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9 mars 2013

Edgar Allan Poe : Descente dans le Maelstrom

Edgar Allan 

Poe

Ah que coucou !

 

Oupsss !! j’allais oublier de poster ce billet. Désolée !

 

Donc je vous propose aujourd’hui une nouvelle suivante incluse dans l’ouvrage : Les Nouvelles Extraordinaires de l’ami Poe :

 

Une Descente dans le Maelstrom

accessible au téléchargement/lecture en cliquant ici

format : .pdf

(logiciel fourni gratuitement par son concepteur Adobe)

langue : français (merci à l’ami Baudelaire !)

 

où l’on nous narre la mésaventure, inventée ou non, d’un malheureux marin norvégien dont le bateau a été pris dans le Maelstrom.

 

A votre avis, cette histoire, faut-il la croire ou pas ?

Evidemment, à notre époque nos connaissances acquises depuis celle où cette nouvelle a été écrite s’étant étoffées, nous savons tout de suite si le marin fabule ou non… mais d’ailleurs, je ne vais pas répondre à cette question par moi-même. Lisez, et voyez donc si cette histoire est vraisemblable par vous-même ;) ! Oui… aujourd’hui, c’est VOUS qui travaillez ;) !!

 

Bonne lecture !

 

Bisous,

@+

Sab

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2 février 2013

Arthur Conan DOYLE : His Last Bow

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Ah que coucou !

 

Et bien nous voici à la dernière nouvelle que contient le recueil : His Last Bow, écrit par Sir Arthur C. Doyle et ayant pour titre :

 

His Last Bow

accessible au téléchargement/lecture en cliquant ici

Format : pdf

(logiciel fourni gratuitement pour son concepteur : Adobe)

Langue : Anglais

 

mettant naturellement en scène notre détective favori : Sherlock Holmes.

 

Toutefois cette dernière enquête ne nous mène pas vers un assassin… oui, au moment de cette enquête qui a occupé notre héros pendant 2 années, comme il nous l’apprend à la fin de l’histoire, Sherlock Holmes avait pris sa retraite : il s’était retiré des affaires et était devenu apiculteur dans le South Downs (région au sud de l’Angleterre). Et il fallu non seulement le Ministre de l’extérieur mais le Premier Ministre pour qu’il accepte de se charger de cette enquête posant de gros soucis à Scotland Yard. En effet, à cette vieille de ce qui allait devenir la Première Guerre Mondiale, des plans secrets, des informations classées top-secret, étaient dérobés et se retrouvait dans les mains du gouvernement prussien ! et tout ceci sous le nez et la barbe des agents les plus expérimentés du pays !

 

C’est ainsi que Sherlock Holmes devient Mr Altamont, citoyen américain d’origine irlandaise… et qu’il part à la poursuite d’un cousin à un certain roi de Bohème qui avait été amoureux d’Irène Adler ;)…

 

Mais bon, je m’arrête là, il faut mieux que vous lisiez cette dernière aventure par vous-même…

 

Je profite de ce billet pour rappeler ici le titre de toutes les nouvelles composant cet ouvrage :

 

The Adventure of Wisteria Lodge (pour accéder au billet, cliquez ici)

The Adventure of the Cardboard Box (pour accéder au billet, cliquez ici)

The Adventure of the Bruce-Partington plans (pour accéder au billet, cliquez ici)

The Adventure of the Red Circle (pour accéder au billet, cliquez ici)

The Disappearance of Lady Frances Carfax (pour accéder au billet, cliquez ici)

The Adventure of the Dying Detective (pour accéder au billet, cliquez ici)

The Adventure of the Devil’s Foot (pour accéder au billet, cliquez ici)

 

Et pour finir :

 

His Last Bow

 

Nous terminons là, pour quelques temps, la mise en ligne des œuvres de Sir A. C. Doyle narrant les aventures de son personnage le plus célèbre : Sherlock Holmes. Pour rappel, Sir Arthur Conan Doyle a écrit d’autres ouvrages où Sherlock Holmes ne joue aucun rôle et dans lesquels nous ne retrouvons pas le Dr Watson…

 

Bonne lecture !

 

Bisous,

@+

Sab

Sherlock-

Holmes

3 décembre 2012

Astérix

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Ah que coucou !

 

Qui ne connait pas encore notre fabuleux héros Astérix, un Gaulois qui tourne en ridicule les troupes de l’illustre empereur César ? Qui ne connait pas son non moins connu meilleur ami Obélix, livreur de menhir de son état et qui est tombé dans la marmite de la potion magique quand il était enfant ? Qui ne connait pas Idéfix, le chien d’Obélix, cet amoureux de la nature et protecteur de l’environnement ? Qui ne connait pas Panoramix, le druide, inventeur génial d’une potion qui donne une force surhumaine à quiconque la boit, Panoramix, le sage qui calme souvent les gens du village ? Qui ne connait pas Abraracourcix, le chef du village, gaffeur professionnel, devrions-nous le qualifier, qui se met souvent dans des situations assez pittoresques quand il ne tombe pas de son bouclier ? Qui ne connait pas Assurancetourix, le barde qui chante et joue de la lyre si mal qu’il fait fuir tout le monde, même les Romains, pourtant si raffinés… Bref, qui ne connait pas cette BD qui a bercé et berce l’enfance de plusieurs millions de francophones et qui est traduite dans plus d’une cinquantaine de langues ? Qui ne connait pas cette BD dont Walt Disney a acheté les droits pour nous sortir une version américanisée de notre héros, qui transforme le message contenu dans tous les albums du vivant de son scénariste R. Goscinny ?

 

Oui. Enfants nous ne lisons qu’une histoire pleine d’humour, mais une fois grands, nous nous apercevons que nous avons appris beaucoup à travers ces épisodes…

D’abord d’un point de vue historique les auteurs nous rappellent sans cesse les évènements importants qui ont eu lieu pendant le règne de César : la conquête de la Gaule, la reddition de Vercingétorix à Alésia, la conquête des îles britanniques, les intrusions barbares, Cléopâtre, etc. Ils nous rappellent aussi les appellations premières des cités : Lutèce (Paris), Durocortorum (Reims), etc., les appellations des pays en latin : Hispanie (Espagne)… Quand nous sommes enfants, nous apprenons aussi quelles sont les spécialités culinaires de toutes les régions françaises (cf. l’album Le Tour de Gaule d'Astérix). Ces albums qui ont été traduits en latin, aident nos latinistes en herbe à apprendre cette langue en leur permettant de la pratiquer… et pour les non-latinistes, ils apprennent les citations latines les plus connues et leur traduction française : « Alea jacta est », etc.

D’un point de vue inattendu, sont enseignées aussi aux lecteurs les bases de l’urbanisation, de l’économie (système capitaliste)…

Et tout ceci sans oublier le principal pour des histoires destinées aux enfants : la Morale ! Les gentils sont récompensés pendant que les méchants sont ridiculisés… et ceci dès le premier album Astérix, le Gaulois où le lecteur, plus ou moins consciemment, constate qu’il est dangereux de convoiter le bien d’autrui et de le forcer à le donner (le chef du camp romain voulait la recette de la potion magique pour prendre la place de César, il a fait kidnapper Panaromix, il a voulu lui voler le secret par la violence = en torturant Panoramix, il a été non seulement ridiculisé – épisode des fraises et des poils et cheveux qui poussent et poussent et poussent tant qu’il faut sans cesse que les romains ne se rasent et se fassent couper les cheveux -, mais il a été exilé – César l’a expédié avec ses hommes dans une zone dangereuse aux frontières de l’Empire). Et dans chaque album, il y a une morale différente… enfin, tant que René Goscinny en était le scénariste car depuis… Uderzo, le dessinateur, qui a continué la série sans Goscinny et a pris sa place pour écrire les scénarii, n’intègre plus dans les derniers albums des connaissances, qu’elles soient géographiques, historiques, linguistiques, et le mise à part « happy end » ne révèle aucune morale réelle (exception faite du premier qu’il a fait paraître après la mort de son ami et co-auteur R. Goscinny).

 

Cette série se compose de 34 albums dont 24 ont eu pour scénariste R. Goscinny

 

Titres des albums en collaboration avec R. Goscinny :

 

Goscinny-et-Uderzo

1. Astérix le Gaulois

2. La Serpe d’or

3. Astérix et les Goths

4. Astérix gladiateur

5. Le Tour de Gaule d’Astérix

6. Astérix et Cléopâtre

7. Le Combat des chefs

8. Astérix chez les Bretons

9. Astérix et les Normands

10. Astérix légionnaire

11. Le Bouclier Arverne

12. Astérix aux Jeux Olympiques

13. Astérix et le chaudron

14. Astérix en Hispanie

15. La Zizanie

16. Astérix chez les Helvètes

17. Le Domaine des dieux

18. Les Lauriers de César

19. Le Devin

20. Astérix en Corse

21. Le Cadeau de César

22. La Grande Traversée

23. Obélix et Compagnie

24. Astérix chez les Belges

 

et voici ceux qu’Albert Uderzo a fait seul :

 

 

Uderzo

25. Le Grand Fossé

26. L’Odyssée d’Astérix

27. Le fils d’Astérix

28. Astérix chez Rahazade

29. La Rose et le Glaive

30. La Galère d’Obélix

31. Astérix et la Traviata

32. La rentrée gauloise

33. Le ciel lui tombe sur la tête

34. L’Anniversaire d’Astérix et Obélix

 

Quelques dessins animés ont été faits – je vous conseille ceux qui sont sortis des Studios Idéfix qui reflètent le contenu des albums et ne sont pas une pale représentation cinématographique comme nous avons eu le droit avec le dessin animé : Astérix et les Normands où l’histoire a été totalement transformée et où le sens moral de l’épisode est inexistant !

Quelques films ont fait l'adaptation des aventures d’Astérix et d’Obélix aussi, mais même s’ils respectent l’humour gaulois, même si le duo Clavier – Depardieu donne un bon mélange, ils donnent l’impression d’être fait plus pour amuser acteurs et équipe du tournage que le spectateur… quant au dernier : il est à fuir tellement il est nul !

 

Bisous,

@+

Sab

12 octobre 2012

Mythes et légendes de la Grèce Antique : Midas

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Dessin exécuté par :

Zdeněk Sklenářv

 

 

Ah que coucou !

 

Qui ne connait pas l’histoire de ce roi qui transformait en or tout ce qu’il touchait ? Peut-être l’avez-vous oubliée ainsi que la seconde partie du mythe où Midas se retrouve avec des oreilles d’âne ? et bien, pour vous la remettre en mémoire, la voici narrée par Eduard Petiška :

 

Il y a bien longtemps régnait en Phrygie, pays de l’Asie Mineure, un grand adorateur du dieu Dionysos. Il était immensément riche et habitait un splendide palais. De plus, il se croyait très intelligent et capable de comprendre et de décider tout mieux que n’importe qui. Et, comme il était le roi, personne ne pouvait défier sa vanité.

Un jour, des paysans lui amenèrent un vieil homme qui pouvait à peine tenir sur ses jambes. Ils dirent qu’ils l’avaient trouvé dans les vignes royales en train de voler les grappes les plus grosses et les plus belles. Et en vérité, ce vieillard chauve, gonflé par l’alcool, avait le menton et les mains tachés par le jus des raisons mûrs. Même l’espèce de couronne verte qui oscillait sur sa tête laissait tomber des gouttes sombres.

Midas reconnut immédiatement Silène, vieux compagnon de Dionysos. Il avait élevé le dieu lorsqu’il était enfant et depuis ne l’avait pas quitté. C’est pourquoi le roi Midas accueillit le visiteur avec des transports de joie et ordonna un magnifique festin en son honneur.

Il commanda les mets les plus fins et de pleines outres du vin le meilleur. Il fit aussi venir des musiciens et des chanteurs.

Pendant dix jours et dix nuits Silène festoya avec le roi et ses invités. Tant que dura la fête les coupes d’argent ne furent jamais laissées vides et, au lieu de vin mélangé d’eau, ils burent du vin pur qui rendit joyeux tous les convives. Sans arrêt, les serviteurs entretinrent les feux et les braises ne cessèrent de réchauffer les broches qui tournaient sans relâche. Les tables fléchirent et craquèrent sous le poids des plats chargés de nourriture, tout le palais bourdonna comme une ruche et, jour et nui, les flûtes et les lyres accompagnèrent les chants joyeux qui traversaient les murs du palais.

Le onzième jour, le roi organisa une procession avec les joyeux convives. Il proposa un âne à Silène, sachant que c’était sa monture préférée. Les autres accompagnèrent l’invité d’honneur à cheval, en char ou à pied, et, tout en chantant avec entrain, ils gagnèrent le pays voisin où Dionysos se trouvait à cette époque.

Ils rencontrèrent le dieu dans un char d’or tiré par des tigres. Il était parti à la recherche de son tuteur.

Heureux de retrouvé celui-ci paré de fleurs et de feuilles et suivi d’un aussi somptueux cortège, il dit au roi :

« En récompense du service que tu m’as rendu, j’exaucerai n’importe lequel de tes vœux. Quel don aimerais-tu recevoir ? »

Midas s’inclina devant Dionysos et tenta de se donner un air intelligent.

« Je voudrais que tout ce que je touche devienne de l’or », dit-il.

Le souhait du roi fit sourire le dieu :

« Tu aurais pu mieux choisir, mais, qu’importe ! Ton désir s’accomplira. »

Tout joyeux, Midas prit le chemin du retour. Il se flattait de son intelligence : il n’y aurait jamais sur terre de roi plus riche que lui. Dans son impatience, il voulut éprouver sur la route le don divin.

Il cassa une brindille d’un arbre et put à peine en croire ses yeux : la tige et les feuilles jetaient une lueur jaune ; elles s’étaient changées en or pur. Il ramassa un caillou, qui entre ses mains devint un morceau de métal précieux. Il toucha une motte de terre, et elle aussi se transforma en or. Dans un champ qu’il longeait il arracha quelques épis de blé mûr et l’or résonna entre ses doigts. Une pomme du jardin royal subit le même sort.

Fou de joie, Midas se précipita dans son palais : à peine avait-il touché une porte que celle-ci se mit à briller. Il tira un rideau, celui-ci devint rigide : à la place, il y avait un mur doré.

Pour célébrer sa chance, le roi ordonna un grand festin. Il se rinça les mains et vit avec un sourire béat l’eau se transformer en or liquide. Mais à table, quand il voulut prendre un morceau de pain et qu’il le sentit se durcir et se transformer en lingot, quand la viande grillée se mit elle aussi à étinceler dès qu’il la saisit, il appela ses serviteurs et leur ordonna de le nourrir. Ils obéirent. Pourtant, malgré ses précautions, dès que les mets avaient atteint ses lèvres, l’or résonnait entre ses dents. Quant au vin, il se figeait lui aussi dans sa bouche.

Entouré de métal précieux, le roi fut saisi de terreur. Devinant la mort qui le guettait, son vœu lui fit horreur : il allait périr de faim et de soif…

Tremblant de peur, il fit rapidement harnacher son cheval. Au galop, il se rendit chez Dionysos, remarquant avec effroi que la bride entre ses mains devenait de l’or.

Des chants joyeux lui apprirent qu’il était arrivé au lieu de repos du dieu et de ses admirateurs.

Il sauta à terre et se prosterna :

« Cher Dionysos, pardonne mon souhait », gémit-il, « fais cesser ma souffrance ».

Le dieu fit grâce au malheureux en lui donnant ce conseil :

« Plonge-toi complètement dans l’eau de la rivière Pactole. Ainsi tu laveras les traces de ton vœu stupide. »

Sans attendre Midas se baigna, rinçant aussi son visage et ses cheveux. Depuis ce jour, les hommes trouvent à cet endroit du sable doré.

Heureux d’être débarrassé de ce terrible don, le roi ne voulait même plus regarder l’or. Il préférait se promener dans les prairies et les bosquets et écouter Pan, dieu des pâturages et protecteur des troupeaux, qui jouait de la syrinx, flûte à sept tuyaux faite de roseaux. Le musicien avait des cornes et des pieds de chèvre, et était entièrement recouvert de poils. Il gambadait à travers les forêts en poursuivant les nymphes et les voyageurs effarouchés. A l’ombre des arbres, il ne jouait que des chansons gaies sur son curieux instrument et Midas les aimait mieux qui n’importe quelle autre musique.

Voyant ses mélodies ainsi appréciées, Pan se mit à imaginer qu’il surpassait Apollon, dieu des Muses. Aussi appela-t-il le dieu de la montagne, Tmolos, pour qu’il désignât le meilleur joueur.

Tmolos accepta sa proposition et dégagea ses gigantesques oreilles des branches d’arbre vénérables qui les encombraient. Pan exécuta tout d’abord une chanson sauvage et barbare.

A l’orée de la forêt, le roi Midas fut charmé par cette mélodie, semblable au chant des oiseaux, au sifflement du vent et des rochers, au bruit de l’eau gambadant sur les galets.

Le dieu s’arrêta et l’arbitre appela Apollon. Celui-ci, tenant dans la main gauche une magnifique lyre, rejeta son manteau pourpre. Il pinça délicatement les cordes de l’instrument, qui se mirent à chanter de façon exquise. Dans le calme du soir, les notes s’envolaient comme si elles étaient portées par de fragiles ailes d’argent.

Emu par la chanson d’Apollon, Tmolos invita Pan et sa syrinx à s’incliner devant la lyre.

Les chants divins avaient triomphé de la chansonnette.

