02 juin 2013

Hans Holbein, dit le Jeune (+/- 1497 – août 1543)

Holbein 1

La Dame avec écureuil, huile sur bois,

peint vers 1526-1528

exposé au National Gallery à Londres

 

Ah que coucou !

 

Nous allons faire un petit tour dans la Renaissance avec le célèbre peintre suisse allemand : Hans Holbein, peintre et dessinateur considéré comme étant l’un des plus grands portraitistes qui travailla surtout pour la propagande d’un célèbre roi anglais : Henri VIII (celui qui était réputé pour être très souvent veuf)…

 

Parmi ses œuvres les plus connues nous y trouvons les Ambassadeurs, peint en 1533, appartenant au National Gallery, à Londres.

 

Contrairement à mon habitude, je n’ai pas choisi l’aquarelle qui a atteint l’adjudication la plus élevée dans les œuvres d’Holbein – il s’agissait du Portrait d’un étudiant ou d’un ecclésiastique qui a atteint, en 1984, la modique somme de 1.957.500 US$, parce, sûrement parce qu’il appartient maintenant à une collection privée, je ne suis pas parvenue à en trouver une reproduction digne de ce nom. Toutefois si quelqu’un trouve un lien menant vers cette œuvre de façon à ce que nous puissions en observer les détails, qu’il n’hésite surtout pas à nous le communiquer…

Sinon le principal propriétaire des œuvres d’Holbein n’est autre que la couronne d’Angleterre dont la majorité des tableaux sont visibles au Château de Windsor… oui, cela peut être un peu compliqué d’y accéder ;).

 

Mais bon, revenons un peu sur l’homme qu’était Hans Holbein, une des victimes d’une épidémie de peste, et sur son art.

 

Il est connu avant tout pour ses portraits (la plupart de ses œuvres religieuses des débuts furent détruites par la Réforme). Il y a d’intéressants parallèles à faire avec les photographies officielles de la cour d’Angleterre du milieu du 20e siècle, les travaux de Cecil Beaton notamment. Images magistrales, mémorables, posées, avec une mise au point très nette, les représentations officielles du monarque et de ceux qui l’entourent correspondent à l’image que le système politique entend donner de lui-même. Holbein réalisa aussi des portraits plus informels et flatteurs des membres de la haute société.

Voir la façon dont il dessine et modèle avec la lumière, la remarquable mise au point sur les détails (poils sur le menton, fourrure), l’éclairage intense, le sens merveilleux de la structure d’un visage et de la personnalité qu’il recèle. Les portraits peints avant le milieu des années 1530 sont remplis d’objets (parfois symboliques) ; ensuite, ce sont des dessins en aplat sur un fond sombre. Le célèbre album de 80 dessins de la Royal Collection de Windsor contient de beaux portraits informels un peu flous.

 

Cuming-Art

Holbein 2

 

Mais il n’est pas seulement réputé pour ses huiles et ses dessins, mais aussi pour ses gravures… Par exemple, regardez cette gravure suivante :

 

 

Holbein 3

 

 

Elle inspira George Sand pour son roman campagnard : La Mare au Diable (disponible ces jours prochains sur mon blog), que cette célèbre romancière présenta ainsi :

 

Le quatrain en vieux français, placé au-dessous d’une composition d’Holbein, est d’une tristesse profonde dans sa naïveté. La gravure représente un laboureur conduisant sa charrue au milieu d’un champ. Une vaste campagne s’étend au loin, on y voit de pauvres cabanes ; le soleil se couche derrière la colline. C’est la fin d’une rude journée de travail. Le paysan est vieux, trapu, couvert de haillons. L’attelage de quatre chevaux qu’il pousse en avant est maigre, exténué ; le soc s’enfonce dans un fonds raboteux et rebelle. Un seul être allègre et ingambe dans cette scène de sueur et usaige. C’est un personnage fantastique, un squelette armé d’un fouet, qui court dans le sillon à côté des chevaux effrayés et les frappe, servant de valet de charrue au vieux laboureur. C’est la mort, ce spectre qu’Holbein a introduit allégoriquement dans la succession de sujets philosophiques et religieux à la fois lugubres et bouffons, intitulée les Simulachres de la mort.

George Sand,

La Mare au Diable

 

Bisous,

@+

Sab

Posté par Sab1703 à 17:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,


08 mars 2013

F. Soffker : Fils d’Aryens

a7f51125

Ah que coucou !

 

Aujourd’hui je vous présente un livre un peu spécial. J’appelle par « spécial » le fait qu’il n’y a que 2 livres de ce style dans ma bibliothèque et qui correspondent tous les deux à un certain besoin et soif de connaissances d’une époque révolue… Il s’agit du livre Fils d’Aryens, écrit par l’auteur allemand Friedrich Soffker et paru en France en 1980, aux Editions Gerfaut, comme vous l’indique la couverture ci-dessus…

 

Oui. Cela peut en surprendre plus d’un car il s’agit de ce qu’on nomme un « roman de guerre », abordant la Seconde Guerre mondiale vue par les Allemands, ce qui permet d’aborder l’autre visage de cette guerre meurtrière, parce que les « romans de guerre » et moi, ça fait plutôt 5 que 2 ou 1 ;)… bref, vous l’aurez compris : ce n’est pas mon genre littéraire ;) !

 

Toutefois j’avais choisi quelques exemples de ce style littéraire dans les années 90 parce qu’il aborde un sujet qui était totalement incompréhensible pour une jeune adulte cherchant à comprendre pourquoi des personnes intelligentes, sensées, stables s’étaient transformées, en moins d’une décennie pour certains, en terribles meurtriers (serial-killer), comment avaient-ils pu croire les promesses meurtrières d’un fou, comment ne se sont-ils pas aperçus qu’ils devenaient des meurtriers au service d’une doctrine politique, etc. Pour cela, rien de telle qu’une fiction basée sur des faits historiques et des réactions considérées normales pour l’époque ;) pour pouvoir aborder tous ces points successivement et de façon générale. Cet ouvrage remplit bien ce rôle en nous plongeant dans l’univers d’un adolescent brêmois, nouvellement bachelier dans ce 3. Reich de cette année 1941 (on nous parle de l’invasion de l’U.R.S.S. rapide, de l’approche des troupes allemandes sur Moscou, mais pas encore de Stalingrad – l’action se situe donc avant ce terrible hiver 1941-1942) qui, par volonté de prouver à son père qu’il peut être fier de lui aussi comme il l’est de son frère aîné, s’engage dans cette fameuse armée d’élite qu’était la SS-Waffen.

 

Pour vous aider à comprendre ce qu’est ce livre et, pourquoi pas, vous communiquez l’envie d’en connaître un peu plus sur cette partie précise de la littérature et de l’histoire sans trop avoir des maux de tête, je vous ai recopié en dessous de ma signature le passage où Aloïs Fungebarr (le malheureux héros de l’histoire – vous comprendrez l’utilisation de cet adjectif « malheureux » à la fin du livre si vous avez décidé de le lire) termine sa formation militaire et arrive sur le sol soviétique. Nous y voyons bien là les raisons pour lesquelles une personne normale se prépare à faire ce premier pas vers un avenir de meurtrier… Oui, ceci n’est qu’un passage car je n’ai pas le droit de mettre le livre en ligne (l’auteur étant toujours vivant et ce livre n’étant pas encore tombé dans le domaine public). A la lecture vous vous apercevrez que j’ai coupé une scène qui, à proprement parlée, n’ajoute rien de réellement intéressant à l’histoire (toujours ce fameux maximum à ne pas dépasser ;)). Ce passage choisi correspond au Chapitre 3 de la première partie (cet ouvrage comprend 3 parties).

 

Bonne lecture !

 

Bisous,

@+

Sab

 

ban

 

 

 

L’entrainement des nouvelles recrues dura trois mois.

Tous les hommes qui se trouvaient là étaient volontaires. C’est dire qu’on entendait nulle part les murmures qui sont chose courante dans le camps de recrutement, où certains ne sont généralement pas satisfaits d’être là, grognent contre l’armée et prennent en grippe les sous-officiers instructeurs.

Ici, au contraire, le zèle des engagés ne se démentait jamais. Rien ne leur semblait trop dur pour les aguerrir. Chacun voulait devenir le meilleur soldat du Führer.

Dans une telle ambiance, il était difficile de se faire particulièrement remarquer. Aloïs y parvint pourtant, dans une certaines mesure du moins. Il était vigoureux et ne fléchissait jamais devant la tâche à accomplir. De plus, il apprenait vite, si bien qu’il termina en tête du peloton, ce qui lui valut d’être immédiatement nommé S.S. Rottenführer.

Les dix premiers avaient le droit de choisir leur affectation. Quand vint le tour d’Aloïs, il énonça sans hésiter :

- Le front russe.

Il ne fut pas le seul à effectuer ce choix dangereux. Le S.S. Rottenführer Kurt Wedling, qui le suivait immédiatement au classement, réclama la même affectation.

Les deux jeunes gens avaient beaucoup sympathisé durant leur entraînement, Kurt était un grand gaillard blond et musclé dont les parents demeuraient aux environs de Brême. son père était notaire dans un village et farouche partisan du nazisme depuis le premier jour. Maître Wedling avait autant souffert de la défaite de 1918 que de la République de Weimar. Il détestait le désordre et ne voyait pas pourquoi on prétendait demander leur avis à des gens incultes qui ne comprenaient rien à la politique. Il avait salué avec soulagement l’avènement d’un pouvoir fort, qui avait rétabli l’ordre dans le pays et qui avait rendu à l’Allemagne sa position dans le monde.

Kurt avait donc toujours été élevé dans le respect du Führer et il s’était tout naturellement engagé dans les S.S. C’était un garçon sans complexe, sûr de lui et de la cause pour laquelle il s’était engagé. Aloïs appréciait cette tranquillité qui lui faisait oublier ses propres doutes. Il aimait le Führer, certes, mais il ne ressentait pas le même fanatisme inconditionnel que Kurt. Il lui arrivait de réfléchir et de douter de lui-même. Le poids des désapprobations familiales continuait à l’écraser et il se demandait parfois s’il était vraiment digne de servir Adolf Hitler.

Les engagés n’avaient pas eu droit à la moindre permission durant leur entraînement. Ceux qui avaient choisi le front russe se virent accorder un repos de huit jours avant de rejoindre leur nouvelle affectation.

- Tu pourrais en profiter pour venir me rendre visite, dit Kurt à Aloïs. Mes parents seront ravis de faire ta connaissance.

- J’essaierai, promit Aloïs.

Il ne formula pas d’invitation réciproque. Il ne savait pas comment ses parents accueilleraient un de ses amis. Surtout, il ne voulait pas montrer à son camarade de quelle manière il était traité dans sa famille.

Il pensait bien que son modeste galon ne suffirait pas à le protéger des éternelles brimades de son père. Et il ne se trompait pas.

Il arriva chez lui un matin et sa mère lui sauta au cou en s’exclamant :

- Déjà des galons ! Je suis fière de toi !

Gudrun vint joindre ses félicitations à celles de la maîtresse de maison. Elle avait les yeux qui pétillaient.

Gunther ne fut pas plus avare d’éloges, quand il rentra de ses cours, qu’il avait repris depuis peu. Mais, un peu plus tard, Fungebarr n’embrassa que très froidement son fils cadet.

- Tu as vu ! s’exclama Emma. Il est déjà gradé !

