12 septembre 2012

La Genèse dans l’égyptologie (2)

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Ah que coucou !

 

Après avoir vu Noun, ou l’Incréé (pour accéder au billet, cliquez ici), et comme promis, nous allons faire connaissance aujourd’hui d’Apopis, ce dieu représenté par un serpent qui est souvent criblé de couteaux…

 

Apopis

Rê, en chat-genette,taillade les anneaux d’Apopis

Tombe de Nakhtamon

 

Le dieu Apopis, malgré qu’il soit l’ennemi de la création, a permis que celle-ci se fasse : sans lui, le monde, tel que les Egyptiens de l’Egypte ancienne le connaissaient, n’existerait pas… Comment cela se fait-il, pouvez-vous vous demander ? oui, comment un ennemi de la Création l’a rendue possible ? Impensable cette contradiction-là, n’est-ce pas ? Mais en fait Apopis était dans le Noun (ce qui explique les contradictions de Noun), et la légende raconte que :

 

« […] chaque matin, avant l’aube, il [Apopis] livrât une lutte sans merci au dieu solaire afin d’empêcher la venue d’un nouveau jour et de replonger ainsi le monde dans le chaos originel. »

 

Mais le chaos, dans un monde qui n’existe pas, qu’est-ce que cela peut être ? et bien voilà une chose un peu compliquée à expliquer, car en réalité le chaos c’est Noun et Apopis

 

« […] Si le chaos, représenté par le Noun et son champion Apopis, est un danger permanent pour le monde, les Egyptiens ne souhaitaient cependant pas le voir anéanti. Comme toutes les divinités égyptiennes, le Noun avait une nature ambivalente, négative – le chaos est l’ennemi de la création – et positive – son existence est nécessaire à la régénération permanente du monde. il est de même pour Apopis et Seth, le dieu violent qui assassina son frère Osiris. Les Egyptiens considéraient l’adversité comme indispensable au monde, car c’est dans la lutte des forces contraires que se trouve l’équilibre. L’homme ne devait pas se laisser aller à la paresse, mais toujours œuvrer pour perfectionner son univers. L’adversité était donc un facteur d’émulation pour que sans cesse l’humain se dépasse. La lutte quotidienne d’Apopis et de Rê symbolisait ce monde en perpétuel mouvement. De même, la lutte pour le pouvoir entre Horus, fils d’Osiris, et Seth, cristallisait cette croyance en l’adversité comme moteur vital d’action. »

 

Bon, en clair, comme nous l’avons vu précédemment, Noun avait en lui tous les ingrédients pour faire le monde, l’univers. Apopis, contenu dans le Noun, en apportant le chaos parmi tous les ingrédients (c’est-à-dire, si nous reprenons notre recette de la galette, le batteur qu’il soit mécanique ou manuel), le monde n’aurait jamais pu exister. Mais ceci n’empêche pas Apopis de vouloir détruire le monde qu’il a aidé à créer « par accident » - nous allons dire comme ça ;) ! Mais Apopis n’était pas le seul dieu responsable du chaos car, par la suite :

 

« Le chaos ne se manifestait pas seulement sous la forme du serpent Apopis. Tout ennemi de l’Etat et de l’ordre était en effet considéré comme un de ses émissaires ! Aussi les Egyptiens se protégeaient-ils par des envoûtements à caractère « politique », qui complétaient la protection religieuse et qui avaient pour but de prévenir toute rébellion, à l’étranger comme à l’intérieur du pays. Les morts damnés – ceux qui n’avaient pas réussi leur passage vers l’au-delà et qui n’avaient pas été reconnus « justes de voix » par le tribunal d’Osiris – devenaient eux aussi des envoyés du Noun et semaient le désordre dans le monde en propageant maladie et discorde. Des rituels d’envoûtement était prévus pour les combattre, tandis que des amulettes protégeaient les vivants. »

 

« les envoyés du Noun […] semaient le désordre »… montre bien là toute la contradiction existante dans le Noun ;) et le besoin de rituels consistant « à faire subir de mauvais traitements à des substituts d’Apopis et de ses alliés. On crachait sur la figurine, on la piétinait, on la tailladait, tout en prononçant l’incantation requise : ‘’Arrière toi, ce rebelle, vilain de caractère, celui dont Rê a arrêté la marche, qui combattait dans le sein de sa mère, qui a fait le mal, qui a été déloyal…’’ puis la figurine était brûlé. »

 

L’Avant-Création étant difficilement explicable j’espère avoir été suffisamment claire dans mes explications…

 

Maintenant que le monde peut se créer, la prochaine fois nous ferons la connaissance d’Atoum, surnommé l’Artisan du Monde

 

Bisous,

@+

Sab

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24 août 2012

La Genèse dans l’égyptologie (1)

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Ah que coucou !

 

La religion au temps des pharaons nous narre 2 grandes versions où dans la première le monde est créé par Atoum et dans la seconde, le dieu créateur est Ptah… Mais avant d’aborder ces deux créations, nous allons aborder ensemble ce que nous pourrions nommer l’Avant-création… Oui, contrairement à notre culture occidentale, nous retrouvons dans les croyances de l’Egypte dans l’Antiquité cette notion philosophique du « avant tout, il n’y avait rien qui a créé un tout »… ah… cela peut paraître difficile à comprendre pour des esprits trop cartésiens, je le conçois pleinement mais vous vous apercevrez que ce « rien qui forme un tout » est une notion très logique car vous n’êtes plus des petits enfants mais des adultes ;)…

Donc, comme nous allons prendre tout cela dans l’ordre chronologique, nous allons commencer par ce néant, le rien, soit le dieu nommé l’Incréé : Noun… et la prochaine fois nous ferons la connaissance d’Apopis

 

Toutes civilisations doit expliquer l’inexistant car l’Homme est ainsi fait, quand nous lui disons que cela a commencé ainsi, nous rétorquons toujours et encore : « Mais avant ? Il a bien fallu quelque chose, il y a bien fallu une base… » ;)

Les Egyptiens de l’Antiquité ont résolu ce casse-tête humain perpétuel en nommant ce fait par Noun et en le mettant en haut du panthéon des dieux égyptiens… Attention, cela ne répond pas à une question scientifique mais à une question d’ordre philosophique, c’est-à-dire que ce dieu permet momentanément de répondre à la question « d’où venons-nous ? »…

 

Faisons maintenant connaissance de ce dieu…

 

Comme le monde n’était pas encore créé, Noun régnait seul, mais cela ne signifiait pas qu’il régnait sur le néant, mais sur « une sorte d’un océan primordial duquel naquit le premier dieu, le Noun était une soupe originelle renfermant tous les possibles. La tâche du créateur consista à en différencier les divers éléments pour créer le monde, les dieux, les hommes, etc., en un mot, le cosmos. Le Noun était donc à l’origine de toute chose, tout en constituant le principal obstacle à la création. En effet, celle-ci ne l’avait pas complètement détruit. Elle l’avait seulement relégué aux confins du monde, et il avait donc naturellement tendance à vouloir récupérer du terrain sur l’univers organisé. Il était d’ailleurs impensable que le Noun fût détruit ! Source de toute vie, c’est aussi en lui que la vie se régénérait perpétuellement : la crue bienfaisante du Nil en était une émanation ; les défunts faisaient aussi un court séjour dans le Noun, sorte de gestation avant la renaissance. Le mort passait ainsi par un stade de non-existence, étape périlleuse car la désagrégation dans le Noun, si elle était indispensable, ne devait en aucun cas – à l’image du soleil qui chaque nuit plongeait dans l’océan primordial avant de renaître chaque matin – se prolonger. Il importait donc que le défunt regagne rapidement la sphère de l’existant, l’immersion définitive dans le chaos impliquant la perte de l’individualité, le non-existant : la seconde mort définitive, irréversible. »