Midas fut indigné par cette sentence, et comme il était très sûr de son jugement, il s’écria :

« Ce n’est pas possible. Pan chante cent fois mieux. Je préfère son talent et puisque je le préfère, c’est qu’il doit être le meilleur. Croyez-vous donc que je n’ai pas d’oreilles ? »

Vexé, Apollon s’approcha du roi et lui tira les oreilles. Celles-ci changèrent de forme, grandirent et se recouvrirent d’un crin blanc et soyeux.

« Tu as maintenant les oreilles que tu mérites ! » dit le dieu en colère tandis qu’il disparaissait.

Midas toucha ses oreilles : elles étaient devenues semblables à celles d’un âne.

Il se repentit, un peu tard, ses cheveux poussèrent tellement que sa coiffure ne pouvait les dissimuler. Alors il appela son barbier habituel et lui révéla sa malchance.

« Nous sommes maintenant deux à être au courant, » lui dit-il. « Si tu apprends cela à quiconque, tu le paieras de ta vie ».

Le serviteur se mit à trembler de peur de trahir sa promesse. Mais le secret lui pesait, il était trop lourd.

Il pensa et pensa encore à la façon de se débarrasser de ce poids et, une nuit où le sommeil ne venait pas, il eut une idée.

Le lendemain matin, il franchit les portes de la ville et se dirigea vers une rivière près de laquelle il chercha un endroit isolé. Il creusa au bord de l’eau un petit trou et murmura :

« Le roi Midas a des oreille d’âne ».

Il reboucha l’orifice avec de la terre, croyant avoir à jamais enterré son secret. Soulagé, il s’en revint à la ville et continua à tailler la chevelure royale.

En moins d’un an, un épais rideau de roseaux avait poussé à l’endroit où était enterré le secret, et, lorsque le vent soufflait, ces roseaux chantaient doucement : « Le roi Midas a des oreilles d’âne… »

C’est ainsi que tous apprirent le malheur du roi. Ils pensèrent avec plaisir que, pour une fois, les dieux avaient marqué la bêtise d’un signe évident. Et qu’il était dommage qu’Apollon ne fît pas un tel cadeau à tous les sots présomptueux !

 

Maintenant voyons ensembles ce que cette deux courtes histoires nous apprend.

 

Abordons d’abord cette partie du mythe dans laquelle Midas transforme « tout ce qu’il touche en or »… et imaginez !

 

Imaginez que vous ayez la possibilité de faire un vœu ! un seul et unique vœu ! Que choisiriez-vous ? Si j’en crois les enquêtes marketing faites à ce jour sur ce que les humains recherchent le plus au monde, je découvre la chose suivante :

 

Argent / Richesses – Amour – Gloire - Beauté

 

et certains, moins nombreux, ajoutent :

 

Santé

 

Il est donc clair que votre vœu, pour la majorité, touchera un de ces domaines…

 

Et bien cette première partie nous indique qu’il faut faire très attention à ce que nous désirons et qu’il ne faut pas souhaiter une chose juste par orgueil (le roi Midas voulant être le plus riche de tous les rois demande que tout ce qu’il touche se transforme en or) au risque que notre vœu, en se réalisant, se transforme en cauchemar (le roi Midas ne pouvant plus s’alimenter risquait de mourir de faim et de soif)… Alors souhaiter Argent / Richesses, gloire et beauté à quoi cela nous mènera-t-il si nous ne pouvons en profiter ! En effet, à quoi servirait de l’argent s’il n’y a rien à acheter ? A quoi servirait la richesse si nous ne pouvons en profiter car nous serions devenus paranoïaques pour les protéger et éviter qu’on ne nous les vole ? A quoi servirait la gloire si elle ne nous permet pas d’avoir des vrais amis, car la gloire attire surtout les profiteurs et faux amis. A quoi servirait la beauté quand on sait qu’elle n’est dictée que par la mode du jour ? Par contre souhaiter :

 

Bonheur – Santé - Amour

 

semblent des choix beaucoup plus judicieux, vous ne trouvez pas ;) ?

 

Maintenant passons à la seconde partie du mythe…

Ici nous voyons un duel entre deux dieux, arbitré par un autre dieu… Midas est-il un dieu ? NON. Demande-t-on l’avis de Midas ? NON. Pourtant cela n’empêche pas Midas de mettre en doute l’arbitrage et d’exiger qu’il soit tel qu’il le veut…

Dans la conscience collective, dieu représente le summum de l’Intelligence avec un I majuscule. Il est donc normal qu’un être humain, fut-il le plus puissant des rois, soit traité d’idiot quand il se permet d’émettre un avis contraire à celle d’un dieu, aussi petit fut-il (Tmolos n’étant qu’un des innombrables dieux dont le royaume n’est qu’une montagne…).

Mais comme de nous n’avons jamais l’occasion, tout comme les grecs de l’Antiquité, d’être témoin d’un duel divin, qu’est-ce que cette partie peut enseigner à la population ?

 

D’abord à respecter des opinions différentes aux nôtres et surtout, à respecter l’avis des professionnels et des spécialistes ;). En tant que roi, Midas n’a aucune réelle qualification musicale contrairement à sa connaissance de la politique dans le monde des hommes. Si Apollon et Pan ont choisi Tmolos comme arbitre, cela signifie qu’ils estiment que Tmolos a une fine oreille et sait reconnaître de la bonne musique.

 

Ensuite cela nous enseigne à ne pas être imbus de notre personne sous peine d’être considéré comme une personne stupide. Midas estime qu’en tant que roi, ami d’un dieu puissant (Dionysos), il est assez puissant pour réfuter l’arbitrage de Tmolos alors que les 2 dualistes divins s’en contentent (« puisque je [Midas] le préfère, c’est qu’il doit être le meilleur » quelle arrogance dans ses paroles)…

 

Après on nous montre qu’il est inutile de tenter de se faire passer pour ce que nous ne sommes pas parce que, comme le dit si bien l’adage « chasser le naturel, il revient au galop », les autres finissent toujours par découvrir notre véritable nature et ça, quoi que nous fassions pour le dissimuler au mieux…

 

Bisous,

@+

Sab (le prochain mythe sera : Niobé)

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30 août 2012

Mythes et Légendes de la Grèce antique : Orphée

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Ah que coucou !

 

Aujourd’hui, pour nous reposer un peu, je vous propose le mythe grec Orphée, traduit du Grec par Eduard Petiška.

 

Orphée

 

Dans une région de Grèce appelée la Thrace vivait, il y a très longtemps, un fameux aède : Orphée. Il accompagnait avec une lyre et chantait si merveilleusement que personne ne pouvait résister à sa musique. Les oiseaux eux-mêmes l’écoutaient en silence et les animaux quittaient la forêt pour le suivre. Le loup trottait à côté de l’agneau, le renard suivait le lièvre, sans qu’aucun animal cherchât querelle à un autre. Même les serpents quittaient leurs trous et les pierres s’écartaient pour faire un chemin devant Orphée. Ses chansons arrêtaient le cours des rivières et les poissons sortaient de l’eau pour l’écouter…

Les hommes riaient ou pleuraient, selon que le chant était gai ou triste. Ils oubliaient tous leurs soucis. Les dieux, attirés eux aussi par la voix d’Orphée, se rendaient en suivant la Voie Lactée aux endroits où il chantait.

De même les naïades quittèrent les vagues dès qu’elles entendirent les sons mélodieux. Orphée tomba amoureux de l’une d’elles, l’emmena avec lui et l’épousa. La nymphe Eurydice était aussi jolie que ses chansons et pendant quelques temps ils vécurent très heureux. Un jour, Orphée dut s’absenter et Eurydice resta seule. Dans sa solitude lui vint la nostalgie des prairies vertes et douces où murmuraient les rivières et les sources. Là-bas, dans les eaux scintillantes, vivaient ses sœurs les naïades. Eurydice pensait souvent à elles ; aussi décida-t-elle de leur rendre visite. Elle partit en courant chez elle, tant elle était pressée de les surprendre. Elle se hâtait par les raccourcis quand, soudain, elle ressentit une douleur aiguë au pied, qui inonda bientôt tout son corps. A terre, elle aperçut un serpent venimeux qui rampait dans l’herbe. Elle tomba évanouie dans l’herbe. La morsure était mortelle, son cœur cessa de battre. Eurydice était morte, et ni les pleurs de ses sœurs, ni le désespoir d’Orphée, qui était accouru, ne purent la ramener à la vie.

Orphée enterra Eurydice, et, avec elle, toutes les chansons gaies. Tristement il erra par le monde, et ceux qui écoutaient ses nouvelles paroles avaient le visage ruisselant de larmes. , Les feuilles des arbres soupiraient et les bêtes sauvages, les yeux humides, sortaient des profondeurs des forêts

Orphée ne trouva la paix nulle part sur terre : il ne cessait de penser à Eurydice et à la joie qu’il avait perdue. Le temps n’adoucissait pas sa peine. Aussi, après sa longue marche, il décida de descendre sous terre, dans le monde inférieur où s’étendait l’ombre de la mort. Le dieu Hadès et sa femme Perséphone gouvernaient ce royaume des âmes des défunts. Orphée voulait convaincre les dieux des Enfers de lui rendre son Eurydice, de lui permettre d’enfreindre la loi de la mort en la laissant revivre sur terre.

Il marcha vers l’Ouest, car c’était là que se trouvait, cachée sous de noirs rochers, l’entrée du royaume. Il s’avançait inlassablement, mais, ne trouvant rien, crut avoir perdu son chemin et se mit à chanter tristement son amour pour Eurydice.

Les arbres eux-mêmes furent émus : ils lui montrèrent le chemin avec leurs branches et l’herbe, saisie de pitié, courba ses brins dans la direction du monde des ténèbres.

 

Enfin, Orphée vit une rangée de cyprès immobiles et un amoncellement de noirs rochers disparaissant presque dans un épais brouillard gris. Il pénétra dans ce nuage de mort. Soudain, trois paires d’yeux flamboyants scintillèrent devant lui et un aboiement sauvage retentit. C’était Cerbère, le chien à trois têtes, l’effrayant gardien des portes du royaume, capable de reconnaître l’odeur des vivants. Orphée se mit à chanter et les trois gueules ensanglantées se turent. Le gigantesque chien se coucha et laissa passer Orphée. Tout en chantant, celui-ci descendit un sentier escarpé, évitant les endroits d’où jaillissaient des flammes, bien qu’en l’entendant les flammes elles-mêmes se soient raidies et aient perdu de leur éclat.

L’intrépide voyageur se joignit à la foule silencieuse des ombres qui se pressaient sur les rives du Styx. Bientôt apparut la barque menée par le vieux Charon pour faire traverser le fleuve aux silhouettes grises. Orphée sauta à leur suite dans le bateau, mais Charon l’aperçut et refusa de l’emmener sur l’autre rive. Le malheureux Orphée se mit à chanter et fit pleurer le vieux rocher qui ne put se résoudre à l’abandonner. La barque fit la traversée et les âmes des morts allèrent se faire juger. Orphée, lui, partit à la recherche du roi du monde des profondeurs.

Il traversa une prairie hantée par les ombres de ceux qui, durant leur vie, n’avaient été ni bons ni mauvais ; il vit la région bénie des champs Elysées où se réjouissaient les âmes des hommes de bien, et il finit par arriver dans le lugubre Tartare. Les morts s’y repentaient de leurs mauvaises actions dans la souffrance et la torture. Sur le passage d’Orphée, la douleur disparaissait au son de sa voix. Les âmes tourmentées oubliaient leur peine en écoutant son chant. L’ombre du roi Tantale ne pensait plus à l’éternelle faim et à l’éternelle soif auxquelles les dieux l’avaient condamné. Celle de Sisyphe se reposait un moment de son vain travail, qui était de pousser un rocher au sommet d’une colline pour la voir ensuite dévaler la pente… et recommencer éternellement.

Au milieu de ce royaume, assis sur un trône noir, on pouvait voir le roi du monde souterrain, l’impitoyable Hadès. Ses cheveux noirs tombaient sur son front et ses yeux froids brillaient dans sa figure blanche. Perséphone était à ses côtés, sa face blanche émergeant d’un vêtement noir, telle la lune pâle qui apparaît derrière un nuage. Cette vision fit trembler Orphée, mais son amour fut plus fort que sa peur et il se mit à chanter devant les souverains.

Il raconta son amour pour Eurydice et la mort qui l’avait fauchée en pleine jeunesse ; il dit sa peine et son immense chagrin, puis supplia les dieux de lui rendre sa femme. De toutes manières, nul n’échappe au dernier voyage, et ils reviendraient un jour, ensemble, au royaume des morts.

Emus, Hadès et Perséphone écoutèrent son chant.

« J’exaucerai ton vœux », dit le roi, quand Orphée eut fini de chanter. « Eurydice peut retourner parmi les vivants. Mais ne te retourne pas pour voir ta femme tant que tu n’auras pas quitté le royaume des ombres. Si tu la regardes avant d’atteindre la surface, elle retournera dans les ténèbres et disparaîtra pour toujours. »

Orphée remercia chaleureusement, et, sur l’ordre du dieu Hadès, l’ombre d’Eurydice s’approcha doucement pour suivre son mari.

Ils empruntèrent le sentier qui accédait à la terre et remontèrent dans la barque de Charon pour traverser le Styx.

Tous deux, ils s’avancèrent à travers une zone où régnait un silence impressionnant. Orphée marchait devant, essayant d’entendre les pas d’Eurydice. Comme il ne pouvait percevoir aucun bruit, il fut saisi d’une crainte terrible. Il pensa qu’Eurydice avait pu tomber, qu’elle avait pu perdre son chemin ou avoir été frappée par un diabolique coup du sort.

Tout à sa peur, Orphée oublia sa promesse et se retourna. L’image d’Eurydice se brouilla devant ses yeux et sa femme bien-aimée mourut une seconde fois. Comme un dernier baiser, une brise légère toucha le front d’Orphée, le laissant pétrifié d’horreur, tout seul sur le sentier, entouré de silence. Le désespoir submergea Orphée, il courut comme un fou au bas du sentier en appelant Eurydice. Mais ce fut en vain, cette fois, qu’il supplia le rocher de lui faire traverser le fleuve.

Pendant sept jours, Orphée erra le long du Styx, espérant pénétrer encore dans le royaume des morts. Sept jours, il vécut de ses seules larmes ; en vain. Tristement il revint sur terre et se réfugia dans une région montagneuse désolée. Il chanta son malheur aux rochers et au vent. Les arbres des vallées l’entendirent et se mirent en mouvement au son de sa voix. Avant qu’il ait fini, un épais buisson l’entourait. La nudité de la montagne s’était recouverte du vert des fourrés, et des oiseaux sauvages, suivis d’autres animaux, élisaient domiciles dans la nouvelle forêt. Sa chanson atteignait même, grâce au vent, les habitations des hommes, qui, l’entendant, l’écoutaient avec sympathie.

Pendant ce temps, un groupe de Ménades, prêtresse de Dionysos, dieu du vin et de la vigne, se promenaient à travers la campagne. Ivres et à moitié folles, ces femmes surgirent dans le bosquet où Orphée exhalait sa plainte. Ses lamentations mirent en colère les exubérantes prêtresses, et l’une d’elles lui jeta son thyrse, bâton entouré de feuilles de vigne, tandis qu’une autre le visait avec une pierre.

Mais ni le thyrse ni la pierre n’atteignirent l’aède. Saisies de frénésie, les Ménades se mirent l’une après l’autre à ramasser et à lui jeter des pierres, et sous leurs cris la chanson d’Orphée faiblit. C’est seulement alors que les pierres atteignirent leur cible, prenant la couleur de son sang. Il cessa de chanter et il cessa de vivre. Quant aux Ménades, tout à leur œuvre démoniaque, elles massacrèrent aussi les animaux, encore sous le charme, qui entouraient Orphée.

L’annonce de la mort d’Orphée se répandit partout. Non seulement les hommes mais toute la nature furent en deuil. Les arbres perdirent leurs feuilles en témoignage de leur peine, les rochers pleurèrent et le niveau des eaux monta à cause de toutes les larmes versées. Les nymphes des forêts et des eaux dénouèrent leurs cheveux et mirent des vêtements noirs.

L’âme d’Orphée descendit dans le royaume des ténèbres. Cette fois, Charon ne lui refusa pas le passage. L’ombre d’Orphée rejoignait celle des autres morts. Orphée reconnut de loin son Eurydice et se hâta à sa rencontre. Il pourrait maintenant la regarder et même se retourner pour l’admirer : elle ne disparaîtrait plus.

Le dieu Dionysos ne laissa pas ce crime impuni. Il changea les jambes des Ménades en racines, leurs corps en troncs d’arbres et leurs branches furent à jamais secouées par le vent.

Les Muses, déesse de l’art et de la sagesse, enterrèrent le corps d’Orphée. Sa tête, arrachée par les Ménades, flotta avec sa lyre au fil des eaux du fleuve Hebros jusqu’à la mer, où elle atteignit l’île de Lesbos.

Depuis ce jour, les rossignols y chantent le plus merveilleusement du monde et l’île a vu naître des aèdes renommés ainsi que la fameuse poétesse Sapho. Comme elle descendait le cours de la rivière, la lyre d’Orphée continuait à jouer doucement et sa tête murmurait une chanson dont, pour la dernière fois, les eaux et les rives se faisaient l’écho.

C’est ainsi qu’aujourd’hui encore les rivières gardent le souvenir d’Orphée et chantent sa chanson.

 

Que nous apprend ce mythe ?