- Hum ? Rottenführer ? Ce n’est jamais que l’équivalent de caporal ! Il n’y a pas de quoi pavoiser !

Une bouffée de rage envahit Aloïs qui jeta :

- Je monterai plus haut.

- Ouais ! Si la guerre dure très longtemps, tu finiras sans doute sergent !

- Sur le front russe, l’avancement est rapide.

Jusque là, Aloïs n’avait pas mentionné son affectation. Emma s’exclama douloureusement :

- Tu ne pars pas sur le front ?

- Si.

- C’est une sanction ? demanda son père.

- Je me suis porté volontaire, asséna Aloïs.

Emma émit une sorte de gémissement horrifié. Maître Fungebarr haussa les épaules.

- Décidément, tu es idiot. Mais ceux que je plains le plus, ce sont les braves gars qu’on placera peut-être sous tes ordres. Tu risques de coûter plus de vies au Reich que les Russes !

Gunther se gardait soigneusement de participer à la conversation. Aloïs se domina et passa à table sans plus dire un mot. Mais, au dessert, il annonça qu’il allait passer quelques jours chez un camarade qui l’avait invité.

 

 

*

***

 

L’ambiance que le jeune homme découvrit chez les Wedling fut une nouveauté pour lui. Jamais il n’aurait rêvé une famille plus unie.

Le notaire, son épouse, leur fils Kurt et leur fille Ursula semblaient être toujours d’accord sur tout. La plupart des conversations roulaient sur la grandeur du Führer, la gloire de l’Allemagne et la chance qu’avaient Kurt et Aloïs de pouvoir combattre pour une telle cause.

- Je voudrais pouvoir m’engager, moi aussi ! disait Ursula. Les hommes ont bien de la chance !

Elle n’avait guère plus de seize ans. C’était une blonde un peu trop carrée d’épaules, un peu trop plantureuse, mais qui n’était pas totalement dépourvue de charme.

- Le devoir des femmes, répondait Frau Wedling, est de rester au foyer et de donner le plus d’enfants possible au Reich. Mon seul regret est de n’avoir pu en enfanter davantage.

- Je ferai mon devoir de femme, ainsi que le définit le Führer, affirmait Ursula. Mais ça ne m’empêche pas de regretter de ne pas être un garçon.

Le soir même, pourtant, Ursula prouva à Aloïs qu’elle ne déplorait pas toujours son sexe.

Le jeune homme n’était pas couché depuis dix minutes quand on gratta à la porte de sa chambre. Il enfila une robe de chambre pour aller ouvrir et fut surpris de voir Ursula sur le pas de sa porte.

[…]

 

Ursula se glissa fortement contre lui et murmura :

- Le devoir d’une femme allemande, c’est de donner des enfants à son pays, dans le mariage, si c’est possible, hors du mariage, autrement.

- Que diraient tes parents si tu étais enceinte ?

- Oh ! Je m’arrangerais bien pour trouver tout de suite quelqu’un pour m’épouser !

 

[…]

 

- Tu aimerais attendre un enfant de moi ?

Elle réfléchit un instant avant de répondre :

- Tu ne vas pas te vexer ? Je ne crois pas…

- Et pourquoi donc ?

- A cause de tes cheveux. Je voudrais que mon fils soit blond.

- Je suis un pur Aryen ! protesta Aloïs.

- Je le sais bien. Autrement, tu ne serais pas S.S.

- Le Führer a les cheveux noirs.

- Je le sais aussi. Ce n’est qu’une question de goût. Tu ne m’en veux pas ?

- Mais non. Mais non.

 

 

*

***

 

Aloïs passa le plus clair de sa permission chez les Wedling. Il ne retourna dans sa propre famille que pour faire ses adieux, la veille de son départ.

Mais, entre son domicile et la gare, il s’arrêta chez un coiffeur et se fit décolorer les cheveux.

 

 

*

***

 

Aloïs possédait en lui-même une certaine image de la Russie : des plaines interminables couvertes de neige ; des troïkas glissant indéfiniment, sous la conduite de Moujiki en tourloupes ; des icônes et des samovars…

Au cinéma, les actualités lui avaient fourni une toute autre image de la Russie : des étendues de blés dorant au soleil au milieu desquels avançaient gaiement les blindés allemands que personne ne pouvait freiner.

Il savait donc qu’il existait une Russie chaude et savoureuse. Mais il ne parvenait pas réellement à l’identifier aux images de froidure et de blancheur issues de toutes ses lectures enfantines.

Quand, après un voyage interminable, il descend enfin du train, en compagnie de Kurt et de quelques autres camarades de promotion, il fut étonné par le tableau inattendu qui s’offrit à leurs yeux : il tombait une pluie drue, interminable, qui noyait tout le paysage. Elle était si dense qu’au milieu de l’après-midi, on se serait cru au crépuscule.

Comme les jeunes gens débarquaient et cherchaient des yeux où se rendre, un S.S. Mann surgit brusquement devant eux, la main droite levée.

- Heil Hitler !

- Heil Hitler ! répondirent les arrivants avec un ensemble parfait.

Le soldat s’adressa à Aloïs pour lui demander :

- Rottenführer, vous devez bien rejoindre votre unité ?

C’est visible, dit Aloïs en montrant le badge cousu à son uniforme.

- Le Hauptsturmführer Schulter m’a chargé de venir vous chercher. Mon camion vous attend.

Les jeunes gens prirent leurs bagages et suivirent le S.S. Mann hors de la gare. Là, un camion était arrêté. Ils grimpèrent à l’arrière, sauf Aloïs qui, en tant que Rottenführer, eut droit au siège voisin de celui du chauffeur ; n’était-il pas sorti du peloton avec Kurt ?

Quand le véhicule eut démarré, Aloïs demanda :

- Polvö, c’est très loi ?

- Non. Une dizaine de kilomètres. Mais nous en aurons bien pour une demi-heure.

- Pourquoi donc ?

- Vous comprendrez quand vous connaîtrez les routes russes ! En temps normal, elles sont déjà pleines d’ornières. Mais, avec ces pluies, elles deviennent impraticables.

Effectivement, dès que le camion eut dépassé les dernières maisons de la ville, les roues eurent tendance à suivre les fondrières et le chauffeur dut se concentrer sur sa conduite pour éviter de quitter le chemin à peine visible et de s’enfoncer dans la boue jusqu’aux essieux.

- Teufel ! jura Aloïs. Je n’aurais jamais cru voir ça en Russie.

- Moi non plus ! C’est une sale surprise. Il paraît que c’est ainsi tous les automnes. Ensuite, vient l’hiver qui gèle toute cette flotte et les routes deviennent de véritables patinoires. Cigarette ?

- Merci. Je ne fume pas.

Le S.S. Mann s’alluma une Juno avant de poursuivre :

- Pour nous, ce n’est pas trop grave. Mais je plains les gars qui se trouvent en première ligne. Le temps ralentit leur avance et les communications en sont gênées.

Aloïs hocha la tête. Il ne voyait aucun commentaire spécial à formuler. Le conducteur poursuivit, changeant de conversation :

- Je me nomme Heinrich Müchte. Et vous ?

- Aloïs Fungebarr.

- Vous venez de terminer vos classes ?

- Exactement.

- Ca ne vous a pas paru trop dur ?

- Je savais que c’était indispensable pour devenir un bon soldat.

- Ici, la vie n’est pas désagréable, mais ça manque un peu de femmes, à moins qu’on ait le goût de ces saletés de Slaves ! En général, elles ne sont pas farouches. Ce sont bien des animaux. Elles baisent sans plus de problèmes. Mais elles sont souvent d’une saleté repoussante.

- De toute façon, la fraternisation est interdite. Surtout avec ces Untermenschen !

- Là-dessus, Schulter ne se montre pas trop intransigeant. Tant qu’on ne lui met pas le nez dessus, il ne cherche pas à savoir… A condition qu’il n’y ait pas de viols. Il a prévenu qu’il ne badinerait pas avec cette question.

Aloïs écoutait Müchte avec intérêt. Heinrich ne devait compter que trois ans de plus que lui, mais c’était déjà un vétéran qui connaissait bien des choses que le jeune S.S. Rottenführer avait besoin d’apprendre.

Enfin, le camion s’engagea entre deux rangées d’isbas et Müchte annonça :

- Nous y voilà !

Ce n’étaient que des bâtisses en rondins, alignées de part et d’autre de la route. Il n’y avait qu’un seul bâtiment en pierre qui dominait l’ensemble.

- C’est ça, Polvö ? s’étonna Aloïs.

- Vous vous attendiez à mieux, hein ? Les villages russes se ressemblent tous. Des cabanes à cheval sur une voie plus ou moins large. Pas d’eau, en dehors d’un puits qui sert à tout le monde. Les bâtiments en dur sont réservés aux autorités communistes qui ne se soucient pas de faire progresser le peuple. Il était temps que nous venions pour civiliser ces sauvages. Ils sont démunis de tout, mais ils l’ignorent, car on ne leur a rien laissé connaître de ce qui existe, de tout ce que le communisme est incapable de leur fournir. Pour eux, le plus misérable des Allemands est un capitaliste !

- Grâce au Führer, le peuple allemand vit confortablement, nota Aloïs.

- Rien n’est plus vrai. C’est quand on voit ces misérables qu’on comprend vraiment tout ce que Hitler a apporté à l’Allemagne.

Le camion s’arrêta devant l’ancienne Maison du Peuple et Mütche expliqua :

- Schulter veut vous voir dès votre arrivée. Dites à vos hommes de laisser leurs bagages dans le camion. Je vous conduirai ensuite à votre logement.

La pluie cingla le visage d’Aloïs quand il descendit et se dirigea vers l’arrière. Il transmit la consigne de Müchte et les autres dégringolèrent à leur tour, se précipitant vers l’abri offert par le bâtiment.

Quelques instants plus tard, ils étaient tous réunis dans une pièce assez vaste. La porte s’ouvrit et un S.S. Hauptsturmführer entra. C’était un homme mince et de haute taille.

- Achtung ! cria Aloïs.

Tout se mirent au garde-à-vous. L’officier leva la main droite et lança :

- Heil Hitler ! Repos !

Il se donna le temps de dévisager les dix nouvelles recrues qui venaient se joindre à son unité, puis il les pria de se présenter à tour de rôle. Quand ce fut terminé, il dit :

- Je m’appelle Emil Schulter. Je sui le commandant de votre compagnie. Je tiens à vous mettre en garde sur la conduite que vous devrez observer dans cette unité. Nous sommes contraints de loger chez l’habitant. Ce n’est pas très confortable, car ces Slaves vivent comme des animaux préhistoriques. Mais, pour l’instant, il n’y a pas d’autre solution. Les isbas comprennent généralement deux pièces, quelquefois trois. Dans chaque bâtiment, nous avons réquisitionné au moins une pièce. Les Russes ont dû se tasser un peu plus, mais ça ne gêne guère ces Untermenschen qui sont habitués à la plus répugnante des promiscuités. Vous serez partagés en deux groupes et vous habiterez chacun une pièce d’une isba. A vous de vous arranger au mieux. Je vous rappelle que la plus grande correction avec la population civile est de rigueur, mais que toute fraternisation excessive est interdite. Du reste, quand vous aurez vu à quoi ressemblent ces paysannes, vous vous demanderez comment les Russes peuvent leur faire des enfants. Il y a vraiment des hommes qui ont du courage !