Pour éviter toute erreur de « traduction » j’ai recopié un passage d’un de mes livres consacrés aux dieux égyptiens, mais j’avoue qu’il est assez compliqué de comprendre cette notion de « rien » qui n’est toutefois pas le « néant » et qui est peuplé de « tout le nécessaire pour créer le monde », mais comme Noun n’est pas créé, il ne peut pas utiliser ce rien pour créer ce tout ;)…

Bon, je vais tenter d’être plus claire dans cette histoire-là ;) et de l’adapter à ce que nous concevons de notre monde ;)… pas une tâche simple, ça ;)…

 

Pour ce faire nous allons entrer ici quelques petites notions de physique ;)… allez, après la philo, de la physique, nos neurones ne peuvent qu’apprécier ;).

Vous savez que tout corps est composé de matière, que cette matière est composée de molécules qui elle-même est composée d’un noyau autour duquel gravitent un ou plusieurs électrons, etc., etc., etc. vers le monde de l’infiniment petit et vers le boson de Higgs ;)…

Et bien maintenant imaginez que vous ayez entre vos doigts la plus infime partie d’une molécule, si petite que nous ne pouvons plus la diviser, ce petit morceau n’est « rien » en lui-même, mais devient quelque chose quand il rejoint plusieurs milliards d’autres minuscules parties d’une molécule, qui elle-même, ne représente rien tant qu’elle n’est pas avec d’autres molécules… et bien, c’est ce que les Egyptiens ont tenté d’expliquer grâce à leur dieu Noun : avant toute création, il n’y avait rien de ce que nous pouvons concevoir, mais il existait déjà toutes ces particules infiniment petites qui, lorsqu’elles sont regroupées, forment quelque chose…

 

Mais bon, si vous rencontrez encore quelques difficultés à concevoir ce « rien ». Transformons-nous en pâtissiers/pâtissières ! Qu’avez-vous besoin pour faire une bonne galette ? Cela nécessite des ingrédients, des outils comme le bol pour y mettre tous les ingrédients, d’une cuillère pour les mélanger, d’un rouleau à pâtisserie pour étaler la pate, d’un four pour cuire votre galette, etc. Et bien si nous transposons ceci à la Genèse telle qu’elle est narrée dans la mythologie égyptienne. Noun représente l’ensemble des ingrédients nécessaires à fabriquer la galette ;). Plus clair, là ;) ?

 

En conclusion, il va falloir maintenant expliquer comment est née la matière, comment toutes ces particules, toutes ces molécules, tous ces ingrédients ont été reliés entre eux. C’est pour cela que le prochain volet consacré à cette Genèse parlera d’un autre dieu, l’ennemi de la Création, je veux parler d’Apopis (ce serpent représenté le plus souvent le corps criblé de couteaux).

 

Bisous,

@+

Sab

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23 août 2012

Art de l’écriture (5 : Thot, l’inventeur)

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Ah que coucou !

 

Maintenant que nous savons lire les hiéroglyphes, nous sommes capables d’apprendre que le dieu inventeur des hiéroglyphes, est Thot, le dieu des Sages et des Savants (oui, parce qu’il faut être un scribe pour connaître l’art de l’écriture au temps des Pharaons, il faut donc être un savant ;)) Bref, c’est lui qui incarne le scribe supérieur du ciel. Il incarne donc la sagesse le savoir et la science (il est donc aussi le dieu de la rubrique « sciences » de centerblog ;) et nous lui devons donc allégeance mdrrrrrr !).

 

Parce qu’il incarne tout ce que je viens de vous dire plus haut, il était considéré aussi comme le dieu de l’ordre, de la mesure et de l’équilibre… parce qu’il est responsable de l’équilibre (donc y compris l’équilibre cosmique), et parce que les Egyptiens avaient remarqué les décroissances cycliques de la Lune (enfin, façon de parler ;), mais c’est ainsi qu’étaient qualifiée la Lune en ce temps-là et dans ce royaume-là, Thot remédiait inévitablement aux décroissances cycliques de notre satellite naturel. C’est-à-dire que lorsque la Lune monte, le dieu a pour tache de « remplir » progressivement « l’œil de la nuit ». Symboliquement, et par expansion, il poursuit les êtres malfaisants et les châtie. Oui, pour les Egyptiens, la nuit était remplie d’êtres malfaisants…

 

Mais à l’origine, qui était Thot ?

Suite à notre lecture des textes sacrés, nous apprenons qu’il est à l’origine le dieu local d’Hermopolis, l’actuel Touna-el-Gebel, dans le delta du Nil, d’où il prend, au fil du temps, de plus en plus d’influence sur tout le reste du royaume pharaonique d’Egypte.

 

Dans la mythologie égyptienne, Thot est marié à Seshat (déesse de l’écriture et des annales) avec qui il veille sur les bibliothèques…

 

Mais comme tout Dieu, Thot a des responsabilités dans le panthéon des dieux égyptiens. Il est leur greffier : c’est lui qui est chargé d’inscrire tous les noms des pharaons d’Egypte et de compter leurs années de règne sur l’arbre sacré ished. Il est responsable donc aussi des annales narrant l’Histoire…

En tant que Dieu de la science, il est le maitre du temps en comptant les heures, les années et les crues du Nil. Il est aussi le dieu de la médecine et est, de ce fait, le plus grand spécialiste de la magie et l’auteur de nombreux ouvrages sur ce sujet. De ce fait, c’est lui qui aide Anobis à reconstituer et à embaumer le corps d’Osiris.

 

Dans le monde après la mort, il est le seul à pouvoir peser les cœurs des Hommes. Ceci nous est appris dans les textes écrits à partir de la 18e Dynastie en notant scrupuleusement le résultat de la pesée, il fixe le destin et garantit l’équité du jugement des défunts.

Mais Thot est aussi le dieu chargé de faire passer les âmes des morts de vie à trépas en conduisant la barque sacrée.

 

Thot,

un modèle pour les Hommes

 

Son savoir universel, sa sagesse et ses lourdes responsabilités font de Thot le modèle divin par excellence. De pharaon aux plus humbles scribes, savants et lettrés s’en inspirent et font de leurs mieux pour lui ressembler. Les compétences et l’étendue infinie des connaissances de Thot le rendent indispensable aux divinités comme aux hommes. Sur la statue du futur roi Horemheb en scribe, exposée au Metropolitan Museum de New-York, une inscription présente le dieu comme inégalable, au chapitre de tant de l’érudition que de l’équité, du discernement, du bon sens ou de la clairvoyance. Thot est décrit comme le « peson exact de la balance, qui méprise le criminel mais accueille celui qui a refusé de mal agir, vizir qui juge les procès, qui calme les troubles comme il faut, qui se souvient du temps et annonce l’heure du soir, dont les paroles sont stables à jamais, qui pénètre dans l’au-delà et sait ce qui s’y trouve. »

 

Maintenant vous savez tout sur Thot, tout comme sur l’écriture hiéroglyphique… A vous maintenant d’accroître cette connaissance ;) !