Une première chose, nous y trouvons la description de l’Après-Mort (les âmes des défunts empruntent la barque pour traverser le Styx afin d’être jugé devant le tribunal – ça ne vous rappelle pas quelque chose ;) ? – après le jugement les âmes vont soit au Paradis représenté par les Champs Elysées, soit dans une zone neutre représentée par une prairie, soit aux enfers où les âmes sont tourmentées.) où les défunts sont regroupés dans un royaume interdit aux vivants et dont les portes sont non seulement dissimulés aux Hommes mais aussi gardées par un énorme chien à 3 têtes.

Seconde chose, nous apprenons aussi quelles étaient la réputation des prêtresses du dieu du vin, assez mauvaise ma foi (« ivres et un peu folles »)

Et pour finir ce mythe nous enseigne que retrouver un mort, le plus simple, est d’être soi-même décédé… Attention, on ne vante pas dans ce mythe le suicide, mais plutôt on cherche ici à consoler ceux qui ont perdu un être cher en l’informant qu’une fois mort, il reverra ceux qu’il aime…

 

Bisous,

@+

Sab

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29 janvier 2012

Le Traité de Versailles : Traité ou Diktat (1919)

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Ah que coucou !

 

Pour accéder au texte du Traité (versions française et anglaise), cliquez ici.

 

Pendant de nombreuses années j’étais très étonnée que les Allemands puissent nommer ce mauvais Traité de paix : « Diktat » car, somme toute, ce traité était la coutume de tous les traités de paix signés jusqu’à lors : spoliation des biens des vaincus ainsi que de certains de leur territoire, prélèvement d’or en faveur du vainqueur, mais, une fois que j’ai eu accès au texte même, j’ai soudain compris ! Et là, c’est vrai, nous y sommes allés vraiment trop fort…

 

D’abord j’avais toujours pensé que les textes de la fondation des Sociétés des Nations avaient été faits à part, et que son texte était bien séparé du Traité de paix. Or, comme vous vous apercevez dans le document, il n’en est rien : le texte fondateur de la SN et le Traité de Paix sont inclus l’un dans l’autre… Ce qui fait, que les 2 seuls représentants de l’Empire allemand étaient confrontés à un sérieux dilemme dès le départ : s’ils signent pour être membre de la Société des Nations, ils acceptent, au nom de l’Allemagne et de ses alliés, toutes les clauses du Traité de Paix, s’ils ne signent pas le Traité de Paix, l’Allemagne est exclue de la Société des Nations, qui, d’après le rôle que l’on voulait lui donner, préservait une paix durable, ce que recherchait tout le monde à cette époque…

 

Ensuite, à la lecture des signataires, nous nous apercevons que tout avait été fait pour intimider les 2 seuls représentants de l’Allemagne et de ses alliés, regardez bien la photo, 2 allemands encerclés par plusieurs dizaines de personnes... on ne s’y serait pas pris autrement si on avait voulu leur arracher leurs signatures.

 

Bon, ça c’est pour le côté psychologique de l’affaire, passons maintenant au contenu du Traité et essayons de voir s’il y a là, vraiment de quoi affirmer qu’il s’agit bien d’un « Diktat »…

 

L’Alsace et la Lorraine qui reviennent à la France, bah ! les Lorrains et les Alsaciens sont habitués depuis longtemps à changer de nationalité et à se retrouver Français ou Allemands selon l’humeur de l’époque. Il n’y a vraiment pas là de quoi fouetter un chat même si ils en ont marre ;)…

 

Démembrement de l’Empire Allemand, là aussi, je doute fort que les Allemands, unifiés depuis 1870 seulement, ne s’en soient pas fait une raison. Le patriotisme allemand n’avait pas eu le temps de s’installer dans leurs esprits et, si j’ai bien compris les Allemand avec qui j’en avais discuté, leurs ancêtres considéraient plus cette unification comme une annexion prussienne. De ce fait, j’ai tendance à croire que ce démembrement de l’Empire leur a procuré de la joie, mais bon, je n’étais pas là pour savoir comment avait été accueillie la nouvelle… En plus, il ne faut pas oublier que l’Allemagne était dans une période de troubles et que depuis 1917, le nombre des manifestations réclamant plus de libertés politiques étaient en augmentation constante et réprimée très sévèrement… donc la fin de l’Empire Prussien, je serai étonnée de constater qu’ils avaient le moindre attachement pour cet Empereur en fuite en Hollande.

 

Par contre, là où ils n’avaient pas dû apprécier du tout, c’est de se retrouver, soit Tchécoslovaques, soit Roumains, soit Polonais, soit Belges, soit Français, soit Anglais… Là, il est fort possible que la pilule n’était pas passée… et si on ajoute à ça les sommes exorbitantes que les Allemands devaient payer et la crise financière qui en a découlé ajoutée à la crise du jeudi noir de 1929, il est plus que probable, qu’ils ont du nous haïr et encore plus tous ces Prussiens qui, avant 1919, étaient majoritaires dans le Reich… et pendant ce temps-là, les Français et leurs Alliés continuaient à appeler ces années comprises entre 1928 et 1938 : « la Belle Epoque »…

 

Bisous,

@+

Sab

7 décembre 2011

Edgar Allan Poe : Double assassinat dans la rue Morgue

Edgar Allan Poe

Ah que coucou !

 

Aujourd’hui je vous propose la nouvelle suivante, éditée dans le recueil « Les histoires extraordinaires », traduit de l’américain par Charles Baudelaire :

 

Double assassinat dans la Rue Morgue

Ecrit en 1841

Téléchargement et/ou lecture, cliquez ici

Format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par Adobe)

 

Dans cette courte nouvelle, Edgar Allan Poe, aidé par la plume de Charles Baudelaire, nous captive par cette énigme et met toutes nos capacités d’analyse et de réflexion en éveil : nous ne lisons pas cette histoire, mais nous vivons cette intrigue…

 

Bonne lecture !

 

Bisous,

@+

Sab

5 décembre 2011

Jean de la Fontaine : Fables (Livre Premier)

 

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Ah que coucou !

 

En ce qui concerne la rubrique littéraire, je vais essayer d’accélérer le rythme car si je continue avec 1 livre par semaine, plusieurs années seront nécessaires pour y mettre tous les livres que je possède aujourd’hui, et comme je risque de continuer à en acheter ;)…

 

Alors aujourd’hui je vous propose le premier livre (sur les douze) des :

 

Fables

Illustrées par Gustave Doré

Accessible à la lecture et au téléchargement en cliquant ici

 

Comprenant les fables suivantes :

 

AA

AB

AC

AD

AE

Est-il besoin encore de présenter notre fameux fabuliste ? ;)

 

Bisous,

@+

Sab

29 septembre 2012

Arthur Rimbaud en vers

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Ah que coucou !

 

Après les différents écrits en prose que j’ai posté la dernière fois (pour accéder au billet ainsi qu’à l’ouvrage, cliquez ici), je vous propose aujourd’hui ce regroupement de poésies – classées par ordre chronologique – de ce célèbre poète français qu’était Arthur Rimbaud.

 

Poésies

pour télécharger/lire, cliquez ici

format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par Adobe)

langue : français

 

parmi lesquelles, comme vous l’indique la liste des poésies ci-dessous, ne regroupent pas les poèmes d’une Saison en Enfer et les Illuminations.

 

Les Etrennes des Orphelins – Sensation -Le Forgeron - Soleil et Chair – Ophélie - Bal des pendus - Le Châtiment de Tartuffe - Vénus Anadyomène - Première soirée - Les Réparties de Nina - A la Musique - Morts de quatre-vingt douze - Les Effarés – Roman - Le Mal - Rage de Césars - Rêvé pour l’Hiver - Le Dormeur du Val - Au Cabaret-Vert - La Maline - L’Eclatante Victoire de Sarrebruck - Le Buffet - Ma Bohème - Tête de Faune - Les Assis - Les Douaniers - Oraison du soir - -Le Cœur volé - Chant de guerre parisien - Mes Petites Amoureuses – Accroupissements - Les Poètes de sept ans - Les Pauvres à l’Eglise - L’Orgie parisienne ou Paris se repeuple - Les Mains de Jeanne-Marie - Les Sœurs de Charité - Les Chercheuses de Poux - Les Premières Communions - L’Homme juste - Ce qu’on dit au Poète à propos de Fleurs - Le Bateau ivre

 

Album Zutique

 

L’Idole – Lys - Les Lèvres closes - Fête galante - J’occupais un wagon de troisième : un vieux prêtre - Je préfère sans doute, au printemps, la guinguette - L’Humanité chaussait –Conneries (Jeune Goinfre – Paris - Cocher ivre) - Vieux de la Vieille - Etat de siège ? - Le Balai – Exil - L’Angelot maudit - Les soirs d’été, sous l’œil ardent des devantures - Aux livres de chevet, livres de l’art serein -Hypotyposes saturniennes - Les Remembrances du Vieillard idiot - Ressouvenir

 

L’Enfant qui ramassa les balles, le Pubère -Les Corbeaux – Mémoire - Michel et Christine – Larme - La Rivière de Cassis - Comédie de la Soif - Bonne Pensée du Matin - Fêtes de la patience (Bannière de mai - Chanson de la plus haute Tour - L’Eternité - Age d’or) - Jeune Ménage – Bruxelles - Est-elle almée ? -Fêtes de la Faim - O Saisons, ô Châteaux –Honte - Qu’est-ce pour nous, mon cœur

 

Et comme promis, voici comment Paul Claudel présente Arthur Rimbaud, qui sert de préface aux œuvres complètes :

 

Arthur Rimbaud fut un mystique à l’état sauvage, une source perdue qui ressort d’un sol saturé. Sa vie, un malentendu, la tentative en vain par la fuite d’échapper à cette voix qui le sollicite et le relance, et qu’il ne veut pas reconnaître : jusqu’à ce qu’enfin, réduit, la jambe tranchée, sur ce lit d’hôpital à Marseille, il sache !

« Le bonheur ! Sa dent, douce à la mort, m’avertissait au chant du coq – ad matutinum, au Christus venit -, dans les plus sombres villes ». – « Nous ne sommes pas au monde ! » - « Par l’esprit on va à Dieu !... C’est cette minute d’éveil qui m’a donné la vision de la pureté… Si j’étais bien éveillé à partir de cette minute-ci… » (et tout le passage célèbre de la Saison en Enfer)… « Déchirante infortune ! »

Comparez, entre maints textes, cette référence, que j’ose emprunter à sainte Chantal (citée par l’abbé Bremond) :

« Au point du jour, Dieu m’a fait goûter presque imperceptiblement une petite lumière en la très haute suprême pointe de mon esprit. Tout le reste de mon âme et ses facultés n’en ont point joui : mais elle n’a duré environ qu’un demi-Ave Maria. »

Arthur Rimbaud apparaît en 1870, à l’un des moments les plus tristes de notre histoire, en pleine déroute, en pleine guerre civile, en pleine déconfiture matérielle et morale, en pleine stupeur positiviste. Il se lève tout à coup – « comme Jeanne d’Arc ! » s’écriera-t-il plus tard lamentablement. Il faut lire dans le livre de Paterne Berrichon (Jean-Arthur Rimbaud, le Poète) le récit tragique de cette vocation. Mais ce n’est pas une parole qu’il a entendue. Est-ce une voix ? Moins encore : une simple inflexion, mais qui suffit à lui rendre désormais impossible le repos et « la camaraderie des femmes ». Est-il donc si téméraire de penser que c’est une volonté supérieure qui le suscite ? dans la main de qui nous sommes tous : muette et qui a choisi de se taire. Est-ce un fait commun de voir un enfant de seize ans doué de facultés d’expression d’un homme de génie ? Aussi rare que cette louange de Dieu dans la bouche d’un nouveau-né dont nous parlent les récits indubitables. Et quel nom donner à un si étrange évènement ?

« Je vécus, étincelle d’or, de la lumière nature ! De joie, je prenais une expression bouffonne et égarée au possible ». un ou deux fois, la note, d’une pureté édénique, d’une douceur infinie, d’une déchirante tristesse, se fait entendre aux oreilles d’un monde abject et abruti, dans le fracas d’une littérature grossière. Et cela suffit. « J’ai brassé mon sang. Mon devoir m’est remis ». Il a fini de parler. On ne confie pas de secrets à un cœur descellé. Il ne lui reste plus qu’à se taire et à écouter, sachant, comme cette sainte encore, que « les pensées ne mûrissent pas d’être dites ». il regarde avec une ardente et profonde curiosité, avec une mystérieuse sympathie qui ne peut plus être exprimée « en paroles païennes », ces choses qui nous entourent et qu’il sait que nous ne voyons qu’en reflets et en énigmes : « un certain commencement », une amorce. Toute la vie n’est pas de trop pour faire la conquête spirituelle de cet univers ouvert par les explorateurs du siècle qui finit, pour épuiser la création, pour savoir quelque chose de ce qu’elle veut dire, pour donner de quelques mots enfin cette voix crucifiante au fond de lui-même.

Il nous reste quelques feuillets de son « carnet de damné » comme il l’appelle amèrement, quelques pages laissées par notre hôte d’un jour en ce lieu qu’il a définitivement vidé « pour ne pas voir quelqu’un d’aussi peu noble que nous ». Si courte qu’ait été la vie littéraire de Rimbaud, il est cependant possible d’y reconnaître trois périodes, trois manières.

La première est celle de la violence, du mâle tout pur, du génie aveugle qui se fait jour comme un jet de sang, comme un cri qu’on ne peut retenir en vers d’une force et d’une roideur inouïes :

Corps remagnétisé par les énormes peines,

Tu rebois donc la vie effroyable, tu sens

Sourdre le flux, des vers livides en tes veines !

(Paris se repeuple)

Mais, ô Femme, monceau d’entrailles, pitié douce !

‘Les Sœurs de Charité)

Qu’il est touchant d’assister à cette espèce de mue du génie et de voir éclater ces traits fulgurants parmi des espèces de jurons, de sanglots et de balbutiement !

La seconde période est celle du voyant. Dans une lettre du 15 mai 1871, avec une maladresse pathétique, et dans les quelques pages de la Saison en Enfer – intitulées « Alchimie du Verbe » - Rimbaud a essayé de nous faire comprendre « la méthode » de cet art nouveau qu’il inaugure et qui est vraiment une alchimie, une espèce de transmutation, une décantation spirituelle des éléments de ce monde. Dans ce besoin de s’évader qui ne le fâche qu’à la mort, dans ce désire « voir » qui tout enfant lui faisait écraser son œil avec son poing (Les poètes de sept ans), il y a bien autre chose que la vague nostalgie romantique. « La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde ». Ce n’est pas de fuir qu’il s’agit, mais de trouver « le lieu et la formule », « l’Eden » ; de reconquérir notre état primitif de « Fils du soleil ». – Le matin, quand l’homme et ses souvenirs ne sont pas réveillés en même temps, ou bien encore au cours d’une longue journée de marche sur les routes, entre l’âme et le corps assujetti à un desport rythmique se produit une solution de continuité ; une espèce d’hypnose « ouverte » s’établit, un état de réceptivité pure fort singulier. Le langage en nous prend une valeur moins d’expression que de signe ; les mots fortuits qui montent à la surface de l’esprit, le refrain, l’obsession d’une phrase continuelle forment une espèce d’incantation qui finit par coaguler la conscience, cependant que notre miroir intime est laissé, par rapport aux choses du dehors, dans un état de sensibilité presque matérielle. Leur ombre se projette directement sur notre imagination et vire sur son iridescence. Nous sommes mis en communication. C’est ce double état du marcheur que traduisent les Illuminations : d’une part les petits vers qui ressemblent à une ronde d’enfants et aux paroles d’un libretto, de l’autre les images désordonnées qui substituent à l’élaboration grammaticale, ainsi qu’à la logique extérieure, une espèce d’accouplement direct et métaphorique. « Je devins un opéra fabuleux ». Le poète trouve expression non plus en cherchant les mots, mais au contraire en se mettant dans un état de silence et en faisant passer sur lui la nature, les espèces sensibles « qui accrochent et tirent ». Le monde et lui-même se découvrent l’un par l’autre. Chez ce puissant imaginatif, le mot « Comme » disparaissant, l’hallucination s’installe et les deux termes de la métaphore lui paraissent presque avoir le même degré de réalité. « A chaque être plusieurs autres vies me semblaient dues. Ce monsieur ne sait ce qu’il fait, il est un ange. Cette famille est une nichée de chiens ». Pratiques extrêmes, espèce de mystiques « matérialiste », qui auraient pu égarer ce cerveau pourtant solide et raisonnable. Mais il s’agissait d’aller à l’esprit, d’arracher le masque à cette nature « absente », de posséder enfin le texte accessible à tous les sens, « la vérité dans une âme et un corps », un monde adapté à notre âme personnelle.

Troisième période. – J’ai déjà cité souvent la Saison en Enfer. Il me reste peu de chose à ajouter à l’analyse définitive que Paterne Berrichon a faite de ce livre si sombre, si amer, et en même temps pénétré d’une mystérieuse douceur. Là, Rimbaud, arrivé à la pleine maitrise de son art, va nous faire entendre cette prose merveilleuse tout imprégnée jusqu’en ses dernières fibres, comme le bois moelleux et sec d’un Stradivarius, par le son intelligible. Après Chateaubriand, après Maurice de Guérin, notre prose française, dont le travail en son histoire si pleine, et si différente de celle de notre poésie, n’a jamais connu d’interruption ni de lacune, a abouti à cela. Toutes les ressources de l’incidente, tout le concert des terminaisons, le plus riche et le plus subtil qu’aucune langue humaine puisse apprêter, sont enfin pleinement utilisés. Le principe de la « rime intérieure », de l’accord dominant, posé par Pascal, est développé avec une richesse de modulations et de résolutions incomparable. Qui une fois a subi l’ensorcellement de Rimbaud est aussi impuissant désormais à le conjurer que celui d’une phrase de Wagner. La marche de la pensée aussi qui procède non plus par développement logique, mais, comme chez un musicien, par dessins mélodiques et le rapport de notes juxtaposées, prêterait à d’importantes remarques.