La plaisanterie de Schulter fit naître quelques sourires. L’officier parut satisfait de son succès. Il continua :

- Ainsi que vous le savez, nous sommes ici pour assurer la germanisation de la région. Vous participerez donc à des actions d’organisation et de répression. Notre première tâche est de neutraliser tous les anciens membres du parti communiste. Nous ne nous consacrerons aux Juifs qu’ensuite, quand nous aurons achevé de juguler le fléau rouge. Selon les dernières directives reçues, les commissaires politiques peuvent être abattus sur place, sans jugement. Les simples membres doivent, de préférence, être arrêtés et jugés. Mais leur mort ne chagrine jamais personne. Ne prenez pas de risques avec eux : ce sont des bêtes sauvages capables de tout.

Schulter considéra ses nouveaux hommes avec une certaine solennité avant de poursuivre :

- Si vous êtes ici, si j’ai demandé des renforts, vous devez bien deviner la raison. Nous avons eu des pertes. L’avance rapide de nos troupes a laissé des soldats russes derrière elles. Ils se camouflent dans les forêts. La plupart du temps, quand nous les trouvons, ils ne cherchent qu’à se rendre. Parfois, pourtant, contraints par un quelconque commissaire politique, ils tentent de résister et nous sommes obligés de combattre pour les écraser. Certains ont même eu l’audace de tenter des attentats contre nous. Ils agissent donc en francs-tireurs et doivent être traités comme tels, c’est-à-dire fusillés immédiatement. Ce qui est certain, c’est que vous devez vous tenir sur vos gardes si vous ne voulez pas risquer d’être abattus par derrière, au moment où vous vous y attendrez le moins. Il en sera ainsi tant que nous n’aurons pas achevé d’extirper de ce pays la gangrène communiste. Messieurs, je vous remercie de votre attention. Heil Hitler !

- Heil Hitler ! répondit Aloïs tandis que l’officier sortait.

En se mettant au garde-à-vous, tous les autres firent écho au salut d’Aloïs.

26 octobre 2012

Les Francs à Frankfurt-am-Main (Francfort-sur-le-Main)

e1d67e1c

Ah que coucou !

 

Quand nous cherchons les traces des Francs, nous ne les découvrons pas seulement en France, pas seulement en Bavière, comme nous l’avons vu dans le billet : Invasions barbares : les Francs / die Franken (pour y accéder, cliquez ici), mais aussi dans d’autres parties de l’ancien empire romain… Par exemple, prenez la ville allemande de Frankfurt/Main, Frankfurt signifiant en français : le Fort des Francs. Quelles traces y ont laissés les Francs ?

 

Frankfurt1

Partons à la découverte de cette importante métropole financière allemande !

 

Frankfurt/Main (ou Francfort sur le Main) – pour accéder au site web de la ville en allemand (langues disponibles : Anglais, Espagnol, Italien), cliquez ici - est une des villes les plus importantes de l’Etat fédéral allemand : Hessen (ou Hesse en français), vous pouvez la situer sur la carte de l’Allemagne ci-dessous, Frankfurt/Main étant entourée en rouge :

 

2012-10-26-2

D’une superficie de 248,3 km², cette mégapole européenne, regroupe une population de 700.259 habitants dont un quart est étrangère (24,3%). La densité étant de 2.772 hbts/km², les habitants vivent souvent dans des immeubles. Ville très moderne desservie par un des plus importants aéroports au monde, siège de l’économie allemande, elle possède une des instances capitalistes la plus importante : la Bourse. Ville touristique, elle propose aux visiteurs un voyage dans le temps et ceci, sans quitter Stadtmitte (centre-ville) ou le visiteur peut observer différents bâtiments d’époque différente. Pour les amoureux de la nature, il est possible de se promener dans de nombreux parcs, forêts, ou alors vous pouvez visiter le Palmengarten (Jardin Botanique)…

 

Frankfurt2

Mais bon, ce qui nous intéresse aujourd’hui est la présence de nos ancêtres francs qui ont donné leur nom à cette ville en association avec la rivière qui la traverse : le Main, sur lequel je vous invite à naviguer pour y découvrir de magnifiques paysages…

 

Les premières traces humaines découvertes à ce jour datent d’il y a environ 200.000 ans et nous viennent des hommes du Neandertal. Nous allons sauter quelques siècles pour arriver à l’occupation romaine…

 

Au nord du Main se trouvaient les Limes, c’est sur cette frontière romaine au bord du Main qu’on décida d’ériger un bastion militaire vers 70 après notre ère, qui devint plusieurs années après une agglomération romaine où se trouvait tout le confort romain (bains, villa, entreprises), à ce sujet, vous pouvez en observer certains vestiges dans le jardin de la cathédrale.

 

Au milieu de 3e siècle après JC l’Empire romain est dans l’obligation d’abandonner aux Germains les terres se situant à l’est du Rhin. C’est dans les années 500 que les Francs supplantèrent les Alamans (tribu germanique qui sont les ancêtres de nos Alsaciens, par exemple). Ces Francs arrivèrent du Nord de la France. Ils prirent ce poste pour asseoir leur puissance militaire et conquérir d’autres territoires. Ce lieu fut nommer Franconofurd (Furt der Franken en allemand ce qui donne en français : le Fort des Francs). Les Francs y édifièrent un royaume pour contrôler le Main.

 

A partir de 855 c’est à Frankfurt/Main que fut votée l’identité des prochains rois francs, vote institué par Lothaire II. Entre 855 et 1792, ont été élus 36 rois, dont 10 ont accédé au titre d’Empereur…

 

Frankfurt3

Bisous,

@+

Sab

 

PS : surtout ne vous moquez pas trop fort des germanophobes ;) ! sinon ils risqueraient de disparaître et de ne plus nous faire rire… Dans quelle tristesse le monde vivrait sans leur énorme stupidité affichée ;) !!!

Posté par Sab1703 à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

07 octobre 2012

Invasions barbares : les Francs / die Franken

a0b1b7cd

Ah que coucou !

 

Qui va oser avouer qu’il ne connait pas Clovis et l’histoire du Vase de Soissons ? Personne car j’espère que nous connaissons tous cette petite histoire-là !

 

Comme vous vous en doutez, aujourd’hui nous allons aborder la partie de l’histoire de France la plus importante, celle qui a donné son nom à notre patrie, celle qui a donné ses lois, celle qui a donné sa langue :

 

l’Invasion de l’Empire Romain

par les Francs.

 

Mais avant d’aborder leur venue et leur prise de pouvoir, regardons un peu qui ils étaient/sont…

 

J’en ignore la raison et trouve cela fort incompréhensible, mais il y a peu de choses les concernant sur la toile et en français… Etrangement bizarre cette chose-là comme si nous, Français, avions honte de notre passé… mais bon, il est vrai que les germanophobes ne peuvent apprécier qu’on leur rappelle sans cesse que leurs ancêtres étaient germaniques ! ;) mdrrr !! En effet, les Francs sont d’abord une tribu germanique que nous retrouvons actuellement en Bavière du Nord dans les régions suivantes :

 

1. Unterfranken

2. Oberfranken

3. Mittelfranken

 

comme vous pouvez le voir sur la carte de la Bavière ci-dessous :

 

Baviere_1

Mais d’où viennent-ils ? Pour cela regardons ensemble dans l’encyclopédie en 10 volumes de Larousse :

 

Francs, Franques, en latin Franci

Peuple germanique, originaire peut-être des pays de la Baltique, et qui donna son nom à la Gaule romaine après l’avoir conquise au Ve-VIe siècle.

 

Les Francs apparaissent à l’époque de Gallien, qui les rejette sur la rive droite du Rhin (vers 254). Il s’agit d’une ligue militaire nouvellement formée avec les débris de peuples plus anciens : Chamaves, Bructères, Ansivariens, Hattuaires, Tubantes, Tenctères, Usipètes, Chattes. On y distingue bientôt deux ensembles de tribus : Les Francs Saliens, établis sur l’IJsel ; les Francs Ripuaires, installés sur la rive droite du Rhin entre l’IJsel et la Lahn. Pillards intrépides, selon les sources romaines, ces Barbares lancent par deux fois (258 et 276) une expédition dévastatrice à travers la Gaule ; leur passage est jalonné par les « trésors » enfouis par les populations romaines. Dès l’empereur Postumus (258-268), ils fournissent individuellement des auxiliaires à l’armée romaine ; au IVe siècle, certains parviendront au commandement suprême (Arbogast, Bonitus, Silvanus). Après une campagne de l’empereur Maximien (288), un roi franc, Gennobaud, reconnaît la suzeraineté romaine et fournit des soldats et des colons. C’est le début d’une alliance qui s’étend progressivement aux différents peuples francs : battus par les Romains, ils acceptent de garder, en qualité de « fédérés », un secteur de frontière en avant du limes. Mais, à mesure que l’armé romaine s’affaiblit, leur liberté grandit. A la recherche de terres plus riches, ils s’infiltrent à l’intérieur de l’Empire : les Saliens, installés par Constance Chlore (293-305) dans l’« île des Bataves » (entre le Lek et le Waal), voient leur établissement en Toxandrie (Campine) reconnu par Julien (358). Le Ripuaire, refoulés par le même césar, sont chargés de défendre la rive droite du Rhin entre la Ruhr et le Main.

 

Au moment des grandes invasions (début du Ve siècle), les ambitions des fédérés francs semblent se limiter aux régions voisines du Rhin, et elles sont longtemps déçues. Les Ripuaires, repoussés par Aetius, doivent attendre sa mort (454) pour s’installer dans la vallée de la Moselle. Le chef salien Clodion, premier Mérovingien historique, occupe la « IIe Belgique » (Escaut supérieur) après 440 et y fonde le royaume de Cambrai. Le Mérovingien Childéric 1er († vers 481), roi des Saliens de Tournai, est encore fédéré et subordonné au général romain Egidius, qui occupe le cœur du Bassin parisien. Mais l’Empire disparaît en Occident en 476, et Clovis 1er, fils et successeur de Childéric, et qui règne de 481 à 511, bat et fait mettre à mort Syagrius, fils et successeur d’Egidius (486), accédant ainsi à l’indépendance totale. Au cours de son règne, le roi de Tournai unifie sous sa domination le peuple franc et conquiert la Gaule du Nord.

 

A la fin de son règne, voici à quoi ressemblait notre pays :

 

Royaume-des-Francs-c

Comme vous le voyez, il y a encore beaucoup à conquérir avant que nos frontières ne deviennent celles que nous connaissons aujourd’hui ;)... cela s’est fait au fil du temps (mais là est une autre histoire). Revenons à nos ancêtres et regardons un peu ce que pensaient d’eux nos autres ancêtres : les Gallo-Romains ! Pour cela, consultons l’Histoire des Civilisations élaborée par Eliane Lopez :

 

Les Romains nommaient « Barbares » tous les peuples qui ne faisaient pas partie de leur empire et ne vivaient pas suivant leur mode de civilisation.

 

Ce terme s’appliqua en particulier aux populations de l’Europe du Nord et de l’Est installées au-delà du limes, qui matérialisait les frontières de l’empire et donnait aux Romains l’impression d’être protégés, voire invincibles dans leur intégralité territoriale. Des provinces frontalières, sortes de « régions tampons » confiées à des colons, anciens mercenaires étrangers, en échange de leur loyalisme, accentuaient encore cette impression de sécurité. En effet, jusqu’au IIIe siècle, l’empire fut à l’abri des invasions.

 

Mais, qui étaient les Barbares ?