 

Bisous,

@+

Sab

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28 juillet 2012

Egypte : L’Art de l’écriture (4 : Apprenons à lire !)

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Ah que coucou !

 

Ou du moins, faisons ensemble la tentative du premier pas. Cela va-t-il réussir ou échouer ? nous le saurons à la fin de ce billet… Pour rendre ce billet plus attractif en détendant, par le jeu, l’atmosphère studieuse et sérieuse régnant ici – ne riez pas ! -, je voulais vous communiquer un lien pour accéder au clavier hiéroglyphique que j’avais découvert il y a plusieurs mois, mais il semblerait que le site ait disparu L Tant pis, faisons avec ! (de toute façon c’était plus un jouet qu’un outil d’apprentissage : les mots constitués ainsi n’étant pas écrits correctement ;)).

 

Donc, comme vous le savez, suite au décryptage de la Pierre de Rosette, il a fallu que J.F. Champollion parvienne à apprendre cet ancien langage (cf. le 3e volet : Apprendre à lire, pour y accéder, cliquez ici) avant qu’il puisse l’enseigner et qu’ainsi son travail ne soit pas perdu… Mais avant tout :

 

Je répète ici :

 

CE BILLET N’EST PAS SENSE NOUS APPRENDRE :

A LIRE L’ECRITURE HIEROGLYPHIQUE

A ECRIRE EN HIEROGLYPHE

 

CE BILLET EST SENSE NOUS DONNER

LES TOUTES PREMIERES NOTIONS

 

et si un prof ou un égyptologue professionnel souhaite apporter des transformations, des éclaircissements, des corrections à ce billet, il est le bienvenu !

 

Bon, maintenant nous pouvons commencer.

 

« L’égyptien ancien se range dans le groupe des langues chamito-sémitiques parlées dans le nord et l’est de l’Afrique et au Proche-Orient. Pour le noter, les Egyptiens inventèrent un système d’écriture que nous avons appelé hiéroglyphique à la suite des Grecs. »

 

« Le mot hiéroglyphique signifie en grec écriture sacrée. Après l’apparition du hiératique, l’usage des hiéroglyphes s’est limité aux textes inscrits sur les édifices religieux et les objets funéraires. Des hiéroglyphes en pâte de verre, reproduisant le chapitre 72 du Livre des morts (pour accéder au billet qui lui est consacré, cliquez ici), décorent ainsi le sarcophage de Djedthotefankh (IVe siècle avant J.C.) conservé à Turin. »

 

« Comme l’écriture sumérienne, les hiéroglyphes furent sans doute mis au point pour répondre aux besoins d’une économie urbaine en plein développement. Il fallut inventer un système de notation pour comptabiliser les denrées et les produits échangés. Les hiéroglyphes, au nombre de 750, se répartissent entre les signes qui se prononcent : les idéogrammes et les phonogrammes, et entre les signes qui ne se prononcent pas : les déterminatifs. »

 

ex. de déterminatifs (dont on dénombre une centaine)

 

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représentant deux jambes marchant

ce qui indique un mouvement

 

Les idéogrammes sont des « signes-idées », c’est-à-dire qu’ils représentent un dessin simple à exécuter et qui exprime quelque chose facile à interpréter (ex. si le scribe souhaitait écrire « bouche », il dessinait une bouche).

 

Les phonogrammes (groupe de plusieurs idéogrammes) sont un peu plus compliqués et furent « inventés » plus tard. Ils servent à exprimer des idées un peu plus abstraite qu’un serpent, par exemple : les différentes saisons. Ces phonogrammes sont répartis en 3 sortes :

 

1. Les unilitères (une seule lettre, ils sont au nombre de 30) nommés aussi : alphabet

 

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un extrait de l’alphabet

 

2. Les bilitères (deux lettres, ils sont au nombre de 80)

3. Les trilitères (trois lettres, ils sont au nombre de 30)

 

dont voici 1 exemple pour chaque, avec la traduction des lettres de notre alphabet qu’ils représentent :

 

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Un petit mot sur les déterminatifs ;) ?

 

« Ils sont placés à la fin des mots. Ils permettent de distinguer ceux qui s’écrivent de la même façon, mais qui ont un sens différent. Ainsi le bilitère mn désigne une cruche lorsqu’il se termine par le déterminatif du vase. Mais il veut dire malade lorsqu’il est suivi de l’hirondelle qui représente le mal. […] De nombreux déterminatifs furent à l’origine des idéogrammes devant lesquels on inscrivit des phonogrammes pour en rendre la lecture plus aisée. Dans l’écriture hiéroglyphique, un même signe peut être tour à tour un idéogramme, un phonogramme et un déterminatif. Pour lire et traduire un texte hiéroglyphique, on le translittère, c’est-à-dire qu’on en fait une lecture phonétique à l’aide des unilitères notés par des signes conventionnels. Dans la liste « alphabétique », la translittération figure dans la deuxième colonne et la prononciation dans la troisième. Les signes unilitères auraient permis aux scribes égyptiens de tout écrire. Mais, s’ils continuèrent à utiliser un système plus complexe mêlant idéogrammes, phonogrammes et déterminatifs, c’est que celui-ci avait fait ses preuves et leur donnait toute satisfaction. »

 

Maintenant vous vous demandez sans doute comment peut être élaboré un texte compréhensible pour les Egyptiens de l’Egypte ancienne ;) ?

 

Sachez d’abord qu’ils avaient développé un système d’abréviation pour faciliter la notation rapide des rapports administratifs et des comptes (l’ancêtre du langage SMS ;)), que l’on appelle le hiératique. Cette modernisation des hiéroglyphes s’écrit de droite à gauche, contrairement à son « ancêtre » hiéroglyphique qui s’écrit aussi bien de gauche à droite que de droite à gauche. De plus, il s’avère que cela permettait aux scribes d’utiliser un système de couleur précis et uniforme dans tout le royaume pharaonique. Par exemple, les signes écrits en rouge marquent le début d’un chapitre.

 

J’espère que les hiéroglyphes ont maintenant moins de mystère pour vous et que ce billet vous a donné envie d’en continuer l’étude (c’est quand-même, quelque part, le but recherché). Dans le prochain volet consacré à l’écriture égyptienne nous tenterons de découvrir qui en fut l’ingénieux inventeur ;)… ce qui clôturera ce chapitre sur les hiéroglyphes.

 

Bisous,

@+

Sab

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19 juillet 2012

Egypte : L’Art de l’écriture (3 : Apprendre à lire)

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1828 – Tableau peint par G. Angelelli

Dans le cadre d’une expédition franco-toscane,

J.F. Champollion (au centre couché/assis)

visite l’Egypte et la Nubie avec son ami

Ippolito Rossellini (au centre et debout)

 

Ah que coucou !

 

Comme vous le savez, suite au décryptage réussi de la Pierre de Rosette, J.-F. Champollion a été encouragé par l’Empereur Napoléon Bonaparte à faire publier son Dictionnaire égyptien… mais la naissance fut dure et laborieuse, d’ailleurs je laisse ici un des 2 éditeurs nous narrer cette aventure, quand-même fabuleuse (oui, Sab a décidé de se reposer un peu aujourd’hui, mdrrr !) :

 

On lit dans le titre du présent ouvrage qu’il est publié d’après les manuscrits autographes, ou de la main de l’auteur. Le premier devoir de l’éditeur est, sans nul doute, de mettre cette assertion en toute évidence.