Je pose la plume, et je revois ce pays qui fut le sien et que je viens de parcourir : la Meuse pure et noire, Mézières, la vieille forteresse coincée entre de dures collines, Charleville dans sa vallée pleine de fournaises et de tonnerres. (C’est là qu’il repose sous un blanc tombeau de petite fille). Puis cette région d’Ardenne, moissons maigres, un petit groupe de toits d’ardoise, et toujours à l’horizon la ligne légendaire des forêts. Pays de sources où l’eau limpide et captive de sa profondeur tourne lentement sur elle-même ; l’Aisne glauque encombrée de nénuphars et trois longs roseaux jaunes qui émergent du jae. Et puis cette gare de Voncq, ce funèbre canal à perte de vue bordé d’un double rang de peupliers : c’est là qu’un sombre soir, à son retour de Marseille, l’amputé attendit la voiture qui devait le ramener chez sa mère. Puis à Roche la grande maison de pierres corrodées avec sa haute toiture paysanne et la date : 1791, au-dessus de la porte, la chambre à grains où il écrivit son dernier livre, la cheminée ornée d’un grand crucifix où il brûla ses manuscrits, le lit où il a souffert. Et je manie des papiers jaunis, des dessins, des photographies, celle-ci entre autres si tragique où l’on voit Rimbaud tout noir comme un Nègre, la tête nue, les pieds nus, dans le costume de ces forçats qu’il admirait jadis, sur le bord d’un fleuve d’Ethiopie, des portraits à la mine de plomb et cette lettre enfin d’Isabelle Rimbaud qui raconte les derniers jours de son frère en l’hôpital de la Conception, à Marseille.

« … Il me regardait avec le ciel dans les yeux… Alors, il m’a dit : « Il faut tout préparer dans la chambre, tout ranger, le prêtre va revenir avec les sacrements. Tu vas voir, on va apporter les cierges et les dentelles, il faut mettre des linges blancs partout… » Eveillé il achève sa vie dans une sorte de rêve continuel : il dit à présent des choses bizarres très doucement, d’une voix qui m’enchanterait si elle ne me perçait le cœur. Ce qu’il dit, ce sont des rêves – pourtant ce n’est pas la même chose du tout que quand il avait la fièvre. On dirait et je crois qu’il le fait exprès. Comme il murmurait ces choses-là, la sœur me dit tout bas : « Il a donc encore perdu connaissance ? » Mais il a entendu et est devenu tout rouge ; il n’a plus rien dit, mais la sœur partie, il m’a dit : « On me croit fou, et toi, le crois-tu ? » Non, je ne le crois pas, c’est un être immatériel presque et sa pensée s’échappe malgré lui. Quelquefois, il demande aux médecins si eux voient les choses extraordinaires qu’il aperçoit, et il leur parle et leur raconte avec douceur, en termes que je ne saurais rendre, ses impressions : les médecins le regardent dans les yeux, ces beaux yeux qui n’ont jamais été si beaux et plus intelligents, et se disent entre eux : c’est singulier. Il y a, dans le cas d’Arthur, quelque chose qu’ils ne comprennent pas. Les médecins d’ailleurs ne viennent presque plus parce qu’il pleure souvent en leur parlant, et cela les bouleverse. il reconnaît tout le monde, moi il m’appelle parfois Djami, mais je sais que c’est parce qu’il le veut, et que cela rentre dans son rêve voulu ainsi ; d’ailleurs, il mêle tout et… avec art. Nous sommes au Harrar, nous partons toujours pour Aden, il faut chercher les chameaux, organiser la caravane ; il marche très facilement avec la nouvelle jambe articulée ; nous faisons quelques tours de promenade sur de beaux mulets richement harnachés ; puis il faut travailler, tenir les écritures, faire des lettres. Vite, vite, on nous attend, fermons les valises et partons. Pourquoi l’a-t-on laissé dormir ? Pourquoi ne l’aidé-je pas à s’habiller ? Que dira-t-on si nous n’arrivons pas aujourd’hui ? On ne le croira pas sur parole, on n’aura plus confiance en lui ! Et il se met à pleurer en regrettant ma maladresse et ma négligence, car je suis toujours avec lui et c’est moi qui suis chargée de faire tous les préparatifs… »

Je suis un de ceux qui l’ont cru sur parole, un de ceux qui ont eu confiance en lui.

Paul Claudel

Préface,

Arthur Rimbaud, Œuvres Complètes

 

Bisous,

@+

Sab

5 septembre 2012

Mythes et légendes de la Grèce Antique : Fondation de Thèbes

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Illustration réalisée par :

Zdeněk Sklenář

 

Ah que coucou !

 

« Fondation de Thèbes »… de quelle ville s’agit-il ? de la Thèbes égyptienne qui est devenue Louxor ? ou de la Thèbes grecque ? En effet, malgré que Eduard Petiška nous narre les mythes et légendes de la Grèce antique, nous pouvons avoir ici un doute car nous savons tous qu’à dater d’Alexandre le Grand, les pharaons d’Egypte étaient grecs…

 

 

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(pour savoir où Thèbes se trouve,

cliquez sur la carte ci-dessus

et vous apercevrez Thèbes entourée en rouge)

 

Et bien, il s’agit là bien de la Thèbes grecque dont nous allons connaître aujourd’hui la légende…

 

La Fondation de Thèbes

 

 

Il y avait une fois un roi nommé Agénor, qui régnait sur la cité phénicienne de Sidon. Sa fille Europe était réputée pour sa beauté dans le monde entier, non seulement chez les hommes mais aussi chez les dieux. Zeus lui-même, le roi des dieux, en tomba amoureux.

Un jour, tôt le matin, la ravissante Europe partit en promenade avec ses suivantes à travers les prés fleuris qui bordaient la mer. Les jeunes filles ramassèrent des fleurs, puis elles s’assirent à l’ombre des arbres pour tresser des couronnes. Lorsqu’elles levèrent les yeux de leur travail, elles poussèrent un cri de surprise : un magnifique taureau, d’une blancheur éblouissante, paré de petites cornes limpides comme du cristal, les regardait.

Il avait un air si doux que bientôt Europe et ses compagnes oublièrent leur frayeur. La princesse lui tendit un gros bouquet tandis qu’on ornait ses cornes de guirlandes.

Le taureau gambada sur ses sabots brillants, baissant le cou et s’agenouillant devant la jeune beauté comme pour l’inviter à monter sur son dos. En riant, elle enfourcha l’étrange animal et invita ses suivantes à faire de même.

Mais le taureau ne les attendit pas, il se leva et, emportant Europe, alla droit dans la mer.

Europe, terrifiée, gémit et pleura mais cela ne la sauva pas. Sa monture gagnait le large et bientôt elle ne vit plus la côte ni les jeunes filles qui criaient. Il n’y avait autour d’elle que la mer.

Le soleil se coucha, les premières étoiles s’allumèrent dans le ciel, se reflétant dans la mer, et le taureau nageait toujours avec sa proie sur le dos. Dans l’obscurité apparut l’ombre d’une côte inconnue. La bête gagna la terre, il déposa doucement sa captive sur l’herbe et disparut.

La déesse de l’amour, Aphrodite, sortit alors des chaudes ténèbres de la nuit et la consola :

« N’aie crainte », lui dit-elle avec douceur, « il ne te sera fait aucun mal. Zeus, roi des dieux, s’est changé en taureau pour t’enlever, car il est amoureux de toi. Ton nom sera immortalisé : la terre qui t’accueille le portera ».

C’est ainsi qu’Europe vécut avec Zeus, cachée dans une contré lointaine. Son père, le roi Agénor, la pleura beaucoup. Il envoya des messagers pour tenter d’avoir des nouvelles de la princesse disparue, mais en vain. Personne ne lui donna le moindre espoir.

Alors il appela son fils Cadmos.

« Va, » lui dit-il, « retrouve ta sœur et ramène-la moi ; cherche dans le monde entier et apaise mon chagrin : ne reviens pas sans elle ! »

Le prince convoqua ses plus braves guerriers, choisit ceux qui l’accompagneraient et se mit en route à la recherche de la jeune fille.

Il erra dans les pays connus, dans ceux qui l’étaient moins et même dans ceux qui lui étaient tout à fait étrangers. Tout le long du chemin, il interrogea les gens mais personne n’avait vu Europe. Il traversa beaucoup de frontières, passa à gué beaucoup de rivières, mais en vain.

Un jour, Cadmos et ses compagnons perdirent leur chemin et se retrouvèrent sur une étrange route. Ils la suivirent et, longtemps après, rencontrèrent un voyageur. Ils lui demandèrent où menait le chemin et apprirent que c’était celui de Delphes.

« Je vois que vous venez de loin, » dit l’homme. « Peut-être cherchez-vous l’aventure, peut-être recherchez-vous quelqu’un. Qu’importe, lorsque vous arriverez à Delphes, prenez conseil de l’oracle. Ce sont peut-être les dieux eux-mêmes qui vous ont montré cette voie. »

Cadmos se réjouit. Il avait entendu parler de Delphes depuis longtemps. La Pythie, prêtresse d’Apollon, siégeait sur un grand trépied au-dessus d’une crevasse de la montagne. Elle respirait les émanations venant du gouffre, puis, intoxiquée par la fumée, criait des prédictions obscures qu’un prêtre rassemblait et interprétait pour ceux qui étaient venu prier l’oracle.

Cadmos remercia le voyageur et poursuivit son chemin. Lorsqu’il arriva à destination, il questionna la diseuse d’augures et obtint cette réponse :

« Ne cherche pas ta sœur et ne retourne pas chez toi. Tu rencontreras une génisse qui n’a jamais connu le joug dans une prairie isolée. Suis-la. A l’endroit où elle s’arrêtera pour se reposer, fonde une ville et nomme-la Thèbes. »

Cadmos s’inclina devant la volonté des dieux. Il chercha avec ses compagnons le pâturage évoqué par la prêtresse. Il le trouva bientôt, ainsi que la jeune vache qui broutait l’herbe gorgé de sève. A sa suite ils traversèrent un torrent et de larges plaines.

Enfin elle s’arrêta, jeta un regard au prince et à sa troupe, leva la tête et poussa un long meuglement. Lorsque la génisse se fut lentement couchée, le jeune héros tomba à genoux et embrassa avec ferveur cette terre étrangère qui était devenue la sienne. Puis il envoya ses guerriers à la recherche d’eau de source pour faire un sacrifice.

La forêt dans laquelle ils venaient de pénétrer n’avait encore jamais connu le tranchant de la hache. Aussi durent-ils se frayer un chemin à travers les buissons en suivant le murmure de la rivière.

Soudain une source, abondante et limpide, jaillit d’un rocher, sautant sur les pierres humides et donnant une agréable sensation de fraîcheur. Ils s’agenouillèrent pour recueillir le précieux liquide.

Tout à coup, un épouvantable fracas se fit entendre, provenant d’une grotte dissimulée dans le roc, Le taillis s’ouvrit devant un gigantesque dragon recouvert d’écailles, avec une crête ensanglantée qui se dressait de sa tête à sa queue. Les yeux du monstre jetaient des flammes et l’animal tout entier semblait l’incarnation du mal.

Il ouvrit grand ses mâchoires, découvrant trois langues énormes et trois rangées de dents, puis il cracha dans leur direction son haleine pestilentielle. Ceux qui survécurent, il les écrasa de son corps et les lacéra de ses griffes.

Le soleil atteignait le zénith et raccourcissait ses ombres, mais les compagnons de Cadmos ne revenaient pas. Cadmos s’inquiéta alors de leur absence. Il craignit qu’un sort malheureux se soit abattu sur eux, aussi prit-il son glaive et sa lance pour partir à leur recherche. Il trouva le sentier pratiqué à travers le taillis et atteignit le rocher où naissait la source. C’était là que gisaient ses camarades, massacrés par le terrible dragon qui secouait sa fête de façon menaçante au-dessus de leurs corps inertes.

Le jeune héros regarda courageusement les yeux injectés de sang du dragon et s’écria :

« Mes fidèles amis, je serai votre vengeur ou votre compagnon dans la mort ! »

Il se baissa, ramassa un énorme fragment de roche et le jeta sur le monstre. Un tel coup aurait sûrement fracassé la plus solide des murailles, pourtant elle ne fit aucun mal au dragon : le rocher glissa sur sa carapace d’écailles et ne fit qu’accroître sa fureur. Il se cabra contre son adversaire, mais Cadmos le piqua de sa lance, qu’il parvint à faire pénétrer sous sa peau. L’animal tourna la tête, mordit la lance et la cassa.

Mais il ne put en retirer la pointe, solidement plantée dans sa chair. Fou de douleur, le dragon attaqua à nouveau son ennemi. Il ouvrit la gueule pour tenter de tuer le héros de son souffle empoisonné.

Ayant percé ses intentions, le jeune homme se cacha précipitamment derrière un gros arbre. Il prit une autre lance et l’expédia dans la gorge de l’animal avec une telle force qu’il cloua le monstre à un chêne voisin. Celui-ci parvint en se secouant à déraciner l’arbre, le sang se mit à gicler de sa gueule et en un instant l’herbe, la mousse et les feuilles, tout devint rouge.

En agonisant, il écrasa de sa queue, qui battait de droite et de gauche, quelques buisons, puis ce fut le silence.

Pendant que, plein d’étonnement, Cadmos examinait le gigantesque cadavre, la déesse Pallas Athéna descendit du ciel.

« Sème les dents du dragon », lui ordonna-t-elle.

Le héros retourna la terre avec sa lance et planta dans les sillons les trois horribles mâchoires de la bête.

Soudain les mottes de terre se mirent à bouger et l’argile fut percée par des glaives, des lances, des casques, des têtes, des cous, des poitrines et des bras brandissant des armes. Toute la plaine se remplit de guerriers.

Cadmos, effrayé par ce cortège armé, saisit son glaive lorsqu’un des guerriers l’interpella :

« Ne te mêle pas de notre combat. Il ne te concerne pas ». Et, se jetant sur son plus proche voisin, il le transperça d’un coup de lance.

La bataille s’engagea sous les yeux de notre héros. Ce fut l’inévitable massacre. Pouvait-il en être autrement alors qu’ils étaient nés des dents du dragon, fils d’Arès, dieu de la guerre ?

La plaine était jonchée de cadavres. Il n’y eut que cinq survivants dans cette multitude et ils firent la paix. Ils étaient forts et braves car ils avaient défendu leurs vies dans un combat.

C’est avec eux que Cadmos fonda la ville de Thèbes.

 

Que nous enseigne cette légende ? la véritable histoire de la fondation de Thèbes ;) ?

 

Nous savons tous qu’une légende est faite pour enjoliver la vérité… pour laisser croire au Thébains qu’ils étaient tous des descendants de valeureux guerriers qui avaient la force d’un dragon (vu qu’ils sont nés de la mâchoire du dragon), mais qu’ils n’ont pas tous des liens de parentés avec Cadmos, le prince fondateur… Cette légende nous apprend aussi pourquoi nous nous trouvons aujourd’hui sur un continent nommé « Europe » ;)… car nous sommes sur la terre où la princesse Europe, kidnappée par Zeus, a été mené et où elle a vécu jusqu’à sa mort…

Certains pourrait confirmer que cette image du taureau, au temps des Grecs anciens, personnifiait la virilité – il est donc logique que Zeus se soit transformé en taureau… et que seule la princesse l’ait « enfourché »… mais cette image est-elle l’ancêtre de celle d’un prince charmant et son destrier blanc qui vient sauver une princesse ? il faudra y réfléchir ;)…

 

Dans un sens il s’agit là de deux belles histoires… dommage qu’elles ne soient pas réelles ;)… car la réalité est moins… comment dire ??? moins enjolivée.

 

Bisous,

@+

Sab

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14 février 2012

Jean de la Fontaine : Livret quatrième

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Ah que coucou !

 

Aujourd’hui je vous propose le 4ième des 12 livrets des :

 

Fables

Ecrites par Jean de la Fontaine

Accessibles à la lecture et/ou téléchargement en cliquant ici

Format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par Adobe)

 

qui contient les fables suivantes :

 

DA

DB

DC

DD

DE

DF

 

Bonne lecture !

 

Bisous,

@+

Sab

 

PS : oui, j’ai remarqué que j’avais quelques difficultés à suivre le rythme ;) mdrrrr !!!

28 janvier 2013

Mythes et légendes de la Grèce antique : Héraclès

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Illustration réalisée par :

Zdeněk Sklenář

 

Traduction de :

Eduard Petiška

 

Ah que coucou !

 

 

Héraclès

accessible au téléchargement/lecture en cliquant ici

format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par son concepteur : Adobe)

Langue : français

 

Oui, ce mythe est bien trop long pour que je puisse vous le mettre dans un billet, même à part… en effet, nous est narrée ici non seulement les 12 travaux d’Héraclès, mais aussi son enfance, ses amours, son mariage et sa mort… bref, il est complet ;) !