A l’exception des Huns, d’origine asiatique, tous étaient des Germains, donc des peuples celtes. Ils différaient des Romains par leur aspect physique, la rudesse de leurs mœurs, leur langue, leur religion et leur organisation.

Source :

Histoire des Civilisations

Chapitre 8

 

Maintenant que nous connaissons un peu mieux l’Histoire de nos ancêtres les Francs, regardons un peu comment ils vivaient… pour cela nous tournons quelques pages et lisons dans la partie consacrée à la Société germanique :

 

La famille en était le fondement, et le père, le maître absolu. Pour les décisions importantes, les chefs de famille et les hommes libres, armés, se réunissaient et ils élisaient un chef commun, sorte de roi temporaire.

 

Chez les Francs, l’élu était hissé sur un bouclier élevé au niveau des épaules. C’était le signe de sa puissance. Même à demi sédentarisés, les Germains vivaient de la chasse et de l’élevage des chevaux, joints à quelques cultures. La terre appartenait à la communauté qui la redistribuait chaque année entre les familles. On peut voir dans ce système l’origine de la commune rurale russe, le « mir », supprimée lors de la révolution bolchévique de 1917. Mais de là vient aussi la décision de nombreuses familles de partir ailleurs, à l’Ouest, pour acquérir en propre des terres plus vastes que la hutte familiale et son lopin de terre attenant.

 

Les Germains étaient surtout d’excellents artisans du bois et des métaux. Leurs forgerons, tout comme leurs orfèvres qui fabriquaient des bijoux cloisonnés, étaient réputés.

 

Leur supériorité militaire s’appuyait d’ailleurs sur leurs armes efficaces. Ils utilisaient toujours l’arc, mais y avaient ajouté :

- l’épée à double tranchant, plus longue que le glaive romain ;

- la framée, longue pique de bois terminée par des ailerons de fer précédant la pointe, elle aussi métallique ;

- la francisque, hache double au manche court, qui se projetait avec force sur l’ennemi.

 

Ils assuraient leur protection grâce à un bouclier rond cerclé de fer dont l’ombo ou umbo formait la pièce centrale, en relief. Un casque conique et une tunique de cuir, recouverte d’écailles métalliques, permettaient aux plus fortunés de se protéger la tête et le corps.

 

Les différents dialectes celtes qu’ils parlaient ne s’écrivaient pas. Les seules traces écrites connues sont les « runes », inscriptions sacrées et mystérieuses gravées sur des pierres et retrouvée en Scandinavie surtout, et en Allemagne. Ces dialectes celtes sont à l’origine des langues anglaise, allemande et néerlandaise.

Source :

Histoire des Civilisations

Chapitre 8

 

Evidemment nos ancêtres les Francs avaient aussi leurs croyances propres et comme presque tous les peuples qui étaient sur terre à cette époque, ils étaient polythéistes :

 

Comme beaucoup d’autres peuples, les Germains, admiratifs ou craintifs devant les mystères de la nature, les avaient identifiés à des divinités.

 

La tradition étant orale, nous ne possédons des renseignements sur leurs croyances que grâce à des ouvrages d’épopées, de sagas légendaires rédigées au XIIe et XIIIe siècles. Ce sont, écrite en vieil allemand, l’épopée des Nibelungen, nains descendants de Nibelung et dont Siegfried avaient pris le trésor, et en islandais, les Eddas, textes mythologiques.

 

D’une cosmogonie compliquée, opposant des mondes différents, seraient nés les premières êtres géants, à la fois divins et humains, puis la Terre, enfin le couple humain originel fabriqué à partir d’arbres, le frêne pour l’homme et l’orme pour la femme.

 

Les Germains, dont faisaient partie du VIIIe au XIe siècle les Vikings, conquérants maritimes, pensaient que douze dieux principaux présidaient aux destinées du monde, avec parmi eux :

- Odin ou Wotan, soleil créateur, dieu suprême et victorieux grâce à sa magie ; son emblème était un navire ;

- Frigga, son épouse, déesse de la fécondité ;

- Thor ou Donar, le dieu du tonnerre, dont l’emblème était un marteau ;

- Feyr, dieu de la fertilité et de la végétation ;

- Balder, dieu de la lumière et de la beauté.

Les elfes étaient des génies au rôle secondaire.

 

Des sacrifices d’animaux et d’êtres humains leur étaient offerts. Ces dieux, aussi belliqueux que les hommes, résidaient dans une sorte de paradis, le Wahlalla, où les walkyries, vierges guerrières, accueillaient aussi les guerriers courageux tués au combat. L’enfer était destiné aux faibles. Le frêne, à la fois arbre de vie et de connaissance, s’étendait sur tout l’univers. Dans ses racines se trouvait le dieu de la Mort, et à son sommet, tissant les trames des vies humaines, régnaient les Trois Destinées ou Norns, représentant le passé, le présent et l’avenir.

 

Le monde, détruit par le mal et la haine, devait finir dans les flammes. Il renaîtrait pourtant, un jour, sous l’aspect de riches prairies et de mers paisibles où les dieux mêlés aux hommes devraient revivre dans un bonheur éternel et total.

 

Les Germains invoquaient leurs dieux au cours de fête pendant lesquelles ils s’enivraient d’hydromel, ou miel fermenté.

 

Leur principal souci était de connaître leur avenir, que des « sorcières » lisaient dans le galop des chevaux ou dans les entrailles frissonnantes de victimes humaines.

Source :

Histoire des Civilisations

Chapitre 8

 

Mais à nous, les Français, quand on nous prononce le mot « Francs », la première chose à laquelle nous pensons n’est pas au peuple Francs, n’est pas à la religion des Francs, ce n’est pas trop à leurs invasions… Non, la première image qui nous vient à l’esprit est celle de Clovis et de l’épisode du vase de Soissons qui montre que « la force brutale reste essentiel » pour l’élection d’un roi et le respect au serment de fidélité… alors qu’il serait plus logique que nous retenions :

 

Sous Clovis, le peuple salien glisse vers le sud, occupant les territoires qui constituent aujourd’hui la haute Normandie, la Picardie, la Champagne ; les compagnons de Clovis sont dotés de domaines en Brie ou en Beauce.

Source :

LAROUSSE,

Encyclopédie en 10 volumes

 

Suite à cette invasion,

 

[…] les compagnons de Clovis sont dotés de domaines en Brie ou en Beauce. Les uns et les autres se fondent rapidement dans la population gallo-romaine, beaucoup plus nombreuse, qui adopte leur nom ; ils ne laisseront que leur nom, attaché à une propriété et qui passera ensuite à un village.

 

Les Ripuaires, restés en contact avec la Germanie barbare et sans cesse renforcés par elle, colonisent, aux VIe et VIIe siècle, la rive gauche du Rhin jusqu’à l’actuelle frontière des langues latines et germaniques, et en particulier ils occupent l’actuelle Flandre, restée déserte après le départ des Saliens. Ce n’est qu’au VIIIe siècle qu’ils adoptent la civilisation de l’Occident chrétien. Le nom des Francs Ripuaires va rester à la Franconie, mais celui des Francs Saliens est passé, après le triomphe de Clovis, à l’ensemble de la Gaule.

Source :

LAROUSSE,

Encyclopédie en 10 volumes

 

Voici un petit oubli réparé dans le monde de la toile francophone ;)

 

Bisous,

@+

Sab qui ne s’est jamais moqué de l’énorme bêtise des germanophobes ;) mdrrrrrrr !!!

 

les-francs

Posté par Sab1703 à 00:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , ,

29 août 2012

Thomas Mann : Tristan

a84fce65

Ah que coucou !

 

Aujourd’hui je vous propose de changer un peu de langue et de pratiquer votre allemand en lisant cette splendide nouvelle écrite par Thomas Mann en 1903 :

 

Tristan

accessible au téléchargement et/ou lecture en cliquant ici

Format : pdf

(logiciel fourni gratuitement par Adobe)

Langue : Allemand

 

Vous connaissez tous cette histoire médiévale de Tristan & Iseult… eh bien cette histoire a inspiré Thomas Mann pour écrire ce livre (d’où le titre : Tristan). Ne vous attendez pas à du plagiat, ni à une adaptation plus moderne, mais à une réflexion sur les sentiments humains. Nous y voyons l’amour (Spinell & Gabriele, sans toutefois qu’on sache si Gabriele aimait Spinell aussi) et la haine (Spinell & Klöterjahn, époux de Gabriele).

 

Cette histoire se situe dans le sanatorium ‘Einfried’ dirigé par le docteur Leander où sont soignées différentes personnes (on y trouve un général, un écrivain, …) souffrant de maladies différentes (souvent d’origine nerveuse). Dans cet établissement arrive un jour une jeune femme très belle amenée par Mr Klöterjahn que Spinell remarque tout de suite. En liant connaissance avec elle, il apprend qu’elle se nomme Gabriele Eckhof, qu’elle est l’épouse de Klöterjahn avec lequel elle a eu un fils : Anton…

Gabriele est si malade qu’on rappelle son mari à son chevet et… je vous laisse découvrir la suite de cette nouvelle ;)

 

Au cas où vous ignoreriez qui est ce célèbre écrivain du 20e siècle, je vous propose de lire la présentation qu’il a faite en 1929 quand il a reçu le prix Nobel de la littérature (en cliquant ici), à condition que vous ayez révisé votre anglais avant… eh oui… Pour recevoir ce célèbre prix, il faut se présenter… en anglais ;) !!

 

Bonne lecture !

 

Bisous,

@+

Sab

Posté par Sab1703 à 11:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,


03 juillet 2012

von Goethe : Werther [03 – Table des matières]

a7dc4026

Ah que coucou !

 

Devant la difficulté d’insérer un texte supérieur à un certains nombres de lignes, il nous faut changer de tactique. C’est pour cela que j’adopte le :

 

poster un billet par lettre

 

De ce fait, la rubrique littéraire change de présentation. D’une classée par ordre chronologique décroissant, son classement est dorénavant par ordre alphabétique (comme certains ont certainement dû s’en apercevoir). Et pour que vous puissiez atteindre la lettre que vous souhaitez j’insère, sous ma signature, le lien vers le billet concernant la lettre recherchée…

 

Je tenterai d’ajouter quelques lettres quotidiennement… je préviens : JE TENTERAI ;) !

Pourquoi seulement que quelques lettres et non tout le livre ou toute la partie ? Il faut que vous sachiez qu’il y a 78 lettres, ce qui nous fait un total de billet concernant cette œuvre de plus de 78 billets ! Certains lecteurs, n’ayant pas envie de lire cet ouvrage pour différentes raisons comme celle qu’ils l’ont déjà lu ;), risquerait de se fatiguer si je leur mettais d’un coup tous les billets… de plus, ceux qui désirent le lire risqueraient de louper certaines lettres…

 

Comme cette œuvre n’est pas de votre Sab, je désactiverais la possibilité de faire un commentaire quelconque. Concernant cette œuvre, vos commentaires seront les bienvenues à la fin, dans le billet final, pour nous donner votre opinion sur cette œuvre.

 

Bisous,

@+

Sab

 

22.06.2012

 

Ah que coucou!

Vous ne voyez plus dans cette première page les billets consacrés au contenu du livre ;)? Pas de panique! Ils existent toujours. Je ne les ai que déplacer pour éviter que des nouveaux visiteurs pensent qu'il s'agit là d'un blog réservé à Goethe et au reste occasionnellement ;)...