Champollion le jeune avait travaillé de longue main à la rédaction d’un Dictionnaire égyptien en écriture hiéroglyphique. Avant même l’année 1822, qui est celle de sa mémorable découverte du système phonétique égyptien, et habitué dès ses plus précoces études à en ordonner les résultats qui lui semblaient avoir quelque valeur, il avait relevé sur des cartes isolées, bientôt après recopiées en tableaux méthodiques, d’abord tous les signes hiéroglyphiques qui lui étaient connus par le grand nombre de dessins, empreintes, gravures ou monuments originaux qu’il lui avait été possible de consulter, et ensuite tous ceux de ces signes dont le sens lui paraissait s’être révélé, absolu ou relatif, dans ses incessantes recherches. De ces volumineux extraits je ne citerai ici qu’un registre in-4°, entièrement de sa main, et qu’il intitula : Premier essai d’un Dictionnaire des hiéroglyphes égyptiens, J.F.C. 1818, 1819, et qu’il arma de cette épigraphe : Davus sum, non Oedipus. Les signes réunis dans ce premier essai sont presque tous tirés de l’inscription de Rosette, dont les groupes sont rapprochés d’autres inscriptions monumentales, dans lesquelles se lit le même signe ou le même groupe. Ce travail résultait d’une comparaison presque matérielle des trois textes de l’inscription de Rosette, éclairée quelquefois par les préceptes consignés dans le livre d’Horapollon : parfois, depuis, ses motifs d’interprétations elle-même ne le soit pas.

Les certitudes commencèrent pour lui, comme pour la science elle-même, dès qu’il eu heureusement découvert et mis dans une éternelle évidence la constitution intime du système graphique égyptien ; discerné et caractérisé ses trois classes de signes, figuratifs, symboliques, phonétiques, et démontré leur emploi simultané, mais constant en des proportions inégales, mais déterminées, dans les monuments des temps les plus anciens comme dans les plus modernes : notions fondamentales, véritable clé de tous ces mystères de l’antique Egypte, confirmées aujourd’hui pour les inscriptions tirées récemment de la sépulture des plus anciens pharaons qui viennent d’être exhumés des plus secrets réduits des pyramides de Memphis, comme elles le sont par les documents qui nous restent du culte d’Isis en haute Egypte au VIe siècle de l’ère chrétienne. De tels exemples de la durée pendant plusieurs milliers d’années d’une nation puissante, persévérant ainsi dans les règles sociales qu’elle s’était données, ne se rencontreront que dans les annales des peuples de la primitive civilisation : y avait-il donc en ce temps plus de place pour chaque homme sur la terre ?

Guidé par ses propres découvertes, Champollion le jeune put dès lors entreprendre sur les données certaines la rédaction définitive du Dictionnaire égyptien, et il recueillit toutes ses notes, tous ses extraits, sur des feuilles isolées, mais uniformes, de grandeur petit in-folio, dont la page oblongue est divisée en plusieurs colonnes ; au-dessus d’elles, et comme tête de page, un espace régulièrement réservé. Chaque feuille est affectée à un signe, et contient, 1° sa figure en style pur, en style linéaire, et sa réduction hiératique ; 2° sa dénomination ; 3° sa qualification graphique (signe symbolique, ou figuratif ou phonétique) ; 4° le sens ou la valeur qui lui est propre ; 5° enfin, des exemples où ce signe est employé avec cette valeur.

Le même travail sur des cartes avait précédé la transcription sur les feuilles in-folio ; il en résultat un double manuscrit autographe, et la facilité de procéder à diverses classifications temporaires des signes.

Le Dictionnaire en feuilles était déjà fort étendu avant le départ de l’auteur pour l’Egypte, et ce fut alors que M. Rosellini en fit une copie, avec l’agrément de mon frère.

Le manuscrit en feuilles et le manuscrit sur cartes furent emportés en Egypte. Pendant le voyage, l’auteur s’en occupa fréquemment, durant les longues heures passées sur le Nil ; la collection des cartes fut mise au niveau de la collection en feuilles qui s’était sensiblement accrue ; les amis de mon frère l’aidèrent avec empressement ; les cartes écrites de la main de MM Salvador Chérubini et Lenormant font encore partie du manuscrit original.

Après le retour d’Egypte, le Dictionnaire ne fut pas abandonné un seul jour ; les additions de nouveaux signes ou de nouveaux exemples, les corrections ou les développements des anciens, s’y succédaient fréquemment, à l’avantage évident des nouvelles études égyptiennes. M. le baron Silvestre de Sacy, qui les a si utilement, si efficacement protégées par sa prompte et bien manifeste adhésion dès leur origine, consacra une journée entière chez l’auteur à l’examen du manuscrit de son Dictionnaire ; l’approbation, l’admiration, il faut le dire, de l’illustre orientaliste ne fut point équivoque.

Au mois de mars 1832, mon frère nous avait quittés.

Bientôt après je reconnus que, par l’effet des funestes conseils des plus funestes passions, la moitié des feuilles et la moitié des cartes du Dictionnaire avaient été enlevées. Contre toute attente, trois cent-vingt-neuf feuilles et un très grand nombre de cartes furent recouvrées en 1840, et cette restitution m’autorise à penser que je possède à peu près entières ces deux rédactions autographes du Dictionnaire.

Le manuscrit in-folio est composé de sept cent soixante-douze feuilles, toutes de la main de mon frère, lettre et dessins ; rarement elles sont écrites au verso. Les cartes sont en plus grand nombre, chaque feuille portant plusieurs exemples, et chaque carte n’en reproduisant ordinairement qu’un seul.

La corrélation de ces deux copies ne saurait être plus intime ; les caractères de l’originalité se montent montrent autant dans l’une que dans l’autre. Plusieurs remarques nous le démontrent : 1° une lacune d’un mot copte ou autre, laissée dans la feuille, a été remplie sur la carte correspondante ; 2° pour quelques articles, on trouve plus de développements dans les cartes que dans les feuilles ; parfois aussi ils sont abrégés dans les cartes ; 3° les citations de quelques monuments originaux ne sont pas semblables, parce que le monument a changé de place ; l’indication donnée par la carte est la plus exacte, parce qu’elle est la plus récente.

Cet état réel des deux manuscrits imposait à l’éditeur l’obligation de classer dans le même ordre et les feuilles et les cartes, et d’adopter pour chaque article du Dictionnaire la rédaction qui résultait des deux manuscrits ainsi rapprochés et combinés : cette obligation a été fidèlement remplie.

Toutefois, renfermé dans les limites tracées par l’étendue même de ces deux manuscrits, le Dictionnaire égyptien aurait laissé beaucoup à désirer, même à ne le considérer que dans sa propre origine, dans sa qualité d’ouvrage posthume, et dans ses rapports avec tous les autres ouvrages du même auteur.

Il doit être entendu, en effet, que l’éditeur donne au public le Dictionnaire égyptien composé par Champollion le jeune, et qu’il ne peut produire sous ce titre qu’un recueil de signes et de groupes hiéroglyphiques égyptiens dont l’interprétation subsiste écrite tout entière de la main de l’hiérogrammate français : tels sont tous les signes et groupes publiés d’après les deux manuscrits sur les cartes et sur les feuilles.

Mais la réunion des tous ces signes ou groupes composerait-elle réellement le Dictionnaire égyptien de Champollion le jeune, et le volume qui le contiendrait renfermerait-il tous les signes dont l’interprétation subsiste de la main de l’auteur ? Certainement non ; et l’éditeur avait encore, dans ce but, un autre devoir à remplir.