 

Comme tout mythe, celui-ci enseigne aux Grecs anciens plusieurs règles mais la plus importante est, je crois, que « pour réussir dans la vie, il faut travailler ». En effet, Héraclès, malgré que son père fut Zeus, le plus important des dieux grecs, a préféré suivre le conseil de la déesse de la Vertu – qui lui a conseillé de suivre un chemin difficile pour parvenir à être reconnu et aimé des autres – que celui de la déesse de la Volupté – qui lui a conseillé de suivre un chemin facile fait de délices de toute sorte. Et là fut le choix le plus judicieux d’Héraclès car, s’il avait suivi la Volupté, il n’aurait vécu que dans l’ombre de son père et personne n’aurait entendu parler de lui et nous ne connaîtrerions pas son histoire ;)… En suivant la Vertu, il aida de nombreux concitoyens qu’ils soient grecs ou autres, et fut célébrer pour ses qualités d’âme et traiter en héros…

 

L’épisode des 12 travaux montre là qu’il est stupide de vouloir tuer en envoyant à la mort une personne. En effet, le propre cousin d’Héraclès, le roi Eurysthée, jaloux du premier exploit d’Héraclès, veut se débarrasser de lui et à chacune de ses tentatives (les différents travaux), Héraclès en ressort non seulement vivant, mais sa gloire s’accroit et il est de plus en plus aimé et respecté…

 

Avec ses amours est abordé ici le respect de la parole donnée. Non pas que les rois, pères des princesses qu’Héraclès aurait aimées épouser, eurent ce respect : malgré ses victoires devant le mener à l’hymen, aucun n’a respecté la promesse faite à Héraclès ; mais on nous rappelle ici que des promesses non respectées font que la personne à qui nous les faisons s’énerve et peut devenir un de nos ennemis et nous abattre quand nous ne nous y attendons pas (ex. le roi Eurytos et sa fille Iole. Malgré qu’Héraclès soit déclaré vainqueur du tournoi par le roi Eurytos, celui-ci « ne lui accorda pas la main de sa fille, inventant sans cesse de nouveaux prétextes pour retarder le mariage ». Quelques années après, Héraclès toujours fâché contre ce roi, livra bataille, gagna la guerre, détruisit sa capitale, exécuta le roi et expédia sa fille Iole au service de sa femme comme une esclave).

 

L’épisode avec le roi Admète met l’accent sur la fidélité entre amis… Héraclès, attristé par le veuvage récent de son ami le roi Admète, décide d’aller rechercher la reine Alceste et de la ramener des Enfers… Une fois qu’elle fut ressuscitée, le couple royal put continuer à vivre heureux tout en étant reconnaissant à Héraclès.

 

La partie consacrée à la période d’esclavage d’Héraclès montre ce qui aurait pu arriver si Héraclès avait suivi les conseils de la déesse Volupté. Héraclès n’aurait jamais eu la force et le courage que tous se souviennent. Cela montre aussi les dangers de la paresse, etc.

 

Enfin nous arrivons à sa rencontre avec celle qui allait devenir sa femme, la princesse Déjanire, qui lui donna un fils Hyllos. Leur vie peut être considérée comme une récompense pour tous les bienfaits qu’Héraclès a fait jusque là…

 

L’épisode du Centaure nous mène à la cause du décès d’Héraclès : car c’est en ayant cru qu’Iole allait la remplacer dans le cœur d’Héraclès (comme lui avait laissé entendre le centaure qui mourut de la main d’Héraclès) que la reine Déjanir a tué accidentellement et dans d’horribles souffrances le plus fameux héros grec – en ayant mis sur la tunique d’Héraclès le sang récolté de la blessure du Centaure…

 

Héraclès ayant été vertueux toute sa vie durant, il fut récompensé en gagnant l’Olympe où il fut accueillit parmi les dieux…

 

Mais pour profiter au mieux de tout ceci, il faut mieux que vous lisiez ou relisiez ce mythe… Alors surtout, n’hésitez pas ! ;)

 

Bisous,

@+

Sab

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18 avril 2012

Anton Tchekhov : La Demande en mariage

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Ah que coucou !

 

Aujourd’hui je vous propose de lire ou relire la farce suivante en 1 acte d’Anton Tchekov, écrite en 1888 :

 

La Demande en Mariage

accessible à la lecture et/ou au téléchargement en cliquant ici

Format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par Adobe)

 

Pour ceux qui auraient un trou de mémoire et auraient oublié qui était ce très célèbre écrivain russe, je vous invite à visiter les 2 sites suivants :

 

Théatre on line

cliquez ici

qui, par la même occasion nous avertit, qu’actuellement il y a 2 de ses pièces de programmer sur la ville de Paris.

 

Le Délivré

cliquez ici

qui aborde Tchekhov après quelques mots sur un autre tout aussi célèbre écrivain russe : Tolstoï…

 

J’ai choisi cette piécette, d’abord pour l’humour… ensuite parce qu’Anton Tchekhov nous rappelle ici que malgré notre colère où l’on prononce des mots qui dépassent souvent nos pensées, les sentiments véritables restent toujours présents même si nous continuons à nous « engueuler » ;)

 

Et pour ceux et celles qui aiment voir des pièces de théâtre, voici une petite troupe d’amateurs :

 

 

 

Bisous,

@+

Sab

20 janvier 2012

Histoire : les camps de concentration

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Ah que coucou !

 

 

 

Tous les Nazis sont Allemands,

MaisTous Les Allemands ne sont pas nazis.

 

 

Je sais : nous ne sommes pas le 8 mai. Mais j’estime qu’il est inutile d’attendre un jour particulier pour aborder le sujet, en plus, aborder ce sujet chaque 8 mai, c’est lassant et personne n’écoute parce que nous sommes envahis par tous ces sujets…

 

Je suis tombée par hasard sur cette vidéo faite à partir des films « amateurs » des soldats américains quand ils ont libéré les camps. Ce petit reportage n’a pas été épuré, alors,

 

 

« âme sensible s’abstenir ».

 

 

 

 

 

Je pense qu’il est important que nous voyons toutes ces images, que nous entendions tous ces témoignages fait « sur le coup ». Maintenant nous comprenons mieux l’horreur qui s’est déroulé dans ces camps à partir de 1933 jusqu’à la veille de l’arrivée des troupes alliées qui libéraient les camps un à un. En effet toutes les images trop épurées ne nous sensibilisent pas : j’avais même vu une « vie de rêve » en reportage photo sur le camp de Buchenwald qui était sensé illustrer les abominations, les privations, l’extermination.

Je suis POUR ne pas nous mettre sans cesse sous les yeux des images de violence, je suis CONTRE nous montrer la violence en direct ! mais je tolère ces images parce que même en connaissant la définition de « génocide », même en sachant les horreurs qui ont été commises, nous avons du mal à en comprendre réellement l’ampleur quand il n’y a pas d’image de charnier, de corps humains mis en tas, etc. Là, de telles images sont utiles et compréhensibles au contraire de ces images à l’eau de rose où l’on nous montre un camp quasi vide où les prisonniers sourient en se promenant dans les grandes allées qui ressemblent aux grandes avenues d’une ville. Utiliser ces photo trop épurées, c’est utilisé les mêmes images et transmettre le même message que la propagande nazie…

 

 

Bisous,

@+

Sab

30 novembre 2011

Eugène Labiche : Le Voyage de Mr Perrichon

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Ah que coucou !

 

Aujourd’hui je vous propose la pièce de théâtre suivante écrite par Eugène Labiche (celui que je surnomme affectueusement « le Molière du XIXe siècle ») :

 

Le Voyage de Mr Perrichon

Pièce de théâtre en 4 actes, écrite en 1860

Accessible au téléchargement en cliquant ici

Format du fichier : pdf

(fourni gratuitement par Adobe)

 

Et pour décrire très bien cette pièce je vais laisser la parole à un grand acteur et metteur en scène français :Jean Le Poulain

 

 

Toute fois j’aimerais y ajouter quelque chose qui ne pouvait, peut-être pas, être dite à l’antenne… Monsieur Perrichon est ce que nous surnommons : un « nouveau riche », avec toutes ses caractéristiques et sa splendeur ;) mdrrrr… Regardez bien ;) !

 

Bisous,

@+

Sab

27 janvier 2012

Théâtre: Attends-moi pour commencer

Attends moi

 

Ah que coucou !

 

Aujourd’hui je vous propose cette nouvelle pièce de théâtre qui nous propose de réfléchir sur la meilleure façon de vivre à deux : est-ce le concubinage ? est-ce le mariage ?

 

Si nous comparons le nombre de ceux qui vivent en concubinage par rapport à celui de ceux qui se marient, nous constatons qu’à notre époque, cette première correspond au choix de la majorité, même si le nombre de mariage depuis quelques temps est à nouveau dans sa phase croissante.

 

Cette pièce nous décrit quelques avantages et quelques inconvénients pour les 2 choix, et ceci avec humour…

 

 

Bisous,

@+

Sab

25 mars 2013

Germaine Acremant : Ces dames aux chapeaux verts

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Ah que coucou !

 

Aujourd’hui je vous propose un livre que je n’ai connu seulement quand ma maman à moi l’avait acheté pour que je puisse le lire alors que je n’avais quoi ? 11 – 12 ans… la dernière version filmée (interprétée par… vous n’avez qu’à regarder la couverture du livre) venait de sortir sur les écrans… Oui, aujourd’hui je vous propose (sans toutes les coquilles contenues dans la version originale ;)) :

 

Ces dames aux chapeaux verts

n'est plus accessible gratuitement à partir de ce blog

(accessible à la lecture/téléchargement en cliquant ici)

format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par son concepteur : Adobe)

langue : français

 

Dans ce livre ce qui m’a le plus intéressé, c’est ce témoignage des mœurs qui avaient encore cours au début du 20e siècle dans ces villes de province. L’auteur se sert d’Arlette, (jeune fille, Parisienne jusqu’au bout des doigts, dont le père se suicide suite à des problèmes financiers, ce qui amène que son frère Jean se retrouve en Afrique afin de faire fortune, et qu’elle est recueillie par 4 cousines, vieilles filles de leur état, les sœurs Davernis, surnommées : « les dames aux chapeaux verts »), pour confronter deux styles de vie (l’une parisienne et l’autre provinciale) et les différences de mœurs (modernes à Paris contrairement à la Province où l’on tient compte du qu’en dira-t-on). Grâce au personnage d’Arlette l’auteur nous montre aussi l’évolution des mœurs : Arlette n’a pas peur de parler à des hommes, Arlette sait conduire une voiture, Arlette sait jouer au tennis, Arlette est instruite, Arlette n’a pas peur de se promener seule en ville, etc. Evidemment cela ne va pas sans quelques heurts avec l’ainée de ses cousines Davernis : Telcide, vieille fille de plus de cinquante ans qui veut « dompter » cette jeune fille trop gâtée par son père qui lui laissait faire tout ce qu’elle voulait.

 

Mais voilà, alors qu’Arlette ne voyait en ses cousines que 4 filles totalement ridicules, elle découvre, petit à petit une toute autre réalité et termine par les apprécier, même l’effroyable Telcide qui voulait profiter de la situation en tant que « tutrice d’Arlette » pour lui faire épouser un certain Eugène Duthoit, un professeur imbu de sa personne et totalement ridicule.

 

Mais, comme toutes les histoires, celle-ci pourrait se terminer par : « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » si l’histoire ne s’arrêtait pas par les 2 mariages ! Mariage de qui ? à vous de le découvrir ! ;)

 

En attendant, je profite de ce post pour vous faire découvrir un petit bijou datant de 1929. Il s’agit d’un extrait de la première version filmée de cet ouvrage :

 

 

Bonne lecture !

 

Bisous,

@+

Sab

13 mai 2013

Anton Tchekhov : Les Méfaits du Tabac

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Ah que coucou !

 

Comme vous pouvez le constater, connaître la dangerosité du tabac sur la santé ne date pas de ces dernières années. En Russie et à la fin du 19e siècle, la population le savait déjà ! Et oui, aujourd’hui je vous propose, les 2 versions de la pièce de théâtre écrites par Tchekhov en 1888 et 1902 :

 

Les Méfaits du Tabac

accessible à la lecture/téléchargement en cliquant ici

Format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par son concepteur : Adobe)

Langue : Français

 

Pourquoi vous fournir aujourd’hui les deux versions ? Et bien pour que vous puissiez comparer entre ce que l’on savait et ce que l’on voulait apprendre au peuple en 1888 sur les méfaits du tabac et sur la volonté évidente de ne pas prévenir la population que « fumer peut nuire à la santé » en 1902…

 

Oui, dans ces deux versions on voit la volonté flagrante de rire, à partir de 1902, de ceux qui prétendaient que le tabac était sans danger ;)… pourtant, ceux qui, aujourd’hui, doivent se faire soigner d’un cancer pour avoir trop fumé, est-ce drôle ? Est-ce drôle aussi pour ceux à qui on a supprimé une partie de leurs poumons ? Est-ce drôle aussi pour ceux qui ont leurs artères obstruées par le goudron contenu dans toutes les cigarettes ?

Il n’y a là, rien de drôle, rien de comique et je trouve même scandaleux, qu’à une certaine époque, l’armée fournissait gratuitement les cigarettes aux soldats ! ce qui encourageait, ceux qui ne fumaient pas encore, à se mettre à fumer… juste pour faire comme les autres…

 

Personnellement je n’ai jamais ressenti le moindre plaisir à fumer une cigarette… certes, quand nous ignorons quoi faire de nos mains, elles se trouvent là, occupées (c’est bien le seul avantage que je vois dans le fait de fumer). Après ma première bouffée de cigarette, je me souviens de n’avoir pas cessé de tousser pendant plus d’une dizaine de minutes, je me souviens aussi de la sensation désagréable d’avoir une haleine pestilentielle. Maintenant quand je fume une cigarette, ce n’est nullement par plaisir, mais souvent parce que je suis avec une personne qui fume, pour mon goût, beaucoup trop, alors je l’aide à terminer son paquet de cigarette pour qu’elle arrête de m’envoyer la fumée de sa cigarette dans le visage…

Autre inconvénient de la cigarette est le fait que l’intérieur où vit un fumeur pue la cigarette froide tout comme ses vêtements… comme il est désagréable de manger à côté d’une personne qui fume : le goût des aliments sont différents et, selon la marque de cigarette fumée, peuvent devenir infectes (beurk ! manger à côté d’une personne qui fume des cigarettes fortes !! en plus d’être enfumée, empestée, déguster un bon plat/vin devient très désagréable car dans le goût compte aussi beaucoup l’odorat).

 

Mais dans ce monologue, il n’est pas seulement question du tabac, mais aussi de la vie dans une pension, et bizarrement, quand j’ai lu la version de 1888 de cette pièce, je peux dire que cela était encore vrai en 1989 (la seule année où j’étais à l’internat) à croire qu’Anton Tchekhov avait vécu dans le même internat que moi ! ;) mdrrrrr !!!! Maman, si tu veux savoir ce que ta petite dernière a réellement vécu à cette période, je te conseille de lire la version de 1888 quand il narre l’épisode des crêpes ;) !!! Quoi qu’il en soit on constate, à la lecture de cette première version de la pièce, que les profs russes de la fin du 19e siècle avaient les mêmes problèmes que les profs français d’aujourd’hui… comme quoi, l’histoire n’est qu’un éternellement recommencement ;)…

 

Bisous,

@+

Sab

17 mai 2013

Mythes et Légendes de la Grèce antique : Bellérophon

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Illustration réalisée par :

Zdeněk Sklenář

Texte :

Eduard Petiška

 

Ah que coucou !

 

Aujourd’hui je vous propose d’apprendre ce qu’il advint d’un petit fils de Sisyphe (si ou vous ne vous souvenez plus de son histoire, cliquez ici) qui s’appelait Bellérophon

 

La famille de Sisyphe ne connut jamais un sort favorable. Son fils mourut piétiné par ses chevaux, quant à son petit-fils, Bellérophon, il dut quitter sa patrie en toute hâte car il était soupçonné de meurtre.

Au cours de sa fuite, il traversa le royaume du roi Proétos, qui le reçut avec bienveillance et lui offrit l’hospitalité. Bellérophon était jeune, vigoureux, et ses gestes, ses paroles et ses opinions révélaient une noble origine. La reine se prit aussi d’affection pour lui et se mit à lui témoigner ses faveurs plus qu’à n’importe quel autre courtisan. Mais lorsqu’elle s’aperçut que son hôte restait indifférent à ses avances, elle se fâcha et essaya de le déconsidérer aux yeux de son époux.

« Il est orgueilleux », disait-elle, « il ne prête aucune attention aux honneurs qu’il reçoit. Je suis sûre que sa nature est mauvaise ».

« Cela peut être aussi de la modestie de sa part, » répondit le roi. Et il continua à traiter le jeune homme en ami. La reine ne révéla pas ses noirs desseins. Le lendemain elle soudoya un serviteur et s’en vint trouver son mari.

« Bellérophon nous a trahis, » déclara-t-elle, « il est à la solde de tes ennemis et veut s’emparer de ton trône. Si tu ne t’en débarrasses pas au plus vite, il te tuera. Cet homme a tout entendu et peut en témoigner. »

Et la femme rusée appela le garde qu’elle avait acheté. Pendant longtemps, le roi ne put se résoudre à croire à la traîtrise, mais comme la reine et le serviteur continuaient à tenter de le convaincre, il finit par croire ce qu’ils disaient.

Comme il n’osait pas frapper lui-même son invité, il écrivit des signes secrets sur une tablette et chargea Bellérophon de la porter à son parent le roi Iobatès. Plein de confiance et heureux de rendre service à son hôte, le jeune homme partit sans se douter que le message condamnait à mort celui qui le portait.

Iobatès était un vieux roi très bon. Il reçut chaleureusement le voyageur sans lui demander d’où il venait. Il organisa même en son honneur des fêtes qui durèrent neuf jours. Les bonnes manières du jeune homme suffisaient à prouver une noble origine. Ce n’est que le dixième jour qu’il lui demanda l’objet de sa visite.