 

Pour plus de visibilité concernant l'actualité de la mise en ligne de l'ouvrage, vous constaterez que j'ai introduit un jeu de couleur. Les lettres répertoriée en gris, sont celles qui ne sont pas encore en ligne contrairement celles en vert que vous pouvez lire directement sur ce blog.

 

Bisous,

@+

Sab

 

 

03.07.2012

 

Ah que coucou!

 

Ca y est! le livre dans sa globalité est maintenant en ligne! Je confronterai la version allemande et la traduction française plus tard car, pour le moment, il faut que je me repose de ma lecture en français et que je me la remette en tête en allemand...

 

Ce billet, à dater du 5 juillet donc, ne sera plus maintenu en haut du blog

 

Bisous,

@+

Sab

 

GoetheBann

Historique de « Werther », cliquez ici

Suite de l'Historique, cliquez ici

Lettre 1, cliquez ici

Lettre 2, cliquez ici

Lettre 3, cliquez ici

Lettre 4, cliquez ici

Lettre 5, cliquez ici

Lettre 6, cliquez ici

Lettre 7, cliquez ici

Lettre 8, cliquez ici

Lettre 9, cliquez ici

Lettre 10, cliquez ici

Lettre 11, cliquez ici

Lettre 12, cliquez ici

Lettre 13, cliquez ici

Lettre 14, cliquez ici

Lettre 15, cliquez ici

Lettre 16, cliquez ici

Lettre 17, cliquez ici

Lettre 18, cliquez ici

Lettre 19, cliquez ici

Lettre 20, cliquez ici

Lettre 21, cliquez ici

Lettre 22, cliquez ici

Lettre 23, cliquez ici

Lettre 24, cliquez ici

Lettre 25, cliquez ici

Lettre 26, cliquez ici

Lettre 27, cliquez ici

Lettre 28, cliquez ici

Lettre 29, cliquez ici

Lettre 30, cliquez ici

Lettre 31, cliquez ici

Lettre 32, cliquez ici

Lettre 33, cliquez ici

Lettre 34, cliquez ici

Lettre 35, cliquez ici

Lettre 36, cliquez ici

Lettre 37, cliquez ici

Lettre 38, cliquez ici

Lettre 39, cliquez ici

Lettre 40, cliquez ici

Lettre 41, cliquez ici

Lettre 42, cliquez ici

Lettre 43, cliquez ici

Lettre 44, cliquez ici

Lettre 45, cliquez ici

Lettre 46, cliquez ici

Lettre 47, cliquez ici

Lettre 48, cliquez ici

Lettre 49, cliquez ici

Lettre 50, cliquez ici

Lettre 51, cliquez ici

Lettre 52, cliquez ici

Lettre 53, cliquez ici

Lettre 54, cliquez ici

Lettre 55, cliquez ici

Lettre 56, cliquez ici

Lettre 57, cliquez ici

Lettre 58, cliquez ici

Lettre 59, cliquez ici

Lettre 60, cliquez ici

Lettre 61, cliquez ici

Lettre 62, cliquez ici

Lettre 63, cliquez ici

Lettre 64, cliquez ici

Lettre 65, cliquez ici

Lettre 66, cliquez ici

Lettre 67, cliquez ici

Lettre 68, cliquez ici

Lettre 69, cliquez ici

Lettre 70, cliquez ici

Lettre 71, cliquez ici

Lettre 72, cliquez ici

Lettre 73, cliquez ici

Lettre 74, cliquez ici

Lettre 75, cliquez ici

Lettre 76, cliquez ici

Lettre 77, cliquez ici

Lettre 78, cliquez ici

30 juin 2012

Charlemagne, Roi des Francs & Empereur d’Occident

ada07a4f

sa généalogie mixte

(cliquez sur l’image pour l’agrandir)

 

Ah que coucou !

 

 

 

Comme vous l’avez deviné et comme nous l’a chanté si bien France Gall, nous allons parler de Charlemagne ou Charles 1er (en français) mais Karl, der Erste ou Karl, der Größte (en allemand) qui est l’Empereur qui représente, aujourd’hui encore, l’unification de l’Europe occidentale, car il a été le premier, après les Romains, a l’avoir créée de son vivant (elle disparut, hélas, dans la discorde de ses 3 petits-fils : Lothaire/Lothar (qui reçut le royaume de Lorraine), Pépin (qui reçut le royaume de France) et Louis/Ludwig (qui reçut le St Empire germanique).

 

A sa mort, voici à quoi ressemblait l’Empire d’Occident :

 

 

 

Charlemagne1

 

Charlemagne2

 

Vue d’ensemble

 

mais bon comme il y a un problème de maxima autorisé par centerblog.net, voici cette même carte découpée en 2 parties :

 

 

Charlemagne3  Charlemagne4

 

 

Charlemagne5

Légende de la carte

 

Durant son règne, ce que nous pourrions appeler « capitale de l’Empire » se trouvait à Aachen (Aix-la-Chapelle en français) dont il reste quelques vestiges de cette période comme l’Hôtel de Ville, dont certaines parties viennent du château-fort :

 

 

Charlemagne6

dans lesquelles se trouve l’ancienne salle du trône où nous pouvons admirer un tableau immense représentant Charlemagne :

 

 

Charlemagne7

Mais qui était ce grand Empereur,

dont tous les Européens peuvent être très fiers ?

 

 

Charlemagne8

Comme je n’ai pas tellement le temps de vous faire moi-même la réponse, je la recopie à partir de l’Encyclopédie Larousse, qui résume parfaitement sa vie en passant sur les renseignements concernant sa naissance, titre, généalogie (que vous pouvez trouver dans son arbre généalogique que j’ai inséré en haut du billet) :

 

Charlemagne succède à son père en 768 conjointement avec son frère cadet Carloman. La mort de ce dernier le laisse maître du royaume franc (771). De haute taille (1,92 m) et de forte carrure, Charles a un visage ouvert et imberbe (sa barbe fleurie n’existe que dans la légende), une vitalité prodigieuse. Profondément chrétien, intelligent, cultivé, simple, mais autoritaire, il se montre parfois violent et cruel.

Poursuivant sa politique d’expansion du royaume franc inaugurée par son père, Charlemagne conduira durant ses 46 années de règne 53 expéditions militaires pour étendre la chrétienté, protéger l’Etat franc contre les incursions de ses voisins mais aussi pour imposer son hégémonie sur l’Occident. En Italie, où le Pape Adrien 1e le sollicite d’intervenir contre Didier, roi des Lombards, il prend Pavie (774), annexe à l’Etat franc le royaume lombard dont il ceint la couronne de fer. En Germanie il conquiert la Frise (784-790), qui est définitivement évangélisée à l’aube du 19e siècle ; il réunit le duché de Bavière au royaume franc (788) ; il soumet et christianise la Saxe au terme d’une lutte inexorable (772 – 804) au cours de laquelle il use de la terreur ; enfin, victorieux des Avars (796) installés en Pannonie, il s’empare de leur camp fortifié (ou ring) et de leur fabuleux trésor, tandis que les Slaves établis au-delà de l’Elbe et en Bohême tombent sous son influence. En Espagne, après la destruction par des Basque de son arrière-garde à Roncevaux (778), il occupe les territoires compris entre les Pyrénées et l’Ebre (prise de Barcelone, 801) et les érige en marche d’Espagne pour protéger l’Aquitaine contre les attaques musulmanes. Maître dès la fin du 8e siècle d’un empire s’étendant sur la majeure partie de l’Occident, Charlemagne jouit alors d’une autorité immense et d’un prestige exceptionnel. Installé depuis 794 à Aix-la-Chapelle (la « nouvelle Rome »), où il fait édifier un palais et une chapelle imités de ceux de Constantinople, il accède à la dignité impériale : le 25 décembre 800, il est couronné « Empereur des Romains » par le Pape Léon III à St-Pierre de Rome. Reconnu comme Empereur par le Basileus (= empereur byzantin) en 812, Charlemagne restaure ainsi l’empire en occident. Mais, fort différent de l’ancien Empire romain, son empire est européen, franc et chrétien, axé non sur la Méditerranée et Rome mais sur le continent et Aix-la-Chapelle. Se considérant en effet comme le chef du peuple chrétien qu’il est chargé par Dieu de guider vers le salut éternel, Charlemagne veut établir en Occident une sorte d’Etat théocratique. Contrait de respecter certains particularismes locaux en créant les royaumes semi-autonomes d’Aquitaine et d’Italie (781), il s’efforce cependant d’unifier l’Empire sur le plan administratif en introduisant des comtes francs dans les pays conquis. Conscient de l’insuffisance de l’appareil administratif, il s’attache ses sujets par un serment de fidélité (789) ainsi que par la vassalité. Maître du recrutement épiscopal et abbatial, il contraint les clercs à exercer des fonctions publiques tant au palais que dans l’Empire, où évêques et abbés secondent les comtes. Son désir de développer l’instruction de ces clercs est à l’origine de la renaissance culturelle dite « carolingienne » qu’il suscite, en attirant lettrés et savants étrangers (Alcuin, Paulin d’Aquilée, etc.) à sa cour d’Aix-la-Chapelle et en décidant l’ouverture d’écoles dans tous les Evêchés et les monastères (789).

Le premier des Carolingien meurt en 814 après avoir lui-même couronné empereur son fils et successeur, Louis 1e, le Pieux (813).

Il a réalisé le premier rassemblement territorial de l’Europe, esquisse de l’Occident médiéval. Promoteur du premier épanouissement de la culture européenne, il pose aussi les fondements de la chrétienté médiévale en faisant du christianisme le lien essentiel des peuples de son empire.

 

Mais ce résumé peut être illustré et certains passages peuvent en être détaillés dans le documentaire suivant :

 

Cette vidéo n'est malheureusement plus disponible sur la toile

 

 

Bisous,

@+

Sab

24 juin 2012

Johann Wolfgang von Goethe : Die Leiden des jungen Werther

8510a476

Ah que coucou !

 

Dans mon entourage certaines personnes impatientes désirent que je leur dise maintenant si mon livre traduit en français correspond bien à la version originale allemande… et bien, comme je n’ai pas le temps actuellement de m’occuper du livre se trouvant dans ma bibliothèque, je vous propose d’écouter la version allemande afin que vous vous fassiez une opinion ;) – certains vont me maudire ;) mdrrrr !!

 

Dans ce e-book vous entendrez les acteurs allemands suivants :

 

Récitant :--------Werner Wolbern

Werther :---------Florian von Manteuffel

Lotte :-------------Stephanie Schönfeld

Albert :-----------Marc Oliver Schulze

Base :-------------Lisa Wildmann

Bauer :------------Viktor Tremmel

Diener :-----------Jan Krauter

Frau 1 :-----------Iliona Fritsch-Strauss

Mann 1 :----------Klaus Hemmerle

 

Musique composée par Michael Riessler.

 

Quant à savoir si le livre en français est bien traduit, je ne pourrais me faire une opinion qu’une fois que je l’aurais lu entièrement. Pour le moment il me semble OK avec la version originale (mais ce sujet sera abordé une fois que tout le livre sera en ligne !).

 

Pour le moment je laisse place à l’e-book en 2 parties (comme le livre ;)) :

 

 

 

Bisous,

@+

Sab

18 juin 2012

von Goethe : sa biographie

c2fe79f2

Portrait de Goethe d’après Delacroix

 

Ah que coucou !