Il n’a pas pu oublier que la Grammaire égyptienne abonde en citations de textes hiéroglyphiques, traduits en copte et en français, et que ces citations contiennent un très grand nombre de signes ou de groupes traduits, qui ne se trouvent point dans les deux manuscrits du Dictionnaire proprement dit : l’éditeur a donc dû considérer ces signes et groupes comme autant d’articles originaux, authentiques, appartenant de droit au Dictionnaire, et il dû aussi les y insérer, leur interprétation étant, en effet, écrite de la main de l’auteur.

J’ai donc procédé à l’anatomie de la Grammaire imprimée : dans tous les exemples, j’ai séparé un à un, par une ligne verticale, tous les signes ou groupes hiéroglyphiques, les laissant attachés interlinéairement à leur traduction copte et à leur traduction française ; j’ai écrit sur chaque fragment le chiffre de la page où il existait ; découpés un à un, tous ces fragments ont été collés sur autant de cartes, et classés dans le même ordre que les feuilles et les cartes manuscrites : je me suis fait ainsi un véritable Dictionnaire de la Grammaire égyptienne ; il est composé de plusieurs milliers d’articles.

Du rapprochement mutuel de ce troisième Dictionnaire avec les deux premiers, il est sorti deux avantages d’une grande importance pour le sujet actuel : le premier, c’estla nomenclature des signes et groupes employés dans la Grammaire imprimé, et qui ne se trouvaient point dans les deux nomenclatures manuscrites : celles-ci en ont reçu un supplément égal au moins à leur contenu.

Le second avantage n’a pas été d’une moindre utilité pour la science : quelques articles anciens des dictionnaires manuscrits ont été rectifiés par l’interprétation qui leur est attribuée par la Grammaire imprimée, et qui résulte des derniers travaux de l’auteur. Enfin, ce ne sera pas sans quelque profit, même pour le Dictionnaire imprimé, que ce rapprochement aura fait reconnaître que l’interprétation donnée depuis quelques années à un grand nombre de signes ou de groupes, est aujourd’hui revêtue d’une double sanction par celle qui lui imprime la rédaction plus récente de la Grammaire égyptienne, où ces mêmes groupes sont employés avec la même valeur littérale ; et, à cet effet, le chiffre de la page de la Grammaire a été ajouté à l’ancien manuscrit.

Le Dictionnaire égyptien qui est publié contient donc tous les signes ou groupes dont l’interprétation subsiste écrite tout entière de la main de son auteur : et il ne contient que cela, l’éditeur ne s’étant jamais écarté de la loi qu’il a dû religieusement et toujours s’imposer, de n’imprimer sous le nom de son frère, sous l’autorité si légitime, si puissante de ce nom dans la science, que les textes, les mots, les signes tracés indubitablement de sa main créatrice et féconde, qui en dévoila l’expression. Et cette déclaration servira aussi à cette autre fin, d’avertir que si quelques signes ou quelques groupes hiéroglyphiques égyptiens ne se trouvent point dans le Dictionnaire imprimé, c’est parce que leur explication ne subsiste pas dans les manuscrits de Champollion le jeune : l’honneur de composer un supplément digne de foi, et digne en tout du modèle laissé par le maître, est réservé à ses plus heureux, à ses plus doctes disciples.

Après la réunion de tous les matériaux du Dictionnaire égyptien, l’éditeur n’était pas encore délivré de toute pénible préoccupation : de graves questions, des doutes imposants, restaient à résoudre, et il y en a déjà une foule de renfermés dans la seule perquisition du meilleur mode de classification à adopter pour les matériaux d’un livre jusqu’ici sans modèle, qu’il faut bien nommer Dictionnaire pour s’entendre, mais que la définition reçue de ce mot ne peut nullement servir ni à décrire, ni à qualifier.

L’auteur du Dictionnaire hiéroglyphique n’avait pas échappé à ces doutes, ni omis de considérer la question sous quelques-unes de ses faces essentielles. Il est vrai qu’il la traita dans un temps où ses recherches ne l’avaient pas encore mis en possession de tous les éléments fondamentaux du système graphique égyptien ; mais la sûreté de ses données, mêmes à cette époque de ses études, et la perspicacité habituelle de ses aperçus, ne lui avaient point fait faute en cette occasion : nous devons le laisser lui-même entretenir nos lecteurs de cet important sujet.

Le huitième chapitre du Mémoire sur l’écriture hiératique, lu à l’Académie des inscriptions et belles-lettres, dans le mois d’aout 1821, a pour sujet la classification générale des signes de cette écriture. L’auteur s’y propose de « rechercher le mode qui fut suivi par les Egyptiens dans la classification régulière de cette foule de signes en grande partie arbitraires. La formation d’un tableau général de ces signes, ajoute-t-il, était indispensable pour l’étude et la connaissance d’un système d’écriture que les principaux membres de la première caste de l’Etat ne pouvaient se permettre d’ignorer.

« Aucun document fourni par les écrivains de l’antiquité ne saurait nous conduire à la solution de ce problème ; mais le raisonnement seul et des considérations tirées de la nature de ces mêmes signes, nous permettent, toutefois, d’arriver sur ce point à un conclusion satisfaisante. »

Champollion le jeune examine ensuite, mais sommairement, quels peuvent être les rapports matériels de l’écriture hiératique égyptienne avec l’écriture actuelle des Chinois ; mais bientôt il abandonne toute conjecture à former sur des analogies qui ne sont qu’apparentes, et qui lui semblent moins probables à mesure qu’il pénètre plus intimement dans les éléments du système hiératique égyptien.

Considérant ensuite que dans ce même système « le nombre des traits dont se compose chacun des caractères qui sont encore figuratifs n’étant point fixe, et aucune dérivation ou composition systématique ne pouvant être aperçue dans le tracé des signes arbitraires, une classification régulière de ces mêmes signes, fondée sur l’analogie des formes, est pour cela même impossible à établir, » il continue ainsi : « A quel moyen recoururent donc les anciens Egyptiens pour former le tableau général des signes hiératiques ? Nous ne connaissons qu’un procédé qui nous semble le seul possible à employer pour composer ce tableau, et qui consistait à ranger tout simplement les caractères hiératiques dans un ordre absolument semblable à celui des caractères hiéroglyphiques.

« En effet, l’écriture hiératique n’étant qu’une tachygraphie de l’hiéroglyphique, les signes de la première ne devaient être classés que dans l’ordre régulier déjà adopté pour les signes de la seconde, desquels ils tenaient la place : l’analogie le voulait ainsi.

« Les hiéroglyphes purs (considérés isolément) offrant l’image fidèle d’être vivants et de produits de l’art humain, portaient dans leurs formes mêmes les éléments d’une classification méthodique et, pour ainsi dire, naturelle.

« L’ensemble de ces signes était propre, en effet, à se prêter soit aux grandes divisions établies par la nature elle-même entre les êtres vivants, soit à celles qui peuvent être adoptées pour les objets physiques inanimés, distribués en classes que déterminait l’importance que chacun d’eux acquérait de l’avancement de la civilisation et de l’état de l’organisation sociale.