Bellérophon lui dit d’où il venait et lui tendit la tablette. A sa lecture, le roi fut horrifié. Il s’était pris d’amitié pour le jeune homme et ne pouvait admettre l’idée de lui faire du mal. Aussi imagina-t-il un moyen d’éviter de rendre cet atroce service à son parent : il jugea plus équitable de charger Bellérophon d’une mission dangereuse dont l’issue dépendrait de son courage.

A cette époque, un étrange monstre vivait dans le royaume. C’était la Chimère. De face, elle ressemblait à un lion, de dos à un dragon et ses flancs étaient ceux d’un bouc. Elle avait trois têtes : un de lion, une de bouc et une de dragon. De plus elle crachait du feu et une fumée suffocante.

« Bellérophon », dit Iobatès, « tu es jeune et fort, pourtant tu n’as encore accompli aucune action héroïque. Va à la recherche de la Chimère, tue-la et reviens en guerrier victorieux. »

Il ne fallut pas davantage de paroles pour que le téméraire jeune homme prenne son épée, une lance, un arc et des flèches et se mette ne route vers l’endroit d’où une colonne de fumée s’élevait vers le ciel. Cet indice désignait le lieu où se tenait le monstre. Chemin faisant, Bellérophon se disait : « La Chimère est forte et rapide. Si j’arrive à trancher une de ses têtes, les deux autres vont se retourner contre moi. Et même si j’évite les flammes qu’elle lance, l’odeur me fera suffoquer. »

Pourtant son pas ne ralentissait pas tandis qu’il s’engageait dans la région montagneuse où vivait le monstre.

Soudain, il vit une source qui jaillissait de sous un rocher. Et, s’abreuvant dans cette source limpide, il reconnut le cheval ailé Pégase, celui qui s’était échappé de la gorge de Méduse.

« Si je pouvais monter sur cet animal, » se dit Bellérophon, « j’attaquerais la Chimère par les airs et je serais plus vif qu’elle ». Caché par les buissons, il s’approcha doucement de Pégase. Il allait le saisir lorsque le cheval, sentant une présence étrangère, déploya ses ailes et s’envola.

Fort contrarié, le jeune audacieux se coucha sur l’herbe à côté de la source et s’endormit. Alors la déesse Athéna lui apparut en rêve, lui tendit une superbe bride richement décorée d’or et lui dit :

« Réveille-toi, sacrifie un taureau au dieu Poséidon ; tu arriveras aisément à attraper le cheval ailé avec la bride que je te donne. »

A demi réveillé, Bellérophon tendit les mains pour recevoir le cadeau divin. Mais celui-ci était déjà déposé près de lui et jetait des éclats d’or. Il s’en empara promptement et, réconforté par l’aide d’Athéna, se hâta d’accomplir le sacrifice à Poséidon. Par gratitude envers la déesse, il lui érigea aussi un autel.

Dans la soirée, il revint à la source et attendit le retour du cheval. Bientôt il entendit un battement d’ailes et Pégase se posa pour étancher sa soif. Le jeune homme s’approcha avec la bride d’or et cette fois l’animal merveilleux ne put lui échapper.

Bellérophon le sella, sauta sur son dos et lui indiqua la direction où il devait aller. Aussitôt Pégase s’envola et ils se mirent à planer au-dessus des près et des bois. Ils tournèrent quelque temps au-dessus du défilé infesté de fumée, puis le héros prit une flèche dans son carquois et descendit à la vitesse d’un éclair pour attaquer le monstre. Il banda son arc et laissa filer le premier trait. Les trois têtes se dressèrent contre lui mais, monté sur Pégase, il était hors de leur portée. L’une après l’autre, ses flèches percèrent la Chimère jusqu’à ce qu’elle perde ses trois vies. Un dernier nuage de fumée s’éleva, puis une dernière flamme, et le monstre tomba au fond du défilé.

Bellérophon dépouilla la Chimère, enfourcha Pégase et retourna chez le roi Iobatès. Celui-ci, tout émerveillé à la vue du cheval ailé et de la peau de l’horrible bête, comprit que son jeune invité était protégé par les dieux et ne pouvait pas être un criminel. Il lui offrit la main de sa fille et bientôt le héros devint roi.

Mais lui aussi se mit bientôt à croire qu’il était capable de jouer des tours aux dieux : n’était-il pas le petit-fils du rusé Sisyphe ?

« Puisque je possède le cheval ailé, pourquoi n’irais-je pas voir l’Olympe ? » se dit-il un jour. Aussitôt il enfourcha Pégase et le dirigea vers les hauteurs éternelles. Mais le cheval n’était pas de son avis : lorsqu’il se fut suffisamment élevé dans le ciel, il désarçonna son vaniteux cavalier d’une bonne ruade. A l’issue d’un saut vertigineux, Bellérophon se retrouva dans un marécage qui amortit sa chute et lui sauva la vie. Honteux devant les dieux et devant les hommes, il ne reparut jamais dans son royaume, mais vécut en solitaire et finit par mourir, seul.

Quant à Pégase, il poursuivit son vol vers l’Olympe, où il se mit au service de Zeus.

 

Que nous enseigne ce mythe ?

 

D’abord que les dieux grecs étaient rancuniers : Sisyphe s’était cru plus intelligent et rusé qu’eux, les dieux ne se sont pas vengés seulement sur lui, mais aussi sur sa descendance : son fils tué, son petit-fils accusé de meurtre… en voilà un étrange devenir de princes appelés à devenir rois…

 

Nous avons là aussi le témoignage d’une coutume qui n’a heureusement plus court : celle qui voulait que seul les monarques et une certaine élite apprenaient à écrire et à lire afin que soit protégés les secrets d’Etat. C’est ainsi que le roi crut qu’il pouvait demander à Iobatès de tuer Bellérophon sans risque que ce dernier ne puisse décrypter son message… mais cela prouve aussi l’honnêteté de Bellérophon, qui aurait pu ouvrir le message du roi Proétos et découvrirent son noir dessein (vu qu’en tant que Prince, il savait lire et, n’en ayant rien dit à Protéos, à sa femme, ils ignoraient donc sa position sociale)…

 

Nous voyons là encore que les dieux sont bons : la déesse Athéna aide Bellérophon à saisir Pégase afin qu’il puisse s’approcher de Chimère assez rapidement pour la tuer et sortir victorieux de ce piège tendus par le roi Iobatès sur la demande de Proétos sous les recommandations de sa reine… Et oui, là aussi on voit que derrière un roi, c’est en réalité la reine qui commande ;)…

 

Et que, comme son grand-père, de qui il n’a pas appris qu’il n’était pas prudent de se moquer des dieux, Bellérophon refait la même bêtise que Sisyphe et doit terminer sa vie solitaire en punition…

 

Sur ce je vous laisse développer tout ceci par vous-même… je ne le fais pas aujourd’hui pour cause : grande fatigue…

 

Bisous,

@+

Sab

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17 avril 2013

Agatha Christie : The Man in the Brown Suit

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Ah que coucou !

 

Et si aujourd’hui nous travaillons un peu notre anglais ? Oui, aujourd’hui je vous propose à nouveau un roman de la Reine du suspens :

 

The Man in the Brown Suit

(L’Homme au complet marron)

accessible à la lecture/téléchargement en cliquant ici

Format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par son concepteur-développeur : Adobe)

langue : V.O.


Nous ne retrouvons ici ni Miss Marple, ni Hercule Poirot… Seulement une jeune fille qui, intriguée, décide de mener l’enquête afin de comprendre qui a assassiné cette femme à Marlow, dans une maison appartenant à Sir Eustace Pedler. Anne Beddingfeld, tel est son nom, est l’unique fille d’un grand professeur qui étudie les cerveaux. Pensant qu’elle avait rencontré l’assassin de celle que l’on découvrira être l’actrice et danseuse Nadina dans le métro, près d’un autre cadavre, celui d’un homme… cet « assassin » revêtu d’une complet marron, Anne Beddingfeld estime qu’elle peut le retrouver grâce à une note dont elle est parvenue à prendre connaissance :


1 7.1.22 Kilmorden Castle

 

Mais que signifie cette note ? Qui l’a écrite ? Pourquoi ? A-t-elle un lien direct avec ces deux morts ? Où va-t-elle mené notre héroïne ? Et Sir Eustace Pedler, à Cannes le jour de la découverte du corps de Nadina, ne connaît-il réellement rien de cette histoire ? Et que penser de son secrétaire Mr Pagett ?


Et bien vous le saurez après avoir lu ce roman.


Bisous,

@+

Sab

8 mars 2013

F. Soffker : Fils d’Aryens

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Ah que coucou !

 

Aujourd’hui je vous présente un livre un peu spécial. J’appelle par « spécial » le fait qu’il n’y a que 2 livres de ce style dans ma bibliothèque et qui correspondent tous les deux à un certain besoin et soif de connaissances d’une époque révolue… Il s’agit du livre Fils d’Aryens, écrit par l’auteur allemand Friedrich Soffker et paru en France en 1980, aux Editions Gerfaut, comme vous l’indique la couverture ci-dessus…

 

Oui. Cela peut en surprendre plus d’un car il s’agit de ce qu’on nomme un « roman de guerre », abordant la Seconde Guerre mondiale vue par les Allemands, ce qui permet d’aborder l’autre visage de cette guerre meurtrière, parce que les « romans de guerre » et moi, ça fait plutôt 5 que 2 ou 1 ;)… bref, vous l’aurez compris : ce n’est pas mon genre littéraire ;) !

 

Toutefois j’avais choisi quelques exemples de ce style littéraire dans les années 90 parce qu’il aborde un sujet qui était totalement incompréhensible pour une jeune adulte cherchant à comprendre pourquoi des personnes intelligentes, sensées, stables s’étaient transformées, en moins d’une décennie pour certains, en terribles meurtriers (serial-killer), comment avaient-ils pu croire les promesses meurtrières d’un fou, comment ne se sont-ils pas aperçus qu’ils devenaient des meurtriers au service d’une doctrine politique, etc. Pour cela, rien de telle qu’une fiction basée sur des faits historiques et des réactions considérées normales pour l’époque ;) pour pouvoir aborder tous ces points successivement et de façon générale. Cet ouvrage remplit bien ce rôle en nous plongeant dans l’univers d’un adolescent brêmois, nouvellement bachelier dans ce 3. Reich de cette année 1941 (on nous parle de l’invasion de l’U.R.S.S. rapide, de l’approche des troupes allemandes sur Moscou, mais pas encore de Stalingrad – l’action se situe donc avant ce terrible hiver 1941-1942) qui, par volonté de prouver à son père qu’il peut être fier de lui aussi comme il l’est de son frère aîné, s’engage dans cette fameuse armée d’élite qu’était la SS-Waffen.

 

Pour vous aider à comprendre ce qu’est ce livre et, pourquoi pas, vous communiquez l’envie d’en connaître un peu plus sur cette partie précise de la littérature et de l’histoire sans trop avoir des maux de tête, je vous ai recopié en dessous de ma signature le passage où Aloïs Fungebarr (le malheureux héros de l’histoire – vous comprendrez l’utilisation de cet adjectif « malheureux » à la fin du livre si vous avez décidé de le lire) termine sa formation militaire et arrive sur le sol soviétique. Nous y voyons bien là les raisons pour lesquelles une personne normale se prépare à faire ce premier pas vers un avenir de meurtrier… Oui, ceci n’est qu’un passage car je n’ai pas le droit de mettre le livre en ligne (l’auteur étant toujours vivant et ce livre n’étant pas encore tombé dans le domaine public). A la lecture vous vous apercevrez que j’ai coupé une scène qui, à proprement parlée, n’ajoute rien de réellement intéressant à l’histoire (toujours ce fameux maximum à ne pas dépasser ;)). Ce passage choisi correspond au Chapitre 3 de la première partie (cet ouvrage comprend 3 parties).

 

Bonne lecture !

 

Bisous,

@+

Sab

 

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L’entrainement des nouvelles recrues dura trois mois.

Tous les hommes qui se trouvaient là étaient volontaires. C’est dire qu’on entendait nulle part les murmures qui sont chose courante dans le camps de recrutement, où certains ne sont généralement pas satisfaits d’être là, grognent contre l’armée et prennent en grippe les sous-officiers instructeurs.

Ici, au contraire, le zèle des engagés ne se démentait jamais. Rien ne leur semblait trop dur pour les aguerrir. Chacun voulait devenir le meilleur soldat du Führer.

Dans une telle ambiance, il était difficile de se faire particulièrement remarquer. Aloïs y parvint pourtant, dans une certaines mesure du moins. Il était vigoureux et ne fléchissait jamais devant la tâche à accomplir. De plus, il apprenait vite, si bien qu’il termina en tête du peloton, ce qui lui valut d’être immédiatement nommé S.S. Rottenführer.

Les dix premiers avaient le droit de choisir leur affectation. Quand vint le tour d’Aloïs, il énonça sans hésiter :

- Le front russe.

Il ne fut pas le seul à effectuer ce choix dangereux. Le S.S. Rottenführer Kurt Wedling, qui le suivait immédiatement au classement, réclama la même affectation.

Les deux jeunes gens avaient beaucoup sympathisé durant leur entraînement, Kurt était un grand gaillard blond et musclé dont les parents demeuraient aux environs de Brême. son père était notaire dans un village et farouche partisan du nazisme depuis le premier jour. Maître Wedling avait autant souffert de la défaite de 1918 que de la République de Weimar. Il détestait le désordre et ne voyait pas pourquoi on prétendait demander leur avis à des gens incultes qui ne comprenaient rien à la politique. Il avait salué avec soulagement l’avènement d’un pouvoir fort, qui avait rétabli l’ordre dans le pays et qui avait rendu à l’Allemagne sa position dans le monde.

Kurt avait donc toujours été élevé dans le respect du Führer et il s’était tout naturellement engagé dans les S.S. C’était un garçon sans complexe, sûr de lui et de la cause pour laquelle il s’était engagé. Aloïs appréciait cette tranquillité qui lui faisait oublier ses propres doutes. Il aimait le Führer, certes, mais il ne ressentait pas le même fanatisme inconditionnel que Kurt. Il lui arrivait de réfléchir et de douter de lui-même. Le poids des désapprobations familiales continuait à l’écraser et il se demandait parfois s’il était vraiment digne de servir Adolf Hitler.

Les engagés n’avaient pas eu droit à la moindre permission durant leur entraînement. Ceux qui avaient choisi le front russe se virent accorder un repos de huit jours avant de rejoindre leur nouvelle affectation.

- Tu pourrais en profiter pour venir me rendre visite, dit Kurt à Aloïs. Mes parents seront ravis de faire ta connaissance.

- J’essaierai, promit Aloïs.

Il ne formula pas d’invitation réciproque. Il ne savait pas comment ses parents accueilleraient un de ses amis. Surtout, il ne voulait pas montrer à son camarade de quelle manière il était traité dans sa famille.

Il pensait bien que son modeste galon ne suffirait pas à le protéger des éternelles brimades de son père. Et il ne se trompait pas.

Il arriva chez lui un matin et sa mère lui sauta au cou en s’exclamant :

- Déjà des galons ! Je suis fière de toi !

Gudrun vint joindre ses félicitations à celles de la maîtresse de maison. Elle avait les yeux qui pétillaient.

Gunther ne fut pas plus avare d’éloges, quand il rentra de ses cours, qu’il avait repris depuis peu. Mais, un peu plus tard, Fungebarr n’embrassa que très froidement son fils cadet.

- Tu as vu ! s’exclama Emma. Il est déjà gradé !

- Hum ? Rottenführer ? Ce n’est jamais que l’équivalent de caporal ! Il n’y a pas de quoi pavoiser !

Une bouffée de rage envahit Aloïs qui jeta :

- Je monterai plus haut.

- Ouais ! Si la guerre dure très longtemps, tu finiras sans doute sergent !

- Sur le front russe, l’avancement est rapide.

Jusque là, Aloïs n’avait pas mentionné son affectation. Emma s’exclama douloureusement :

- Tu ne pars pas sur le front ?

- Si.

- C’est une sanction ? demanda son père.

- Je me suis porté volontaire, asséna Aloïs.

Emma émit une sorte de gémissement horrifié. Maître Fungebarr haussa les épaules.

- Décidément, tu es idiot. Mais ceux que je plains le plus, ce sont les braves gars qu’on placera peut-être sous tes ordres. Tu risques de coûter plus de vies au Reich que les Russes !

Gunther se gardait soigneusement de participer à la conversation. Aloïs se domina et passa à table sans plus dire un mot. Mais, au dessert, il annonça qu’il allait passer quelques jours chez un camarade qui l’avait invité.

 

 

*

***

 

L’ambiance que le jeune homme découvrit chez les Wedling fut une nouveauté pour lui. Jamais il n’aurait rêvé une famille plus unie.

Le notaire, son épouse, leur fils Kurt et leur fille Ursula semblaient être toujours d’accord sur tout. La plupart des conversations roulaient sur la grandeur du Führer, la gloire de l’Allemagne et la chance qu’avaient Kurt et Aloïs de pouvoir combattre pour une telle cause.

- Je voudrais pouvoir m’engager, moi aussi ! disait Ursula. Les hommes ont bien de la chance !

Elle n’avait guère plus de seize ans. C’était une blonde un peu trop carrée d’épaules, un peu trop plantureuse, mais qui n’était pas totalement dépourvue de charme.

