein Jäger nach bis zu dem Häuschen und hörte, wie es rief: „Mein Schwesterlein, lass mir herein“, und sah, dass die Tür ihm aufgetan und alsbald wieder zugeschlossen ward. Der Jäger behielt das alles wohl im Sinn, ging zum König und erzählte ihm, was es gesehen und gehört hatte. Da sprach der König: „Morgen soll noch einmal gejagt werden“.

Das Schwesterchen aber erschrak gewaltig, als es sah, dass sein Rehkälbchen verwundet war. Er wusch ihm das Blut ab, legte Kräuter auf und sprach: „Geh auf dein Lager, lieb Rehchen, dass du wieder heil wirst“. Die Wunde war aber so gering, dass das Rechen am Morgen nichts mehr davon spürte. Und als es die Jagdlust wieder draußen hörte, sprach es: „Ich kann’s nicht aushalten, ich muss dabei sein; so bald soll mich keiner kriegen“. Das Schwesterlein weinte und sprach: „Nun werden sie dich töten, und ich bin hier allein im Wald und bin verlassen von aller Welt, ich lass dich nicht hinaus“. – „So sterb ich dir hier vor Betrübnis“, antwortete das Rehchen, „wenn ich das Hifthorn höre, so mein ich, ich müsst aus den Schuhen springen!“ Da konnte das Schwesterchen nicht anders und schloss ihm mit schwerem Herzen die Tür auf, und das Rehchen sprang gesund und fröhlich in den Wald. Als es der König erblickte, sprach er zu seinen Jägern: „Nun jagt ihm nach den ganzen Tag, bis in die Nacht, aber dass ihm keiner etwas zuleide tut“. Sobald die Sonne untergegangen war, sprach der König zum Jäger: „Nun komm und zeige mir das Waldhäuschen“. Und als er vor der Türlein war, klopfte er an und rief: „Lieb Schwesterlein, lass mich herein“. Da ging die Tür auf, und der König trat herein, und da stand ein Mädchen, das war so schön, wie er noch keins gesehen hatte. Das Mädchen erschrak, als es sah, dass nicht sein Rehlein, sondern ein Mann hereinkam, der eine goldene Krone auf dem Haupt hatte. Der König sah es freundlich an, reichte ihm die Hand und sprach: „Willst du mit mir gehen auf mein Schloss und meine liebe Frau sein?“ – „Ach ja“, antwortete das Mädchen, „aber das Rehchen muss auch mit, das verlass ich nicht.“ Sprach der König: „Es soll bei dir bleiben, solange du lebst, und soll ihm an nichts fehlen“. Indem kam es hereingesprungen, da band es das Schwesterchen wieder an das Binsenseil, nahm es selbst in die Hand und ging mit ihm aus dem Waldhäuschen fort.

 

 

1-036

 

Der König nahm das schöne Mädchen auf sein Pferd und führte es in sein Schloss, wo die Hochzeit mit großer Pracht gefeiert wurde, und war es nun die Frau Königin, und lebten sie lange Zeit vergnügt zusammen; das Rehlein ward gehegt und gepflegt und sprang in dem Schlossgarten herum. Die böse Stiefmutter aber, um derentwillen die Kinder in die Welt hineingegangen waren, die meinte nicht anders, als Schwesterchen wäre von den wilden Tieren im Walde zerrissen worden und Brüderchen als ein Rehkalb von den Jägern totgeschossen. Als sie nun hörte, dass sie so glücklich waren, und es ihnen so wohl ging, da wurden Neid und Missgunst in ihrem Herzen rege und ließen ihr keine Ruhe, und sie hatte keinen andern Gedanken, als wie sie die beiden doch noch ins Unglück bringen könnte. Ihre rechte Tochter, die hässlich war wie die Nacht, und nur ein Auge hatte, die machte ihr Vorwürfe und sprach: „Eine Königin zu werden, das Glück hätte mir gebührt“. – „Sei nur still“, sagte die Alte und sprach sie zufrieden, „wenn’s Zeit herangerückt war, und die Königin ein schönes Knäblein zur Welt gebracht hatte und der König gerade auf der Jagd war, nahm die alte Hexe die Gestalt der Kammerfrau an, trat in die Stube, wo die Königin lag und sprach der Kranken: „Kommt, das Bad ist fertig, das wird Euch wohltun und frische Kräfte geben, geschwind, eh es kalt wird“. Ihre Tochter war auch bei der Hand; sie trugen die schwache Königin in die Badstube und legten sie in die Wanne, dann schlossen sie die Tür ab und liefen davon. In der Badstube aber hatten sie ein rechtes Höllenfeuer angemacht, dass die schöne, junge Königin bald ersticken musste.