 

Voici un écrivain que j’adore en version originale… Jusqu’à présent, j’ignorais que s’était glissé un ouvrage, traduit en français, de ce grandissime écrivain dans ma bibliothèque… cet ouvrage, étant un livre ancien dont la date m’est parfaitement inconnue, regroupe 4 œuvres de Goethe qui sont les suivantes :

 

ü Werther

ü Hermann et Dorothée

ü Faust

ü Mignon

 

accompagnées par quelques-uns de ses poèmes…

 

 

Etant très ancien, l’identité du/des traducteurs m’est totalement inconnue et nous allons découvrir ensemble si les traductions ont été bien faites en comparant avec ce que j’ai lu en allemand – je n’ai pas encore eu le temps de lire tout le contenu de ce livre ;) je ne peux donc, pour le moment, me prononcer…

 

Je vais donc les numériser en même temps que je prendrais connaissance de ce livre (ça me changera beaucoup ;)).

 

Cet ouvrage regroupant de nombreuses gravures risquerait d’être bien trop lourd pour que je puisse le mettre en ligne sous format pdf. C’est pour cela que je vous propose, exceptionnellement, d’insérer la totalité de cet ouvrage directement sur les billets. Ce qui sera fait œuvre par œuvre. Par contre j’aurais besoin que vous me disiez si vous préférez que Werther, par exemple, soit découpé par lettre, par partie ou qu’il soit posté en un seul morceau ?

 

En attendant vos avis, voici la biographie tirée de cet ouvrage et signée par A.B. (j’avoue ignorer qui se cache sous ces initiales. Quelqu’un aurait une idée par hasard ?) qui m’a fait bien sourire. Non pas que la biographie soit très différente par rapport à une autre, mais nous voyons là une certaine méconnaissance des Français au sujet des Allemands ;)… je m’explique..

 

Cela nous vient, à nous Français, du fait que la France soit unifiée depuis plusieurs siècles alors que l’Allemagne ne l’a été la première fois qu’en 1870 et avant cette date, pendant que Goethe vivait, par exemple, elle était découpée en plusieurs petits états germaniques qui se faisaient souvent la guerre et où l’on parlait allemand différemment d’un état à l’autre… même aujourd’hui, quand nous voyageons à travers l’Allemagne, nous continuons à entendre cette différence linguistique. Donc, avant Goethe, il n’y avait pas encore eu l’unification de la langue allemande qui n’était alors qu’un regroupement de dialectes germaniques…

 

Goethe & Schiller ont été chargé d’unifier la langue et ils sont les inventeurs de ce que les Allemands nomment aujourd’hui le Hochdeutsch (l’allemand officiel), qui n’est, en réalité, qu’une langue artificielle créée à partir de nombreux dialectes germaniques, surtout celui qui était parlé à Prague,

 

En lisant cette biographie et en connaissant ce lourd travail qui a été ordonné à ces 2 grands personnages de la littérature allemande, vous comprendrez aisément où j’ai souri et pourquoi je peux vous annoncer que les recherches sur la vie de Goethe sont assez anciennes et que Mme de Staël (°1766 – † 1817), nommée comme source au démarrage, qui fut la première à se concentrer sur Goethe et son œuvre, a simplement oublié de se concentrer sur l’environnement politique et linguistique de l’Allemagne de son temps (qui explique de nombreuses choses chez Goethe) ce qui est normal chez les Français qui pensaient que la vie en Allemagne devait se dérouler comme celle des Français ;) – mais non, en Allemagne il existe quelques différences, encore aujourd’hui, par exemple dans le système politique, dans le système scolaire, dans le système social, dans le système de la santé, etc ;)… et il faut bien se mettre dans la tête que le Français fait une grossière erreur quand il croit que « c’est comme ça à l’étranger, parce que ça se passe comme ça en France »…

 

Bisous,

@+

Sab

 

 

Goethe-02

 

L’écrivain français qui le mieux et le premier a porté sur l’œuvre de Goethe un jugement d’ensemble préparé par ses consciencieuses études sur l’Allemagne, Mme de Staël, a dit justement que Goethe pourrait représenter la littérature allemande toute entière.

« Certes d’autres écrivains de ce pays sont supérieurs à lui sous quelques rapports, mais seul il réunit tout ce qui distingue l’esprit allemand ».

Eclatant est ce mérite, mais le fils illustre dont tout son peuple célèbre pieusement, chaque année, l’anniversaire de la naissance, a droit à un hommage d’autant plus grand que son œuvre a été un acte d’affranchissement pour sa patrie.

L’Allemagne, lorsque Goethe commença à penser, était, dans le domaine des lettres, tributaire des idées des autres. Son génie la délivra du tribut payé par ses poètes, ses philosophes et ses savants aux pays voisins, à l’Italie, à l’Angleterre, à la France.

Il donna une forme nationale aux rêves, aux désirs, aux idées allemandes. Ses créations furent fécondes et ses victoires définitives ; quoique toute comparaison soit sur ce terrain difficile et délicate, sa gloire lui a mérité au-delà des Vosges une reconnaissance éclatante. Ses écrits, aussitôt qu’ils parurent, franchirent les frontières ; l’art n’a point de patrie.

Il peut être universellement honoré et sa vie offre plus d’un exemple utile à retracer.

 

*

***

 

Johann Wolfgang von Goethe naquit le 28 août 1749 à Francfort-sur-le-Main.

Sa famille appartenait à l’aristocratie bourgeoise d’Allemagne. Son père, d’esprit très cultivé, jurisconsulte éminent, était le conseiller de l’Empire.

Sa mère appartenait au même monde. Elle était fille de l’échevin Textor. Cœur plein de tendresse et de douceur, elle se plaisait à répéter, devenue vieille, qu’elle n’avait cherché à « corriger personne, qu’elle n’avait offensé âme qui vive ».

Sa bonté s’alliait à une intelligence très vive et comme elle était fort instruite, elle aussi, elle se voua avec passion à l’éducation de son fils. Presque tous les hommes de génie ont eu leurs premières pensées ainsi échauffées au foyer maternel. Après avoir éveillé en son fils le goût, elle devina son génie naissant, et pour développer son imagination elle se plut à lui conter de merveilleuses histoires dont elle interrompait soudain le récit afin qu’il pût les achever lui-même. Le père avec ordre et méthode se chargea des études classiques, apprit à l’enfant le français et l’italien.

Wolfgang n’avait que dix ans lorsqu’en 1759 les Français, au cours de la guerre de Sept ans, occupèrent sa ville natale. Quelques-uns d’entre eux, pour charmer les loisirs de la garnison, organisèrent des représentations théâtrales. On jouait, sous des tentes, des comédies de Marivaux et de Destouches. L’écolier, qui déjà déclamait quelques vers de Racine, se plaisait à ces représentations, comme à son âge, William Shakespeare, près des tréteaux d’une troupe de comédiens errants.

 

*

***

 

Quand il eut seize ans il s’en fut à Leipzig pour faire son droit. Il l’étudia comme beaucoup de nos étudiants à Paris, consacrant au plaisir beaucoup plus de temps qu’à ses cours. Il prenait pension chez une veuve dont la fille était fort jolie. L’admiration qu’il eut pour elle le décida à exprimer ses pensées en vers. Les trois années qu’il passa à l’Université furent donc presque perdues pour le droit, mais pas entièrement pour la poésie.

Il revint en 1768 à la maison paternelle, y passa deux ans, puis alla à Strasbourg pour reprendre ses études de droit, si incomplètes.

Déjà il savait mieux l’histoire de la littérature allemande et rêvait vaguement de lui rendre un peu d’éclat.

A Strasbourg il connut Herder, qui l’initia à la poésie primitive, lui en fit comprendre la grandeur et lui apprit à aimer avec la Grèce les maîtres anciens.

Ensemble ils accueillirent les chants populaires de l’Alsace. Seul il s’éprit de la fille d’un pasteur ; ce fut la passion la plus vive de sa jeunesse. Nous lui devons ses premiers poèmes lyriques.

En 1771, l’étude du droit était cependant terminée. Le père rappela à Francfort le jeune docteur, qu’il envoya quelques mois plus tard à Weimar pour l’essayer à la pratique du droit, près de la Chambre impériale qui y siégeait.

C’est là que Goethe connut Charlotte, l’immortelle héroïne du drame de Werther, dont nos lecteurs trouveront plus loin toute l’histoire vraie ; c’est la préface de l’ouvrage, dans notre livre.

Après avoir fui Charlotte, après quelques pérégrinations en Suisse et sur le Rhin, après un projet de mariage avec la fille d’un banquier de Francfort, le poète se fixa à Weimar.

 

*

***

 

Lorsque que Goethe arriva à la cour de Weimar, l’esprit de Wieland y régnait.

A. Bossert, qui avec autant de soin que de goût a étudié la littérature allemande, a justement remarqué que Wieland fut en Allemagne, pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle, l’écrivain favori des hautes classes, qu’il détacha peu à peu du culte exclusif de la littérature française.

C’était un esprit fin formé à l’école de Voltaire, mais pénétré de la grâce attique. Avec lui l’on ne sortait pas de la tradition française et l’on restait du moins fidèle à la langue nationale. Ses romans et ses contes en vers étaient la lecture favorite des petits cours, où l’on goûtait peu les Souffrances de Werther et le drame de Goetz de Berlichingen.

« Wieland fixa la littérature nationale à Weimar ; il prépara le terrain à Goethe, à Herder et à Schiller ».

Goethe vint à Weimar en 1775 avec le jeune souverain du duché Charles-Auguste, qui venait de se marier et dont il était déjà l’ami.

« Le duc était alors très jeune, a écrit le poète, qui lui non plus n’avait pas encore dépouillé la turbulence de ses jeunes années ; et il faut avouer que nous faisions un peu les fous. Il ne savait quel emploi faire de ses forces et nous fûmes souvent sur le point de nous casser le cou. Courir à bride abattue par-dessus les haies, les fossés et les rivières, se fatiguer pendant des journées entières à monter et à descendre les montagnes ; passer ensuite la nuit à la belle étoile, camper auprès d’un feu dans un bois, c’étaient là ses goûts. Avoir hérité d’un duché, cela lui était indifférent, mais il aurait aimé à le gagner, à le conquérir, à le prendre d’assaut… Il était né grand homme, il avait plusieurs des qualités essentielles d’un prince : il savait distinguer le mérite ; il voulait sincèrement le bonheur des hommes ; enfin il était doué d’une sorte de divination qui lui faisait découvrir d’instinct le parti à prendre… Au commencement, je ne le nie pas, il m’a donné bien du mal et il m’a causé bien des inquiétudes, mais c’était une forte et excellente nature qui s’épura vite et se façonna si bien que ce fut un plaisir de vivre avec lui. »

Goethe fut son conseiller, pour ainsi dire, son associé dans le gouvernement. Il avait le titre de conseiller de légation avec un traitement de 1200 Thalers, mais son vrai titre était celui d’ami.

Il n’était venu à Weimar, où la société littéraire fut si brillante qu’il y a toute une littérature weimarienne, il n’était venu dans cette petite ville que pour peu de temps ; il s’y fixa.

Un jour, c’est Bossert qui conte l’anecdote, un jour Goethe se promenant avec le duc sur la route qui conduit le long de l’Ilm, s’arrêta devant une maison agréablement entourée de bosquets et de prairie. Il prit plaisir à regarder la jolie habitation : c’était la propriété du secrétaire Bertuch.