- Le devoir des femmes, répondait Frau Wedling, est de rester au foyer et de donner le plus d’enfants possible au Reich. Mon seul regret est de n’avoir pu en enfanter davantage.

- Je ferai mon devoir de femme, ainsi que le définit le Führer, affirmait Ursula. Mais ça ne m’empêche pas de regretter de ne pas être un garçon.

Le soir même, pourtant, Ursula prouva à Aloïs qu’elle ne déplorait pas toujours son sexe.

Le jeune homme n’était pas couché depuis dix minutes quand on gratta à la porte de sa chambre. Il enfila une robe de chambre pour aller ouvrir et fut surpris de voir Ursula sur le pas de sa porte.

[…]

 

Ursula se glissa fortement contre lui et murmura :

- Le devoir d’une femme allemande, c’est de donner des enfants à son pays, dans le mariage, si c’est possible, hors du mariage, autrement.

- Que diraient tes parents si tu étais enceinte ?

- Oh ! Je m’arrangerais bien pour trouver tout de suite quelqu’un pour m’épouser !

 

[…]

 

- Tu aimerais attendre un enfant de moi ?

Elle réfléchit un instant avant de répondre :

- Tu ne vas pas te vexer ? Je ne crois pas…

- Et pourquoi donc ?

- A cause de tes cheveux. Je voudrais que mon fils soit blond.

- Je suis un pur Aryen ! protesta Aloïs.

- Je le sais bien. Autrement, tu ne serais pas S.S.

- Le Führer a les cheveux noirs.

- Je le sais aussi. Ce n’est qu’une question de goût. Tu ne m’en veux pas ?

- Mais non. Mais non.

 

 

*

***

 

Aloïs passa le plus clair de sa permission chez les Wedling. Il ne retourna dans sa propre famille que pour faire ses adieux, la veille de son départ.

Mais, entre son domicile et la gare, il s’arrêta chez un coiffeur et se fit décolorer les cheveux.

 

 

*

***

 

Aloïs possédait en lui-même une certaine image de la Russie : des plaines interminables couvertes de neige ; des troïkas glissant indéfiniment, sous la conduite de Moujiki en tourloupes ; des icônes et des samovars…

Au cinéma, les actualités lui avaient fourni une toute autre image de la Russie : des étendues de blés dorant au soleil au milieu desquels avançaient gaiement les blindés allemands que personne ne pouvait freiner.

Il savait donc qu’il existait une Russie chaude et savoureuse. Mais il ne parvenait pas réellement à l’identifier aux images de froidure et de blancheur issues de toutes ses lectures enfantines.

Quand, après un voyage interminable, il descend enfin du train, en compagnie de Kurt et de quelques autres camarades de promotion, il fut étonné par le tableau inattendu qui s’offrit à leurs yeux : il tombait une pluie drue, interminable, qui noyait tout le paysage. Elle était si dense qu’au milieu de l’après-midi, on se serait cru au crépuscule.

Comme les jeunes gens débarquaient et cherchaient des yeux où se rendre, un S.S. Mann surgit brusquement devant eux, la main droite levée.

- Heil Hitler !

- Heil Hitler ! répondirent les arrivants avec un ensemble parfait.

Le soldat s’adressa à Aloïs pour lui demander :

- Rottenführer, vous devez bien rejoindre votre unité ?

C’est visible, dit Aloïs en montrant le badge cousu à son uniforme.

- Le Hauptsturmführer Schulter m’a chargé de venir vous chercher. Mon camion vous attend.

Les jeunes gens prirent leurs bagages et suivirent le S.S. Mann hors de la gare. Là, un camion était arrêté. Ils grimpèrent à l’arrière, sauf Aloïs qui, en tant que Rottenführer, eut droit au siège voisin de celui du chauffeur ; n’était-il pas sorti du peloton avec Kurt ?

Quand le véhicule eut démarré, Aloïs demanda :

- Polvö, c’est très loi ?

- Non. Une dizaine de kilomètres. Mais nous en aurons bien pour une demi-heure.

- Pourquoi donc ?

- Vous comprendrez quand vous connaîtrez les routes russes ! En temps normal, elles sont déjà pleines d’ornières. Mais, avec ces pluies, elles deviennent impraticables.

Effectivement, dès que le camion eut dépassé les dernières maisons de la ville, les roues eurent tendance à suivre les fondrières et le chauffeur dut se concentrer sur sa conduite pour éviter de quitter le chemin à peine visible et de s’enfoncer dans la boue jusqu’aux essieux.

- Teufel ! jura Aloïs. Je n’aurais jamais cru voir ça en Russie.

- Moi non plus ! C’est une sale surprise. Il paraît que c’est ainsi tous les automnes. Ensuite, vient l’hiver qui gèle toute cette flotte et les routes deviennent de véritables patinoires. Cigarette ?

- Merci. Je ne fume pas.

Le S.S. Mann s’alluma une Juno avant de poursuivre :

- Pour nous, ce n’est pas trop grave. Mais je plains les gars qui se trouvent en première ligne. Le temps ralentit leur avance et les communications en sont gênées.

Aloïs hocha la tête. Il ne voyait aucun commentaire spécial à formuler. Le conducteur poursuivit, changeant de conversation :

- Je me nomme Heinrich Müchte. Et vous ?

- Aloïs Fungebarr.

- Vous venez de terminer vos classes ?

- Exactement.

- Ca ne vous a pas paru trop dur ?

- Je savais que c’était indispensable pour devenir un bon soldat.

- Ici, la vie n’est pas désagréable, mais ça manque un peu de femmes, à moins qu’on ait le goût de ces saletés de Slaves ! En général, elles ne sont pas farouches. Ce sont bien des animaux. Elles baisent sans plus de problèmes. Mais elles sont souvent d’une saleté repoussante.

- De toute façon, la fraternisation est interdite. Surtout avec ces Untermenschen !

- Là-dessus, Schulter ne se montre pas trop intransigeant. Tant qu’on ne lui met pas le nez dessus, il ne cherche pas à savoir… A condition qu’il n’y ait pas de viols. Il a prévenu qu’il ne badinerait pas avec cette question.

Aloïs écoutait Müchte avec intérêt. Heinrich ne devait compter que trois ans de plus que lui, mais c’était déjà un vétéran qui connaissait bien des choses que le jeune S.S. Rottenführer avait besoin d’apprendre.

Enfin, le camion s’engagea entre deux rangées d’isbas et Müchte annonça :

- Nous y voilà !

Ce n’étaient que des bâtisses en rondins, alignées de part et d’autre de la route. Il n’y avait qu’un seul bâtiment en pierre qui dominait l’ensemble.

- C’est ça, Polvö ? s’étonna Aloïs.

- Vous vous attendiez à mieux, hein ? Les villages russes se ressemblent tous. Des cabanes à cheval sur une voie plus ou moins large. Pas d’eau, en dehors d’un puits qui sert à tout le monde. Les bâtiments en dur sont réservés aux autorités communistes qui ne se soucient pas de faire progresser le peuple. Il était temps que nous venions pour civiliser ces sauvages. Ils sont démunis de tout, mais ils l’ignorent, car on ne leur a rien laissé connaître de ce qui existe, de tout ce que le communisme est incapable de leur fournir. Pour eux, le plus misérable des Allemands est un capitaliste !

- Grâce au Führer, le peuple allemand vit confortablement, nota Aloïs.

- Rien n’est plus vrai. C’est quand on voit ces misérables qu’on comprend vraiment tout ce que Hitler a apporté à l’Allemagne.

Le camion s’arrêta devant l’ancienne Maison du Peuple et Mütche expliqua :

- Schulter veut vous voir dès votre arrivée. Dites à vos hommes de laisser leurs bagages dans le camion. Je vous conduirai ensuite à votre logement.

La pluie cingla le visage d’Aloïs quand il descendit et se dirigea vers l’arrière. Il transmit la consigne de Müchte et les autres dégringolèrent à leur tour, se précipitant vers l’abri offert par le bâtiment.

Quelques instants plus tard, ils étaient tous réunis dans une pièce assez vaste. La porte s’ouvrit et un S.S. Hauptsturmführer entra. C’était un homme mince et de haute taille.

- Achtung ! cria Aloïs.

Tout se mirent au garde-à-vous. L’officier leva la main droite et lança :

- Heil Hitler ! Repos !

Il se donna le temps de dévisager les dix nouvelles recrues qui venaient se joindre à son unité, puis il les pria de se présenter à tour de rôle. Quand ce fut terminé, il dit :

- Je m’appelle Emil Schulter. Je sui le commandant de votre compagnie. Je tiens à vous mettre en garde sur la conduite que vous devrez observer dans cette unité. Nous sommes contraints de loger chez l’habitant. Ce n’est pas très confortable, car ces Slaves vivent comme des animaux préhistoriques. Mais, pour l’instant, il n’y a pas d’autre solution. Les isbas comprennent généralement deux pièces, quelquefois trois. Dans chaque bâtiment, nous avons réquisitionné au moins une pièce. Les Russes ont dû se tasser un peu plus, mais ça ne gêne guère ces Untermenschen qui sont habitués à la plus répugnante des promiscuités. Vous serez partagés en deux groupes et vous habiterez chacun une pièce d’une isba. A vous de vous arranger au mieux. Je vous rappelle que la plus grande correction avec la population civile est de rigueur, mais que toute fraternisation excessive est interdite. Du reste, quand vous aurez vu à quoi ressemblent ces paysannes, vous vous demanderez comment les Russes peuvent leur faire des enfants. Il y a vraiment des hommes qui ont du courage !

La plaisanterie de Schulter fit naître quelques sourires. L’officier parut satisfait de son succès. Il continua :

- Ainsi que vous le savez, nous sommes ici pour assurer la germanisation de la région. Vous participerez donc à des actions d’organisation et de répression. Notre première tâche est de neutraliser tous les anciens membres du parti communiste. Nous ne nous consacrerons aux Juifs qu’ensuite, quand nous aurons achevé de juguler le fléau rouge. Selon les dernières directives reçues, les commissaires politiques peuvent être abattus sur place, sans jugement. Les simples membres doivent, de préférence, être arrêtés et jugés. Mais leur mort ne chagrine jamais personne. Ne prenez pas de risques avec eux : ce sont des bêtes sauvages capables de tout.

Schulter considéra ses nouveaux hommes avec une certaine solennité avant de poursuivre :

- Si vous êtes ici, si j’ai demandé des renforts, vous devez bien deviner la raison. Nous avons eu des pertes. L’avance rapide de nos troupes a laissé des soldats russes derrière elles. Ils se camouflent dans les forêts. La plupart du temps, quand nous les trouvons, ils ne cherchent qu’à se rendre. Parfois, pourtant, contraints par un quelconque commissaire politique, ils tentent de résister et nous sommes obligés de combattre pour les écraser. Certains ont même eu l’audace de tenter des attentats contre nous. Ils agissent donc en francs-tireurs et doivent être traités comme tels, c’est-à-dire fusillés immédiatement. Ce qui est certain, c’est que vous devez vous tenir sur vos gardes si vous ne voulez pas risquer d’être abattus par derrière, au moment où vous vous y attendrez le moins. Il en sera ainsi tant que nous n’aurons pas achevé d’extirper de ce pays la gangrène communiste. Messieurs, je vous remercie de votre attention. Heil Hitler !

- Heil Hitler ! répondit Aloïs tandis que l’officier sortait.

En se mettant au garde-à-vous, tous les autres firent écho au salut d’Aloïs.

7 mars 2013

Mythes et légendes de la Grèce Antique : Thésée

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Illustration réalisée par :

Zdeněk Sklenář

 

Traduction de :

Eduard Petiška

 

 

Ah que coucou !

 

Aujourd’hui je vous propose de vous remettre en mémoire ce mythe de Thésée et du célèbre fil d’Ariane :

 

Egée, fils du roi d’Athènes, partit un jour à la découverte du monde et resta absent de longues années. Quand Athènes fut menacée par la guerre, le vieux souverain envoya des messagers à la recherche du prince.

Ceux-ci, ayant entendu parler des nombreuses actions glorieuses qu’il avait accomplies, allèrent le trouver dans le pays d’un roi étranger dont il avait épousé la fille. Le jeune couple venait justement d’avoir un enfant. Le nouveau-né se prénommait Thésée.

Le prince reçut chaleureusement les émissaires, organisa une fête en leur honneur puis leur demanda pourquoi ils étaient venus.

« Egée », dirent-ils, « Athènes, ta patrie, est en danger. Ton père est vieux maintenant, il ne peut plus combattre. Aussi souhaite-t-il que tu viennes mener les Athéniens à la victoire ».

Cette nouvelle remplit le jeune homme de tristesse, mais il ne pouvait méconnaître son devoir. Avant de s’embarquer à bord du bâtiment qui devait l’emmener, il souleva un lourd rocher sur la plage et cacha dessous son glaive et ses sandales. Puis il dit à sa femme :

« Je ne sais combien de temps la guerre me retiendra à Athènes ni quand nous reviendrons. Si je ne reviens pas avant que Thésée soit devenu grand, amène-le à ce rocher ; s’il a assez de force pour le soulever et prendre ce que j’y ai déposé, dis-lui de venir me rejoindre. »

Egée fit ses adieux à son épouse et à son fils, et bientôt la voile blanche disparut à l’horizon.

Les jours, puis les années passèrent. Thésée grandit en force et en esprit, si bien qu’un beau matin sa mère put l’emmener au rocher sous lequel se trouvaient les objets laissés par son père.

« Si tu arrives à le soulever », dit-elle, « je serai fière d’avoir un garçon aussi fort, mais je serai accablée de tristesse car il nous faudra nous séparer ».

Enfonçant ses talons dans le sable, Thésée saisit la pierre et l’éleva lentement. Puis il mit les sandales, attacha le glaive à sa ceinture et retourna au palais avec sa mère pour préparer le voyage : il allait rejoindre son père, qui était devenu roi d’Athènes.

La princesse essaya de le convaincre de s’y rendre par la mer, car la route des montagnes était dangereuse, infestée de voleurs et de bêtes voraces. Mais Thésée ne l’écouta pas :

« Que dirait mon père s’il savait que je choisis le chemin le plus facile ? »

Il était impatient d’accomplir des exploits comme Héraclès. Aussi partit-il seul et à pied.

La route traversait les montagnes, les rochers et les forêts épaisses. A un détour de la forêt, caché dans un sous-bois, le guettait un brigand redoutable qui menaçait les voyageurs d’une massue d’airain. Soudain, il surgit de son abri.

« Tu arrives juste au bon moment ! » lui cria Thésée. « Ton gourdin me sera très utile pour débarrasser la contrée des rapaces tels que toi ».

Comme il disait ces mots, il s’élança en brandissant son épée, évita le coup qui lui était destiné, tua le bandit et s’empara de sa massue.

Il rencontra d’autres voleurs dans les immenses forêts et les plaines gigantesques, et il les massacra tous. Lorsque le glaive était impuissant, il utilisait la massue, comme Héraclès. Ce fut un grand soulagement pour tous les voyageurs, qui purent désormais suivre leur route sans péril.

Pourtant Thésée n’avait pas encore fait la pire de ses rencontres. Le dernier bandit de grand chemin avant Athènes était le géant Procuste. Celui-là ne hurlait pas, une épée à la main, il n’attaquait pas les paisibles voyageurs ; bien au contraire, il les invitait aimablement dans sa maison.

Il sourit à Thésée comme à ses précédentes victimes et l’invita à venir se reposer chez lui des fatigues de son long voyage. Après l’avoir asseoir, il lui offrit à manger et à boire.

Le repas achevé, Procuste lui proposa de dormir :

« Tu es fatigué, viens, un lit t’attend. »

Or il avait deux lits, un petit et un grand. Il offrait aux voyageurs celui dont la taille ne leur convenait pas : les grands étaient mis dans le petit, les petits dans le grand. Et suivant le cas il raccourcissait les membres qui dépassaient avec une hache ou bien étirait ceux qui ne remplissaient pas toute al couche. Et il torturait ainsi les voyageurs jusqu’à ce qu’ils expirent.

Il espérait donc réduire Thésée, qui était de belle taille, aux dimensions du petit lit. Mais celui-ci, ayant compris le danger qui le guettait, décida de battre le géant sur son propre terrain : il le poussa sur la couche qui lui était destinée et lui trancha la tête avec son glaive.

Aucun autre danger ne le menaça plus sur la route et bientôt il franchit les porte d’Athènes. Il se promena dans les rues en regardant les belles maisons. Les gens qu’il rencontrait regardaient sa silhouette poussiéreuse, sa figure hâlée et ses cheveux trop longs. Son énorme massue les laissait songeurs. Seuls, les maçons qui réparaient le temple d’Apollon se mirent à se moquer de lui. Thésée ne leur répondit pas. Sans dire un seul mot, il détacha les bœufs d’un chariot qui stationnait devant l’édifice, saisit le véhicule et le projeta sur les rieurs. Tous ceux qui le virent furent stupéfaits et se turent.

Devant le palais régnait une intense agitation. Les gens, très excités, discutaient entre eux et murmuraient contre le roi Egée. C’était le jour où les Athéniens devaient à nouveau envoyer sept jeunes gens et sept jeunes filles au Minotaure, le monstre de Crète. Tel était en effet le terrible tribut que la cité devait acquitter au cruel souverain de l’ile ennemie.

Un jour, des jeux fameux s’étaient déroulés à Athènes. Minos, le roi de Crète, y avait envoyé son fils. Or, celui-ci vainquit tous les Athéniens et fut ainsi amené à provoquer Egée. Perfidement, Egée, fit mettre à mort le jeune homme. Une guerre cruelle éclata entre les deux pays. Minos envahit les côtes athéniennes grâce à sa puissante flotte, dévasta toute la région et soumit les Athéniens. Depuis lors, ceux-ci durent tous les neuf ans envoyer en Crète sept jeunes gens et sept jeunes filles qui étaient enfermés dans le labyrinthe pour être dévorés par le monstrueux Minotaure.