« D’après ce mode de classification, on devait réunir dans des cadres particuliers tous les signes de l’écriture hiéroglyphique reproduisant soit l’image de l’homme et de et de diverses parties du corps humain, soit les images des animaux, quadrupèdes, oiseaux, reptiles, poissons et insectes ; ou bien les formes des plantes, celles des corps célestes, etc., et ce premier recueil devenait ainsi une classification, pour ainsi dire, matérielle des signes hiéroglyphiques, et une véritable encyclopédie égyptienne figurée par ordre de matières.

« Aucun auteur grec ou latin ne nous indique, il est vrai, de l’existence de pareils tableaux des signes hiéroglyphiques, mais elle résulte comme un fait de la nature même de cette écriture figurative : il semble de toute évidence que ces tableaux devenaient indispensables lorsqu’on voulait enseigner aux Egyptiens d’un certain rang la marche, l’ensemble et les détails de la méthode hiéroglyphique. Disons même qu’on pourrait considérer comme une trace sensible de l’antique usage de ces tableaux élémentaires, le système même d’après lequel sont conçus la plupart des vocabulaires coptes ou égyptiens du moyen âge, qui sont parvenus jusqu’à nous, et sur lesquels il n’est pas sans quelque intérêt de s’arrêter un instant » […]

Source :

Dictionnaire égyptien

par J-F Champollion le Jeune

 

Préface de l’éditeur

Publié à Paris en 1841

chez Firmin Didot Frères, Libraires-Editeurs

 

Comme quoi, c’est bien beau d’avoir des bonnes idées, mais encore faut-il aussi étudier le comment les mettre en œuvre ;)…

 

Dans le prochain volet, nous essaierons de savoir si nous aussi, nous pouvons apprendre à lire les hiéroglyphes ;) mdrrrrr !!! comme il y en a qui y parviennent, ça ne doit donc pas être trop compliqué ;)…

 

Bisous,

@+

Sab


17 juillet 2012

Egypte : L’Art de l’écriture (2 : le décryptage)

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Ah que coucou !

 

Pour aborder cette seconde partie consacrée à l’art de l’écriture au temps des Pharaons et de l’Ancienne Egypte, j’hésitai entre commencer à regarder l’alphabet hiéroglyphique et la façon dont les égyptologues sont parvenus à décrypter cette forme d’écriture.

 

J’ai opté pour le décryptage car, à notre époque, comment pouvons-nous expliquer les hiéroglyphes sans savoir déjà comment nous sommes parvenus à les comprendre ? Où se nicherait la logique si nous commencions par l’admiration et la lecture des hiéroglyphes pour ensuite se consacrer au décryptage ?

 

Ce succès est dû principalement à une bonne dose de chance (celle d’avoir découverte une traduction compréhensible d’un texte hiéroglyphique) et une rencontre entre Napoléon Bonaparte (Empereur des Français) et les frères Champollion (on oublie souvent qu’ils étaient 2 frères ;)). En effet, c’est pendant la campagne d’Egypte de 1798 à 1801 qui devait couper la route de l’Inde aux Anglais, que fut découverte la très célèbre Pierre de Rosette par des soldats français placés sous le commandement du lieutenant François-Xavier Bouchard, devant effectuer des travaux de terrassement pour consolider la forteresse de Rosette (Fort Rashid), dans les environs d’Alexandrie. Ce fut aussi grâce à l’intelligence de ce lieutenant que cette Pierre prit le trajet pour la France, hélas, elle nous fut confisquée par les Anglais (après notre défaite d’Egypte) et orne aujourd’hui le British Museum, à Londres (pour accéder à la page que ce musée lui consacre, cliquez ici – langue : anglais).

Cette stèle est gravée sur une plaque de quartz gris. Elle a été retaillée à l’époque islamique avant d’être insérée dans un des murs de la forteresse.

 

Maintenant que nous nous sommes plongés dans le contexte historique, regardons d’un peu plus près cette clé d’une langue ancienne oubliée pendant plusieurs siècles.

Si vous avez l’opportunité de la voir au musée (j’ai tenté pendant que je séjournais à Londres sans y être parvenue : trop de visiteurs qui veulent l’admirer L) vous remarquez qu’elle peut être découpée en 3 parties distinctes. La partie supérieure comporte le texte écrit en hiéroglyphe, la partie centrale est rédigée en démotique (écriture égyptienne cursive) et la partie la plus basse en grec ancien, compréhensible par nos savants de l’époque. Ce texte écrit pour commémorer le couronnement de Ptolémée V par les prêtres réunis à Memphis en 196 avant J.C. est, ce que nous pourrions appeler, un texte de loi instituant le culte de ce pharaon dans tous les temples du pays et rappeler certains avantages fiscaux des institutions religieuses… Evidemment la totalité de ce décret n’existe plus sur cette stèle mais il a été reconstitué à partir des autres copies de ce même décret (facile à retrouver une fois qu’on sait quoi relier avec quoi ;))

 

Passons maintenant au décryptage à proprement parler…

 

C’est à nouveau une bonne dose de chance qui va permettre à Jean-François Champollion d’avoir accès aux textes gravés sur cette Pierre de Rosette. En effet, c’est grâce aux copies faites avant que les Anglais ne nous la confisquent, qu’il parvient à déchiffrer les hiéroglyphes en 1822. Et savez-vous quels furent les premiers hiéroglyphes de traduit ? le cartouche où avait été écrit Ptolémée V… et c’est parce qu’il a compris le premier que le système hiéroglyphique était à la fois idéographique et phonétique. Et c’est grâce ensuite aux encouragements de Napoléon Bonaparte lors de son passage à Grenoble (suite à son évasion de l’ile d’Elbe) que Jean-François Champollion publia le dictionnaire copte que tout le monde peut aujourd’hui admirer et dont je voulais vous communiquer le lien du livre, mais comme il est à nouveau publié… grrrrr !!!! ça !! ce devrait être interdit d’acheter les droits d’un ouvrage passé dans le domaine public et interdire ainsi à tout le monde l’accès libre et gratuit du contenu du dit ouvrage !!! Il y a des sociétés de publication qui ne manquent pas d’air !!... il n’est plus en ligne et en libre accès…

 

Et mais !! vous en avez de la chance, vous ;) !! j’ai une copie de ce dictionnaire sur mon disque dur J, numérisée par l’administration de Sa Majesté la Reine d’Angleterre quand elle était mise en libre accès… je ne vais pas mettre ici tout l’ouvrage : il y a plus de 500 pages mais la première page du premier chapitre (page 37 pour ceux qui l’ont) pour que vous puissiez vous faire une idée sur cet ouvrage, l’un des plus importants de l’égyptologie, à mon humble avis (non ! ceci n’est pas un cocoricoo mal placé ;) mdrrr !!)…

 

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Bisous,

@+

Sab

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11 juillet 2012

Egypte : L’Art de l’écriture (1 : le support)

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Ah que coucou !