Le lendemain le duc fit venir Bertuch et lui dit ce qu’un autre souverain dit un jour au meunier de Sans-Souci : « Il me faut ta maison ».

Bertuch résista : il venait d’acheter sa propriété et il en jouissait à peine ; mais il céda quand le duc lui promit de lui en procurer une plus belle.

Goethe prit possession de la gracieuse villa, bien modeste cependant : ce fut sa maisonnette du jardin Gartenhaeuschen, où il demeura sept ans, hiver comme été, avant d’habiter la maison qui a gardé son nom à l’intérieur de Weimar. La solitude y était complète ; ce n’était qu’un horizon de verdure. C’était là que le poète revenait après une journée partagée entre Wieland, Charles-Auguste, Mme de Stein et la duchesse Amélie. « Il est si charmant, s’écrie Wieland, qu’il nous a tous ensorcelés ». Et les fêtes succédaient aux mascarades.

« Il ne nous manque que les Charlotte », disait malicieusement une grande dame. La Charlotte ne tarda pas à être remarquée ; ce fut Mme de Stein, que Goethe a vraiment aimée et dont il dit qu’elle l’a calmé, apaisé, purifié, ennobli.

 

*

***

 

Ses occupations sont nombreuses, ses travaux variés.

Il voulait essayer du gouvernement, ce qu’on lui a reproché sous prétexte qu’il devait consacrer aux lettres son génie tout entier. Son énergie vitale pouvait suffire à différente tâches.

Plein de pitié pour la misère des campagnes appauvries par les guerres, il se fit l’ami du paysan et de l’artisan. Il organisa un service de secours pour protéger contre les incendies, les villages presque tous construits en bois. Il parcourait le pays à cheval, secourant l’agriculteur, soutenant l’usinier. Il fit rouvrir les mines qui devinrent pour la contrée une source de fortune.

Cela ne l’empêchait pas de produire des drames, de s’absorber dans l’étude des plantes et des minéraux, d’écrire les premiers livres de Wilhelm Meister de mener de front vingt entreprises, avec une mobilité passionnée.

L’Académie d’Iéna, ayant perdu un grand nombre de ses membres les plus illustres était sur le point de périr. Goethe, informé du danger, interrompt ses travaux, rassemble les professeurs nécessaires, donne à l’œuvre une impulsion nouvelle et féconde. Muni de pleins pouvoirs, il abat les murs de la vieille bibliothèque mal organisée, achète des terrains et reconstruit un nouveau monument où bientôt des amas de volumes sont clairement classés dans des salles superbes et bien aménagées. Il élève un observatoire, fonde une école vétérinaire, crée une école de dessin modèle, encourage partout l’esprit d’ordre et d’activité.

Rien ne lui échappe, tous les talents sont encouragés par lui, et ceux qu’il découvre ou qu’il signale deviennent aussitôt l’objet de la sollicitude et de la protection du grand-duc.

Il dirigeait le théâtre de Weimar, et avec le grand-duc présidait aux répétitions des chefs-d’œuvre de son ami Schiller dont le génie différent égalait presque le sien.

Touchante et grande fut cette amitié que rien ne troubla.

Esprit méthodique, d’une régularité absolue, possédant un amour de l’ordre presque exagéré, Goethe était levé dès l’aube et ne se reposait qu’en changeant d’occupation. Peu à peu paraissent Egmont, Iphigénie, Torquato Tasso, Wilhelm Meister, les Elégies romaines, la Campagne de France, le Poème du Renard, Reineke Fuchs.

Lorsqu’on étudie la vie de Goethe, a écrit le baron Henri Blaze de Bury, on en admire partout la grandeur ; partout le calme, partout la dignité souveraine. « La vie de Goethe est une épopée dans une forme antique, où l’objectivité domine. Tout s’enchaine avec goût, se succède avec méthode, se coordonne harmonieusement. Cela est beau parce que cela est simple ; et, chose étrange, du commencement jusqu’à la fin, l’unité ponctuelle de cette existence ne souffre pas la moindre atteinte ».

 

*

***

 

Cependant l’illustre Goethe épousa une servante.

Elle était jeune, accorte, fraîche, d’une réelle beauté. Un beau matin elle vint lui demander une recommandation ; elle lui plut ; il la prit avec lui, puis dédaignant les femmes éprises de son génie, il l’épousa. Elle s’était donnée simplement à lui et l’adora naïvement toute sa vie, s’efforçant de lui rendre la vie agréable, facile, s’appliquant tout entière à l’envelopper de soins, d’égards, d’attentions. Elle ne chercha pas à gravir les sommets intellectuels. « Qui pourrait croire, disait un jour Goethe à ses amis, qui pourrait croire que cette personne a déjà vécu vingt ans avec moi ? Ce qui me plaît en elle, c’est que rien ne change dans sa nature, et qu’elle demeure telle qu’elle était ».

Lorsque Goethe descendait des sphères de la pensée, il était bien aise de se laisser adorer et choyer par cette femme de la terre pour qui il était un Dieu et qui, restée la douce et belle servante, savait se tenir à sa place et choisir son monde sans prétendre s’imposer à celui de son mari.

Et puis elle lui avait donné un fils unique, un héritier de son nom. Malheureusement ce jeune homme qui, au sortir de l’adolescence avait déjà la haute taille de son père, fut à la fleur de l’âge fauché par la mort.

Son père l’adorait, quoiqu’il n’eût rien de son intelligence et que Wieland l’appelât avec raison le fils de la servante, der Sohn der Magd.

 

*

***

 

Maintes fois on a fait remarquer que les deux Titans parvenus au commencement du XIXe siècle à l’apogée de la gloire, Napoléon et Goethe, furent également frappés dans leur postérité.

Celui-ci, après avoir disputé son fils à la mort, écrit le lendemain à Zelter, son ami : « Désormais la grande idée du devoir nous maintient seule et je n’ai d’autre soin que de me maintenir en équilibre. Le corps doit ; l’esprit veut ; et celui qui voit le sentier fatal prescrit à sa volonté n’a jamais grand besoin de se remettre ».

Il reprend ses travaux trop longtemps interrompus et s’y absorbe tout entier. Il faillit succomber à cet effort qui détermina une hémorragie d’une extrême violence. Déjà il avait pris ses dispositions dernières et toute espérance semblait perdue, mais il n’avait point achevé son œuvre et sa volonté fut plus forte que le mal.

Faust était encore incomplet, il l’achève enfin, scelle le manuscrit d’un triple cachet, se dérobe aux félicitations de ses amis et va chercher à Ilmenau le calme profond des bois, l’air pur des montagnes qui lui donnent une vie nouvelle.

Il achève sa remarquable étude sur la théorie des couleurs, analyse la nature de l’arc-en-ciel, étudie la tendance des planètes à monter en spirale, et se sent, dit-il, « environné, assiégé par tous les esprits qu’il évoque ».

On a souvent reproché à Goethe ses manières trop aristocratiques ; on l’a représenté toujours vêtu d’habits de cour, d’uniformes chamarrés d’or et de soie. Il est certain qu’il avait conscience de sa grandeur personnelle, de la dignité où l’avait élevé la confiance de son souverain ; mais il se contentait de porter un frac noir, avec une seule plaque sur la poitrine, et ses manières étaient simplement grandes. Il aimait à prouver son érudition et son esprit et se montrait près des femmes d’une galanterie très aristocratique qui lui seyait à merveille et les séduisait aisément.

Chez lui on le trouvait en robe de chambre, le cou nu comme Balzac, la tête recouverte, travaillant sur une petite table encombrée de livres ou de bocaux nécessaires à ses études d’histoire naturelle. L’été il travaillait dans son jardin, un jardin dont il était fier à cause de la splendeur des roses qu’ils se plaisait à arroser lui-même.

Il voulait tout savoir, et quoiqu’il ait prêté tant de railleries au docteur Faust à cause du vain amas des connaissances, ses travaux scientifiques ont été fort utiles à l’humanité, et plus que son œuvre littéraire, gigantesque pourtant, son œuvre savante fut féconde.

Intéressante entre toutes, pour ne citer que celle-là, est son étude sur la composition vertébrale de la tête des mammifères.

Sa vie, après 1805 qui lui enleva Schiller, n’offre pas d’incidents.

Les sciences naturelles furent la dernière préoccupation de Goethe.

Le 2 août 1830, le biographe Bossert cite cette anecdote, le jour à la nouvelle de la révolution de Juillet arrivait à Weimar, Eckermann lui faisait sa visite habituelle.

- Eh bien ! lui cria Goethe en le voyant entrer, que pensez-vous de ce grand événement ? Le volcan a fait explosion ; tout est en flammes.

- C’est une terrible aventure, répondit Eckermann. Mais, pouvait-on s’attendre à une autre fin, avec un tel ministère ?

- Je crois que nous ne nous entendons pas, mon bon ami, répliqua Goethe. Il s’agit bien de cela ! Je vous parle de la discussion qui a éclaté à Paris en pleine Académie, entre Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire ».

Et, continuant de développer une idée qui lui était chère, il se remit à parler de la méthode synthétique et de la méthode analytique, l’une vivante et compréhensive, et embrassant les ensembles, l’autre amassant péniblement des détails sans réussir à les animer. Et il s’applaudissait d’avoir trouvé en France un esprit de la même famille que lui, et qui, ajoutait-il modestement, le dépassait.

Ce n’est pas le moindre titre de gloire de l’auteur de Faust d’avoir été le précurseur de Geoffroy Saint-Hilaire.

Il prenait part aux grands travaux scientifiques de l’Europe, entretenait une correspondance continue avec Guillaume de Humboldt, Zelter, le comte Gaspard de Sternberg.

Ainsi s’écoulèrent ses derniers jours, dans une sereine activité qui se termina une année après le Faust, objet de l’effort de sa vie entière.

Son œuvre était terminée.

Un matin, au printemps, assis dans son cabinet de travail, il songeait, non sans fierté, à sa tâche accomplie. La nature s’éveillait, les fleurs naissaient sous un gai soleil. C’était la jeunesse et c’était la vie.

Il se leva pour ouvrir la fenêtre, afin de laisser entre cette joie, et ce fut la mort qui entra.

Il retombe immobile sur son fauteuil, fit dans le vide le geste d’écrire, puis murmura ces mots : « Dass mehr Licht hereinkomme, Qu’il entre plus de lumière ! »

Il rendit ainsi à Weimar le dernier soupir. C’était le 22 mars 1832.

Il avait vécu le même nombre d’années que Victor Hugo.

On l’enterra dans la chapelle grand-ducale de Weimar, entre le prince Charles-Auguste, son protecteur, et Schiller, son ami et son frère d’armes dans les batailles littéraires du commencement du XIXe siècle.

 

*

***

 

La mort ! Il en avait l’horreur. « Elle est, dit-il à Wieland, un pitoyable peintre de portraits. Je veux conserver, dans mon souvenir des êtres que j’ai chéris, quelque chose de plus animé que ce masque affreux qu’elle leur pose sur le visage. Aussi me suis-je bien gardé d’aller voir, après leur mort, Herder, Schiller et la grande-duchesse Amélie. »

Il était, à vrai dire un philosophe païen, amant passionné de la vie, épris du beau, épris des roses, un païen spiritualiste qui pour concilier ses contraires croyances affirmait que la nature n’est pas si folle que d’agglomérer de se intelligentes particules pour les disperser ensuite à tous les vents et détruire ainsi le faisceau lié et maintenu par elle.