Le peuple commençait à se rebeller contre son roi, coupable à ses yeux de n’avoir pas résisté davantage à une aussi épouvantable exigence.

« Pourquoi aurait-il résisté ? » disaient ceux qui fomentaient les troubles. « Cela lui importe peu. Ce sont nos enfants qui périssent, pas les siens. Il ne peut comprendre nos souffrances puisqu’il n’a pas de descendance. »

Mais, bien que fort mécontents, ils tiraient déjà au sort pour désigner ceux qui devraient partir. Bientôt, ceux qui avaient échappé au danger s’éloignèrent, quant aux autres, ils se mirent à se lamenter bruyamment.

Thésée traversa la foule agitée et entendit tout ce qui se disait. Il pénétra dans le palais et se fit annoncer au roi comme un simple voyageur et non comme son fils. Egée ne le reconnut pas.

« Tu nous rends visite en un bien triste jour, étranger, » dit-il en accueillant son visiteur. « tu dois venir de loin et ne rien savoir de notre malheur. Sinon, tu aurais évité de venir à Athènes ».

« Il est vrai que je viens de loin, ô roi », répondit Thésée, « mais je connais ton malheur et aimerais t’aider. Je veux accompagner les victimes dans l’antre du Minotaure. Promets-moi d’exaucer ce vœu. »

Egée regarda le jeune homme avec stupéfaction :

« Tu veux, de ton propre désir, aller dans l’antre du Minotaure. Et qui es-tu pour ne pas hésiter à sacrifier ta vie ? »

« C’est le Minotaure qui sera tué, pas moi », répondit Thésée avec audace. « Donne-moi ta parole d’accomplir ma volonté et je te dirai qui je suis. »

Egée, comme dans un rêve, acquiesça. Le héros montra alors au roi ses sandales et son glaive. Les yeux du monarque s’emplirent de larmes tandis qu’il lui tendait les bras :

« A peine ai-je retrouvé mon fils », se lamenta-t-il, « que je dois le perdre ! »

Mais il ne pouvait pas revenir sur la promesse qu’il venait de faire.

Déjà dans Athènes tout entière la nouvelle circulait à la vitesse d’une rafale de vent entre les branches d’un arbre : le fils du roi était soudain apparu et il allait tuer le Minotaure. Personne ne parlait plus d’autre chose.

Une grande foule accompagna les jeunes gens au port. Les femmes embrassaient le glaive de Thésée, les hommes le louaient avec enthousiasme. Egée, le cœur lourd, lui fit ses adieux.

« Je suis déjà vieux », dit-il à son fils, « et impatient comme un enfant. C’est pourquoi j’ai fait mettre au fond du navire une voile blanche. Vous partirez comme toujours avec une voile noire, mais si tu parviens à tuer le monstre, hisse la voile blanche au retour. Comme cela, je saurai de loin si je puis me réjouir de ta victoire. »

L’embarcation quitta le port, le roi et son peuple s’en retournèrent dans la ville. L’espoir était né, et il adoucissait la douleur de la séparation.

Sur le rivage de la Crète, Minos et ses courtisans attendaient déjà. Le bateau à la voile noire aborda et les jeunes gens accompagnés de Thésée débarquèrent. Le jeune prince se distinguait nettement par sa stature et sa fière démarche. Minos ne manqua pas de le remarquer.

Le héros regarda le roi droit dans les yeux et lui dit :

« Ne crois pas que je suis venu pour servir de repas au Minotaure. Bien au contraire, je suis venu pour le tuer et délivrer mon pays de l’horrible tribut qu’il te paye. »

Le roi eut un demi-sourire :

Si tu es aussi courageux en actes qu’en paroles, tu peux réussir. Si tu tues la bête, je vous donnerai à tous la liberté et Athènes sera délivrée de son impôt. »

Ariane, la fille du roi, qui se tenait auprès de lui, écouta cette conversation avec émerveillement. Elle en pouvait détacher son regard de ce beau jeune homme. Son image demeura en elle lorsqu’il fut parti. Elle se mit à le plaindre, sachant que sans son concours il n’échapperait pas à la mort.

Son désir de sauver Thésée fut le plus fort. La nuit venue, elle se leva en cachette, traversa le palais et se rendit à la prison où étaient enfermés les jeunes gens. Ils dormaient tous d’un sommeil agité, sauf Thésée, qui était éveillé. Ariane ouvrit le cadenas secret et l’appela doucement. Le héros avait espéré une aide divine, et voici qu’elle venait sous la forme d’une ravissante jeune fille.

« Je sais que tu veux tuer le Minotaure », lui murmura-t-elle vivement, « mais tu auras du mal à le vaincre seul. Je t’ai apporté un écheveau de fil. Dès que tu seras entré dans le labyrinthe, attaches-en une extrémité à un pilier et défais-le tout au long du chemin. Tu ne pourrais pas tuer le monstre avec une arme ordinaire : voici un glaive magique. Si tu es victorieux, tu pourras retrouver ta route grâce au fil que tu auras dévidé. »

Thésée voulut remercier la princesse, mais Ariane avait déjà disparu dans l’obscurité de la nuit. Si elle ne lui avait pas laissé l’écheveau et l’épée, il eût douté de sa présence et aurait cru avoir rêvé.

Le lendemain matin les gardes ouvrirent les portes de la prison et emmenèrent les futures victimes au labyrinthe. Les garçons baissaient la tête, les filles pleuraient. Seul le héros marchait la tête haute, encourageant ses compagnons. Il avait caché sous ses vêtements les présents d’Ariane.

Ils pénétrèrent dans le sinistre ensemble de passages sinueux et de sombres cavernes. Thésée ordonna à ses compatriotes de rester près de la sortie et quant à lui il partit à la recherche du Minotaure. Obéissant aux consignes qui lui avaient été données, il attacha le fil au premier pilier et se mit à le dérouler au fur et à mesure qu’il avançait. L’imposante construction de Dédale demeurait aussi silencieuse qu’un tombeau. Le jeune homme se frayait un chemin dans les sentiers obscurs, tandis que des chauves-souris affolées lui cognaient la tête de leurs ailes. Il traversa des pièces où les murs avaient craqué sous la chaleur du soleil, et pénétra dans des pièces où les murs avaient craqué sous la chaleur du soleil, et pénétra dans des grottes sentant la pourriture et le moisi. Tout était silencieux. Seules quelques souris se hâtaient vers leur trou en se sauvant sur son passage, tandis qu’une araignée abandonnait la toile qu’elle tissait. Thésée épongea la sueur de son front et s’engagea dans un long couloir.

Les rayons de soleil éclairèrent un moment, lui permettant d’apercevoir des taches de sang séchées. Soudain éclata un rugissement aussi fort que le tonnerre. Le héros se saisit de son glaive magique et s’approcha de l’endroit d’où venait le bruit. Le fracas s’amplifia, devint semblable au grondement de la mer démontée et au claquement de la foudre dans le ciel. Les piliers du couloir se mirent à trembler comme si une tempête s’y était déchaînée.

A un tournant, Thésée aperçut le Minotaure. Il piétinait un amas d’os blanchis en secouant sa monstrueuse tête de taureau. Son corps était celui d’un homme, mais gigantesque. Des flammes vertes et jaunes s’échappaient de ses naseaux et il exhalait un souffle empoissonné. Il tendit ses bras velus pour écraser le héros. Mais celui-ci, d’un bond, se mit hors d’atteinte, obligeant l’ignoble créature à se retourner pesamment. Alors Thésée prit son élan et enfonça son arme droit dans le cœur du Minotaure.

La terre trembla tandis que le monstre tombait et s’enfonçait dans le sol. L’écho de sa chute résonna dans tous les sentiers, les grottes et les couloirs. Ceux qui avaient accompagné le jeune homme dans le labyrinthe furent saisis de panique en entendant ce fracas :

« Le Minotaure a attaqué Thésée et l’a tué », dirent-ils avec désespoir. Et, accablés de chagrin, ils attendirent leur tour.

Pendant ce temps, en suivant le fil d’Ariane, Thésée retrouvait son chemin. Il rejoignit bientôt ses compagnons. Tous voulurent l’embrasser et lui témoigner leur reconnaissance. Soudain la princesse surgit devant eux comme si elle était sortie de terre.

« Suivez-moi vite », s’écria-t-elle, « mon père a découvert que je vous avais aidés. Il est furieux et ne veut pas tenir sa promesse. Avant qu’il ne lance ses gardes à notre poursuite, nous devons embarquer à bord de votre bateau. »

Aussitôt ils se mirent tous à courir derrière Ariane, qui les fit sortir du labyrinthe par un chemin qu’elle seule connaissait et qui menait droit à la mer. Avant que le roi Minos ait compris ce qui se passait, le bateau était si loin qu’il ne pouvait être question de le poursuivre.

Ils naviguèrent sans escale jusqu’à l’île de Naxos où ils abordèrent pour se nourrir, chercher de l’eau potable et se reposer. Ariane s’endormit et eut un songe : le dieu Dionysos lui apparaissait et lui ordonnait de ne plus quitter l’île, car il la voulait pour femme. Ariane obéit à la volonté du dieu et lorsqu’e les Athéniens s’embarquèrent, elle refusa de les suivre. Thésée, craignant de mécontenter les dieux, laissa la princesse à Naxos. Mais tous eurent de la peine de ne pas pouvoir ramener la belle jeune fille avec eux à Athènes et, absorbés par le regret, oublièrent de hisser la voile blanche.

Egée attendait avec impatience le retour du bateau, et le port était envahi par une foule agitée. Enfin le bateau apparut au loin, et comme il se rapprochait les voiles en devinrent visibles.

Dès que le roi eut aperçu la couleur de deuil, il se jeta dans la mer du haut d’un rocher, et les vagues engloutirent son corps.

Le héros rendit les jeunes gens à leurs parents, mais lui venait de perdre son père. Lorsque les vagues lui rendirent son corps, il lui fit des obsèques solennelles et institua en mémoire de ce jour une célébration qui rappellerait les événements joyeux et tristes de son expédition.

Depuis ce jour, la mer où le roi trouva la mort s’appelle la mer Egée.

Tout le peuple se réjouit lorsque Thésée monta sur le trône d’Athènes. Il gouverna par l’esprit autant que par l’épée. L’histoire raconte qu’il pacifia toutes les villes et donna à sa patrie de nouvelles lois. Il limita de sa propre volonté les pouvoirs du souverain en lui adjoignant une assemblée de sages pour le conseiller.

C’est ainsi que Thésée libéra son pays et construisit un nouveau royaume¸ fondé sur la liberté et la sagesse.

 

Maintenant revoyons ensemble ce que ce mythe enseigne…

 

Une des premières choses est qu’il est coutumier chez les Grecs de l’Antiquité qu’un enfant accourt dès qu’un de ses parents l’appelle, et ceci, quelque soit le moment et les raisons de cet appel. Et que c’est cette même obéissance qui pousse Thésée à rejoindre son père à Athènes plusieurs années après qu’Egée ait quitté sa famille pour obéir lui-même à un ordre parental alors que cet ordre paternel soit parvenu à Thésée tel un testament (différents objets laissés par son père sous un rocher).

 

Nous y trouvons aussi une mise en garde contre le banditisme de grand chemin… et nous apprenons qu’il était préférable de voyager sur l’eau que sur terre. Cela nous indique donc, d’un point de vue historique, qu’à l’heure où ce mythe fut créer, les pirates n’écumaient pas encore la Mer Méditerranée…

 

Comme dans de nombreux mythes, nous y trouvons aussi cette volonté du héros à se dépasser, à chercher la gloire (ici Thésée accompagne les Athéniens dans l’antre du Minotaure crétois alors que personne ne l’exigeait de lui et que tous, y compris son père, le considéraient tel un étranger).

 

Nous y surprenons aussi un coup de foudre, celui d’Ariane, fille du roi Minos, qui en apercevant ce bel inconnu décide de lui sauver la vie quel qu’en soit les dangers qui peuvent en découler…

 

On nous rappelle encore la puissance des dieux qu’il ne faut pas mécontenter : Ariane reste sur l’île de Naxos malgré les liens qui se sont créés entre elle et les Athéniens (Thésée compris).

On nous rappelle aussi qu’on ne doit pas oublier/ignorer les consignes données par un proche. Thésée a oublié de faire remplacer la voile noire par une blanche et son père s’est suicidé pensant que son fils unique avait été tué par le Minotaure.

 

Bisous,

@+

Sab

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20 janvier 2013

Guy de Maupassant : Amour

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Ah que coucou !

 

Dans la catégorie contes et nouvelles écrits par Maupassant et qui se trouvent dans ma bibliothèque, nous arrivons au dernier qui s’appelle :

 

Amour, 3 pages du livre d’un chasseur

accessible au téléchargement/lecture en cliquant ici

format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par adobe)

langue : français

 

De Maupassant, je possède encore quelques romans que j’attendrai de vous poster… la littérature mondiale est si riche et si variée pour que nous pouvions changer pendant quelques temps d’auteur (mais pas d’inquiétude, nous reviendrons sur Guy de Maupassant).

 

Dans cette nouvelle nous découvrons à nouveau l’amour que portait Guy de Maupassant à la nature et à l’environnement. Les paysages sont décrits, là encore, avec maestria, même si, dans cette nouvelle, Maupassant devient un chasseur qui a tué une sarcelle d’argent et dont le cousin abat le mâle qui refusait de s’éloigner de sa belle morte…

 

Pourquoi Maupassant a-t-il utilisé le mot Amour dans son titre ?

Comment nommeriez-vous ce sentiment qui fait que dans un couple le survivant pleure son conjoint décédé ? Comment nommeriez-vous le fait que le survivant, malgré qu’il sache que sa moitié est décédée, et malgré le danger, veuille rester près de son corps ? N’est-ce pas là de l’Amour même si dans cette histoire, cet amour est un amour entre deux oiseaux ? Oui. Les bêtes, n’en déplaisent à certains, sont aptes à aimer. Les bêtes, n’en déplaisent à certains, ont des sentiments. Elles aiment tout comme elles détestent. Elles souffrent, tout comme elles sont capable d’être heureuses. Personnellement je ne comprendrai jamais les gens qui pensent qu’un animal ne puisse pas avoir des sentiments et que ceci n’est réservé qu’à la race humaine…

 

Bisous,

@+

Sab

8 décembre 2012

Jean de la Fontaine : Fables (Livret Sixième)

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Ah que coucou !

 

 

 

Aujourd’hui nous voilà arrivé au sixième livret (sur les douze) des :

 

Fables

illustrées par Gustave Doré

accessible à la lecture/téléchargement en cliquant ici

Format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par Adobe)

Langue : français

 

regroupant les fables suivantes :

 

2012-12-071

2012-12-072

2012-12-073

2012-12-074

2012-12-075

2012-12-076

écrites par notre fabuliste Jean de la Fontaine national. Dans ces fables, comme dans toutes les autres, vous y trouvez une caricature humoristique de son siècle et de notre pays, la France… dans ces fables ressort aussi de nombreuses leçons de morale, encore d’actualité de notre jour.

 

Bonne lecture !

 

Bisous,

@+

Sab

7 décembre 2012

Maurice Leblanc : La Dame blonde

 

Leblanc

Ah que coucou !

 

Vous vous souvenez tous de la nouvelle La Lampe juive (en cas de trou de mémoire, pour accéder au billet qui vous mènera à l’e-book, cliquez ici) ? et bien voici une nouvelle aventure qui met en scène le célèbre gentleman-cambrioleur Arsène Lupin et le célèbre détective anglais Herlock Sholmès et qui, avec la Lampe juive, forme l’ouvrage ayant pour titre : Arsène Lupin contre Herlock Sholmès… oui, comme l’ont deviné les spécialistes ès-Lupin, je vous propose aujourd’hui la nouvelle suivante :

 

La Dame blonde

accessible à la lecture/téléchargement en cliquant ici

format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par Adobe)

langue : français

 

regroupant les 6 histoires suivantes :

 

1. Le numéro 514 – série 23

2. Le diamant bleu

3. Herlock Sholmès ouvre les hostilités

4. Quelques lueurs dans les ténèbres

5. Un enlèvement

6. La seconde arrestation d’Arsène Lupin

 

dans lesquelles, si nous constatons que « tous les coups sont permis » dans ce duel que nous pourrions croire être à mort, la courtoisie et le respect de l’adversaire sont présents, mélangés avec beaucoup d’humour…

 

Cette histoire apprend aussi aux lecteurs qu’Arsène Lupin, sous ses airs de « casanova », est réellement amoureux et dévoué à cette Dame blonde que l’on voit accompagnant Mle Gerbois en Belgique et Hollande (dans l’épisode du ticket de loterie), que l’on reconnaît comme étant l’infirmière du baron d’Hautrec : Antoinette Bréhat (dans l’affaire du diamant bleu) et que notre héros, est prêt à sacrifier ce à quoi il tient le plus, pour que cette Dame blonde, qui se trouve sous un mandat d’arrêt, ne soit pas inquiétée par Herlock Sholmès qui est parvenu à connaître sa vraie identité et à savoir où elle habitait (Arsène Lupin accepte d’échanger le diamant bleu contre la « perte de mémoire volontaire » d’Herlock Sholmès la concernant).

 

Bonne lecture !

 

Bisous,

@+

Sab

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