Als das vollbracht war, nahm die Alte ihre Tochter, setzte ihr ein Haube auf, und legte sie ins Bett an der Königin Stelle. Sie gab ihr auch die Gestalt und das Ansehen der Königin, nur das verlorene Auge konnte sie ihr nicht wiedergeben. Damit es aber der König nicht merkte, musste sie sich auf die Seite lege, wo sie kein Auge hatte. Am Abend, als er heimkam und hörte, das ihm ein Söhnlein geboren war, freute er sich ehrlich, und wollte ans Bett seiner lieben Frau gehen und sehen, was sie machte. Da rief die Alte geschwind: „Beileibe, lasst die Vorhänge zu, die Königin darf noch nicht ins Licht sehen und muss Ruhe haben“. Der König ging zurück und wusste nicht, dass eine falsche Königin im Bette lag.

Als eben Mitternacht war und alles schlief, da sah die Kinderfrau, die in der Kinderstube neben der Wiege saß und allein noch wachte, wie die Türe aufging und die rechte Königin hereintrat. Sie nahm das Kind aus der Wiege, legte es in ihren Arm und gab ihm zu trinken. Dann schüttelte sie ihm sein Kisschen, legte es wieder hinein und deckte es mit dem Deckbettchen zu. Sie vergaß aber auch das Rehchen nicht, ging in die Ecke, wo es lag, und streichelte ihm über den Rücken. Darauf ging sie ganz stillschweigend wieder zur Türe hinaus, und die Kinderfrau fragte am andern Morgen die Wächter, ob jemand während der Nacht ins Schloss gegangen wäre, aber sie antworteten: „Nein, wir haben niemand gesehen“. So kam sie viele Nächte und sprach niemals ein Wort dabei; die Kinderfrau sah sie immer, aber sie getraute sich nicht, jemand etwas davon zu sagen.

Als nun so eine Zeit verflossen war, da hub die Königin in der Nacht an zu reden und sprach:

„Was macht mein Kind? Was macht mein Reh?

Nun komm ich noch zweimal und dann nimmermehr.“

Die Kinderfrau antwortete ihr nicht, aber als sie wieder verschwunden war, ging sie zum König und erzählte ihm alles. Sprach der König: „Ach Gott, was ist das! Ich will in der nächsten Nacht bei dem Kinde wachen“. Abends ging er in die Kinderstube, aber um Mitternacht erschien die Königin wieder und sprach:

„Was macht mein Kind? Was macht mein Reh?

Nun komm ich noch einmal und dann nimmermehr.“

Und pflegte dann des Kindes, wie sie gewöhnlich tat, ehe sie verschwand. Der König getraute sich nicht, sie anzureden, aber er wachte auch in der folgenden Nacht. Sie sprach abermals:

„Was macht mein Kind? Was macht mein Reh?

Nun komm ich noch diesmal und dann nimmermehr.“

Da konnte sich der König nicht zurückhalten, sprang zu ihr und sprach: „Du kannst niemand anders sein als meine liebe Frau“. Da antwortete sie: „Ja, ich bin deine liebe Frau“, und hatte in dem Augenblick durch Gottes Gnade das Leben wieder erhalten, war frisch, rot und gesund. Darauf erzählte sie dem König den Frevel, den die böse Hexe und ihre Tochter an ihr verübt hatten. Der König ließ beide vor Gericht führen, und es ward ihnen das Urteil gesprochen. Die Tochter ward in den Wald geführt, wo sie die wilden Tiere zerrissen, die Hexe aber ward ins Feuer gelegt und musste jammervoll verbrennen. Und wie sie zu Asche verbrannt war, verwandelte sich das Rehkälbchen und erhielt seine menschliche Gestalt wieder; Schwesterchen und Brüderchen aber lebten glücklich zusammen bis an ihr Ende.

 

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3 mars 2012

Les Germains

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Ah que coucou !

 

Tandis que le premier « chroniqueur » de la vie des Celtes et plus spécialement des Gaulois était Jules César, si nous connaissons autant la vie des Germains à l’Antiquité, nous le devons à Tacite et à son livre la Germanie (que vous trouverez, en latin et avec sa traduction française, en cliquant ici). Cet ouvrage a permis aux historiens, en grande partie, de comprendre la vie de ces différentes tribus germaniques et de retrouver leurs traces dont les 4 parties du documentaire-fiction suivant résument pour nous leurs découvertes et retracent leur histoire jusqu’à un certain roi franc, nommé Clovis ;) – et oui, pour ceux qui l'auraient oublié, les Francs sont un des nombreux peuples germaniques ;)…

 

 

 

 

 

 

 

Bisous,

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Sab

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