Il fit au reste comme presque tous ceux dont l’intelligence et le savoir grandissant avec l’âge, il fit son évolution en réalité spiritualiste.

Sa compréhension du système des mondes en est la preuve. Selon lui, « chaque soleil, chaque planète porte en soi une intention plus haute, une plus haute destinée en vertu de laquelle ses développements doivent s’accomplir avec ordre. C’est toujours la même métamorphose, la même faculté de transformation de la nature qui tire de la feuille une fleur, une rose, de l’œuf un chenille, de la chenille un papillon. Les mondes inférieures obéissent à une monade supérieure, et cela, non pour leur bon plaisir, mais uniquement parce qu’il le faut. »

Telle fut la doctrine que Victor Hugo se plaisait à exposer à la fin de sa vie : il concevait une migration des âmes dans des planètes où l’esprit par degrés s’approche de la perfection infinie.

Et voici ce qu’écrivait Goethe : « Continuons d’agir jusqu’à ce que rappelé par l’Esprit du monde, un peu plus tôt, un peu plus tard, nous retournions dans l’éther ; puisse alors l’Etre éternel ne pas nous refuser des facultés nouvelles analogues à celles dont nous avons eu déjà l’usage. S’il y a joint paternellement le souvenir et le sentiment ultérieur du bien que nous avons pu vouloir et accomplir ici-bas, nul doute que nous ne nous engrenions d’autant mieux dans le rouage de la machine universelle… Nul être ne peut tomber à néant. L’Eternel s’émeut en tout. Tu es ; tiens-toi heureux de cette idée. L’être est éternel, car des lois conservent les trésors de vie dont se pare l’Univers. »

La science l’a conduit à l’hypothèse mais il se garde des négations.

 

*

***

 

En politique, les croyances de Goethe se sont aussi maintes fois modifiées. On a bien souvent conté que le soir de la bataille de Valmy, comme il se trouvait, en 1792, dans le camp prussien avec le duc de Weimar, il lui dit : « De ce lieu et de ce jour date une nouvelle époque dans l’histoire du monde et vous pouvez dire : « J’y étais. »

Il semble que ce soit un de ces mots arrangés après coup, dont on enrichit la mémoire des grands écrivains à qui l’on prête les prévisions les plus fantastiques parfois. Goethe ne jugea ce fait historique que trente ans plus tard, lorsqu’il écrivit la Campagne de France.

A ses yeux le gouvernement doit être toujours une harmonie résultant des droits du souverain et des devoirs du peuple dignement compris. Il est loin, on le voit, du « peuple souverain ».

« Les hommes faibles, dit-il, ont souvent des idées révolutionnaires ; ils pensent qu’ils se trouveraient mieux de n’être pas gouvernés, et ne pensent pas qu’ils sont incapables de se gouverner eux-mêmes. »

Réfléchissant il ne tarda pas à se détacher des œuvres de la Révolution française qui l’avait enthousiasmé d’abord. « Je hais, écrit-il plus tard, je hais les bouleversements violents. On détruit par là autant que l’on gagne. Je hais ceux qui les accomplissent autant que ceux qui les rendent inévitables… Tout ce qui est violent et précipité me répugne dans l’âme ; cela n’est pas conforme à la nature… Je suis l’ami des plantes et j’aime la rose comme la fleur la plus parfaite que produise notre ciel allemand ; mais je ne suis pas assez fou pour vouloir que mon jardin me la donne à la fin d’avril. Je suis content de trouver aujourd’hui les premières feuilles vertes et je le serai encore lorsque je verrai de semaine en semaine les feuilles continuer à former la tige ; je le serai davantage quand le bouton se dégagera au mois de mai, et je serai heureux enfin si juin me présente la rose avec sa magnificence et son parfum. Mais celui qui ne sait pas attendre, qu’il aille dans une serre chaude. »

Après avoir de la sorte désapprouvé l’œuvre violente de la Révolution, qu’il retrace dans Hermann et Dorothée, Goethe blâmera l’œuvre de Napoléon.

Il croyait à une Restauration des Bourbons, l’Empire le surprit et l’éblouit d’abord. Il assista aux fêtes d’Erfurt en qualité de ministre du duc de Weimar et, en 1808, eut un entretien avec l’Empereur, dont il dit, a-t-on raconté : « Enfin ! j’ai vu un homme ! »

Mais il admira le génie de Napoléon plutôt en artiste qu’en homme politique et vit surtout en lui un grand déploiement de force intellectuelle. L’abus de cette force le révolta. Toutefois, malgré les sollicitations les plus nombreuses et les plus pressantes, il ne consentit jamais à écrire des chants de guerre contre la France. A ceux qui le sollicitaient de mettre son génie au service de la haine, il répondait : « Je ne hais pas les Français. Comment pourrais-je haïr une nation qui compte parmi les plus civilisée de la terre ! »

Sachons-lui gré de cette parole qui n’eut point, hélas ! assez d’écho dans les cœurs allemands et, au nom de la science, au nom des lettres, rendons hommage au génie de Goethe.

 

A. B.

 

Goethe-03

 

Posté par Sab1703 à 15:16 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

15 juin 2012

Loreley

ebea0a87

Ah que coucou !

 

J’ignore qui a traduit le poème d’Heinrich Heine en français que vous pouvez lire sur l’image ci-dessus, mais moi, personnellement, je préfère la version originale :

 

Die Loreley

 

von Heinrich Heine

 

 

Ich weiß nicht, was soll es bedeuten,

dass ich so traurig bin.

Ein Märchen aus uralten Zeiten

das kommt mir nicht aus dem Sinn.

Die Luft ist kühl und es dunkelt,

und ruhig fließt der Rhein;

der Gipfel des Berges funkelt

im Abendsonnenschein.

 

Die schönste Jungfrau sitzet

dort oben wunderbar,

ihr gold’nes Geschmeide blitzet,

sie kämmt ihr goldenes Haar.

Sie kämmt es mit goldenem Kamme

und singt ein Lied dabei,

das hat eine wundersame,

gewaltige Melodei.

 

Den Schiffer im kleinen Schiffe

ergreift es mit wildem Weh;

er schaut nicht die Felsenriffe,

er schaut nur hinauf in die Höh‘.

Ich glaube, die Welle verschlingen

am Ende noch Schiffer und Kahn;

und das hat mit ihrem Singen

die L o r e l e y getan.

 

Vous ne trouvez pas que le texte en version originale chante beaucoup mieux que sa version française ? Bon, ceci dit, bravo au traducteur car c’est très difficile de réussir à traduire Heine aussi bien (j’en connais qui transforment le sens de ses écrits quand ils traduisent ses textes, de façon si horrible que l’Education nationale induit ses élèves en erreur et vont jusqu’à faire faire des dissertations, même pour les épreuves du bac, sur des citations qu’Heine n’a jamais faites !!! vous vous souvenez de l’histoire avec Johannes ? ;) mdrrrr), au moins, là, le sens n’a pas changé tellement, seulement quelques nuances…

 

Aujourd’hui nous allons nous rendre, comme vous l’avez deviné, sur la rive opposée à St Goar (pour accéder au site de la ville en français, cliquez ici),

 

 

St-Goar

dans la vallée de la Loreley

 

 

Loreley-Tal

admirer une des plus belles créations faites par l’homme sur les rives du Rhin, à savoir :

 

 

 

Loreley-2

pour accéder à toutes les légendes et mythes germaniques la concernant, cliquez ici

textes en allemand seulement

 

Pour avoir la meilleure vue de ce rocher, je vous conseille d’y accéder par le Rhin et si vous voulez faire une belle croisière d’une journée, je vous conseille de partir de Koblenz, vous serez charmés par les paysages que le Rhin traverse, évitez les bateaux rapides de certaines compagnies et préférez les bateaux moins rapides pour profiter au maximum de votre croisière tout en profitant d’une meilleure attention du personnel.

 

Evidemment, par le Rhin, sur un bateau, vous allez avoir droit à « la farce du Capitaine » qui sert de guide tout au long de la croisière. Il est d’usage de taquiner les touristes qui se précipitent vers la rampe armés de leurs appareils photo et/ou caméscopes, en les induisant en erreur pour leur faire croire qu’il ne s’agit là que d’une fausse reproduction de la statue qu’ils ne doivent pas, par ce fait, photographier. Résultat : le touriste allemand qui était installé à côté de moi faisait cette croisière pour la troisième fois et avait bien la ferme intention, cette fois, de ne pas se laisser duper ;)… Quant à moi, j’ai eu un petit doute à un moment donné, mais en regardant vite tout autour de moi avec le zoom de mon caméscope, je m’étais vite aperçue de la gentille supercherie du Capitaine ;)…

 

Sinon le Capitaine nous apprend pour quels motifs une telle œuvre a été déposée à cet endroit précis, bref, il narre l’histoire de cette statue et nous cite, en autre, ce célèbre poème d’Heinrich Heine, qui n’a pas été le seul à dépeindre la Loreley, mais, parmi tout ce que les écrivains allemands ont écrit sur elle, son poème est le plus connu au monde et a été traduit dans de très nombreuses langues… Il nous apprend donc que cet emplacement a été spécialement choisi à cause de la dangerosité de naviguer sur le Rhin à cet endroit où il ne faut pas que les bateaux s’approchent trop près de la rive s’ils ne veulent couler en arrachant leur coque.sur les récifs recouverts par une fine pellicule d’eau et qu’on ne peut voir à partir d’un bateau… c’est d’ailleurs ce que décrit déjà Heinrich Heine à la fin de son poème…

 

Mais qui est cette Loreley ? (source : deutschkurse.de). Pas de panique, je vais résumer ça en français ;)… profitez-en, j’ai décidé d’être gentille aujourd’hui ;)

 

Il s’agit d’une statue représentant une jeune fille assise sur son piédestal de 132 mètre de haut. Parce qu’à cet endroit le Rhin a une profondeur de 27 m, de nombreux récifs restent invisibles, encore de nos jours, aux marins qui naviguent sur le Rhin. La Loreley, qui est assez haute pour être vue, les avertit du danger.

 

Le mythe qui entoure Loreley dit que les habitants des environs ont vu plusieurs fois, une femme à la chevelure dorée, chantant une mélodie pour avertir les marins et les empêcher de venir s’échouer.

 

De nombreux poètes allemands ont chanté les louanges à Loreley. Les 3 plus connus sont :

 

Clemens Bretano, Lore Lay en 1800 (pour accéder au poème, cliquez ici)

 

Heinrich Heine, Aus der Heimkehr (véritable titre de l’œuvre) en 1824 qui est l’inventeur du nom de Loreley…

 

Erich Kästner, Der Handstand auf der Loreley en 1932 (pour accéder au poème, cliquez ici)

 

Comme vous le constatez dans le titre du tout premier poète à avoir écrit à ce sujet, il chante « Lore Lay » (qui explique ensuite l’orthographe et le nom que Heinrich Heine donne à cette statue : Loreley – qui lui est resté ainsi, et non Lorelei ;), tel qu’un certain site, voulant se faire encyclopédie, l’écrit… devinez de quel site je parle encore une fois ;) mdrrrr !!! Rien que pour ça, il est déconseillé d’aller voir leur article ;)… quand on ne sait pas écrire correctement Loreley ;) le restant de l’article ne doit pas être bon à retenir et à compulser ;)…)

 

Voici qui met fin pour aujourd’hui à notre petite excursion en Allemagne…

 

Bisous,

@+

Sab

Posté par Sab1703 à 14:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,