 

Il y a quelques années un beau papyrus ornait ma salle-de-bain et je m’étais demandé comment les Egyptiens avaient pu l’utiliser comme papier, avaient pu en faire des meubles, etc. Après quelques recherches, j’ai découvert qu’il ne s’agissait pas de la même variété (logique ;)) que celle qu’on nous vend dans le commerce…

 

Le Papyrus utilisé au temps des pharaons poussait plus particulièrement dans le delta du Nil et a aujourd’hui disparu de l’état sauvage. On en trouve bien encore quelques plants en Ethiopie, au Soudan et en Sicile, mais plus une seule tige à l’état sauvage dans le delta du Nil – une des conséquences de la disparition de la crue annuelle de ce fleuve pour raison de modernisation…

 

Le Papyrus (emblème de la Basse-Egypte) était lié dans l’esprit de l’Egyptien d’alors au lotus (emblème de la Haute-Egypte) et leurs croyances religieuses transformaient le papyrus en sceptre quand il était mis dans les mains des déesses… pour dire comme il était important aux Egyptiens de cette époque-là…

 

Maintenant que nous savons ce qu’est cette plante qui représenté avec une fleur de lotus le symbole de l’union entre les 2 Egypte, nous allons maintenant aborder une de ses utilisations, celle que nous connaissons tous, je veux parler du Papyrus pour papier…

 

Pour montrer comment les feuilles de papyrus sont faites, j’ai choisi ce petit schéma expliqué pas à pas :

 

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et pour ceux qui préfèrent le voir, voici une courte vidéo expliquant brièvement et rapidement la fabrication du papyrus :

 

 

On estime que le dernier texte écrit sur ce support serait un document arabe du 11e siècle… mais bon, évidemment ce n’est pas sans compter sur les copies récentes d’écrits anciens que de nombreux touristes achètent tous les ans dans les magasins de souvenirs ;)… en espérant qu’ils font très attention à n’acheter que du vrai « papyrus » artisanal plutôt que du pseudo fabriqué industriellement…

 

Bisous,

@+

Sab

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30 juin 2012

Sphinx et ses mystères…

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[…] Peu de temps après Œdipe aperçut les remparts de la ville de Thèbes. Comme il se sentait fatigué, il s’assit sur une pierre en bordure du chemin pour se reposer. Soudain il vit apparaître un voyageur marchant d’un pas très rapide et qui semblait fuir la cité. L’homme s’arrêta devant notre héros et s’exclama :

« Qui es-tu donc pour t’arrêter aussi calmement ? Je ne conseillerais pas cela même à mon pire ennemi. »

Œdipe regarda le nouveau venu avec stupéfaction.

« L’un se repose tandis que l’autre court comme s’il avait commis un forfait », dit-il, « tu fuis Thèbes tandis que moi, j’y vais ».

« Tu vas à Thèbes, » s’écria le voyageur terrifié. « Mais ne sais-tu pas qu’un Sphinx s’est installé sur un rocher près des murs de la ville ? »

« Je viens de Corinthe », répondit le jeune homme, « et je n’ai parlé à personne en chemin ».

« Eh bien, écoute », lui murmura l’homme. « Le Sphinx est une créature à tête de femme et au corps de lion. Sur son dos, il a des ailes. Chaque jour un habitant de la ville doit aller le voir pour qu’il lui pose une énigme. S’il ne la résout pas, le Sphinx le précipite dans l’abîme. Personne n’arrive à trouver la réponse, c’est une véritable sorcellerie. Aussi je suis bien content de n’être pas Thébain. Dès que je suis arrivé dans la cité et que j’ai su le funeste sort qui la frappait, j’ai pris mes jambes à mon cou. Puisque toi aussi tu es étranger, n’y va pas, fuis avec moi. »

« Poursuis ta route », dit Œdipe, « ta vie t’est sans doute très chère si j’en juge par la façon dont tu la protèges. Quant à moi, si je meurs, j’échapperai à une terrible fatalité ».

Ayant prononcé ces paroles, il se leva et, perdu dans ses tristes pensées, s’avança vers la ville. Resté seul, le voyageur hocha la tête :

« Il n’est pas de Thèbes et il veut se mêler de cela ! Grand bien lui fasse ! » Et il reprit sa course.

Ayant atteint la cité, Œdipe se dirigea aussitôt vers le palais royal où il trouva la reine Jocaste et son frère Créon. Le roi Laïos était parti à Delphes pour demander à l’oracle comment délivrer son royaume. Il n’en était pas revenu et l’on supposait qu’il avait été attaqué et tué par des voleurs de grand chemin. Aussi pour le moment, Créon régnait-il à la place du défunt.

Le jeune homme s’avança devant lui et dit :

« Je sais le fléau qui s’est abattu sur ton peuple. Je vais aller trouer le Sphinx et j’essaierai de résoudre son énigme ».

Jocaste et Créon furent surpris par tant de témérité et le frère de la reine soupira tristement :

« Les dieux aident les braves. Mon fils lui aussi a été victime de ce maudit sort et nous le serons tous à notre tour si personne ne trouve la solution de l’énigme. Je serai heureux de céder mon trône à quiconque nous délivrera du Sphinx ».

La reine contempla le jeune homme avec admiration sans se douter qu’il était son propre fils.

Le lendemain, tous les citoyens de Thèbes accompagnèrent le héros à l’une des sept portes de la ville ; mais ils n’osèrent pas s’aventurer plus loin. Œdipe escalada le sentier abrupt qui menait au rocher où se trouvait le Sphinx. Déjà celui-ci attendait sa victime. Il cligna de l’œil et lança au jeune homme un regard usé.

« Ecoute attentivement ! » scanda la voix d’une dureté inhumaine :

 

« Le matin, il a une tête et quatre jambes.

A midi, il n’en a plus que deux.

Et le soir il en a trois.

Plus il a de jambe, moins il a de forces. »

 

Œdipe sourit : grâce à son intelligence, la question lui avait paru facile.

« C’est l’homme », dit-il. « Au matin de sa vie il marche à quatre pattes. Au midi, qui représente l’âge adulte, il marche droit sur ses deux jambes, et au soir de sa vie il a besoin d’un bâton pour étayer sa faiblesse. Ce bâton, c’est sa troisième jambe ».

« Tu as résolu l’énigme ! » hurla le Sphinx, et il se précipita dans l’abîme.

 

Source :

Mythes et Légendes de la Grèce antique

Œdipe & Antigone

Traduction par Eduard Petiška

[extrait]

 

Ah que coucou !

 

Oui. Tout le monde connait ce mythe qui vante les bienfaits de l’intellect et de la culture générale (dans cet extrait). Pourtant il ne s’agit pas de ce Sphinx là dont nous allons parler aujourd’hui, mais d’un autre, plus réel et visible depuis plusieurs millénaires (selon certains 4.500 ans, selon d’autres 9.000 ans ;)) qui recèle aussi de nombreux mystères ; comme vous vous en doutez, je veux parler du :

 

Sphinx de Gizeh

 

Gardien de la nécropole

 

 

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La tête du Sphinx

appelé par les Arabes Abou el-Hôl (= Père de la terreur)

 

D’une longueur de 73 mètres, d’une hauteur de 20 mètres et d’une largeur de 14 mètres, le Sphinx fait toutefois bien petit à côté de la plus grandes des pyramides de Gizeh…

 

 

 

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La Pyramide, le Sphinx, les vendeurs de souvenirs…

 

Mais avant de commencer à nous triturer les méninges, étudions un peu l’étymologie de ce mot.

Pendant de nombreuses années j’avais toujours cru que ce mot était d’origine grecque (peut-être surtout à cause du mythe du sphinx dans la mythologie grecque). Mais je faisais erreur, car en réalité le mot Sphinx vient de l’égyptien Shespankh qui signifie statue vivante et qui désignerait plus particulièrement les lions à tête d’homme.

 

Depuis que l’homme s’intéresse à l’égyptologie de nombreuses personnes ont tenté de déchiffrer son mystère en fantasmant dure parfois du style comme quoi il n’aurait pas été construit par les Egyptiens mais par les Atlandes et il dissimulerait sous ses pattes la bibliothèque de savoir universel… même si aucun écrit ni aucun relevé permet de le croire…

 

Les égyptologues ne sont déjà pas tous d’accord sur son âge, certains estiment qu’il a été construit au temps de Khéphren pendant que d’autres croit que le pharaon instigateur du Sphinx n’était autre de Khéops (pour preuve les traits du visage où ils pensent reconnaître l’un ou l’autre des 2 pharaons).

 

Le second mystère qui l’entoure est son rôle…

La majorité estimant qu’il a été placé là pour garder les portes de la nécropole royale, une minorité croit plus qu’il doit sa place et sa forme juste pour mieux ressembler au ciel nocturne de cette époque…

 

Mais cette fascination ne date pas d’hier…

 

Déjà à l’Antiquité, sous la XVIIIe Dynastie on l’identifia comme étant « Horus dans l’horizon » et les Egyptiens lui vouèrent alors un véritable culte. C’est sous cette dynastie qu’eut lieu sa première restauration comme l’atteste la stèle de rêve de Thoutmosis IV dans lequel le Sphinx lui aurait demandé de le désensabler ; ce que le souverain fit faire ainsi qu’une épaisse muraille devant limiter un nouvel ensablement.

 

 

 

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Le Sphinx et la stèle relatant le rêve de Thoutmosis IV

 

Il subit de nombreuses autres restaurations qui lui laissèrent tant de cicatrices qu’il a fallu, fin des années 90 lui offrir une nouvelle jeunesse pour lui éviter de disparaître à tout jamais. Cette restauration avait été rendue possible grâce à l’UNESCO (pour accéder l’Allocution de M. Federico Mayor, Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), qu’il a fait au Caire le 25 mai 1998 à l’occasion de l’achèvement des travaux de restauration, cliquez ici). Pourtant, parmi toutes ses cicatrices dues aux années, à la pollution, aux restaurations de mauvaises qualités qui ont fait plus de mal que de bien, il y en a une qu’on ne peut « réparer », celle qui fut longtemps attribuée aux troupes napoléoniennes mais qui ont été, en réalité, faite par les tirs des mamelouks consécutifs aux délires iconoclastes d’un cheikh du 14e siècle qui voulut, par ces tirs détruire un sourire qu’il jugeait « païen » !

 

Mais je vais laisser le documentaire suivant vous parler de façon un peu plus détaillée de ce Sphinx et de tous ses mystères :

 

 

Cette vidéo n'est malheureusement plus disponible sur la toile

Bisous,

@+

Sab

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27 juin 2012

Le Livre des Morts

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Formule pour se transformer en lotus

 

Vous pouvez, si vous le souhaitez, essayer de prendre la forme d’un nénuphar. Nous ne garantissons pas l’efficacité de la formule, et nous n’en connaissons pas qui vous permette de reprendre votre aspect initial ! Paroles à dire par le défunt :

« Ô ce lotus, cette image de Néfertoum,

je suis un homme !

Je connais les noms, je connais vos noms

qui proviennent des dieux, les maîtres de la nécropole.

Je suis l’un d’entre vous !

Puissiez-vous faire en sorte que je voie les dieux,

les guides du monde souterrain,

et me donner la place qui est dans la nécropole,

à l’entrée des maîtres de l’Occident !

C’est dans la Terre sacrée que j’ai atteint la place !

C’est en présence des maîtres de l’éternité que je saisis chaque fête !

Que mon âme sorte vers tout lieu qu’elle a choisi !

Elle ne sera pas repoussée par l’assemblée des dieux ! »

 

 

Ah que coucou !

 

Voici un exemple d’une formule pour protéger un mort qui demande son entrée dans le Royaume des morts et que nous pourrions trouver dans :

 

 

 

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Livre de Sortie au jour

communément appelé : le Livre des Morts

 

Oui, aujourd’hui nous allons aborder une des croyances égyptiennes la plus importante : le passage à la vie après la mort… Evidemment comme nous ne pourrons pas traiter là de toutes les croyances relatives à l’au-delà et à son entrée, ce serait beaucoup trop volumineux, alors nous nous consacrerons aujourd’hui que sur les formules magiques pouvant protéger le mort jusqu’à la pesée du cœur au Tribunal d’Osiris.

 

Les Egyptiens, qui étaient très superstitieux, ont peur de disparaître dans la mort. Pour éviter ceci, ils vont mettre au point tout un système visant à « retrouver à la fois l’usage de ses sens et la capacité de mouvement dont le trépas les a privés ». Cette technique régulera tout le processus d’inhumation (embaumement, ouverture de la bouche, élaboration et récitation des textes funéraires, etc.).

 

Alors que les amulettes vont protéger le corps, des formules magiques vont permettre au mort de déjouer tous les pièges qui séparent la vie terrestre de la vie après la mort. Au départ écrites sur les parois des pyramides de l’Ancien Empire à partir de la Ve dynastie (2460 avant J.C.), elles recouvrent les sarcophages du Moyen Empire (1994 à 1781 avant J.C.) pour ensuite être écrites sur des papyrus à partir de la XVIIIe Dynastie dont le plus célèbre est le :

 

 

 

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Papyrus d’Ani (XIXe-XXe Dynastie),

Longueur : 24 m, Largeur : 0,4 m

(pour plus d’informations sur ce papyrus, cliquez ici, langue : anglais)

conservé au British Museum, Londres, U.K.

(pour accéder au site du musée, cliquez ici)

 

dont vous découvrez l’histoire dans le documentaire suivant (langue : français) :

 

 

Cette vidéo n'est malheureusement plus disponible sur la toile.

 

Comme vous l’a appris ce documentaire, il existe différents livres car les textes choisis dépendaient de ce que l’« acheteur » demandait comme formules, dont voici 2 autres exemples :

 

 

 

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Papyrus de Neqbed

conservé au Musée du Louvre, Paris, France

(pour accéder au site du musée, cliquez ici)

 

 

 

Hieroglyphe-4

Livre des Morts d’Hounefer

conservé au British Museum, Londres, UK

 

Et ce n’est qu’à partir de la XXVIe Dynastie (672 – 525 avant J.C.) que les formules composant ce livre sont fixes (= tous les livres sont identiques les uns par rapport aux autres).

 

Bisous,

@+

Sab

 

 

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01 mai 2012

Psousennès et Pierre MONTET

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Ah que coucou !

 

Imaginez ! Vous êtes à Tanis (Egypte) sur un site archéologique quand soudain court sur le chantier un cri de joie : un tombeau, inviolé vient d’être découvert, ce qui laisse présager que l’on va y découvrir des trésors (comme cela fut le cas quelques années plus tôt avec Tout-ank-Amon). Et imaginez aussi la rage qu’on ressent quand, à cause de la seconde guerre mondiale, on doit quitter l’Egypte et rentrer en France pour n’y revenir qu’après la guerre…

Et bien, c’est ce qu’a certainement dû ressentir cet égyptologue français : Pierre Montet (27.06.1885 – 18.06.1966).

 

Pierre-Montet

Il y a quelques temps, un documentaire a été fait concernant cette fabuleuse découverte, passée sous silence à cause des évènements de l’époque, que voici :

 

 

Comme vous le constatez ce trésor est vraiment fabuleux.

Cette découverte nous permet aussi de mieux connaître cette période de l’Egypte ancienne, appelée la « période intermédiaire ».

 

Bisous,

@+

Sab